[MaJ Août 2021]

Note de l'auteur : Bonjour à tous ! Alors, alors... Que dire sur le chapitre du jour... C'est avec plaisir que je vous emmène dans la tête d'une femme exceptionnelle dans son genre, Molly Weasley. Je crois qu'elle m'agace autant que je l'aime, entre cette image vieillot et désuète de femme au foyer qu'elle dégage et cette force de caractère indéniable qui fait qu'elle ce qu'elle est. Ça ne veut pas dire grand-chose ? Soit ! Elle est, en tout cas, complexe et j'espère que vous apprécierez cette nouvelle incursion qui, je préfère vous prévenir, sera moins légère que les dernières... Et oui, on ne s'attaque pas à n'importe qui/quoi, aujourd'hui...

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Comme d'habitude, je vous remercie infiniment pour vos messages, reviews et MP et vous invite à continuer à me donner vos avis, à critiquer, à spéculer, tout ça, tout ça ! C'est vraiment génial d'avoir vos retours, quels qu'ils soient.

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Bonne lecture et à très vite !


Chapitre 20 – Molly

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À pas de loup, Molly sortit de la chambre de sa fille et ne put s'empêcher de s'appuyer à la porte après l'avoir refermée en silence. Elle ferma les yeux, espérant arriver à suffisamment vider son esprit pour ne pas craquer. Elle se sentait vieille. Trop vieille.

A cinquante ans, elle aurait dû être dans la fleur de l'âge. Un demi-siècle, c'était un bel âge pour les sorciers. Celui où elle devait se sentir épanouie en tant que femme, en tant que mère, en tant que sorcière mais elle n'était plus très sûre d'avoir encore l'énergie suffisante pour encaisser de nouvelles épreuves.

Elle avala difficilement la salive qui s'accumulait contre son gré dans sa gorge et rejoignit le rez-de-chaussée. Vide. Elle traversa la cour du Terrier à pas rapides jusqu'à la petite remise au fond du jardin, éclairée par une douce lumière orangée.

Elle souffla un grand coup avant d'ouvrir la porte, comme pour se donner du courage, et trouva Arthur penché, la tête baissée vers l'établi. Il se retourna lentement quand elle l'interpella, presque surpris de ne pas être seul. Lui aussi, ses traits étaient tirés. Lui aussi, accusait le poids des années.

Il s'avança vers elle et posa une main sur sa joue. Elle sourit tristement.

Sa main était calleuse. Arthur était un employé éminent du Ministère désormais. Il travaillait dans un bureau et n'était pas censé manipuler autre chose que du parchemin et des plumes. Pourtant, ses mains étaient rugueuses, abîmées, zébrées de micro-coupures, dues à sa plus grande passion.

Il continuait, toujours et inlassablement, à venir se réfugier ici, au beau milieu d'artefacts moldus. Il les triturait, les démontait, les remontait, apprenait, étudiait, inventait tellement de choses. Il oubliait un peu, aussi, les aléas de la vie, comme si rien d'autre n'existait lorsqu'il était dans cet atelier.

Elle aurait bien aimé avoir un refuge identique mais elle, son refuge était sa famille. Sa force, tout autant que sa faiblesse. Elle ferma les yeux, à nouveau, alors qu'Arthur l'enlaçait de ses bras.

Elle avait bien besoin de cette étreinte chaleureuse. Pour être prête à porter ses enfants quand ils tombaient. Pour les relever et les obliger à avancer quoiqu'il arrive. Elle en avait besoin de toute urgence, en ce moment.

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Le jour de l'anniversaire de Harry, un mois en arrière, après le repas de famille, lui et Ginny étaient venus la trouver alors qu'elle rangeait le bazar accumulé aux quatre coins de sa propriété.

Ils avaient hésité, pris des chemins de traverse mais, ils avaient fini par lui dire en riant qu'elle allait être grand-mère. Encore une fois. Molly avait cru sentir son cœur exploser de joie.

Bien sûr, elle aurait préféré qu'ils fassent les choses dans l'ordre. Qu'ils se marient d'abord et qu'ils pensent aux enfants ensuite mais Ginny n'avait jamais été conventionnelle. Il n'était, finalement, pas tellement surprenant qu'elle ait fait les choses à l'envers.

Et puis, ce n'était pas comme si elle était tombée enceinte intentionnellement, s'était-elle dit, en relativisant. Molly pouvait comprendre que cela puisse arriver. Surtout quand on s'aimait autant que Harry et sa fille semblaient le faire.

