[MàJ Août 2021]
Note de l'autrice : Bonjour tout le monde ! Allez, on continue tranquillement notre petite histoire avec un chapitre « silencieux » aujourd'hui, enfin... sans dialogue mais avec pas mal d'infos, je crois... Et quelques réponses... Quant à savoir si elles vous satisferont, ce n'est qu'une nouvelle question... Comme quoi, on n'en sortira jamais de ce cycle infernal d'interrogations ! ^-^
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Au risque de me répéter et avant de passer à la suite, je vais à nouveau remercier mes gentils reviewers... vous êtes vraiment trop choupi ! Et avant de passer à la suite, la petite (humhum) RAR du jour (Scam) est ici : https (deux points slash slash) www (point) fanfiction (point) net (slash) topic (slash) 237726 (slash) 186030960 (slash) 1 (slash dièse) 186030960
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Je vous souhaite une bonne lecture et vous dit à très vite !
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Chapitre 37 – Draco
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Sans son flegme habituel, Draco se serait cru en état de crise. Ils n'en étaient pas loin, ceci dit, depuis que Hermione avait réussi à ouvrir cette foutue lettre.
Elle avait mis presque cinq mois à trouver la formule adéquate et refusait encore, des trémolos dans la voix, de lui indiquer quels avaient été les mots magiques. Il n'avait pas pu rater, par contre, son visage toujours un peu blafard même plusieurs heures après en avoir lu le contenu pour la première fois.
Dans cette missive, qu'ils connaissaient désormais par cœur, Narcissa proposait tout bonnement un marché à Hermione. Un marché que sa mère qualifiait d'honnête et d'équitable. C'était un marché simple en fait. Son fils, contre la tranquillité d'esprit de Potter.
Hermione avait eu à fournir un certain nombre d'explications à Draco qui en était resté comme deux ronds de flancs. Il avait beau connaître la légende des Reliques de la Mort depuis sa plus tendre enfance, il avait toujours cru, comme tant d'autres qu'elle n'était qu'un mythe destiné à effrayer les sorciers crédules.
Il ne s'était jamais douté du rôle qu'elles avaient joué dans la défaite du Lord Noir et était particulièrement surpris d'apprendre qu'il avait lui-même eu l'une d'elle entre ses mains. Il comprenait mieux, désormais, l'obsession qu'avait eue Voldemort au sujet des baguettes et remerciait les licornes que le Lord Noir n'ait jamais su qu'il en avait été éphémèrement le Maître.
Draco se demandait également si sa mère avait compris qu'il avait été en possession du Bâton de la Mort mais, il en doutait fortement. Elle semblait avoir compris beaucoup de choses mais cet élément devait encore lui échapper.
Si elle avait su que son fils avait possédé un pouvoir aussi puissant entre ses mains et qu'il l'avait perdu si stupidement, elle aurait probablement réagi autrement. En tout cas, Narcissa développait dans la première moitié de sa lettre tout ce qu'elle avait compris des mouvements de chaque adversaire au cours de la guerre et de l'implication des artefacts de la Mort et, d'après Hermione, elle ne se trompait que de peu.
Dans la deuxième partie, elle y développait une théorie parfaitement argumentée sur les sombres desseins du Survivant, désormais unique possesseur des Reliques. Et c'était bien cette partie-là qui était inquiétante.
Le gouvernement en place s'était bien gardé de révéler au public les éléments ayant mené à la chute du Lord. Tout le monde s'était contenté de porter Harry et ses Généraux aux nues et, Draco lui-même, n'avait jamais cherché à connaître les tenants et les aboutissants de La Victoire.
Il se trouvait bien naïf, désormais, d'avoir simplement accepté de ne pas comprendre ce qu'il s'était passé. Depuis qu'il reliait enfin toutes les informations entre elles, la vérité paraissait bien plus intéressante. Draco se sentait presque affligé que tout le monde ait accepté, lui y compris, qu'un Héros devait garder ses secrets.
