[MàJ Août 2021]

Note de l'autrice : Bonsoir vous ! Comment allez-vous ? Vous voguez le cœur léger ?

Aujourd'hui, on part sur un chapitre un peu plus sérieux, peut-être trop mais vous me direz si vous le trouvez trop complexe ou peu compréhensible... Ou peu crédible ou ce que ça vous renvoie, donc !

Sans plus de blabla et avant de passer à la suite, une petite RàR (oh, bah dites donc, j'avais presque oublié que les non-inscrits pouvaient reviewer, tellement c'est rare de voir votre prose, gentils lecteurs anonymes!) pour Charlotte, que vous pouvez lire ici : https (deux points slash slash) www (point) fanfiction (point) net (slash) topic (slash) 237726 (slash) 186030960 (slash) 1 (slash dièse) 186030960

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Bonne lecture et à très vite !

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Chapitre 30 – Théodore

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Théo caressa les cheveux noirs de la gamine qu'il venait de rencontrer au dernier meeting de Portarol en souriant. Avec son visage coincé contre son torse, il pouvait presque croire que c'était à Pansy qu'il venait de faire subir les pires outrages.

Il avait bien tenté de proposer un petit arrangement à son ex-fiancée maintenant qu'elle se traînait un petit bâtard et qu'elle n'avait plus les moyens de retrouver une situation digne de ce nom mais, elle avait préféré s'indigner et pousser des cris d'orfraie.

Devenir la maîtresse d'un Sir restait pourtant une excellente situation, quels que soient les bruits qui couraient sur le compte de Théodore. Elle n'aurait plus eu à travailler, aurait eu sa protection et se serait fait entretenir.

Mais non ! Cette fille, qui n'avait pas hésité une seconde à se vautrer dans le stupre avec il ne savait qui quand il était en prison alors même qu'elle s'était toujours refusée à lui, jouait à la fière.

Pansy n'était plus rien et n'aurait pas même dû mériter son attention. Pourtant, il la désirait toujours.

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Depuis les premiers temps de sa puberté, il s'était imaginé finir ses jours avec elle. Même aujourd'hui, avec tout ce qu'il s'était passé, il avait des difficultés à concevoir que ce ne soit pas le cas. Bien sûr, elle ne pouvait plus être l'officielle, la femme de premier plan, mais la savoir loin de lui le contrariait plus que de raison.

Il l'avait relancée, quelques fois, espérant la faire craquer, mais elle avait fini par faire changer son canal de Cheminette. Il ne savait toujours pas où elle habitait et désespérait de le découvrir un jour. Ils ne fréquentaient définitivement plus les mêmes cercles de connaissances.

Parfois, il se rendait aux abords de l'Institut de Magizoologie dans lequel elle prenait des cours mais son emploi du temps changeait perpétuellement et il n'arrivait que rarement à la croiser. Certaines fois, elle acceptait de lui adresser la parole mais pas assez souvent à son goût et, systématiquement, elle refusait les rendez-vous qu'il lui proposait.

Elle était prétentieuse, hautaine et trop sûre d'elle, voilà ce dont Théo se rendait compte et, bizarrement, elle n'en était qu'encore plus désirable. Il l'avait pourtant appréciée pure et virginale quand ils étaient jeunes.

Jusqu'à ce qu'il apprenne ses frasques, il l'avait toujours considérée comme un bloc de glace. Elle ne s'était jamais perdue dans des baisers enfiévrés, n'avait même jamais fait mine d'être intéressée par l'exploration de leurs corps d'adolescents en plein chambardement.

Quand ils s'étaient mis à se fréquenter, elle était polie, distante, froide mais toujours agréable. C'était une attitude conventionnelle à laquelle il adhérait et, bien qu'il ne se fût pas imaginé vivre de folles nuits d'amour passionnelles avec elle, il restait persuadé qu'ils auraient fini par s'aimer, dans un sens, et qu'elle aurait été une épouse parfaite.

Depuis qu'il l'envisageait non plus comme sa femme mais comme une favorite potentielle, maintenant qu'il la savait mère célibataire et qu'elle se montrait plus altière encore qu'avant, il ne pouvait s'empêcher de l'imaginer légère et coquine. Il se persuadait qu'elle était frivole.

