[MàJ Août 2021]

Note de l'auteur : Bonjour, bonjour ! Allez, hop, on abandonne Hannah, George et Ron et on se tourne aujourd'hui vers l'Élu, non pas de ces dames, mais l'Élu, tout court... Nous l'avions quitté fantasmant à mort sur une brune épicée.Dans quelles conditions le retrouvons-nous ? A suivre ! Ceci dit, je vous trouve bien cruelles avec ce pauvre Ron ! Ne trouvera-t-il donc jamais grâce à vos yeux ! Heureusement qu'il reste Molly pour consoler son pauvre fiston !

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Avant de passer à la suite, l'éternel petit mot que je ne me lasse pas de répéter : encore et toujours merci à vous pour passer lire cette histoire et encore plus pour la commenter, en bien comme en mal et merci de la questionner !

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Bonne lecture et à très vite !


Chapitre 34 - Harry

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- « Hawy ? On va voiw Ache ? »

Le brun ne put s'empêcher de plisser nez et sourcils avant de proposer une autre sortie à Teddy pour cet après-midi. Mieux valait ne pas penser à Pansy. Pas après... ça. Non, il était préférable de changer totalement son fusil d'épaule et de simplement profiter de cette journée ensoleillée pour amener Teddy à la plage. Il ne saurait pas mieux prononcer les « R » à la fin de cette journée mais, au moins, ils auraient assez de distractions pour oublier l'existence de la brune et de son fils.

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En effet, quelque temps en amont, Harry avait merdé. Il n'y avait pas d'autres mots. D'ailleurs, ce n'était pas les siens mais ceux de Hermione. Enfin, elle avait plus élégamment dit qu'il avait « tout fait foirer ». Il pensait réellement que cette formulation était en dessous de la réalité !

Bien qu'il ne doutait pas de la justesse des opinions de sa plus vieille amie, celle-ci se trompant rarement en termes de relations humaines, il n'était pas bien sûr qu'elle ait réellement saisi toute l'ampleur du problème !

Il savait bien, lui, qu'il avait « merdé » dans les grandes largeurs. Le pire était sûrement qu'il ne s'en étonnait même pas. Il était mortifié, c'était évident mais, il se doutait déjà depuis un certain temps qu'une telle chose allait arriver tôt ou tard. Il avait seulement espéré que ce soit le plus tard possible.

Quelques jours auparavant, il avait convaincu Pansy de laisser Ashley à la garde d'Andromeda Tonks. Dès le début du mois de juin, la brune s'était angoissée, se demandant comment elle pourrait faire garder son fils pendant l'été, ne pouvant se permettre de s'octroyer deux mois de vacances.

La Magicrècherie avait fermé dès le début du mois de juillet et ne rouvrait ses portes qu'en septembre. Elle refusait absolument l'idée de laisser son fils dans un centre de loisir public, n'avait eu aucune confiance dans les jeunes femmes s'étant présentées comme nourrices et n'avait, de toute manière, pas les moyens de les payer à temps plein. Elle ne pouvait pas plus systématiquement compter sur le bon vouloir de ses quelques amis.

Pansy avait eu un certain nombre de réticences à confier son fils à Andromeda. Elle ne la connaissait pas, finalement, et elle n'en avait jamais entendu que du mal tout au long de son adolescence.

Ce n'était pas bien étonnant puisque la tante de Draco avait, comme elle aujourd'hui, comme tant d'autres avant eux, bafoué leur histoire familiale mais, finalement, elle ne pouvait pas lui reprocher d'avoir changé de cap à l'adolescence, à cette période charnière de sa vie, après ce qu'elle-même avait fait.

La brune avait rencontré la veuve Tonks à plusieurs reprises et s'était laissée attendrir. Elle lui avait finalement confié son fils dès le début du mois de juillet, toujours un peu sur la défensive et s'était complètement laissée séduire quand elle avait vu le visage de son fils en le récupérant.

Elle n'avait plus hésité, le lendemain et le surlendemain, à l'y ramener, en entendant ses babillages extatiques. Andromeda avait reçu la même éducation que Pansy et elle connaissait les bonnes manières, ce qui ne gâchait rien.