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Potter ne participait pas à la vie politique par ambition personnelle, pas plus qu'il ne semblait mû par une volonté de pouvoir exclusif mais ce que Narcissa soulignait ne paraissait pas réellement aberrant. Ses supputations pouvaient même paraître crédibles. Quand on ne le connaissait pas.
Draco, lui, pouvait se targuer – à son grand regret ajoutait-il dramatiquement – de savoir qui était réellement le Survivant. Forcément, il n'envisageait que difficilement que Harry puisse vouloir tenter d'asseoir une domination sur le Monde Magique.
D'ailleurs, si sa volonté était de prendre la place vacante de Lord Noir, il avait tout intérêt à se bouger le fondement rapidement et à changer illico de stratégie, avait affirmé Draco à Hermione en riant.
Elle n'avait pas ri, elle, trop consciente que si certaines des assertions présentes dans la lettre de Narcissa étaient révélées à la presse sans préparation préalable, les conséquences pouvaient en être catastrophiques.
Et force était de reconnaître les dommages qu'il encourait si on apprenait, par inadvertance, que Potter était en possession, depuis quelques années maintenant, de l'ensemble des Reliques de la Mort.
Il était le Maître de la Baguette de Sambucus [1] et bien que Hermione n'ait pas révélé à Draco ce qu'ils en avaient fait, elle lui avait confirmé qu'elle existait toujours [2], quelque part, à l'abri.
La Cape d'Invisibilité, elle, était tout bêtement accrochée au Portecape de la chambre à coucher du Survivant, à Birmingham, perdue au milieu d'un monceau d'étoffes qui n'étaient que rarement rangées. Et il y avait la Pierre.
Hermione la disait perdue à jamais mais comment y croire vraiment alors qu'elle non plus n'avait été détruite. Le blond n'était pas sans savoir, comme n'importe quel autre sorcier adepte de l'Histoire que les artefacts ancestraux avaient une volonté qui leur était propre.
La Pierre était peut-être en sommeil, quelque part, à l'autre bout du monde, terrée sous un monceau de poussière ou immergés au fin fond de l'océan, il n'en restait pas moins que, le jour où elle désirerait refaire surface, elle y arriverait d'une façon ou d'une autre.
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Bien qu'il soit presque resté coi face aux révélations de sa compagne, les élucubrations de sa mère n'inquiétaient pas Draco outre mesure. Reconnaître qu'il avait confiance en Potter lui aurait arraché la gorge mais cela n'en restait pas moins véridique. Il n'avait aucun doute concernant le Survivant.
Ce type avait, comme il le disait avec une moue dédaigneuse, le cœur pur. Il ne faisait que se plier en quatre pour satisfaire tout le monde et ne pensait que rarement à lui-même, à ses envies et ses désirs.
Ce qui était plus problématique, par contre, était la perspective que l'existence réelle des Reliques soit révélée à tous et qu'on apprenne que leur seul et unique Maître était l'Élu lui-même. Les conséquences pourraient être terribles si ce jour arrivait.
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Quand Hermione lui avait exposé l'entière vérité, Draco avait immédiatement foncé vérifier certains points qui l'avaient tout de suite alerté. Comme sa mère l'avait probablement fait avant lui et comme ne manqueraient pas de le faire tous les sorciers un tant soit peu intéressés par la généalogie, il avait établi des relations étranges.
Lorsqu'il avait remonté la descendance Potter, il avait eu la confirmation qu'il partageait un lignage avec le Lord Noir. L'un venait de la branche d'Ignotus Peverell, l'autre de Cadmus, son frère.
Les interprétations iraient bon train si cette information était mise sur la place publique. L'Idole serait descendue de son piédestal en un claquement de doigts. Qui sait, alors, ce qui arriverait.
Il serait mis au ban de la société, sûrement harcelé et peut-être même irait-on jusqu'à l'enfermer à Azkaban à titre préventif ou pire encore. Personne ne pouvait prévoir la réaction d'une foule crédule et manipulée en colère.
