[MàJ Août 2021]

Note de l'auteur : Bonjour à tous ! Tout d'abord, je vous souhaite à tous une très bonne année, pleine de joie, de santé et d'accomplissements !

Aujourd'hui, Neville nous accueille.Vous en saurez plus sur lui et Sa Blonde, mais également sur Harry et la « mystérieuse femme », qui n'a de mystérieux que le qualificatif puisque vous avez tous compris immédiatement de qui il s'agissait... Mais, gardons le suspens jusqu'au bout !

Comme toujours, je remercie mes gentils lecteurs et reviewers ! J'attends toujours vos retours avec impatience !

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Bonne lecture et à très vite !


Chapitre 28 – Neville

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Leur voyage avait été dramatiquement écourté. Luna et Neville se plaisaient tellement en Amérique du Sud qu'ils n'avaient pas prévu de rentrer avant au moins l'année suivante.

Résolus à explorer le continent de fond en comble dès les premiers mois, ils avaient démarché différents Ministères Internationaux pour que des Portoloins leurs soient réservés à intervalles réguliers, ne voulant en aucun cas abandonner complètement leurs parents.

Leur plan avait pourtant été contrarié depuis que Luna avait contracté la fièvre du Pérou un bon mois en amont. La maladie les avait surpris par sa fulgurance. En effet, une nuit, sans préavis, la blonde avait eu une forte fièvre, frôlant les quarante puis des céphalées intenables avaient pris le relais.

Aucune de leurs potions n'avait pu faire baisser la fièvre et après vingt-quatre heures de torture, sa blonde s'était mise à convulser. Entre deux crises, elle sentait ses cuisses et ses mollets tiraillés, dans un mélange de sensations toutes plus désagréables les unes que les autres. Comme si des aiguilles lui étaient plantées dans les jambes et qu'elles étaient, en même temps, parcourues de courants électriques.

Neville avait dû, malgré les risques, la faire transplaner à Sao-Paulo. Luna ne tenant plus debout, il l'avait portée jusqu'à l'hôpital sorcier brésilien où elle avait été prise en charge par toute une escouade de Médicomages. Elle était restée alitée pendant plus de quinze jours et, quand elle avait enfin pu quitter l'hôpital, leur décision était prise.

Luna était trop affaiblie pour qu'ils poursuivent leur vie d'aventuriers. Elle n'avait plus l'énergie nécessaire pour se déplacer aussi fréquemment, pour ne pas se nourrir à chaque repas, et encore moins pour enchaîner les petits boulots qui leur permettaient de gagner les quelques Gallions dont ils avaient besoin pour vivre.

Elle devait reprendre du poil de la bête et pour cela elle avait besoin de plus de stabilité. Neville s'était à nouveau rendu au Ministère de la Magie du Brésil et n'avait eu aucune difficulté à se faire délivrer un permis pour un nouveau Portoloin. Luna était rentrée aussitôt. Pour lui, le retour s'était avéré plus compliqué.

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Abandonner leur chère Ford Anglia chez les Incas n'était évidemment pas une option envisageable. Il avait eu à repartir du côté de Lima pour faire leurs valises et prévenir leur employeur de leur défection.

Il en avait profité pour saluer tous ces gens merveilleux qui avaient partagé leurs vies ces derniers mois, leur promettant de revenir avec Luna sur ses deux pieds, et il avait repris la route.

Le rapatriement de la voiture à Sao-Paulo avait été long. Très long. Quasiment trois jours de route, ou de ciel, quasiment sans arrêts, parfois sous un soleil de plomb, parfois sous des trombes d'eau.

Une fois arrivé au cœur de la métropole brésilienne, il avait eu de nombreuses démarches à effectuer pour préparer l'embarquement de sa compagne à roues dans un cargo à destination de Portsmouth. Ce n'était qu'après avoir réglé quelques affaires de dernières minutes que, enfin, il avait pu rejoindre sa blonde.

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Il espérait que la Ford ne prendrait pas la mouche de se retrouver enfermée pendant presque un mois dans un container mais, bien qu'elle aurait probablement pu retrouver sa route elle-même jusqu'au Terrier, il n'était pas bien sûr qu'elle aurait supporté une nouvelle traversée de l'Atlantique en pilote automatique.

Déjà à l'aller, elle avait fini par plonger en pleine mer du côté de la petite île d'Aldeia de Cuada et devait sa survie à la présence des deux sorciers qui s'étaient empressés de la métamorphoser en une sorte d'hydroglisseur. Ils avaient dû puiser dans leurs réserves magiques et la fin de leur voyage jusqu'à la terre ferme n'avait pas été de tout repos, loin de là.

