[MàJ Août 2021]
Note de l'auteur : Bonjour tout le monde, ça roule, sous ce vent glacial ? Allez, aujourd'hui, pas besoin de mouchoir, on laisse Ginny et ses problèmes existentiels de côté et on s'intéresse au cas de Luna... Ahhhh, vous dites-vous, soufflant de soulagement, un peu de répit... Gniarf, gniarf, vous y croyez ? Vraiment ? Vraiment, vraiment ? Oh, ça va, je plaisante... Allez, zou !
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Comme d'habitude, avant de passer à la suite, je remercie tous les gentils lecteurs qui reviewent, et également ceux qui lisent en silence bien que, vous commencez à connaître la chanson, je n'aurais rien contre avoir aussi votre opinion ! ;-) Ne soyez pas timides, je mords pas !
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Bonne lecture à tous et à très vite !
Chapitre 39 –Luna
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Luna n'aimait pas trop se rendre au Puffapod's. Le lieu était plutôt agréable, la décoration soignée, les cocktails excellents et les prix abordables mais elle s'y sentait toujours un peu mal à l'aise. Elle en avait déjà parlé à Neville.
Il l'avait juste regardée gravement et lui avait offert un sourire compatissant. En fait, ce n'était pas de sa faute mais elle n'appréciait pas être en présence d'Hannah. Pourtant, c'était une femme adorable, douce et apaisée. Elle se sentait juste trop coupable en sa présence.
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Luna était heureuse. Tellement heureuse.
La première fois qu'elle avait vu Neville, Hannah avait déjà quitté Poudlard. C'était d'ailleurs sûrement à cause de la Poufsouffle qu'elle ne l'avait pas vraiment remarqué avant. Il était là sans être là.
Quand Hannah et Neville étaient côte à côte, ils étaient encerclés par des Voltarems qui diffusaient cette drôle de vapeur blanche. Ces bestioles lui avaient caché la vue mais, dès que la jeune femme n'avait plus été dans les parages, Luna avait enfin vu, vraiment vu, Neville.
Elle l'avait tout de suite apprécié. Elle l'avait trouvé amusant avec ses traits un peu enfantins et sa maladresse gigantesque. Elle ne comptait même plus le nombre de fois où, pendant sa cinquième année, il lui avait marché sur les pieds ou s'était assis sur sa main en la rejoignant à la table des Serdaigles.
Elle était vite tombée amoureuse. Très vite. Peut-être trop vite. Elle avait oublié Hannah et n'en avait plus tenu compte.
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Ils s'étaient embrassés pour la première fois juste avant les vacances de Noël de sa sixième année. L'école était sans dessus-dessous, tout le monde craignait pour sa vie et échanger ce baiser leur avait paru essentiel.
Ils y avaient mis tout leur cœur mais il fallait reconnaître qu'il avait été un peu décevant. Elle, c'était son premier baiser et elle ne savait pas comment faire. Lui, il lui avait mordu la lèvre mais ça n'avait rien eu de sensuel. Juste une maladresse de plus.
Elle avait ri et lui avait fait promettre de réessayer, en y mettant moins d'ardeur et plus d'application. Il avait ri aussi et ils s'étaient séparés sur cet accord. Seulement, elle n'était pas revenue à Poudlard en janvier, prise en otage au Manoir Malefoy.
Là-bas, le temps avait paru long. Très long. Elle n'avait pas vraiment été maltraitée. Juste oubliée au fond de sa cellule. Parfois, elle entendait Draco, dont elle aurait reconnu la voix entre mille bien qu'elle ne se souvenait plus de son prénom à l'époque, souffler à des Elfes d'apporter des vivres aux prisonniers.
Ce n'était pas les gardiens habituels qui auraient eu une telle attention et elle avait profité sans vergogne des brioches et des fruits qui circulaient en cachette. Elle demandait toujours aux petites créatures de remercier leur jeune Maître pour ce geste qu'elle considérait repentant, ce que les petits êtres n'avaient probablement jamais fait.