Une femme osant faire un môme dans le dos d'un homme et l'affichant aux yeux de tous était forcément désinvolte et volage.

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Il ne savait pas s'il devait s'amuser ou s'inquiéter de choisir ses compagnes d'une nuit sur leurs critères de ressemblance avec Pansy mais, à chaque fois, il constatait d'un détail frappant.

Une chevelure noire ébène, la courbure d'une mâchoire, des hanches trop fines, le rouge d'une bouche, peu importait. Systématiquement, il y avait ce détail qui le frappait et la ramenait à lui.

En même temps, ce n'était pas difficile de trouver des femmes lui ressemblant. La plupart des filles qu'il levait, il les rencontrait aux meetings et, ces réunions, étaient un vivier de la noblesse sorcière.

Bien évidemment, il n'y avait pas seulement des aristocrates, des hommes et des femmes de plus basse souche y assistaient également mais la plupart des nobles avaient sa stature, la même dignité, réelle ou fictive.

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Jusqu'à présent, il ne s'était jamais fait surprendre par les Aurors lors de ces rencontres politiques mais il allait devoir être particulièrement prudent désormais. Il avait mis plusieurs mois à rencontrer réellement Portarol et celui-ci ne s'en était pas montré ravi, dans un premier temps.

L'homme avait une image à préserver. Il ne voulait en aucune façon être associé au Lord Noir ou aux Mangemorts. La population était encore effrayée et la stratégie du politicien, diamétralement opposée à celle de Son Excellence, lui permettait de toucher davantage de monde.

Il resserrait les rangs des sorcières et des sorciers attachés à la grandeur de la race sorcière mais également de certains humanistes un peu trop naïfs. Portarol ne voulait pas d'un génocide, pas même de haine et de violence. En tout cas en apparence.

Sa prise de pouvoir devait se faire en douceur, lentement. Il voulait insinuer ses idées dans l'inconscient collectif et non pas changer le monde à coups de masses. Inévitablement, Théo avait été reçu avec froideur mais, à force de persévérance, il avait été entendu. Sa manœuvre avait été simple, finalement.

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Son travail au sein de l'équipe de ROME lui permettait de voyager sans trop éveiller les soupçons des Aurors et il avait pu assister à un nombre considérable de réunions clandestines.

Il avait pu suivre les équipes de Portarol de Dublin à Glascow en passant par Cardiff et Bristol et tout un tas de villages plus ou moins paumés de Grande-Bretagne. Si les imbéciles qui composaient le Magenmagot avaient pu prévoir qu'il finirait par se réjouir de son LARD, ils auraient été moins prompts à lui attribuer cette punition.

Rapidement, Théo avait repéré les habitués, les inconditionnels et les bavards. Il s'en était approché et leur avait soufflé ses idées. Comme il l'espérait, les plus stupides et les plus ambitieux les avaient reprises à leur compte, avaient dit tout haut ce qu'il chuchotait depuis le coin sombre où il suivait les débats.

Certaines propositions avaient été rejetées en bloc, d'autres avaient doucement cheminé et un nouveau groupuscule, le FLS, Front de Libération des Sorciers voyait le jour en ce moment même.

Robb, le premier conseiller de Portarol, avait rapidement compris le rôle joué par le jeune Sir Nott et, si rien ne devait s'officialiser, il avait incité les deux hommes à travailler main dans la main, l'un face au public, l'autre incognito.

Théo avait rejoint l'équipe de Portarol dans l'ombre deux mois plus tôt et, grâce à ces nouvelles relations, il espérait obtenir d'ici la fin de l'été une révision des procès de Millicent et d'autres Jeunes Gardes Tabou.

Le cas de ceux qui avaient usé du sortilège mortel avec brio lors de la bataille finale tels que Gregory ne pourrait en faire partie, les charges étaient trop lourdes contre eux mais il ne désespérait pas de voir certains de ses amis libérés plus tôt que prévu.