Le plus grave qu'il pouvait arriver, avait-elle fini par convenir, était que la grand-mère de Teddy apprenne à son fils les us et coutumes moldus dont elle était désormais pleinement imprégnée. Cependant, Hermione et Harry le faisaient déjà depuis plusieurs mois et Ashley ne s'en portait pas plus mal pour autant.

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Un de ces soirs où elle était venue récupérer Ashley, Pansy avait eu la surprise de voir l'Élu déjà installé au salon, à prendre le thé avec Andromeda. Elle s'était jointe à cette sorte de famille recomposée et, une demi-heure plus tard, Teddy la suppliait de laisser Ashley dormir avec lui, son fils approuvant avec des rires joyeux.

Elle avait rechigné, un peu, au début, une boule au ventre la prenant à l'idée de rentrer sans son fils puis s'était laissé convaincre par les suppliques de toute l'assemblée. Andromeda s'enthousiasmait réellement d'avoir ces gamins pleins de vie chez elle et soulignait en riant que Pansy pourrait enfin profiter d'une soirée pour elle seule et, pourquoi pas, de quelques heures de sommeil supplémentaires au matin.

Pansy avait cédé et s'était retirée, en début de soirée, après avoir longuement serré son bébé dans ses bras. Harry l'avait suivie et ils avaient parcouru côte à côte le petit sentier devant la maison jusqu'au portail qui donnait sur une rue piétonne.

Sur le bord de la route, le brun avait esquissé un sourire en coin en la voyant déjà se torturer les méninges. Elle était toujours tellement anxieuse lorsqu'il s'agissait d'Ashley ! Pris d'une impulsion soudaine, il l'avait invité à dîner.

Harry avait insisté en riant devant sa moue dubitative et, à nouveau, elle s'était laissé convaincre. Généralement, lorsqu'elle faisait garder son fils toute une nuit, elle avait une soirée ou une autre de prévue. Elle n'avait plus eu une soirée pour elle seule depuis deux ans et demie !

Pansy n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle aurait pu faire et s'était dit que, effectivement, elle ne pourrait que passer un agréable moment en compagnie de Harry. Elle était, d'ailleurs, particulièrement curieuse de le voir sans enfant, sans Fleur et sans Granger, pour une fois.

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Ils s'étaient accordés pour se rendre dans un quartier moldu, espérant ainsi une certaine quiétude dans leurs déplacements, et leur choix s'était rapidement porté sur un restaurant français de Sheffield.

Harry adorait cet endroit qu'il avait découvert presque par hasard en rendant visite à Katie Bell, une de ses anciennes coéquipières de Quidditch avec qui il entretenait toujours de cordiales relations.

La salle était, à proprement parler, une caricature d'un bistrot parisien ou, tout au moins, de l'idée que le brun s'en faisait, n'ayant jamais eu l'occasion de poser un pied sur le continent français.

De grands miroirs prenaient place sur deux murs et les autres étaient ornés de diverses plaques inscrites dans la langue de Molière. Il oubliait toujours de demander à Hermione la traduction du mot « Guinguette » qui revenait sur plusieurs d'entre elles.

Un grand comptoir en bois foncé prenait place sur toute la largeur d'un mur de la salle rectangulaire. Derrière, se tenait un homme en chemise blanche avec un petit veston noir. Il encaissait les clients qui venaient à lui, leur servait un verre de vin ou une pinte de bière et essuyait tout ce qui se trouvait à longueur de bras avec un torchon à carreaux bleu et blanc.

Au-dessus de sa tête, des centaines de bouteilles prenaient place. Dans l'alignement de sa caisse enregistreuse d'un style rétro, un peu en hauteur, une grande horloge de gare indiquait l'heure, de ses aiguilles en fer forgé.

A côté, un tas de dessous de verre s'élevait sur plusieurs centimètres de hauteur. Une autre petite plaque collée à la caisse y pointait une flèche et indiquait « Volez-moi ! ». Un petit saladier contenait également des bonbons dont les clients pouvaient allègrement se servir.