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Elle avait été sur un petit nuage pendant de longues semaines, arrivant même à convaincre les enfants de se marier. Elle n'avait pas vraiment compris pourquoi Harry et Ginny semblaient tellement réfractaires à s'unir par ce lien sacré mais elle avait fondu de joie quand ils avaient finalement cédé.

C'était le jour même de l'anniversaire de sa fille, le onze août dernier, autour de la table familiale et alors que Molly venait de poser la question pour la énième fois, que Harry avait levé les yeux au ciel en souriant.

Il s'était tourné vers Ginny, avait saisi sa main et avait fait une demande des moins conventionnelle. Avant même qu'il n'ait ouvert la bouche, tout le monde avait retenu son souffle.

Il n'avait eu, en fait, qu'à prononcer son prénom pour que Ginny s'exclame d'un 'oui !' tonitruant qu'elle voulait l'épouser, s'attirant les moqueries de ses frères quant à son impatience légendaire.

Molly s'était immédiatement vue organiser le mariage du siècle, s'inquiétant du nombre d'invités, de la hauteur du gâteau à étages et de la création d'une robe d'exception pour sa fille qui, d'ici la cérémonie, devait être enceinte jusqu'aux yeux.

L'accouchement était prévu pour le mois de février de l'année à venir, il leur restait un peu moins de six mois pour tout mettre en ordre. C'était faisable. C'était tout à fait faisable. Seulement, personne ne s'était préparé à ça. Jamais.

Elle ne s'imaginait pas que sa fille, son bébé, cette femme tellement merveilleuse, perde son enfant à trois mois de grossesse.

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Molly n'avait jamais connu de difficulté avec ses enfants. Ils étaient venus, les uns après les autres, lorsqu'ils les avaient désirés, Arthur et elle. Ses grossesses avaient toutes été parfaites. Il n'y avait jamais eu de véritable problème.

Ils n'avaient jamais eu peur, pas même pour les jumeaux, lorsqu'elle avait eu à passer ses derniers mois alitée. Avoir des enfants avait été une évidence pour le couple Weasley. Aucune inquiétude, aucun doute. Et la mère qu'elle était n'en gardait que d'excellents souvenirs.

Lorsqu'elle avait su qu'elle allait être grand-mère pour la première fois, elle ne s'était pas plus posée de questions. Fleur était faite pour avoir des bébés malgré ses hanches trop fines. Victoire était d'ailleurs tellement à l'aise dans le ventre de la blonde qu'elle s'était fait désirer longtemps avant de montrer le bout de son nez.

Ce n'était qu'un sujet de boutade. A aucun moment on ne s'en était inquiété. Dominique était née tout aussi rapidement et elle était parfaite, comme sa sœur. Ginny n'aurait jamais dû avoir de soucis. Elle avait parfaitement géré les choses, pourtant.

Sa fille avait appris sa grossesse fin mai et en avait aussitôt informé son entraîneur qui l'avait alors mise sur le banc de touche. Joueuse de Quidditch professionnelle n'était pas un métier pour les femmes enceintes, quel que soit le stade de grossesse.

Ginny et Harry avaient retenu leurs langues autant que possible et Molly trouvait incroyable qu'ils aient pu tenir deux mois complets avec ce secret. Pourtant, elle se targuait d'être une mère observatrice.

En y repensant, elle avait bien remarqué que Ginny ne buvait pas une goutte d'alcool mais elle n'avait jamais été une grande adepte, ce n'était pas si surprenant. Elle avait bien vu, aussi, qu'elle avait un peu fondu mais, sa fille étant sportive, il n'y avait rien d'étonnant là non plus. Elle ne s'était pas dit que c'était parce qu'un être minuscule pompait sur ses réserves.

Elle ne s'était, d'ailleurs, pas plus posé de question quand Ginny s'était montrée écœurée par les gâteaux meringués et autres pâtisseries qu'elle aimait tant, en temps normal. Molly s'était tout de même demandé quand elle avait finalement su, pourquoi elle avait refusé d'additionner tous ces signes avant.

Tout chez sa fille criait qu'elle était enceinte. Tout. Peut-être, et même surtout, la prévenance de Harry. Elle avait toujours vu son fils d'adoption prendre soin de sa fille mais les derniers temps, cela virait à l'obséquiosité.