Il était toujours possible de trouver un vice de procédure par-ci, une conduite irréprochable par-là, un argument larmoyant là-bas et ainsi de suite. Ils planchaient dur, avec les juristes de Portarol, pour trouver l'élément clé qui permettrait de blanchir les uns et les autres.

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La mission principale du FLS était simple, en soi. Presque trop évidente. Leur objectif était, tout bonnement, de révéler progressivement l'existence des sorciers aux moldus. Une fois cette étape franchie, prendre le pouvoir sur ces basses créatures allait être un jeu d'enfant.

Depuis des millénaires, les êtres doués de magie avaient tout pour être plus puissants mais simplement parce que les mages étaient moins nombreux, ils s'étaient sentis obligés de vivre cachés.

Théo, comme la majorité des partisans de la mouvance nationaliste sorcière, rejetait en bloc cette lubie ancestrale. Les sorciers devaient reprendre du terrain, asseoir leur force et pour cela ils devaient se montrer aussi fermes que possible.

La première mission du FLS était d'ailleurs de briser le plus de sorts de Repousse-Moldus possible. Pour ce faire, ils pouvaient compter sur le manque de rigueur de certains partisans également membres du Ministère qui, en douce, leur indiquaient des lieux stratégiques.

De Hauts-Fonctionnaires leur révélaient, au mépris de toutes règles éthiques et déontologiques, l'existence de certains domaines incartables qu'ils essayaient, sans succès pour le moment, de réincartabiliser.

En parallèle, des investisseurs d'un nouveau genre s'apprêtaient à créer, sans scrupule, de nouveaux quartiers sorciers au sein même du Londres Moldu, achetant des logements vacants et des locaux désaffectés.

Aucune loi, jusqu'alors, n'était édictée pour contrer ce genre de business, pas plus que la location de ces mêmes lieux à prix bradés à des sorciers sans le sou n'était réglementée. Et les sorciers de basse-souche qui investissaient ces lieux n'étaient pas à proprement parler des adeptes du respect des lois sorcières.

Ils n'en faisaient qu'à leur tête et faisaient rapidement des erreurs, oubliant de cacher leurs dons magiques. D'ailleurs, le FLS n'était passé à l'action que depuis très peu de temps et, déjà, les Oubliators croulaient sous le travail.

Les moldus commençaient, presque plus vite que prévu, à élucubrer sur l'émergence d'une nouvelle maladie mentale et les services psychiatriques des hôpitaux finiraient bientôt par être engorgés. C'était inévitable.

Certains journaux moldus évoquaient depuis peu cette « forme aggravée et bizarrement localisée de délire paraphrénique fantasmagorique ». Personne ne comprenait d'où venaient les hallucinations collectives qui se propageaient chez les Londoniens.

Toute une famille avait vu, la semaine dernière, après l'enterrement de leur aïeule, des « chevaux démoniaques » se nourrir de viande avariée et criaient à l'apocalypse. Les informer qu'ils n'avaient fait que croiser un élevage de Sombral réincarté au Nord de Brighton n'aurait probablement rien arrangé à leur traumatisme.

Le père, la mère et leurs gosses avaient dû être sédatés pour calmer leur agitation et étaient désormais hospitalisés. « Bénéficiant des meilleurs soins ».

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Théo et Robb se faisaient un malin plaisir à monter des dossiers à partir de ces faits divers et le haut de la pyramide du FLS s'amusait de ces Revues de Presses Moldues régulières, riant de l'incompréhension totale de ces sous-êtres dépourvus de don.

Bientôt, en plus du traumatisme d'être confrontés à des phénomènes extraordinaires, les moldus connaîtraient les affres des effets secondaires dus à l'abus de sorts d'Oubliette. Cette folie, comme ils l'appelaient s'étendrait progressivement sur l'Angleterre puis à toute la Grande-Bretagne.

Des agents de changes envisageaient déjà d'investir dans le Glascow moldu, pour profiter d'anciennes usines désaffectées. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, la moitié des moldus du continent se croirait fou en raison de leur nouvelle proximité avec des sorciers.