Sur les murs sans miroir, il y avait de nombreuses affiches représentant le Paris des dix-huit et dix-neuvième siècles. Sur des étagères trônaient des coffrets à vins estampillés de cépages français célèbres, de Saint-Emilion à Bourgueil en passant par Chablis

Des cendriers poussoirs prenaient place sur toutes les tables, d'un bois aussi sombre que celui du comptoir, bien que l'endroit fût non-fumeur. Des banquettes en cuir bordeaux accueillaient les clients le long des murs, sur de grandes tablées pouvant contenir jusqu'à douze personnes.

Au centre de la salle, les tables étaient plus petites, pour deux à quatre personnes, tout au plus. Parfois, les serveurs resserraient les rangs pour accueillir une troupe d'amis mais ce restaurant était surtout intimiste et familial.

Des sets à l'effigie d'un chat noir à priori célèbre bien que Harry n'en avait jamais entendu parler avant de connaître ce lieu accueillait les assiettes, et les serviettes en tissus étaient carrelées de rouge.

Dans un coin, un escalier menait à un bar à vin plus huppé où les noctambules étaient accueillis dans des fauteuils en osiers, autour de tables en verre. Il n'y était jamais allé mais gardait cette option en tête, pour plus tard. Ce soir encore, il avait préféré se limiter une nouvelle fois au restaurant.

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Harry était ravi de faire découvrir cet endroit à Pansy et elle en apprécia le charme pittoresque. Le serveur qui les avait accueillis les avait conviés à une table excentrée et le début de cette soirée s'était déroulé sans accroc.

Ils s'étaient laissés tentés par un vin blanc en apéritif et avaient sauté l'entrée pour passer directement au plat. Il avait commandé une viande rouge alors que la brune avait jeté son dévolu sur un poisson. Ils avaient ri de la caricature de leurs choix mais, là encore, ils passaient un très bon moment.

Ils avaient eu du mal à s'accorder sur le vin et un Graves rouge avait finalement fait l'affaire. Là était, probablement, la première erreur de Harry. Non, la deuxième, en fait. La première était d'avoir cédé à sa pulsion en invitant Pansy.

Plus il y repensait, plus il s'en voulait d'avoir commandé une bouteille pour deux. Bien sûr, elle n'avait pas plus que lui pensé que, s'ils voulaient finir la bouteille avant de quitter les lieux, ils auraient à boire plus que de raison. Elle n'avait pas été plus réfléchie mais cela ne changeait rien. Il avait fait une erreur.

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La bouteille s'était évaporée en un battement de cil, tout comme le repas. Arrivés au dessert, le serveur, en versant les dernières gouttes du breuvage dans le verre de Harry, lui avait déclamé, dans un français parfait, « Pendu ou marié dans l'année ! ».

Ils s'étaient amusés, avec Pansy, du ton guindé du garçon autant que de son clin d'œil, bien qu'ils n'aient pipé mot à ce qu'il venait de dire. Ils avaient pris de longues minutes, une fois leur dessert fini pour déguster ce dernier verre.

Ils avaient discuté de tout et rien, naturellement, sans aucun temps mort comme tout au long du repas. Cette soirée était réellement agréable et les deux jeunes gens se sentaient gentiment cotonneux et apaisés, à la fin de la soirée.

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Harry avait insisté pour inviter Pansy et elle avait râlé, surtout pour la forme. Elle lui avait ensuite fait promettre de réitérer ce type de soirée, une autre fois, afin qu'elle lui retourne la faveur. Il avait immédiatement accepté, ravi de l'initiative de la brune.

Elle lui avait offert un sourire resplendissant et avait fait claquer une bise bruyante sur sa joue avant de se diriger vers la sortie, le laissant régler l'addition. Le brun était resté planté un instant debout à côté de leur table, légèrement décontenancé par ce geste spontané.

Il n'avait pas l'habitude de la voir aussi affectueuse, Pansy ne badinait pas, généralement, pas même si peu. Un sourire rêveur naissant sur ses lèvres, il avait réglé la note, commençant seulement à s'apercevoir des effets de l'alcool.