Neville ne préférait même pas imaginer ce qu'il aurait pu arriver à cette pauvre bagnole s'il l'avait laissée rentrer seule ! Elle se montrerait sûrement récalcitrante quand il irait la récupérer à Portsmouth dans quelques jours mais il faudrait bien qu'elle finisse par comprendre que ce n'était que pour son bien.

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Dès qu'il avait posé le pied sur la vieille Albion, Neville avait compris qu'il ne supporterait pas bien longtemps l'inactivité. Pas plus que de vivre à nouveau chez l'un de leurs parents.

La bicoque tordue de Xénophilius avait été écartée d'office. Trop exiguë, trop encombrée et bien trop dangereuse pour une bonne convalescence.

N'ayant d'autre choix, Neville s'était tourné vers sa grand-mère qui avait accueilli Luna à bras ouverts à son arrivée, tout comme elle lui avait fait la fête à lui, quand il avait débarqué à son tour.

Cependant, aussi heureuse qu'ait été Augusta de récupérer son petit-fils prodigue et sa merveilleuse compagne aventureuse, elle n'en restait pas moins la même vieille dame aux règles rigides.

Une femme de cette trempe s'attendait à ce qu'on lui obéisse au doigt et à l'œil et, ce n'était pas des lapins de six semaines, selon l'expression consacrée de Hermione, qui contreviendraient à sa loi !

Inévitablement, Neville souhaitait mettre les voiles depuis qu'il avait reposé le bout d'un orteil dans sa maison d'enfance. Malheureusement, Luna devait encore garder le lit fréquemment, le moindre effort l'épuisant à l'extrême.

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Il avait rapidement commencé à démarcher différentes officines et herboristeries pour trouver un travail et avoir, au plus vite, un moyen d'obtenir un hébergement plus indépendant.

Pomona l'aurait bien embauché. Un assistant tel que lui aurait été idéal pour pimenter ses enseignements mais le budget de Poudlard pour l'année en cours ne le permettait pas.

Le jeune homme s'était démené pendant deux semaines en vain en prospectant. De potentiels employeurs acceptaient de le recevoir mais ils se montraient indubitablement trop impressionnés tant par le guerrier que par l'aventurier qu'il était pour l'embaucher à un poste subalterne.

Sa réputation le précédait, comme Harry, Ron ou Hermione avant lui. Parcourir le monde l'avait tenu à l'écart et ce n'était que maintenant qu'il s'apercevait avoir, lui aussi, une certaine influence.

Son retour et ses démarches avaient rapidement fait le tour du milieu botanique sorcier et il s'était vu proposé, trois semaines après son arrivée, des vacations à la BESOS. Il avait bondi de joie en apprenant qu'on le sollicitait, lui, pour prodiguer des conférences aux étudiants de la Botanical Ecological School Of Sorcery.

Le doyen de l'académie l'avait même convaincu d'intégrer le laboratoire de recherche de l'école. Il avait là une opportunité en or de développer ses propres cultures et de participer à l'élaboration de nouveaux remèdes, en association avec des chercheurs en Potions et en Médicomagie.

Il ne regrettait pas d'avoir été débouté par les fleuristes et les herboristes londoniens. Neville avait beau vouer une passion sans borne pour les plantes, ce qu'il aimait par-dessus tout, c'était les chouchouter, les découvrir et expérimenter. La vente ne le séduisait réellement pas.

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Depuis que Neville se considérait comme un adulte il était, pour la première fois, en position d'être ce que les autres appelaient généralement « posé ». Si, la première semaine, il avait eu des sueurs froides à l'idée de finir ses jours enfermés dans la vieille chambre d'amis poussiéreuse de sa grand-mère, il pouvait désormais envisager les prochains mois sereinement.

Il trouvait toujours étrange de reprendre une vie à peu près normale, avec un travail régulier, un seul et même toit, un lit identique chaque nuit mais il était bien loin d'être désagréable de pouvoir voir évoluer au quotidien tous ses proches que, jusque-là, il ne suivait que de loin.

Il n'avait plus de deadline imposée, il pouvait aller boire une Bièraubeurre avec l'un ou l'autre sans se dire qu'il ne le reverrait pas avant plusieurs mois. Il retrouvait le temps de profiter de chacun et d'apprendre à les connaître à nouveau. Ils changeaient tous tellement vite à son goût !

