[MàJ Août 2021]
Note de l'auteur : Bonjour tout le monde ! Le "hasard" faisant bien les choses, nous revoilàdéjà avec un de nos protagonistes du triangle amoureux qui nous intéresse en ce moment, un rouquin un peu trop mésestimé par la gente féminine ! Mais n'en déplaise à ses détracteurs, il n'est pas encore prêt à quitter la scène alors... je vous laisse avec ce nouveau chapitre qui lui est consacré !
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Comme je ne m'en lasserais jamais, je m'arrête pour vous remercier une nouvelle fois pour vos petits mots, vos commentaires et vos encouragements ! Ne vous lassez pas non plus, j'vous en prie ! Encore, encore ! ^-^
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Bonne lecture et à très vite !
Chapitre 35 - Ron
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Depuis la fin de son année académique à l'ASAP, Ron se démenait comme un beau diable pour trouver un lieu d'accueil pour son apprentissage pratique qui devait commencer beaucoup plus sérieusement en octobre prochain.
Jusqu'à présent, il était en attente de réponses auprès de deux laboratoires de potions privés extrêmement prisés et il commençait à désespérer. Les bonnes places étaient chères et même le Laboratoire de Sainte-Mangouste le laissait mariner, exacerbant ses craintes de n'arriver à obtenir un bon poste d'apprenti à temps.
Il avait bien été contacté par quelques labos de seconde zone mais il les faisait à son tour patienter, espérant toujours arriver à trouver mieux ailleurs. Son plus gros dilemme, finalement, était qu'une équipe d'Ornicar Inc. lui faisait explicitement de l'œil mais sa fierté l'empêchait encore de céder à leur proposition.
Il n'avait aucune, mais alors, vraiment aucune envie de se retrouver sous la coupe de Blaise Zabini ! Nul n'ignorait qu'il était un des actionnaires majoritaires de ce laboratoire très coté et Ron n'oubliait pas non plus qu'il en était un des plus éminents membres du Conseil d'Administration.
D'autres pouvaient trouver ses raisons stupides, d'autant plus qu'en intégrant une de ces équipes, il n'allait sûrement avoir aucun rapport avec le jeune Lord mais il sentait ses poils se hérisser à la simple idée de travailler dans un lieu qu'un type tel que lui dirigeait.
Pourtant, Ron avait réellement de grands projets pour les trois ans à venir. Il avait passé les six derniers mois à élaborer son projet de thèse et se proposait de plancher sur l'exploitation de l'Eschscholtzia, une sorte de pavot aux couleurs orangées.
Martel Brandbek [1] avait passé presque dix ans à mettre au point une nouvelle souche. La poudre qu'on récoltait des fleurs séchées, reniflée par le nez, permettait l'apaisement des migraines et le soulagement de divers maux. Sa variété était une petite révolution dans le monde médical magique.
Quelques années en arrière, il avait publié ses travaux d'études, dans un livre remarquable et commençait à suggérer la possibilité de trouver une cure aux effets foudroyants de l'overdose de Doloris.
Ron avait longuement discuté avec Neville depuis son retour sur le continent à ce sujet et l'intégration de son ami au laboratoire de recherche botanique de la BESOS était une aubaine. Ils avaient commencé, tous les deux, à réfléchir à des protocoles à mettre en place en vue de l'élaboration d'un remède, d'une potion, d'un baume. N'importe quoi qui pourrait permettre aux Longdubat de redevenir eux-mêmes.
Ils ne savaient pas vraiment encore comment. Les recherches sur ce sujet bien particulier n'en étaient qu'à leurs balbutiements mais ils souhaitaient tous deux vivement apporter leurs pierres à l'édifice, s'imaginant le bonheur que pourrait représenter la guérison de Franck et Alice.
Si Ron voulait pouvoir mettre en place un vrai projet, il avait besoin de moyens, aussi bien financiers qu'humains. Il devait, de fait, intégrer une équipe rigoureuse et dotée de bonnes subventions. Il ne pouvait pas se permettre de prendre n'importe quel poste comme certains de ses camarades de promotion moins ambitieux.
L'été s'écoulait donc à une vitesse fulgurante et à l'aube de la mi-août, l'angoisse commençait réellement à se faire ressentir.
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Il fallait dire que tout allait de travers, dernièrement. Outre le poids de son avenir qu'il traînait derrière lui comme un boulet, un autre problème particulièrement pesant envahissait son quotidien.
