[MàJ Août 2021]

Note de l'autrice : Bonsoir, vous ! Comment allez-vous ? Si vous êtes un lecteur/trice régulier/e, à la lecture du mail de notif, vous avez dû vous dire un truc du genre... « Oh ! Là ! Là ! Un chapitre sur Ginny... Bon, bah j'prépare mes mouchoirs et bonjour la déprime... »... J'aimerais bien vous rassurer mais... à moins que... enfin, comment dire... ou alors... Bon, vaut mieux que je ne dise rien et que je vous laisse lire ! ;-)

En attendant, et comme toujours, je vous remercie pour vos reviews et vos diverses attentions et avant de passer à la suite, la petit RAR du jour (qui est vraiment petite, cette fois ! ^^) est dispo ici : https (deux points slash slash) www (point) fanfiction (point) net (slash) topic (slash) 237726 (slash) 186030960 (slash) 1 (slash dièse) 186030960 (Guest)

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Bonne lecture à tous et à très vite !

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Chapitre 38 – Ginny

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Ginny signa soigneusement son billet, le roula rapidement et l'attacha à la patte de sa petite chouette. Elle la regarda s'envoler en soupirant. Ses parents l'avaient réellement trop bien éduquée et elle gardait le sens des conventions.

Sans cela, jamais elle n'aurait pris la peine de gâcher un bout de parchemin pour souhaiter son anniversaire à Hermione. Pourtant, bien que le mot ait été impersonnel, elle n'avait pu s'empêcher de l'écrire. Ce n'était pas de sa faute si sa mémoire des dates était aussi infaillible.

Elle avait fait la même chose pour l'anniversaire de Harry. C'était tout simplement plus fort qu'elle. Eux aussi, avaient pris la peine de se rappeler à son bon souvenir, en août dernier. C'était tellement ridicule.

Ils n'échangeaient plus que des mots plats, dénués de sens, comme une obligation à laquelle ils n'arrivaient ni les uns, ni les autres, à se dérober.

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Elle avait essayé de se rapprocher à nouveau de Hermione pendant l'été mais le succès n'avait réellement pas été au rendez-vous. C'était après son propre anniversaire, justement, qu'elle lui avait proposé de se rencontrer autour d'un thé.

Leurs retrouvailles avaient été étranges. Bizarrement affectées. Ce n'était pourtant pas la première fois qu'elles passaient de longs mois sans se donner de nouvelles. A la différence près, peut-être, qu'à chaque fois, c'était Hermione qui s'était évanouie dans la nature et en était revenue. Pas Ginny.

La première fois, la brune était à la chasse aux Horcruxes avec Harry, la seconde, elle partait à la recherche de ses parents en Australie. Ces fois-là, elles s'étaient séparées en bons termes. Sans conflit sous-jacent, sans rancœur et sans non-dit.

Aujourd'hui, tout était différent. Ginny était différente. C'était elle qui avait provoqué le silence radio. C'était elle qui l'avait laissée sans nouvelle. C'était elle, aussi, qui avait rendu cette rencontre aussi tendue.

Elles avaient été gênées, toutes les deux, ne sachant même pas par où commencer. Aucune d'elle n'avait d'excuses à proposer, pas plus que de justification. Elles s'étaient raconté, sans trop insister, les derniers évènements de leurs vies, passant sur de nombreux détails, en se limitant au superficiel.

Ginny avait parlé d'Anthony et Hermione avait plaisanté sur son inquiétude de voir Draco prendre des cours de conduite avec Luna comme professeur. Elles n'avaient pas tenu une demi-heure à ce rythme et un nouveau silence embarrassé avait rapidement repris place.

La rousse avait parlé boulot et la brune l'avait imitée mais ça n'avait pas duré plus d'une poignée de minutes supplémentaires. Hermione s'était alors extasiée sur les enfants, babillant sur Teddy, Victoire et Dominique mais ce sujet s'était tout aussi vite épuisé. A court d'idées, Ginny avait subtilement fait dévier la conversation sur Harry, demandant, l'air de rien, de ses nouvelles.

- « Il n'a pas changé d'adresse, Gin'. Si tu veux savoir ce qu'il devient, tu sais où le trouver. ».

Elle avait encaissé cette fin de non-recevoir de la manière la plus brutale possible. Elle avait tenté de ne rien laisser paraître de son amertume, acquiesçant avec un sourire mais, depuis, elle avait plus de difficulté à endiguer son ressentiment.