Le gouvernement de Shacklebolt serait probablement renversé et, à l'heure actuelle, personne ne savait ce que le monde magique pouvait récolter en remplacement de cette équipe. Seuls des partis extrémistes tenaient le devant de la scène, dernièrement.
Il y avait ceux qui prônaient un retour aux valeurs ancestrales d'un côté, avec Portarol à leur tête, et de l'autre, la formation politique « Ordre et Justice » qui, avec un discours diamétralement opposé, prônait fondamentalement le même type de valeurs.
Les uns souhaitaient asseoir la puissance sorcière soit disant pacifiquement, en limitant l'accès des nés-moldus aux enseignements sorciers et aux postes importants, les autres vantaient le bénéfice des mariages métissés entre mages et moldus pour augmenter la natalité sorcière.
Et si cette sorte d'obsession de domination des mages sur les autres espèces vivantes ne suffisait pas « Ordre et Justice » militait, également, pour faire payer chaque sorcier ayant frayé avec la magie noire pendant la guerre.
Dans leurs considérations extrémistes, ils jugeaient la justice de Bolton trop clémente. L'arrivée au pouvoir d'une telle formation signifierait le retour des Détraqueurs à Azkaban et probablement un baiser de leur part pour les gens comme Draco.
L'argumentation de Narcissa était bien pensée, son discours parfaitement romancé et il ne suffirait que de quelques informations distillées aux bons endroits pour que les journaux en fassent l'étalage.
Rapidement, l'éclairage se ferait sur le rôle joué par les artefacts de la Mort dans la Victoire et Potter serait soupçonné de fomenter un plan diabolique. Il suffirait de sous-entendre que personne ne savait ce qu'étaient devenues les Reliques, ce qui était en soi une réalité et les déductions se feraient d'elles-mêmes.
Les souvenirs oubliés concernant les rumeurs d'instabilité psychologique de Potter, sa capacité à parler Fourchelang, ses sautes d'humeur, son irritabilité, son impudence, sa généalogie, ses relations avec des personnes à la réputation douteuse referaient surface et seraient mises en exergue sous leur plus mauvaise lumière.
Les journalistes ne manqueraient pas d'en faire étalage et, si cela ne suffisait pas, ils pourraient ensuite s'en prendre aux proches du Survivant. Les Weasley en pâtiraient rapidement et personne ne serait épargné. Surtout pas Hermione.
Il n'avait aucun doute que Skeeter ou Tourdenoy en profiteraient pour se repaître. Elles trouveraient des explications évidentes pour justifier que la main, soi-disant blanche de Hermione, ait pu trouver place au creux de celle d'un Mangemort.
Elles s'amuseraient à démontrer que tout était prémédité et qu'il n'y avait rien eu d'innocent dans toute cette histoire. Elle développerait des théories fumeuses pour expliquer comment un sorcier irlandais et un autre italien en étaient venus à des échanges culturels, comment une arrogante garce en était arrivée à rire aux éclats avec une blonde lunaire, à…
Seule Lovegood, justement, pourrait éventuellement être épargnée. Il lui suffirait d'évoquer une invasion de Joncheruine ou une autre connerie du genre mais, si elle arrivait à éviter Azkaban, ce serait Sainte-Mangouste qui lui ouvrirait les bras.
Ils seraient tous pris dans la tourmente à un moment où à un autre. Il y avait de quoi à avoir froid dans le dos. Si des doutes se portaient sur les desseins du brun, tout le monde en pâtirait et cela pourrait aller extrêmement vite. L'avenir de Potter, de ses proches et peut-être même de toute la Grande-Bretagne sorcière reposait sur les épaules de Hermione.
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Les amitiés et leurs relations à tous défrayaient déjà la chronique, il était facile d'imaginer qu'une simple étincelle suffirait à mettre le feu aux poudres. Sa mère jouait parfaitement. Narcissa et Lucius n'étaient pas montés si haut et si vite dans la hiérarchie des Mangemorts sans raison.
Ils étaient intelligents, malins et rusés et cette lettre ne faisait que le confirmer. La destruction du Survivant prendrait le temps qu'il faudrait mais il n'y avait aucun doute que les parents de Draco savaient se montrer patients.