Depuis presque deux mois, ses relations avec George s'étaient grandement détériorées et si, jusqu'au mois dernier, Ron avait pu se permettre de fuir la boutique Weasley's, ayant l'excuse de ses examens académiques, depuis le début du mois de juillet, l'ambiance au magasin était devenue électrique.
Quand il avait proposé un rendez-vous à Hannah, le cadet de la fratrie ne se doutait pas un seul instant que son grand frère ait pu, également, jeter son dévolu sur cette fille en particulier.
Lorsqu'il avait pique-niqué avec elle à Loutry-Ste-Chapoule, emballé par ce qu'il avait considéré comme un rendez-vous couronné de succès, il était allé trouver son frère. En toute innocence, il lui avait raconté être revenu sur le marché après son trop long célibat et George s'était montré heureux pour lui.
Ron ne s'était clairement pas attendu à la réaction qui avait suivi. Une seconde avant, son frère riait et plaisantait sur la disette affective du plus jeune mais, quand il avait osé prononcer le nom d'Hannah, ses éclats de rire s'étaient coincés dans sa gorge.
George lui avait demandé de répéter son nom, pour être sûr d'avoir bien entendu avant de lui demander, d'une voix sourde, de tout arrêter avec elle. Ron avait ri, incertain, espérant une drôle de blague mais l'autre rouquin le regardait d'un air sérieux. Bien trop sérieux.
Sa voix n'avait plus rien de chantante quand il avait proclamé la blonde comme sa chasse gardée. S'en était suivi une dispute houleuse dont aucun n'était sorti vainqueur et, depuis, ils affrontaient une des plus importantes crises familiales qu'ils n'aient jamais connues.
Ils restaient campés sur leur position, persuadés que Hannah était ce qu'il leur fallait, à chacun. Ron voulait sa gentillesse, George voulait sa candeur. L'un voulait sa sollicitude, l'autre ses sourires. Ravir le cœur de la blonde était presque devenu, à son grand désarroi, un défi entre eux.
L'aîné avait pris de l'avance, tout au long du mois de juin, le plus jeune ayant réellement été écrasé sous le poids de ses révisions et de ses épreuves pratiques en potions mais, au cours du mois de juillet, Ron l'avait rattrapé.
Un après-midi où elle avait accepté de passer la journée avec lui, il avait ravi ses lèvres en un chaste baiser, sans la prévenir et elle lui avait souri, rougissante. Elle ne lui avait rien promis, c'était un fait mais, il n'avait aucun doute qu'elle ait aimé cette intimité partagée.
Ron ne savait pas, en réalité, si son frère, lui aussi, avait eu sa hardiesse. George était loin d'être la délicatesse et la subtilité incarnée lorsqu'il s'agissait des femmes. Il était persuadé, par contre, que, si son aîné arrivait un jour à faire réellement chavirer Hannah, elle ne répondrait plus à ses avances, à lui.
Or la blonde soufflait toujours le chaud et le froid, balancée, gênée par tant d'attention, mais incapable de faire un choix. Ron ne doutait pas qu'elle puisse, à chacun, leur trouver des qualités et il ne voulait pas se montrer impatient.
Il savait qu'elle finirait par se décider et, si elle était aussi intelligente qu'il le pensait, sa décision n'irait pas vers George. Il n'était plus possible de faire confiance à son frère et elle le savait parfaitement, ayant été trop souvent témoin de ses extravagances.
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Les deux frères jusqu'alors inséparables s'étaient éloignés. Il était inévitable que ces choses arrivent lorsqu'une femme était en jeu. Ron, qui s'était fait un devoir d'assurer les arrières de son frère depuis plusieurs années, se désintéressait désormais de son comportement. Ce n'était pas totalement vrai, d'ailleurs.
Il avait arrêté de l'accompagner dans ses sorties nocturnes, ne passait plus de nuit sur son canapé, prétextant la flemme de rentrer chez lui simplement pour s'assurer qu'il allait bien, ne vérifiait plus que ses placards contenaient autre chose que du Whisky-Pur-Feu mais il s'était fait un devoir de reporter cette tâche sur d'autres.
Lee avait accepté, bon an, mal an, de prendre la relève et même Percy désormais mettait parfois la main à la pâte. Leur grand frère faisait d'ailleurs l'éloge des changements survenus chez George. A chaque fois qu'il parlait de lui, c'était pour dire qu'il s'était rangé.