Hermione avait fait son choix depuis longtemps. Harry passait et passerait toujours en premier, avant tous les autres. Ginny incluse. Elle le savait depuis longtemps. Cette rencontre n'avait fait que le lui confirmer.

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La rousse était repartie dépitée mais décidée à ne renouveler l'expérience pour rien au monde. Hermione était sortie de sa vie définitivement et finalement, ce n'était pas si grave. Elle était davantage déçue de n'avoir rien appris de nouveau sur Harry.

A son grand malheur, rien ne filtrait dans la presse de ce qu'il advenait de lui et leurs connaissances communes lui vouaient une fidélité bien trop indéfectible pour laisser entrevoir quoi que ce soit. Ni Hermione, ni Dean, pas même Luna.

A chaque fois que Ginny s'aventurait sur le sujet, tout le monde éludait la question et ne pipait mot. Elle crevait de savoir et n'aimait définitivement pas rester dans l'ignorance. Elle aurait voulu entrevoir, pourtant, comment Harry vivait les publications sur elle et Anthony.

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Sortir avec lui n'était pas si mauvais qu'elle l'avait envisagé. Ce garçon l'adulait littéralement. Il était toujours aux petits soins avec elle et elle trouvait agréable de se sentir dorlotée constamment.

Il lui tenait les portes, lui prêtait son manteau, lui offrait des fleurs et avait toutes sortes de gentilles attentions à son égard. Il aimait peut-être juste un peu trop être photographié par les Matamagics mais elle l'acceptait facilement, finalement.

Peut-être parce qu'elle jouait le rôle de la célébrité, cette fois. Peut-être parce que les journalistes cherchaient l'erreur chez lui, la pièce rapportée, plutôt que chez elle. Peut-être simplement parce que Anthony avait pris la place qu'elle avait occupée, elle, quand elle était avec Harry.

Ce n'était pas bien grave, tout compte fait. Elle préférait presque, de toute façon, être prise en photos avec ce garçon que toute seule. Elle s'assurait une bonne image publique. Une image respectable et épanouie. Personne ne cherchait à revenir sur sa dépression et elle en remerciait Morgane.

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Le problème, désormais, viendrait de leur rupture. Elle le savait et craignait déjà le jour prochain où ils se sépareraient. Il était peut-être cynique de sa part d'y penser mais, en réalité, elle n'avait jamais envisagé de réellement former un couple avec Anthony.

Au départ, elle l'avait pris à la légère. Il s'était longtemps battu contre des moulins à vent pour qu'elle accepte un simple verre et il en avait fait un défi personnel. Quand elle avait accepté, plus de six mois en arrière désormais, à peine avaient-ils payé l'addition qu'elle s'était retrouvée plaquée contre un mur dans une ruelle, à gémir tant et bien.

Jamais elle n'avait fait une telle chose jusque-là. Jamais elle ne s'était même imaginée le faire. Mais, ce soir-là, entre le désespoir, le manque, le jeu de séduction et l'adrénaline, elle n'avait pas hésité une seconde à franchir les limites de la décence.

Quand il s'était retiré, aussitôt après avoir joui, elle avait enlevé sa culotte, réajusté sa jupe et avait aussitôt transplané chez elle, dans un petit signe d'adieu. A l'abri de sa chambre, elle avait laissé son sous-vêtement choir à terre et s'était écroulée dans son lit, s'endormant toute habillée, épuisée et agréablement repue.

Au matin, par contre, tout ce que la fatigue lui avait permis d'occulter était revenu la titiller de plein fouet. Elle s'était sentie honteuse et dépravée et se refusait d'envisager de le revoir un jour.

Comment aurait-elle pu prendre au sérieux ce type après qu'il ait provoqué chez elle de tels agissements ? C'était tout bonnement impossible.

Il était pourtant revenu à la charge deux jours plus tard en lui envoyant sa chouette à laquelle elle n'avait pas répondu et le week-end suivant, à nouveau, pendant un match des Harpies contre les Pies de Montrose.

Elle était une fois de plus restée sur le banc de touche pendant cette rencontre et, après deux heures de jeu, s'était dirigée vers les vestiaires pour soulager sa vessie. En sortant, il l'attendait à l'angle d'un mur et il n'avait eu besoin que de trois phrases – tellement bateaux et ridicules qu'elles les avaient aussitôt oubliées – pour qu'elle cède à ses avances.

A nouveau, elle s'était retrouvée dans une position compromettante le dos collé au mur en brique rouge, risquant à tout moment de se faire surprendre par des joueurs rejoignant les vestiaires. Il n'en avait rien été et, dans l'espoir de préserver un peu sa réputation, elle avait accepté un nouveau rendez-vous avec Anthony, dans d'autres circonstances, plus dignes.