Il avait conscience de se sentir plus assuré, sûrement plus qu'il n'aurait dû et, persuadé que la brune avait passé une aussi bonne soirée que lui, il ne ressentait plus autant de scrupules à essayer de la séduire. En sortant du restaurant, il se disait qu'ils avaient réussi, finalement sans difficulté, à avoir un « rendez-vous ».

Ils s'étaient vu facilement, tranquillement, loin des médias, loin de tout et de tous, depuis des mois déjà, avec les enfants. Il avait été aussi aisé de se voir intimement et, il se sentait persuadé que rien ne changerait cela s'il tentait de l'embrasser. Tout pouvait être simple, s'était-il alors dit.

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Fier de sa résolution éthylique, il était sorti du restaurant d'un pas conquérant et, avisant Pansy devant lui, de dos, sur le bord du trottoir, s'était dirigé vers elle, entourant ses épaules d'un bras.

Elle lui avait souri et il lui avait proposé de la raccompagner. Elle avait accepté et Harry avait silencieusement remercié Morgane pour sa clémence. Ils avaient marché un peu en silence, préférant s'assurer de toutes leurs facultés physiques et cognitives avant de transplaner.

Le brun avait resserré son bras autour des épaules de Pansy et elle avait penché sa tête vers lui sans cesser leur promenade, le remerciant pour cette soirée exceptionnelle. Toujours sûr de sa démarche, Harry s'était alors arrêté, se plaçant face à elle, sans la lâcher pour autant.

Un regard curieux l'avait accueilli mais, la petite fossette sur la joue de Pansy se creusait toujours alors qu'elle souriait. Avec ses talons, aussi hauts perchés que d'habitude, il n'avait pas eu besoin de baisser la tête pour ancrer ses yeux aux siens.

Quand elle avait ouvert la bouche pour poser une question sur son étrange comportement, il avait doucement placé une de ses mèches derrière son oreille, lui faisant ravaler ses mots aussitôt. Elle avait perdu son sourire et sa respiration s'était accélérée lorsqu'il avait fait glisser ses doigts sur sa mâchoire mais, elle ne s'était pas reculée.

Ils étaient restés de longues minutes ainsi, sans se lâcher des yeux, sans qu'il ne se passe plus. Le temps s'était comme arrêté. Presque en tremblant, Harry avait caressé la joue de Pansy de son pouce un peu rugueux et cette fois encore, elle n'avait pas bougé.

Il avait rapproché son visage d'elle, se posant mille questions et il l'avait senti autant qu'entendue bloquer sa respiration trop rapide jusqu'alors. Il avait essayé de trouver son assentiment dans son regard, ne se sentant ni la force ni le courage de prononcer un mot.

L'instant d'après, il posait doucement ses lèvres sur les siennes. Des lèvres parfaites, rouges vermeils, douces. Il l'avait invité dans ce baiser, timidement, mais trop rapidement, elle l'avait repoussé d'une pression de la main sur son torse. Main qui s'était ensuite écrasée sur sa joue avant de disparaître, avec sa propriétaire, dans un pop sonore.

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Il n'avait pas eu mal, quand elle l'avait giflé. Seule sa fierté avait été blessée. Il s'y était attendu. Il avait déjà anticipé qu'elle puisse avoir cette réaction et ne s'y était pas trompé. Il lui en coûtait d'ailleurs autant qu'il se l'était imaginé.

Il était resté quelques minutes à regarder l'espace vide où, quelques minutes plus tôt, s'était tenue Pansy et était rentré chez lui, dépité. Les jours suivants, il avait évité scrupuleusement toute situation pouvant l'amener à rencontrer la brune.

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Il ne la relança pas lors de ses jours de congés pour lui proposer une sortie avec les enfants comme il en avait pourtant l'habitude. Il se dispensa, également, de lui écrire quelque lettre que ce fut, pour s'expliquer ou s'excuser.