Ils se délecteraient de voir Potter chuter et entraîner Hermione avec lui. Elle était trop proche de lui pour qu'il en soit autrement. Jamais la brune ne supporterait de voir Harry tomber. Les conséquences pouvaient être trop graves.
Si l'un tombait, l'autre le suivrait, quoi qu'il arrive. Draco ne se faisait aucune illusion.
Il aurait pu s'inquiéter pour les conséquences qu'un tel battage pourrait avoir sur lui mais il n'en prit pas la peine. Il savait que, quels que soient les griefs que sa mère retenait contre lui, elle ne laisserait personne toucher à un seul de ses cheveux.
Il ne doutait pas qu'elle ait prévu un plan de secours, pour eux. Soit ils en ressortiraient la tête haute, soit ils disparaîtraient du pays mais il savait qu'elle avait déjà tout orchestré. Les plans de Narcissa étaient toujours parfait et elle n'était pas femme pressée.
Il était bien placé pour le savoir. Il la connaissait comme s'il l'avait faite. Ou bien l'inverse. Un seul détail lui laissait une lueur d'espoir. Le délai qu'elle octroyait à Hermione avant de mettre en branle son projet.
Lady Malefoy savait se montrer magnanime quand elle jouait. Et elle aimait jouer.
Elle avait indiqué, dans son courrier, espérer que l'intelligence de « Miss Granger » lui permettrait rapidement de trouver le code permettant l'ouverture de la lettre. Elle se serait vue, disait-elle, désolée d'avoir perdu son temps à rédiger tant de pages pour qu'elles ne soient finalement jamais lues.
Elle laissait, en tout et pour tout, une année à Hermione pour trouver une solution au conflit les opposant. Un an. Enfin, huit mois désormais. Un délai généreux, s'était dit Draco sans en souffler un mot.
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Leurs options étaient simples. « Évidentes » avait écrit sa mère. Le choix de la raison était tout bonnement leur séparation. Il suffisait que son fils revienne dans son giron et épouse une femme convenable pour enterrer toute cette histoire.
Astoria faisait tout à fait l'affaire, précisait Narcissa et, dans sa grande miséricorde, elle ne retiendrait aucun grief contre Hermione si celle-ci sortait définitivement de la vie de Draco et cessait de souiller leur pedigree.
Elle ajoutait, sans ambages, que la brune salissait depuis trop longtemps désormais la réputation des Malefoy et le rang de son fils qui ne pouvait se contenter de la cuisse légère d'une Sang-de-Bourbe.
Narcissa n'excluait pas, non plus d'insinuer publiquement et sans subtilité la manœuvre qui se cachait derrière l'ignominie du comportement de Hermione. Elle trouverait sûrement quelques nouvelles oreilles attentives, toutes prêtes à croire que la brune, trop intelligente pour son bien, cherchait à détrousser les Malefoy de leur magie.
Cependant, la mère de Draco n'excluait pas non plus, dans sa lettre, la possibilité qu'ils choisissent l'autre voie et décident de se battre contre des moulins à vents en perpétuant leur « pathétique relation ».
Elle aurait à peine à bouger le petit doigt pour détruire leur petit confort, ajoutait-elle. S'ils voulaient être les Roméo et Juliette des temps modernes, ils ne devaient pas en oublier pour autant que le célèbre couple de sorciers maudits avait péri sur un bûcher, au quinzième siècle, dans d'atroces souffrances.
Elle était désolée, expliquait-elle encore, que son fils puisse en payer les pots cassés mais, sans aller jusqu'à cet extrême datant d'un autre siècle, il était inévitable qu'il y avait un prix à payer. Il ne pouvait éternellement se laisser berner par une fille de rien en la laissant s'accrocher à son bras à l'encontre de tout bon sens.
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Draco et Hermione avaient eu de très longues discussions autour de cette lettre, envisageant même de se séparer pour satisfaire Lady Malefoy et s'assurer leur tranquillité d'esprit. Ils ne voulaient pas prendre de décision trop hâtive. Ils avaient encore un an, enfin, huit mois plutôt, pour élaborer une stratégie.