Ils s'étaient rendus dans un restaurant et avaient fini la soirée dans le hall de l'immeuble qu'habitait le jeune homme. Elle l'y avait provoqué et il avait répondu à ses attentes parfaitement. A nouveau, elle n'était pas restée et était rentrée chez elle.

Pendant près de deux mois, leurs rencontres, extrêmement régulières, finissaient invariablement par une partie de jambe en l'air, dans tous les lieux possibles et imaginables tant qu'ils ne ressemblaient en rien à un lit.

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Cette frénésie de débauche avait fini par se calmer peu de temps après que Ginny ait accepté, pour la première fois, de monter chez Anthony, courant avril dernier. Jusqu'à ce moment, elle s'éclipsait systématiquement après leurs ébats dans des lieux toujours plus incongrus et refusait de poser ne serait-ce qu'un orteil dans l'appartement du jeune homme.

Elle se souvenait très bien d'une fois, d'ailleurs, où il avait réussi à lui faire grimper les quatre étages de l'immeuble mais, avant même qu'il n'ouvre la porte, elle avait fait en sorte de conclure leur affaire rapidement, contre l'entrée de son appartement.

Là encore, elle était repartie avant qu'il n'ouvre. Elle ne voulait pas aller chez lui. Elle n'avait rien à y faire, elle en était convaincue. D'ailleurs, elle n'en avait rien à faire, de lui, tout court. Il la soulageait, simplement. Ni plus, ni moins.

Elle ne voulait pas plus de lui chez elle, d'ailleurs. Sa maison, c'était son cocon. Son lieu à elle. Il n'avait pas à y être ! Et finalement, elle avait réussi, sans trop de difficulté, à s'arranger pour qu'ils ne pénètrent pas, ni l'un, ni l'autre, leurs intimités respectives pendant de longs mois. Jusqu'à ce qu'elle cède. Encore.

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Elle connaissait parfaitement les raisons de sa faiblesse, d'ailleurs. Elle n'avait pas plus de sentiments pour lui, pas plus envie de construire quoi que ce soit avec lui. Ce n'était que l'habitude. Le ronron calme et plat du quotidien. Elle avait manqué de vigilance en s'endormant doucement sur une nouvelle routine.

Quand elle avait fini par poser un pied chez lui, il s'était montré extatique. Elle, elle s'était fait un devoir d'étrenner chaque pièce de leurs étreintes. Juste pour faire comme s'ils n'avaient toujours rien d'un couple.

La libido de Ginny ne répondait plus de rien et Anthony s'en était satisfait longtemps. Ils passaient de bons moments ensemble, rarement très habillés, et leurs conversations étaient plus que limitées.

Ils se racontaient de vieilles histoires, passant en revue les anecdotes les plus drôles de leurs adolescences et n'abordaient jamais de sujet plus personnel. Ginny ne voulait pas. Elle ne voulait pas aller plus loin.

Elle ne ressentait rien pour lui, si ce n'était ce désir à l'état brut. Comme un besoin de se remplir. Le sexe lui donnait l'impression d'être vivante. Elle s'en contentait parfaitement.

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Elle aimait ne rien ressentir pour lui. Elle ne se souciait pas de lui, ne s'inquiétait pas pour lui et se fichait totalement de ce qu'il faisait de sa vie. C'était peut-être malhonnête, quelque part, mais elle était soulagée de ne rien ressentir.

Évidemment, en entrant chez lui, sur son territoire, elle avait franchi, un peu contre son gré, un nouveau pas. Par ce simple geste anodin, c'est elle qui lui avait ouvert la porte. Et était arrivé ce qui devait arriver.

Il avait fini par avoir envie d'aller plus loin. De parler. De ce qu'il faisait, de ce qu'il aimait. Elle avait essayé, un temps encore, de détourner son attention, de l'amener à se taire et user autrement de ses lèvres qu'avec des mots mais, il se laissait moins distraire.

Il finissait par se lasser des rapports charnels. Il avait voulu autre chose et, à contrecœur, elle avait encore cédé et avait accepté de jouer au couple.

Elle n'était pas dupe, pourtant. Ils ne faisaient qu'y ressembler, rien de plus. Elle ne l'aimait ni plus ni moins qu'avant, n'était ni plus ni moins attachée à lui. Seule sa libido s'était calmée et ils avaient trouvé un rythme de croisière plutôt satisfaisant.