La matriarche Weasley s'était souvenue de la manière dont son gendre accédait à tous les désirs de Ginny, même les plus absurdes, comme lorsqu'elle l'avait obligé à changer quatre fois de place en dix minutes un jour où ils mangeaient dehors, dans le jardin du Terrier.

Ils avaient ri, avec Arthur, des tendances tyranniques de Gin' mais, Molly reconnaissait bien là l'inconstance d'une femme avec un trop plein hormonal !

Tout semblait tellement parfait jusqu'à ces quelques semaines en arrière, à la fin du mois d'août.

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C'était arrivé en pleine nuit. Forcément en pleine nuit. L'alarme de la cheminée avait résonné dans tout le Terrier, tellement vide que les échos se propageaient dans chaque recoin de la maison.

Avec Arthur, ils étaient descendus en courant et avaient trouvé Harry, en pleurs, à genoux devant l'âtre, crachant des restes de cendres qui tournoyaient autour de lui. Ils s'étaient précipités sur lui, le cœur battant et il leur avait asséné la terrible nouvelle.

Ginny s'était sentie vaseuse toute la soirée mais avait refusé d'aller à l'hôpital. Elle s'était couchée, un peu fiévreuse et, quand il l'avait rejoint, quelques minutes, peut-être une heure plus tard, elle se tordait de douleur dans son lit.

Le jeune couple s'était rendu compte que les vêtements de Ginevra autant que les draps se recouvraient de sang. Elle pleurait comme une damnée quand il l'avait amenée de force à l'hôpital.

Depuis, elle y était isolée, et lui, ne sachant plus quoi faire, manquant d'information, avait eu besoin de chercher du réconfort. Il était venu chercher ses parents. Pour qu'ils le rassurent. Pour qu'ils soient là pour leur fille.

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Lorsqu'ils étaient arrivés, ils n'avaient pas eu à attendre longtemps, dans les couloirs de Sainte-Mangouste, pour avoir la confirmation que Ginny venait de faire une fausse-couche.

Simons [1] venait de passer les dernières quarante-cinq minutes à aider mécaniquement son utérus à expulser l'embryon. Molly en aurait pleuré en l'apprenant mais elle s'était montrée forte, pour Harry qui, lui, s'était effondré.

Elle avait voulu se montrer invincible pour eux, pour être leur roc. Et elle l'avait été. Elle avait obligé Harry à tenir le coup et, dès qu'il s'était senti prêt, ils étaient allés rejoindre Ginny dans sa chambre.

Elle dormait, à ce moment-là, presque paisible, abrutie par une potion de Sommeil Sans Rêve. Elle avait dormi toute la journée et eux avaient fait les cents pas entre sa chambre et la salle de soin où les infirmières n'hésitaient pas à leur servir un café et à leur adresser quelques mots de réconfort.

Quand sa fille s'était enfin réveillée tard dans l'après-midi, Harry était endormi depuis quelques heures, contorsionné sur un gros fauteuil en cuir beige et Molly était perdue devant la contemplation de la fenêtre. Arthur, lui, avait dû partir travailler au matin.

Il n'avait pas eu le choix, même s'il s'était autorisé quelques heures de retard. Un Chef de Service n'a pas le droit de déserter son poste, quoi qu'il se passe. Il n'avait pas réussi à se concentrer de la journée. Qui aurait pu le lui reprocher ? Il avait informé, un à un, ses enfants, leur interdisant de courir voir leur sœur tant que leur mère ne leur donnerait pas son aval. Leurs fils avaient obéi, rongeant leur frein.

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« Maman ? » Molly entendait encore la voix faible, chevrotante, de sa fille au bord des larmes. Elle s'était précipitée sur elle pour la serrer aussi fort qu'elle l'avait pu et Ginny s'était écroulée. Elle avait tenté un mouvement pour réveiller Harry mais sa benjamine le lui avait interdit.

A voix basse, elle lui avait raconté tout ce qu'elle avait vécu depuis la veille. Les douleurs, la peur, l'angoisse. Elle n'avait voulu lui parler qu'à elle, sa mère. Elle lui avait raconté ce qu'elle avait vu, le sang, les membranes, cette impression qu'on lui raclait l'utérus, déchirant ses entrailles.