A priori, son frère ne faisait quasiment plus un pas de travers. Ron n'entendait plus parler de beuveries innommables et la presse ne l'avait plus pris en photo avec une quelconque morue à la sortie d'un bar, d'un club ou d'un restaurant depuis plusieurs semaines.
Le plus jeune n'y croyait pas réellement, cependant, et comptait bien le vérifier de ses yeux le soir-même lors de la fête d'anniversaire de leur petite sœur.
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Ron ignorait si George en avait fait autant mais il avait fortement insisté auprès de Ginny pour qu'elle requière la présence de Hannah. Il sentait là l'occasion de la voir évoluer entre eux deux et, peut-être, de l'amener à faire enfin son choix.
Heureusement, d'ailleurs, que le copain de Gin' avait réussi à la convaincre de faire une fête car, en toute honnêteté, il n'était pas certain qu'il aurait pu supporter un nouveau repas de famille.
Ces rendez-vous étaient devenus particulièrement tendus. L'ambiance entre Ron et George pesait lourd, les deux s'adressant à peine la parole pour se passer le sel ou se jetant des piques à base de qui volait quoi à l'autre.
Ginny, elle, s'énervait dès qu'elle entendait le moindre sous-entendu relatif à Harry et, parfois même, lançait elle-même le sujet. C'était d'ailleurs ce qu'il s'était passé lors de la dernière grosse réunion familiale, lors de l'anniversaire de Victoire qui avait, pour une fois, été fêtée dans l'intimité, Dominique étant encore trop fragile pour supporter la foule.
Ron était resté comme deux ronds de flancs quand Ginny s'en était pris à sa mère, entre le dessert et le café. Molly n'avait pourtant fait que demander quand est-ce qu'elle se déciderait à leur présenter Anthony, son flirt du moment, mais la cadette était immédiatement montée sur ses grands chevaux.
- « Pour que tu le compares à Harry ? Jamais ! Anthony n'est pas parfait, lui, il est normal ! Il est hors de question que je vous le présente si c'est pour que vous le critiquiez à tout bout de champ ! »
Arthur s'était gratté la gorge essayant de l'apaiser mais elle avait continué.
- « Je sais bien ce que vous pensez tous ! Vous pensez que je n'aurais jamais dû le quitter. Mais vous ne savez pas ce que c'était d'être avec Monsieur Perfection. J'en ai assez ! J'en ai assez que vous me mettiez la pression »
Elle avait fait claquer ses poings sur la table, Fleur avait renversé sa coupe d'hydromel sous la surprise et Gin' était partie dans le jardin à grandes enjambées.
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Ron avait rencontré Anthony et, effectivement, le moins qu'il pouvait en dire était qu'il n'était pas Harry. En toute honnêteté, il le trouvait même plutôt barbant. Il n'avait que le mot travail à la bouche et s'enorgueillissait beaucoup trop à son goût. Toutefois, ce garçon vouait une admiration sans borne à sa sœur et semblait se montrer plutôt affectueux et prévenant avec elle.
Ron n'en demandait pas plus, elle en avait sûrement besoin. Leur histoire ne semblait pas bien exaltante mais un peu de calme n'avait jamais fait de mal à personne ce qui le confortait dans l'idée de supporter l'ennui que lui inspirait cet homme.
Il espérait, par contre, que leur idylle ne durerait pas trop longtemps. Sa sœur avait beau être jeune, elle n'avait pas pour autant du temps à perdre avec des histoires sans lendemain.
Si Anthony l'aidait à se reconstruire, c'était très bien, mais il devait rester un mec de transition, rien de plus. Elle devait trouver mieux pour finir ses jours. Elle avait trop enduré, elle aussi, pour se complaire dans la morosité.
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La journée se déroula rapidement, peut-être trop au goût de Ron qui n'aurait pas été contre repousser un peu l'échéance de cette soirée qui promettait d'être étrange. A vingt-heures passées, il se décida à transplaner à Tynypysill Wood pour rejoindre la fête d'anniversaire de sa sœur.
Les invités ayant été conviés une bonne heure en amont, il était ainsi sûr que son retard lui permettait d'éviter de se retrouver trop rapidement face à son frère. Il n'avait vraiment pas eu la force de prendre le risque qu'ils passent de trop longues minutes à se jauger dans le blanc des yeux ou à se provoquer inutilement, dans l'espoir de faire plier l'autre.