Trois jours plus tard, rongé de remords et ne sachant que faire, il décidait de se rendre à Kensald Road, quérir les conseils de Hermione. Il se disait qu'elle saurait arranger la situation, quitte à ce qu'elle l'insulte copieusement pour avoir autant dérapé.

Lorsqu'il se résolut à passer la voir, la soirée était déjà bien avancée mais il n'était pas encore minuit. Il n'avait pas hésité une minute de plus à la déranger. Il se torturait l'esprit essayant alternativement d'oublier et de se chercher des excuses. Il n'en pouvait plus. Réellement plus. Il devait la voir immédiatement.

Depuis que Hermione habitait avec Malefoy, ils s'étaient accordés, tous trois, après plusieurs quiproquos, sur les cas d'extrêmes urgences nécessitant des visites impromptues à des heures indues. Harry considérait que cette situation en faisait indubitablement partie.

Ayant, toutefois, acquis certaines règles de savoir-vivre, il prit la peine de sonner à la porte plutôt que de s'imposer dans le salon du couple qu'il n'avait, par ailleurs, aucune envie de surprendre une nouvelle fois dans une position compromettante.

Ce fut une Hermione échevelée qui lui ouvrit et, bien que désolé de l'avoir réveillée, il était ravi de l'absence du blond, retenu par une garde de nuit à Sainte-Mangouste. Harry lui raconta alors ses malheurs avec force détails depuis les problèmes de garde d'enfant de Pansy jusqu'à la seconde où il avait sonné chez sa meilleure amie.

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- « Tu es un idiot, Harry !

- Je sais ! Je sais ! J'ai déconné, j'aurais jamais dû l'embrasser ! »

Ce soir-là, comme aujourd'hui, Harry approuvait avec vigueur les remontrances de Hermione. Il s'était planté. Vraiment planté. Il acquiesçait, affligé de sa propre stupidité mais, vraiment, il ne comprenait toujours pas pour quelle raison il s'était entiché de cette femme.

Enfin, ce n'était pas tout à fait vrai. Il comprenait pourquoi. Il la trouvait parfaitement séduisante mais il ne savait vraiment pas ce qui l'avait poussé à croire qu'elle pouvait être intéressée par lui et, encore moins, qu'elle puisse répondre à ses avances. Ces deux points, réellement, restaient toujours un mystère.

- « Mais non, imbécile ! Tu as tout fait foirer en la laissant partir ! » avait lancé Hermione avec vigueur, en se dirigeant vers la cuisine, Harry sur les talons.

- « Comment ça ?

- Ce n'était peut-être pas très malin de l'embrasser comme ça mais le problème n'est pas là !

- Elle m'a giflé, Hermione !

- Mais bien sûr qu'elle t'a giflé, enfin ! Tu t'attendais à quoi, gros malin ? » Avait-elle répondu avec humeur en leur servant un thé bien chaud. « Elle a grandi dans la plus pure Tradition de l'aristocratie sorcière ! Ça ne se fait pas ! Te rends-tu au moins compte que la dernière fois qu'elle a laissé ses hormones prendre le dessus, elle s'est retrouvée en cloque !

- Mais... Mais j'allais pas la mettre en cloque ! Je n'ai fait que l'embrasser !

- Ouuuh ! J'ai vraiment l'impression de parler à un imbécile ! Ils ont mis trois ans à se fréquenter avec Nott avant d'échanger leur premier baiser. Trois ans Harry ! » Elle continuait son discours en se dirigeant vers sa chambre, souhaitant vivement retrouver la chaleur de sa couette. « Et même après ça, ils devaient se préserver pour le mariage. Tu crois qu'elle va vraiment se laisser embrasser par n'importe qui, n'importe comment ? Surtout après sa seule expérience un peu... frivole ?

- Mais.

- Mais rien, Harry ! Je ne dis pas qu'il faut la demander en mariage avant de l'embrasser ni qu'il faut penser aussi loin mais, tu pourrais au moins lui laisser le temps de s'habituer à l'idée au lieu de la faire flipper en l'embrassant comme un sauvage alors que vous aviez trop bu !

- Mais.