Elle lui décrivit les morceaux de placenta. Son bébé. Ginny ne pouvait pas l'avoir vraiment vu. A ce stade, il ne devait faire qu'une quinzaine de millimètres, tout au plus. C'était peut-être encore pire, lui avait dit sa fille, d'imaginer avoir pu le confondre avec n'importe quel autre déchet expulsé de son corps.

Et Molly ne pouvait qu'acquiescer et compatir. Des débris. Ce n'avait été que des débris dont elle avait dû se débarrasser. Elle avait eu le cœur au bord des lèvres en écoutant sa fille déverser son dégoût et son désespoir.

Sa seule consolation était l'assurance que Gin' n'avait pas eu mal. Enfin, pas physiquement mal. Elle n'avait rien senti, si ce n'était ce qu'elle avait imaginé. Non, la vraie douleur était psychique et sa fille doutait de la surmonter un jour.

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Molly lui avait doucement souri, pour la rassurer. Sorciers ou non, les fausses-couches n'étaient pas si rares lors d'une première grossesse. Il fallait qu'elle soit convaincue que ça ne voulait rien dire. Ce n'était simplement pas le bon moment.

Sûre d'elle, elle avait affirmé à Ginny qu'elle se marierait avec Harry et qu'ils auraient autant d'enfants qu'ils le désireraient. Plus tard. Et que ce serait merveilleux. Elle ne s'était pas attendue à ce que les pleurs de sa fille redoublent d'intensité.

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Ses suffocations avaient réveillé Harry qui avait à son tour accouru pour la prendre dans ses bras. Molly lui avait alors bredouillé ce qui avait provoqué cette crise, ne comprenant pas pourquoi elle n'avait pas trouvé les mots pour rassurer sa fille.

Son gendre lui avait alors raconté, d'une voix morne, en caressant les cheveux de Ginny, leurs essais infructueux au fil des mois, la rencontre avec Simons, les examens, les potions, les rapports planifiés...

Il avait déversé un flot de paroles continues et Molly avait saisi à quel point cette grossesse était plus éprouvante que tout ce qu'elle avait imaginé. Cette perte n'en était qu'encore plus douloureuse.

Elle avait écouté tout ce qu'elle avait ignoré jusque-là, tout ce qu'ils lui avaient caché, silencieusement, le corps comme engourdi, palissant à vue d'œil. Elle avait presque eu l'impression que la tête lui tournait.

Molly ne s'était aperçue de rien. Rien du tout. Elle avait l'impression que son esprit s'était mis en pause. Et Harry avait continué à raconter les espoirs et les crises successives jusqu'à cette fois où ils avaient finalement créé la vie.

Il n'était pas rentré dans les détails mais, Molly aurait mis sa main à couper que le souvenir que ces enfants en avait était redoutable. Elle avait souvent entendu dire que certaines grossesses, trop attendues, ne se déclarent que quand on baisse les bras et qu'on lâche du lest.

Elle avait bien senti, lorsqu'ils avaient effleuré les souvenirs de cette nuit-là à demi-mot, que Harry et Ginny avaient atteint ce stade de désespoir, leur couple probablement au bord de l'implosion.

Elle avait également mieux compris pourquoi la question de leur mariage avait tant et tant été mise de côté. Pourtant, quand ils avaient su pour l'enfant, ils avaient voulu dépasser tout ça, comme si une grossesse suffisait à sauver un couple, à repartir sur des bases saines.

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Molly avait laissé Harry parler, observant sa fille approuver régulièrement ou enfouir sa tête dans le torse du brun en retenant ses larmes. Elle ne leur avait rien répondu. Qu'aurait-elle pu dire, finalement ?

Elle n'avait plus la force de les gronder. Et ils étaient trop vieux et avaient trop vécu pour qu'elle les rabroue désormais. Elle les avait embrassés, leur promettant de repasser le lendemain et chaque jour qui suivrait jusqu'à ce que Ginny sorte de l'hôpital et retourne chez elle mais, déjà, elle n'y croyait plus vraiment.

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Elle était rentrée au Terrier et avait vu tous ses enfants attendre en silence dans le salon. Elle avait fondu sur Arthur et avait, à son tour, pleuré dans ses bras. Parce qu'elle se l'était interdit jusque-là.

Elle se rendait compte que c'était la deuxième fois seulement qu'elle craquait devant eux. Sans pudeur. Comme à la mort de Fred, sa famille se rendait compte qu'elle n'était finalement pas ce roc inébranlable qu'elle s'évertuait perpétuellement à être.