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Seamus et Zabini étaient plus complices que jamais. Ils avaient enfin osé parler de leur idylle à quelques proches et, comme sa blonde l'avait prédit, leur histoire ne ressemblait pas à une simple erreur de parcours. Neville avait envie de croire qu'ils iraient loin ensemble.

Il s'inquiétait pour Ginny, par contre. Ils n'avaient eu que peu de nouvelles directes d'elle ces derniers mois et avaient appris, depuis leur retour, qu'elle fréquentait à nouveau quelqu'un. Elle avait accepté de leur présenter ce garçon qu'elle avait rencontré au Pays de Galles, pendant ses sessions d'entraînement.

Anthony, puisqu'il se nommait ainsi, était un sorcier de leur âge, chasseur de tête pour le compte d'une multinationale sorcière. Il n'avait pas l'air bien méchant mais Neville ne l'appréciait que modérément.

Anthony était ce qu'on pouvait appeler un carriériste, ce qui était bien ironique en regard du métier qu'il avait choisi. Il ne parlait constamment que de promotion, de profit, de prime d'ajustement et de stabilité économique.

Neville et sa blonde étaient, eux, et depuis toujours, bien éloignés de toutes ces considérations capitalistes. Ils n'étaient pas intéressés par ces concepts mercantiles ou par l'avènement de la société de consommation.

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Leur mode de vie, ces dernières années, les avait forgés différemment. Ils s'étaient immédiatement mis à fonctionner sur un mode de partage et de troc, matériel ou immatériel. Rapidement, ils en avaient apprécié la valeur intrinsèque et s'étaient mis à rêver d'une société sans classe où chacun pouvait apporter à l'autre, qu'elle que soit son ascendance ou ses possessions.

Revenir s'installer en Grande-Bretagne avait été comme se prendre une grande claque et discuter avec Anthony leur laissait toujours un goût amer en bouche. Leurs conceptions étaient tellement différentes.

Le jeune homme les prenait pour des idéalistes, Luna et lui. De doux rêveurs. Ce n'était pas bien différent des réactions qu'ils suscitaient habituellement, finalement, mais Neville n'aimait pas tellement qu'on moque ses convictions.

Et s'il y avait bien une chose dont il était convaincu, c'était bien que le principe d'autorité n'était qu'une épine dans le pied de chaque individu de cette planète. Il était persuadé, après tout ce qu'il avait vécu, que l'égalité sociale était possible.

Il n'en savait pas moins que pour atteindre ce but il était nécessaire de rejeter les contraintes établies par les institutions gouvernementales. C'était une condition inaliénable à la naissance d'une société égalitaire, sans domination ni exploitation.

Hermione aimait à dire qu'il avait l'âme d'un anarchiste. Il s'était renseigné sur la politique moldue et préférait se voir en libertaire. Il était persuadé que la solution résidait dans cette conception de vie. Il l'expérimentait depuis trois ans, maintenant !

Trois ans qu'ils évoluaient, avec sa blonde, dans un collectivisme où les possessions individuelles de chacun ne supposait pas de facto un droit de propriété. Il ne pouvait s'empêcher de se demander quel était l'intérêt de garder pour soi des biens qu'on n'utilisait pas alors que ces mêmes biens pouvaient être essentiels à un autre.

Il ne comprenait pas cet égoïsme intrinsèque de ceux qu'on appelait les hommes civilisés. Sans se saigner aux quatre veines, sans se déposséder de tout, n'était-il pas possible de se montrer un peu plus altruiste en cédant, prêtant, ou simplement en soutenant son prochain davantage dans le besoin ?

Oui, finalement, Neville était un idéaliste qui croyait à un ordre sociétal de fait, sans le Pouvoir. Il croyait farouchement en l'être, humain, sorcier, moldu, ou créature pensante. Il croyait à la conscience. L'intelligence de l'homme, qui est et pense, ne pouvait-elle pas suffire au vivre ensemble ?

Sa conception de la vie était diamétralement opposée à celle d'Anthony. Bien trop pour qu'ils s'entendent un jour. Neville n'en était que modérément chagriné. Il ne pariait d'ailleurs pas un Gallion sur la durée de son amourette avec Ginny.

Elle était trop intelligente pour s'enfoncer réellement dans une relation sans queue ni tête. Il s'inquiétait davantage pour Harry, en fait. Enfin, pas vraiment pour lui mais pour ce qui arriverait bientôt. Il le sentait.