Il constata très vite que l'ambiance était plutôt calme. La majorité des convives se trouvaient dans le jardin, bercés au son des Bizarr'Sister et discutaient en groupes de tailles plus ou moins importantes. Les plus bruyantes étaient probablement les coéquipières de sa sœur qui, assises en cercle à même l'herbe dans un coin du jardin, riaient aux éclats de manière bien peu discrète.
Ron se fit rapidement la réflexion que, si on excluait les Harpies et qu'on arrêtait la musique dans l'instant, le jardin aurait aussi vite retrouvé son calme habituel. Cette soirée n'avait rien d'une grosse soirée comme il l'avait espéré un moment.
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Ginny discutait à voix basse avec Anthony dans un coin et Molly et Arthur étaient assis sur des chaises de jardin près du buffet, à l'opposé du couple. Il alla saluer leurs parents, désireux de savoir ce qu'ils pensaient du nouvel ami de leur fille qu'ils voyaient, enfin, pour la première fois.
Il eut envie de rire lorsqu'il les entendit.
- « Il a l'air très gentil » affirma Arthur en se raclant la gorge. « Et, hum, il a une bonne situation » ajouta-t-il pour faire bonne mesure. Comme si ce genre de considération l'intéressait habituellement.
Ron ne put empêcher un sourire de naître sur ses lèvres. Sa mère compléta, dédaigneuse,
- « Elle avait raison, il ne vaut pas Harry ! »
Cette fois, le cadet Weasley dut se mordre les joues pour ne pas exploser de rire. Il chuchota, tentant tant bien que mal de garder son sérieux.
- « Ne va pas lui dire ça, M'man ! Je donne pas cher de ta peau si elle t'entend !
- Non mais ça ne va pas de dire des choses comme ça, Ronald ? Je suis ta mère, pas ta copine !
- Oui mais, Molly, il n'a pas tort » intervient doucement Arthur. « Si on veut qu'elle retrouve un peu de joie de vivre, on n'a pas intérêt à dire du mal de ce garçon.
- Évidemment » pesta-t-elle en levant le nez. « Comme si j'étais coutumière de ce genre de gaffe ! »
Le père et le fils se regardèrent en souriant. Volontairement, sûrement pas mais, il fallait bien reconnaître que Molly était loin d'avoir sa langue dans sa poche. A un moment où à un autre, elle n'hésiterait pas à faire une réflexion sur Anthony, même si elle ne prendrait probablement pas le risque de faire entrer Harry dans l'équation.
Ron discuta encore un peu avec eux, cherchant son frère du regard et le repéra aisément. George était en compagnie d'un groupe d'anciens camarades de sa sœur à Gryffondor et semblait surtout faire de la publicité pour les produits de leurs boutiques.
Il n'avait pas de verre en main et ne semblait pas non plus prêt à jouer de ses charmes avec l'une ou l'autre des donzelles présentes, pourtant agréables à regarder. Ron en était agacé et presque frustré.
Il aurait préféré avoir la preuve que, non, George n'était pas digne de confiance et qu'il ne méritait pas Hannah. Il se rassura en supposant que la présence de leurs parents bridait son frère mais, il n'était plus vraiment sûr de rien.
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Hélé par Luna, Ron se dirigea vers elle pour l'enlacer et prendre de ses nouvelles. Il ne la voyait vraiment pas assez depuis qu'elle s'était à nouveau sédentarisée. La blonde ne s'était complètement remise de sa Fièvre du Pérou qu'au début de l'été et pouvait seulement commencer à sortir librement sans craindre une faiblesse ou sans planifier à l'avance ses trop nombreux rendez-vous médicaux à venir.
Et puis, il fallait reconnaître qu'ils n'avaient pas la tâche facile. Elle et Neville devaient ménager les susceptibilités des uns et des autres, Ron et Ginny n'ayant, ni l'un ni l'autre, particulièrement envie de voir Harry ou Hermione, Malefoy refusant d'être dans la même pièce que le plus jeune Weasley et réciproquement, Blaise et Seamus préférant la compagnie exclusive de ceux qui connaissaient et acceptaient leur secret.
L'organisation de leurs sorties était loin d'être une sinécure pour le couple et ils ne pouvaient voir leurs amis autant qu'ils le souhaitaient. Ce fut donc avec un grand plaisir que Ron monopolisa l'attention de Luna jusqu'au départ de Molly et de Arthur.