- Mais quoi ?! Tu la veux, expliques-toi et séduis-là. » Hermione avait grondé, l'index pointé sur lui. « Et même si tu ne la veux pas, expliques-toi Bon Sang de Licorne, et arrête de la jouer lettre-morte ! Elle ne mérite pas ça ! Aucune fille ne mérite ça !

- Tu es obligée de m'engueuler, Mione ? » s'était alors plaint Harry en s'asseyant à son tour sur le lit.

- « Oui ! » Elle n'avait pu empêcher un sourire de poindre « parce que tu as vraiment la sensibilité d'un Veracrasse quand tu t'y mets ! »

Une moue et un froncement de sourcil avaient accueilli son exclamation et elle avait eu envie de rire aux éclats. Hermione avait pris Harry dans ses bras et lui avait raconté tout ce qu'elle avait appris des mœurs traditionnelles des grandes familles nobles de sorciers en côtoyant Draco.

Harry s'était montré surpris, dubitatif, et presque rassuré, par instants. Ils avaient parlé longtemps, serrés l'un contre l'autre sous la couette, comme ils ne l'avaient plus fait depuis une éternité, leur avait-il semblé.

Ils avaient évalué et décortiqué les options offertes à Harry. Dire que Hermione avait tout analysé était d'ailleurs plus juste. Il avait écouté sa dissertation point par point mais, elle faisait tant d'allers retours, envisageant les moindres détails, qu'il s'était senti toujours aussi paumé quand elle lui avait offert sa conclusion.

Il ne savait toujours pas quoi faire quand ils s'endormirent, dans la même position, quelques heures plus tard. Il n'était pas, non plus, plus avancé quand, une poignée d'heures supplémentaires, il fut réveillé d'une brusque secousse sur son épaule.

- « Potter, par Salazar, je t'ai dit combien de fois d'arrêter de squatter MON lit ? »

Hermione, qui avait à son tour ouvert un œil avait fait taire le blond d'un baiser avant qu'une énième joute verbale stérile ne voit le jour. Poussant Harry sur le bord opposé du lit, elle avait accueilli Draco dans ses bras.

- « Grang', je te préviens, je suis trop crevé pour me battre mais, c'est la dernière fois que je partage mon lit avec lui !

- C'est dommage, c'est tellement sympa ce ménage à trois » avait ricané Harry d'une voix pâteuse, déclenchant un grondement sourd chez le blond auquel Hermione répondit d'une voix un peu trop rieuse.

- « Promis, c'est la dernière fois. Mais c'était un cas d'extrême urgence, tu sais ! » avait-elle ajouté précipitamment.

Draco avait marmonné quelque chose d'indistinct mais sa nuit avait été trop longue pour qu'il cherche à débattre. Il s'était endormi du sommeil du juste et l'Élu avait déjà filé lorsqu'il s'était levé en début d'après-midi.

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Harry, malgré les protestations de Hermione, avait fui l'appartement avant d'être contraint d'expliquer à Malefoy avoir souillé les lèvres de Pansy en l'embrassant. Il doutait fortement que le blond apprécie qu'il ait des vues sur son amie. Hermione trouverait les mots, elle, et elle s'en chargerait bien mieux !

Il en était donc toujours au même point, quelques jours plus tard en récupérant Teddy. Il se demandait comment réparer le bourbier qu'il avait créé et, forcément, lorsque son filleul lui demandait de passer l'après-midi avec Ashley, Harry sentait une sorte de culpabilité s'ajouter au marasme de ses sentiments.

En plus de gâcher la relation plutôt agréable qu'il avait vaguement construite avec Pansy, voilà qu'il créait un fossé entre deux mômes qui s'adoraient et qui n'avaient rien demandé à personne. Il n'y avait bien, en effet, qu'une journée à la plage qui pouvait les consoler tous les deux, tenta-t-il de se convaincre en transplanant, louveteau sous le bras.


Verdict ? Cette "confrontation" Harry/Pansy, ça vous dit quoi ? Comment envisagez-vous la suite ? Que se passe-t-il dans la tête de la pauvre Pansy ?