Ils l'avaient consolée tour à tour et avaient accepté d'attendre que Ginny soit prête à les recevoir. Ce qu'elle n'avait jamais été. Là encore, toute la semaine où sa fille avait été hospitalisée, Molly avait eu à prendre les choses en main, imposant ses décisions, pour leur bien à tous.

Elle avait programmé qui viendrait en visite, tout à tour. D'abord Ronnie, parce qu'il était le plus proche de Ginny. Le plus important pour sa fille. Puis Perce', parce que c'était dans sa chambre qu'elle se réfugiait étant petite quand les autres l'embêtaient. C'était lui qui la consolait en la gavant de Chocogrenouilles.

George la ferait rire, ensuite. Parce qu'il savait toujours trouver la parade. Bill serait le suivant mais Fleur ne viendrait pas. Pas tout de suite. Gin' n'avait pas besoin de sentir le couteau remuer dans sa plaie encore trop à vif.

En dernier, ce serait Charlie qui aurait le temps de se libérer plus longtemps d'ici-là et de se faire remplacer à la Réserve. Il avait presque été un deuxième père pour Ginny. Il s'était tellement occupé d'elle, du haut de ses dix ans, quand elle était née.

Bill était déjà à Poudlard mais Charlie, lui, passait tout son temps à la dorloter et à la protéger des autres garnements. Charlie devait être le dernier, pour serrer sa sœur dans ses bras et l'envelopper de chaleur.

Molly avait tout planifié et effectivement, ses enfants avaient respecté ses ordres, alors qu'elle et Arthur se relayaient chaque jour à l'hôpital. Ils soutenaient leur fille et épaulaient Harry, tant bien que mal.

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Ginny avait été autorisée à sortir de Sainte-Mangouste au bout d'une semaine et elle était rentrée à Birmingham avec Harry sur ses deux pieds. Ses parents avaient recommencé à souffler, espérant retrouver rapidement leur fille prête à reprendre le cours normal de sa vie.

Très vite, cependant, leur gendre les avait informés qu'elle refusait de retourner à l'entraînement ou même de voir quiconque. Tous trois, ensemble ou séparément, avaient essayé de parlementer avec elle mais elle leur opposait un refus catégorique.

Rapidement, elle avait accusé Harry de vouloir se débarrasser d'elle et de son corps inutile. En témoins impuissants, Molly et Arthur avaient vu le brun encaisser sans rien dire alors que leur fille continuait à le blâmer.

Ils avaient essayé de la raisonner en vain, jusqu'à ce que le Survivant, à son tour, craque, lui hurlant de se taire, les laissant tous stupéfaits. La matriarche n'avait jamais vu ce gosse aussi en colère que ce jour-là.

Elle avait refusé de quitter l'appartement tant que sa fille et son gendre ne s'étaient pas calmés et excusés, ce qu'ils avaient fini par faire en se tombant dans les bras dans une cacophonie confuse d'où ils exprimaient leurs regrets.

Seulement, les disputes avaient inévitablement repris, empreintes de mots de plus en plus violents et, une semaine plus tard, elle avait vu sa fille débarquer au Terrier en larmes avec un sac à dos rempli de ses effets.

Molly l'avait recueillie et écoutée, la serrant dans ses bras, se retenant d'intervenir pour ne pas laisser ses propres affects empiéter sur ceux de sa fille unique. Elle avait écouté les mots durs que Harry et Ginny s'étaient jetés au visage.

À chaque dispute, ils semblaient être allés plus loin dans l'horreur, pour finir par s'accuser mutuellement d'être la cause de la perte de leur bébé. Elle avait encaissé, comme elle le devait et avait rassuré sa fille.

Molly avait tenté de rationaliser, de démontrer que personne n'était fautif. Elle avait séché les larmes de Ginny et était restée à ses côtés jusqu'à ce qu'elle s'endorme, après l'avoir bordée comme lorsqu'elle était encore enfant.

Et elle en était là, maintenant, à craquer une fois de plus dans les bras de son mari.

- « Je crois que c'est la fin, Arthur... »


Verdict ? Bon, il était bien moins cool que les précédents, celui-là, hein... Qu'en pensez-vous ?

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Simons [1] Pour rappel, Simons est le Ferticomage auquel Ginny et Harry ont fait appel pour les aider à concevoir un enfant.