Cependant, dès l'instant où le rouquin s'était retourné pour les embrasser, la blonde et Neville furent interpellés et le plus jeune Weasley se retrouva à nouveau seul. Il jeta un œil à la ronde et repéra enfin Hannah.
Cela ne devait pas faire bien longtemps qu'elle était arrivée car elle saluait encore différentes personnes qui, elles, étaient présentes bien avant l'arrivée de Ron. Un sourire effleura ses lèvres.
Il prenait, comme toujours, plaisir à la voir et plus encore hors de son club. Là-bas, elle y arborait toujours des tenues sombres, élégantes mais strictes. Au quotidien, Hannah soulignait ses formes généreuses de robes colorées, imprimées de motifs variés.
Ce soir-là, elle en portait une blanche à pois bleus qui descendait jusqu'aux genoux, sa large taille cintrée par une ceinture également bleue. Ces longs cheveux étaient lâchés, encadrant son visage rond dénué de maquillage, pour ne pas changer. Elle était charmante, comme toujours.
Ron ne se tourna qu'une seconde, saisissant deux verres, bien décidé à lui en offrir un mais, ce court instant fut suffisant pour qu'il voit George l'enlacer, ses bras enserrant ses hanches amenant un rire aux lèvres de Hannah.
Une seconde de plus, son frère se pliait et posait sa tête sur la gorge partiellement dénudée de la blonde, dans un geste provoquant et elle le repoussait, toujours le sourire aux lèvres.
Ron serra les poings sur les verres, s'arrêtant toutefois à temps pour ne pas les faire exploser. Ce que son frère était irritant !
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George tenait la main de Hannah, lui débitant probablement des balivernes. Ron, décidé à ne pas se laisser démonter, les rejoignit en quelques pas, ignorant son aîné, la saluant avec un large sourire et lui offrant ce verre qu'elle accepta avec plaisir.
Son grand frère se raidit et ne lâcha la main de la blonde que pour enlacer sa taille d'un bras. Elle lui jeta un regard en coin avec une moue désespérée, complètement désabusée par la situation.
- « Alors, Ronnie » appuya George ironiquement « comment ça va ?
- Très bien, Giorgino » répondit le concerné aussi puérilement « Je vois qu'on ne t'a toujours pas appris à ne pas embêter les dames. »
Aucun d'eux ne souhaitait un scandale mais ce n'était pas une raison pour ne pas se chercher, se titiller. Hannah, particulièrement gênée, soupira en se dégageant de l'emprise de George.
- « Les garçons... C'est déjà assez difficile comme situation pour qu'on ne se donne pas en spectacle en plus...
- Ne t'inquiète pas, Hannah Crouse [2], je sais que Ron n'est pas la subtilité incarnée mais je ne rentrerais pas dans son jeu. Je ferais tout ce que tu voudras » termina George dans un clin d'œil.
Ron expirant bruyamment par le nez et reprit avec un certain flegme
- « Je n'ai pas plus envie de me battre que lui. Je sais que tu feras le bon choix le moment venu.
- Et le bon choix, c'est moi ! » Affirma l'aîné, en bombant le torse.
- Vous me fatiguez » conclut doucement Hannah avant de leur adresser un sourire. « Je vais voir Ginny. Vous, vous feriez mieux de discuter sérieusement et d'arrêter ces bêtises ! »
Ron et George se toisèrent quelques minutes une fois la blonde partie. Il était hors de question d'abandonner. Leur bonheur était en jeu. Et tant pis si la félicité de l'un devait conduire au malheur de l'autre. Se tournant chacun dans des directions opposées, ils se dirent silencieusement, à eux-mêmes, plus ou moins dans les mêmes termes, qu'ils n'étaient pas sortis de l'auberge.
Verdict ? Comme vous avez vu, tout ne tournait pas autour du triangle amoureux ! Que pensez-vous de ce qui se profile pour tout ce petit monde ?
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Martel Brandbek [1] : CQAP – Souvenez-vous, fin 1998, le livre de Martel Brandbek « Endoloris, Eschscholtzia et traitements de la douleur – Avancées fulgurante de la recherche » est celui que Hermione corrige en guise d'essai avant d'être embauchée comme relectrice à Obscurus Book, la célèbre maison d'édition dirigée par Sir Swiftlist.
Hannah Crouse [2] : En musique, l'anacrouse est une note ou un ensemble de notes précédant le premier temps fort d'une phrase musicale.