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Avec sa blonde, ils n'avaient pas compris tout de suite mais pour une fois Neville pouvait se réjouir d'avoir eu une illumination avant elle. Il avait percé un mystère, la laissant coite, comme ce n'était que rarement le cas.

Dès leur retour, ils avaient entendu Harry parler de son « acolyte » du Parc. Il ne prononçait jamais son nom sans pour autant qu'il ait eu l'air d'en faire un secret d'Etat. Ils s'étaient vite aperçus, en fait, que son identité semblait tellement évidente pour tout le monde que personne ne prenait la peine de leur dire qui elle était.

Ils n'avaient pas fait attention, les premières fois qu'ils en avaient entendu parler. Au début, ils s'étaient imaginé que ce n'était qu'une femme que Harry rencontrait souvent au jardin d'enfant, lorsqu'il gardait Teddy.

Ils avaient rapidement compris que cette femme avait un enfant et que Fleur, qui la rencontrait chaque semaine au Parc du Chemin de Traverse s'était prise d'amitié pour elle. Elles avaient convié Harry et Teddy à les rejoindre et le brun s'était mis à garder le louveteau de plus en plus souvent.

Ils s'appréciaient, tous les trois, et ne voulaient plus se passer de la présence d'autres adultes avec qui ils pouvaient enfin discuter réellement en surveillant les garnement s'ébrouer dans la neige, faire des courses effrénées ou grimper, au périls de leurs vies, sur des rochers hauts comme trois pommes.

La troisième fois que Neville et Luna avaient entendu parler de cette femme, ils avaient saisi que Harry et elle se donnaient des rendez-vous réguliers, de plus en plus souvent sans Fleur, uniquement dans des parcs moldus – la célébrité du Survivant nécessitait toujours des trésors de discrétion – testant différentes sorties pour les enfants, avec plus ou moins de succès.

Ils s'étaient surtout aperçus de l'importance que Harry accordait à leurs bavardages sur le sens de la vie. Cette femme semblait avoir été d'un grand soutien pour lui ces derniers mois, l'empêchant de ressasser ses échecs successifs, le poussant à se concentrer sur un choix de carrière qu'il ne semblait toujours pas prêt à déterminer pour autant.

Elle l'enguirlandait quand il voulait stagner, se moquait quand il se plaignait et l'obligeait à être davantage un père qu'un trublion pour son filleul et Harry ne semblait pas en reste. Il la disait forte, fière, piquante, sarcastique et sévère.

Elle endurait les épreuves les unes après les autres et se relevait, d'après lui, à chaque fois. Il l'écoutait et la poussait à se tenir droite. Il s'en plaignait souvent, de cette femme, mais toujours avec un petit sourire en coin et une étincelle dans les yeux.

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La cinquième fois que Harry en avait parlé, Neville n'avait plus eu aucun doute. L'Élu était en train de plonger dans la guimauve pour cette femme dont il ne prononçait jamais le nom. Il lui avait demandé qui elle était mais il avait refusé de répondre cette fois-là. Harry ne pouvait pas lui dire qui elle était au milieu de la foule compacte qui les entourait.

Ils s'étaient rendus, en une joyeuse troupe particulièrement disparate, à l'inauguration de la succursale d'Honeydukes sur le Chemin de Traverse. Ce n'était pas tous les jours qu'ils pouvaient profiter gratuitement des Nougats Moelleux ou des Plumes en Sucre de leur enfance.

Cependant, à ce moment, Neville avait amèrement regretté de n'avoir pas insisté pour accueillir tout ce beau monde chez lui, Malefoy inclus. Au moins, dans l'intimité de son salon, il aurait pu savoir immédiatement qui était cette femme au lieu d'entendre, tout l'après-midi, des

- « Tiens, hier, on est allé à Peak District [1] avec mon acolyte, les mômes étaient ravis ! »

- « Harry, je peux me joindre à vous, samedi prochain, ça fait longtemps que j'ai pas vu Teddy. Ton 'acolyte' » prononcé sur le ton chantant d'une Hermione ravie « ne m'en voudra pas, hein, de m'imposer ? »

- « Hey Potter, ton 'acolyte' » prononcé, cette fois, sur un ton sarcastique « m'a dit que ... »

Le tout accompagné de ricanements purement Malefoyen à chaque fois Neville essayait d'en savoir plus. Il avait dû ronger son frein et la question était finalement passée à la trappe.

Quand, à la fin de la journée, il aurait enfin dû avoir la réponse qu'il espérait tant, il avait simplement oublié d'interroger Harry, regrettant d'avoir cassé son énième Rapeltou quelques jours en amont.