Ils s'étaient dit qu'ils finiraient bien par trouver une autre solution et avaient réuni un « Conseil de Guerre », en présence de Harry. Celui-ci, passé ses cris d'orfraie à l'idée des insinuations portées contre lui, se révélait un assez bon stratège. Il était plutôt rusé, pour un Gryffondor, reconnaissait Draco.
Il n'avait malheureusement pas encore trouvé de solution idéale mais se décarcassait vraiment et, à la surprise du blond, refusait formellement la perspective de leur séparation. Pourtant, il s'était attendu à ce que Harry pousse Hermione dans ce sens. Il ne le connaissait peut-être pas si bien, finalement, s'était-il étonné.
Rapidement, Draco avait insisté pour faire entrer Blaise dans l'équation. Il n'était pas seulement son ami le plus proche. Il possédait également un esprit retors qui ne pouvait que servir leur groupe de réflexion.
Seamus s'était alors incrusté puis le tour de Neville et Luna était venu également. Il avait encore fallu deux semaines de plus pour que Harry se décide à contacter un Arthur Weasley circonspect.
Les débats avaient été animés quant à la question de sa présence dans cette troupe hétéroclite mais, chacun savait qu'il était un homme de confiance et sa place au Ministère n'était pas négligeable. Ils s'étaient finalement accordés sur la nécessité d'avoir un soutien de l'intérieur.
Arthur, d'abord dubitatif à l'idée d'intégrer cette étrange association avait accepté de les rejoindre et d'apporter un peu de sa sagesse, ne serait-ce que pour empêcher ses propres enfants de subir les conséquences des révélations que Narcissa faisait peser sur eux.
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Ils ne se réunissaient que rarement au grand complet, n'en voyant pas réellement l'utilité mais s'échangeaient de nombreux courriers et faisaient marcher les cheminées à plein régime. Ils élaboraient des plans plus ou moins bancals, sans grand succès.
Depuis la semaine passée, Hermione tentait de convaincre tout le monde du bien fondé d'alerter Kingsley lui-même. En tant que Premier Ministre d'une part et qu'ancien membre de l'Ordre du Phoenix d'autre part, il était théoriquement le mieux placé pour les aider.
Harry avait failli se laisser convaincre mais Arthur avait freiné des quatre fers. Il ne souhaitait pas s'expliquer en détail mais craignait que cette révélation soit contre-productive. Ils avaient donc fait marche arrière et stagnaient depuis lors. Huit mois.
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Huit mois qui paraissaient aussi longs que courts. Certaines nuits, Draco s'imaginait céder et essayait de se faire à l'idée d'évoluer de nouveau aux côtés de sa mère. Il songeait à ce que pourrait être sa vie, une vie entière, aux côtés d'Astoria, cette fille trop souriante et un peu insipide.
Il essayait de se rappeler de ce qu'était la vie dans un Manoir, ayant presque oublié ce que cela signifiait alors qu'il y avait passé dix-sept ans de sa vie. Une autre vie.
Certaines fois, il souriait à l'idée de retrouver son confort d'antan. Des Elfes de Maison, un grand Parc, la campagne, des repas fastueux, des réceptions, une cheminée ronflante, un bureau et une bibliothèque.
Son niveau de vie passé lui manquait encore quelques fois, sans qu'il n'arrive réellement à concevoir y revenir un jour pour autant. Il s'était habitué à la chaleur de son appartement et n'était pas malheureux de pouvoir en faire le tour en moins de dix minutes.
Il s'était fait à cette foutue manie de faire des courses toutes les semaines et essuyait la vaisselle sans broncher. Il aimait se lever le matin pour faire couler du café autant qu'aller travailler à servir des malades complètement frappadingues et découvrir la culture moldue.
Il aimait, surtout, se réveiller avec le nez qui gratte à cause de la foutue tignasse de Granger.