A ce moment-là, dans un, trois, cinq ans ou plus, les mages se présenteraient en sauveur auprès de ce peuple trop faible et ils pourraient faire gober ce qu'ils voudraient à ces pauvres êtres insignifiants. Ils sauraient se montrer patients. Ils les auraient, à l'usure.

Ce projet était bien plus drôle, finalement, que la simple Chasse aux Moldus qu'avaient tant chéris les ancêtres de Théo. Et lui se frottait les mains. Il ne pensait pas autant s'amuser lorsque, avec l'équipe de Portarol, ils avaient élaboré ce stratagème et pourtant les premières étapes se déroulaient sans accroc.

Consciemment ou à son insu, une grande part de la population sorcière adhérait aux petites révolutions qu'ils comptaient mettre en branle. Nombreux étaient les sorciers et sorcières ne désirant pas spécifiquement s'établir dans une ville sorcière excentrée.

Imposer la magie au milieu des moldus, sans contrainte, était tellement plus pratique. Bien sûr, cela entraînerait la violation de nombreuses lois mais, rationnellement, il n'était pas possible de systématiquement assigner des amendes au pauvre péquin qui, à son propre domicile, faisait léviter un gâteau devant sa fenêtre, choquant un piéton moldu au passage.

Il était encore moins concevable de l'envoyer à Azkaban pour si peu !

Le gouvernement de Shacklebot sentait bien le vent tourner mais pour le moment ils ne savaient toujours pas sur quel pied danser. Théo ne doutait pas que, bientôt, ils seraient complètement dépassés.

Ils créeraient probablement une nouvelle brigade spécialement dédiée à la Protection des Moldus. Comme il s'y attendait, des voix commençaient déjà à se faire entendre en ce sens. C'était parfait, absolument parfait.

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La seule déception de Théo, finalement, était de ne pas pouvoir se joindre officiellement aux membres du FLS. Il aimait penser, réfléchir, anticiper, planifier mais, l'adrénaline que provoquait l'action lui manquait cruellement.

Il aurait aimé pouvoir s'infiltrer au Ministère avec les autres, manipuler des subalternes et les mettre dans sa poche. Mais non. Sa réputation était encore bien trop sulfureuse pour y participer sans dommage.

Il aurait souhaité vadrouiller avec les sorciers du Front, à la recherche de lieux masqués à révéler aux yeux des moldus. Il aurait encore plus apprécié débusquer ce traître de Draco, retranché on ne savait où. Il aurait pu le trouver et aider Narcissa qui crevait d'ignorer où vivait son fils.

Elle aurait souri à nouveau et ils auraient fait payer à cette garce de Sang-de-Bourbe qui l'avait détourné du droit chemin. La mère de Draco était tellement mal. Elle subissait toutes ces épreuves avec dignité mais à chaque fois qu'il lui rendait visite, Théo ne pouvait voir que ses traits durcis par une colère froide ou affaissés par la peine. Il se sentait enrager, alors, de voir sa souffrance.

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Il avait essayé de traîner Lady Malefoy à une des rencontres de Portarol, souhaitant lui redonner espoir dans un monde meilleur, un monde où ils retrouveraient leur place d'Antan mais avait échoué jusque-là.

Elle n'osait pas s'y présenter. Elle était trop connue, trop reconnaissable aussi, pour ne pas se faire remarquer et, elle aussi, était soumise aux mêmes interdictions que lui. Théo pouvait encore donner le change et se fondre dans la masse mais cette grande femme blonde, magnifique malgré le poids des années et des épreuves, personne n'ignorait qui elle était.

Il ne pouvait pas lui en vouloir, de préférer vivre recluse. Elle avait déjà trop perdu mais sa haine, à lui, s'accentuait. Il ne savait pas quel mage remercier pour ne pas encore avoir croisé Draco et sa pute dans un lieu isolé.

Quand ce jour arriverait, il savait qu'il aurait du mal à retenir sa baguette. Il voudrait les faire souffrir comme ils faisaient souffrir Narcissa. Une mère. Cette mère qui n'avait plus de fils. Seule au monde. Comme lui.

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Verdict ? Que pensez-vous du plan machiavélique de Théo ?