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La semaine passée, Neville et Luna avaient reçu Pansy chez eux. Elle n'était pas à proprement parler devenue une amie, mais, un respect mutuel et un intérêt certain s'était créé entre eux et l'ancienne Serpentard et ils appréciaient de se rencontrer, même spasmodiquement.

Ils étaient installés au salon autour d'un thé lorsque Harry avait sonné à la porte, s'invitant sans préavis en compagnie de Teddy. Lorsque Neville avait ouvert la porte et était tombé sur le brun, il avait immédiatement relié les fils entre eux, sans que personne n'ait besoin d'ouvrir la bouche. C'était une telle évidence !

Le déclic s'était enclenché avant même que le petit Ashley n'accueille Le Survivant en criant de joie. Il n'avait plus eu aucun doute quand le bambin s'était précipité sur Harry pour s'accrocher à ses jambes, l'obligeant à marcher en crabe pour rejoindre le salon.

Luna avait interrogé son compagnon du regard quand, n'arrivant pas à décrocher un mot, Neville avait juste suivi des yeux Harry rire, entrer et poser une bise sonore sur la joue de Pansy. Sa blonde s'était apprêtée à lui demander s'il était sûr de ne pas s'être fait envahir par une colonie de Joncheruine quand la brune était intervenue.

- « Londubat ? Ce n'est pas qu'on se les pèle mais, il y a mon fils, là, tu pourrais fermer la porte avant qu'on ne gèle tous sur place ? »

Neville avait secoué la tête avant d'accéder à sa demande. Il s'était alors installé au salon et avait regardé tout le monde en fronçant les sourcils. Merlin que cette scène lui semblait incongrue ! Et Luna qui ne réagissait pas !

- « Nev, tu n'as vraiment pas l'air dans ton assiette » avait-elle alors tenté tandis que Pansy s'était mise à lever un sourcil devant son silence.

- « Mais, c'est toi, en fait ! »

Neville l'avait annoncé comme s'il portait une accusation particulièrement grave, l'index pointé sur la brune. Luna s'était exclamé d'un « Neville ! », choquée par son manque de civilité.

Pansy avait d'abord froncé les sourcils puis s'était mise à ricaner le nez en l'air en entendant Harry émettre un « Oooooh ! » sonore, tandis qu'il se souvenait subitement avoir oublié de préciser certains détails.

La blonde s'était alors parée d'un visage suspicieux, ne comprenant vraiment pas de quoi il pouvait bien en retourner pour voir tant d'étranges réactions autour d'elle. Harry leur avait alors expliqué le fin mot de cette histoire d'acolyte et Luna s'était montrée enchantée.

Neville s'était tu, lui, Pansy s'était moqué de leurs réactions – ils ne faisaient que se voir dans des parcs avec leurs gosses – et Harry avait repris le plus naturellement du monde sa conversation avec Ashley qui ne se résumait qu'à un babillage ridicule.

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Comme Pansy le lui avait précisé, il ne servait à rien à Neville d'être étonné. Ils n'étaient plus à une nouvelle amitié incongrue près. Cependant, ce qui inquiétait le jeune homme n'était pas tant leurs sentiments amicaux que ce qu'il commençait à entrevoir chez Harry.

Il savait que le brun était dans une phase charnière de sa vie et qu'il était loin d'être rebuté à l'idée de partager sa vie avec une mère célibataire. Il ne savait pas ce qu'elle pouvait éprouver, elle, et si l'intérêt que montrait Harry pourrait un jour être réciproque mais il se doutait que la réaction de Ginny serait catastrophique si elle apprenait ce qu'il était en train de se passer.

Elle ne supporterait probablement pas d'apprendre qu'il faisait son deuil de leur relation et se sentait prêt à ouvrir son cœur à nouveau. Ce n'était pas parce que la rouquine avait été la première à franchir le pas, s'affichant au bras du premier pauvre type qui l'avait courtisée, qu'elle s'était remise des événements de ces derniers mois.

Harry recommençait à rêver et à fantasmer et si elle ne se ressaisissait pas rapidement, rien n'arrêterait ce processus.


Verdict ? Que pensez-vous de ce petit chapitre, sans prétention ?!

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Peak District [1] : Parc National situé au centre-nord de l'Angleterre (sur les comtés de Derbyshire, Cheshire, Grand-Manchester, Staffordshire, Sheffiel et Kirkless) créé en 1951.