Toute l'originalité et la spontanéité des débuts avaient, par contre, disparues. Envolées, comme trop souvent lorsque des histoires qui ne le devraient pas s'étendaient en longueur.

Elle ne savait pas combien de temps encore elle resterait avec lui mais elle était simplement persuadée qu'elle ne finirait pas ses jours avec lui. Il n'était là qu'en dépannage, faute de mieux.

Sa famille ne se leurrait d'ailleurs pas à ce sujet et cherchait souvent à lui tirer les vers du nez, trop conscients qu'ils étaient du manque d'amour qu'elle ressentait pour lui. Pourtant, si elle ne l'aimait clairement pas, elle l'appréciait, malgré tout.

Elle arrivait même à lui trouver certains atouts. Ce n'était pourtant pas faute de ne rien avoir en commun avec lui. En effet, quel que fût le sujet, il n'affirmait jamais de grandes positions et cherchait toujours à ménager les uns et les autres.

Il n'avait jamais d'avis tranché. Il n'était passionné par rien, si ce n'était par Ginny et par son travail. Il aimait bien le Quidditch mais comme elle aimait les pâquerettes. Sans vraiment y réfléchir, sans y vouer, non plus, une adoration.

Il en allait de même pour quasiment tout et elle avait du mal à comprendre comment il était possible d'être si modéré. Elle, elle se disait que, quand elle aimait, elle aimait vraiment. De tout son cœur et de toute son âme. Et inversement, quand elle détestait, elle détestait avec ses tripes.

Elle avait parfois l'impression qu'aux côtés d'Anthony, ses propres sentiments, sa ferveur d'antan, s'éteignaient un peu. Peut-être parce qu'il n'était jamais exalté. Il n'éprouvait jamais rien à l'extrême.

Elle ne savait pas vraiment mais, malgré tout, ce garçon semblait représenter une bonne thérapie.

Se raccrocher à lui lui avait permis de sortir de sa torpeur. Elle avait repris quelques kilos, refait sa garde-robe, bouclé un temps ses cheveux, les avait coupés et allongés à l'envie, avant de revenir à sa coiffure habituelle et, surtout, surtout, avait trouvé en lui un confident. Une oreille attentive.

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Avec lui, elle pouvait se raconter totalement. Ce n'était qu'au début de l'été qu'elle lui avait parlé, pour la première fois, de sa fausse-couche. Anthony s'était montré compréhensif et n'avait pas cherché à la rassurer avec des phrases toutes faites.

Elle était soulagée que, lui, au moins, ne lui assène pas un « Ce n'était probablement pas le bon moment » ou un « La vie continue » et encore moins un « Ça va aller ». Il n'avait rien dit et c'était bien tout ce qu'elle attendait de lui.

Progressivement, elle lui avait dévoilé de plus en plus de pans de sa vie et, la majeure partie concernait Harry. Elle lui avait raconté ce qu'elle avait éprouvé quand, des années en arrière, il s'était amouraché de Cho puis son bonheur quand ils s'étaient embrassés pour la première fois.

Elle n'avait aucun scrupule à lui parler librement. Elle lui avait conté les instants de bonheur comme les moments les plus durs.

Quand Harry l'avait abandonnée pour parcourir la Lande anglaise, la laissant ignorante de ce qu'il devenait, quand il l'avait évitée, après la mort de Fred, mettant plusieurs semaines à venir la voir au Terrier, quand il s'était éloigné d'elle à nouveau, juste avant qu'Hermione ne rentre d'Australie.

Elle lui avait surtout raconté les difficultés qu'ils avaient rencontrées les derniers temps. Leurs batailles inutiles pour avoir un enfant, les échecs successifs, l'impression de ne plus rien valoir qu'elle avait ressentie, son mal-être, tout. Elle avait tout vomi et lui, l'avait écoutée. Juste écoutée

Elle n'avait, à aucun moment, songé qu'elle pouvait heurter sa sensibilité. Il n'était personne. Elle n'imaginait pas qu'il puisse être jaloux ou vexé de voir ses yeux pétiller encore aujourd'hui quand elle parlait de Harry.

Anthony n'était personne, mais il était présent. Et rien que pour cette raison, elle savait qu'elle pourrait rester encore un peu avec lui. Il lui faisait du bien, quelque part. Il la soulageait et c'était bien suffisant pour le moment.

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Verdict ? Que pensez-vous de cette évolution de notre petite Ginny ? Je crois que c'était ce qu'on pourrait appeler au chapitre doux-amer mais, au moins, vous avez laissé vos mouchoirs au placard, non ?!