Il aimait qu'elle étale ses livres partout dans l'appartement parce qu'ils n'avaient pas assez de place pour fixer des étagères aux murs. Il aimait aussi râler quand elle faisait des expériences en potion sur le tapis du salon, se moquant de le détruire avec du pus de Bulbobulb.
Il aimait qu'elle jette ses vêtements au pied du lit le soir venu au lieu de les poser sur une chaise ou dans une panière à linge. Et bon sang, Salazar lui-même devait se retourner dans sa tombe à cette idée mais il aimait même ne pas avoir systématiquement recours à la magie.
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Il ne s'en était pas aperçu immédiatement mais, depuis plusieurs mois déjà, lorsque lui ou Hermione rentraient chez eux, ils déposaient systématiquement leurs baguettes sur la petite desserte à côté de l'entrée, en même temps que leurs clés.
Au sein de leur appartement, dans leur petit monde, ce qu'ils n'arrivaient pas à faire avec la magie sans baguette, ils le faisaient à la moldue. C'était devenu une habitude, leur quotidien.
Tellement naturel qu'un jour, Draco était parti à l'ANEM sans baguette, justement. Il s'était senti bien stupide lorsque, au moment de passer aux travaux pratiques, il avait glissé sa main dans la poche de sa robe pour la trouver vide.
Il s'était senti nu, presque désœuvré. Quand il avait chuchoté à son Professeur l'avoir oubliée, l'information s'était répandue comme une traînée de poudre. Il n'avait rien montré de son mal-être mais il avait eu l'impression que les regards hostiles à son égard s'étaient décuplés.
A la fin de ce cours où il avait accumulé erreur sur erreur avec une baguette de substitution qui refusait obstinément de lui obéir, il avait aussitôt filé récupérer son précieux bout de bois sans demander son reste.
Le soir, il s'en était pris vertement à Hermione. Il était évident que c'était de sa faute, à elle et à ses foutues habitudes moldues. Avant, jamais il n'aurait eu l'idée de partir de chez lui sans sa baguette. Les cris avaient fusé et elle était partie, furieuse, se réfugier chez Harry où elle avait passé la nuit.
Draco avait fulminé jusqu'au petit matin et s'était fait porter pâle le lendemain.
A grands coups de baguette magique, rageur, il avait rangé et nettoyé l'appartement de fond en comble, refusant de lever le petit doigt. Il n'y avait pas mis une heure.
Le reste de la matinée, il avait créé un Philtre Doxycide, ouvrant grand les fenêtres et faisant profiter ses voisins des odeurs peu ragoutantes émanant de la potion en se disant « Bien fait pour eux ».
A midi, il avait commencé à se calmer et était allé chercher un livre au lieu de l'invoquer d'un Accio. Le soir, il avait finalement reposé sa baguette sur la desserte et avait attendu Hermione, se sentant un peu stupide d'avoir fait tant de cas de si peu.
Elle n'était rentrée qu'à vingt-heures passées et s'était, elle-même, excusée de lui imposer ses manies de moldues, avant qu'il n'ait eu le temps de prononcer le moindre mot. Il l'avait obligé à se taire d'un baiser et lui avait prouvé à quel point il souhaitait, lui-même, se faire pardonner de son emportement.
Draco regrettait un peu d'avoir provoqué cette crise qui, finalement, n'avait fait que les conforter dans le bien-fondé de leur choix de vie. Il n'en restait pas moins convaincu que jamais plus il ne pourrait revenir en arrière et quitter cette fille. Quelles que soient les menaces de sa mère.
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Baguette de Sambucus [1] : Autre nom de la Baguette de Sureau, ou autrement dit, du Bâton de la mort.
Cette baguette existait toujours [2] : Dans le livre, Harry replace la baguette dans la tombe de Dumbledore (contrairement au film où il la brise avant de s'en débarrasser)
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Verdict ? Alors, que pensez-vous du plan de Narcissa ? Et des autres problèmes métaphysiques de notre blondinet ? Qu'attendez-vous / Qu'imaginez-vous pour la suite ?