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Si on le lui avait demandé à l'époque, elle aurait été incapable de dire depuis combien de temps elle était enfermée quand Harry, Ron et Hermione étaient venus les sauver. Les jours ressemblaient aux nuits et les nuits aux jours. Elle avait perdu toute notion du temps.
C'était sûrement idiot mais, pendant ces quelques mois qu'elle avait passés dans cette cellule, elle s'était raccrochée à l'idée de ce baiser parfait qu'ils s'étaient promis avec Neville. C'était un objectif bien plus atteignable que la fin de la guerre. La victoire sur Voldemort ne dépendait pas d'elle. Il y avait tellement d'autres enjeux.
Réussir un baiser, ce baiser, était bien plus simple. C'était un plus joli dessein aussi, alors elle s'y était raccrochée, persuadée que Neville en faisait de même depuis qu'elle avait brusquement disparu de la surface de la terre.
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Quand elle avait rejoint la Chaumière aux Coquillages, elle s'était renflouée, un peu, mais n'avait jamais plus repris totalement les cinq kilos qu'elle avait perdus entre janvier et mars. Elle était restée cachée et l'interdiction de contacter Neville l'avait contrariée au plus haut point.
Elle n'avait même pas pu se consoler dans les bras de son père. L'Ordre lui interdisait de venir au risque de les faire repérer et elle-même n'était pas autorisée à quitter la maison de Bill et Fleur. Là encore, le temps avait paru bien long jusqu'au mois de mai, bien que ses conditions de détention aient été bien plus agréables.
Elle avait eu beau être relativement libre de ses mouvements dans la Chaumière, mangeant à sa faim, dormant sur un matelas en plumes, se lavant chaque jour, ayant toujours assez chaud et des divertissements pour rompre l'ennui, elle ne s'était pas moins sentie prisonnière qu'au Manoir Malefoy.
Elle s'était bien gardée de le dire haut et fort mais cela n'avait en rien changé son sentiment. Elle en avait profité pour lire, beaucoup, s'informer en écoutant la radio clandestine et, surtout, s'entraîner, avec Dean, à être une guerrière hors-pair.
Elle était persuadée que leur rapprochement avait permis au brun de lui fabriquer cette superbe baguette qu'elle utilisait désormais presque aussi souvent que celle qu'elle avait acquis en entrant à Poudlard.
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Quand, le deux mai 1998, l'alerte avait été donnée, elle était l'une des premières de la maisonnée à être en ordre de bataille. Elle avait rejoint Poudlard et s'était trouvée impressionnée face à un Neville devenu en quelques mois le Maître de la Salle sur Demande, le fer de lance de la Résistance.
Ils n'avaient pas pu avoir leur baiser tout de suite. Trop d'enjeux. La guerre était une chose sérieuse et ils devaient être concentrés. Ils avaient mené bataille farouchement. Ils ne s'étaient pas embrassés ce jour-là. Ni le suivant. Ni celui d'après.
C'était celui qui avait encore suivi, en fait. Quand ils s'étaient retrouvés tous les deux devant le lac, complètement hébétés, au milieu des survivants, à se raconter encore une fois ces derniers mois, comme le jour précédent et celui d'avant.
Ils avaient ressassé, encore et encore, avaient appris par cœur les mouvements de l'autre et, alors que Luna était en plein milieu d'une phrase, il avait posé ses lèvres au coin de sa bouche et s'était étalé de tout son long sur elle.
Il n'avait pas fait exprès de la coucher sous lui. Il avait juste trébuché mais il ne s'en était pas excusé. C'était un beau baiser et les suivants l'avaient été tout autant. Ensuite, ils avaient juste décidé de ne plus jamais se séparer. Et c'était ce qu'ils avaient fait.
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Non. A partir du moment où Hannah avait dû quitter Poudlard, Luna n'avait plus jamais pensé à elle. Elle l'avait oublié. Et c'était bien pour cela qu'elle se sentait tellement coupable à chaque fois qu'elle rencontrait la blonde.
Quand elle l'avait revue pour la première fois en découvrant le Puffapod's, pas loin de deux ans en arrière, une volée de Voltarems avait à nouveau envahi son champ de vision. Luna ne s'en était pas offusquée, l'amour était une chose étrange et elle n'était pas jalouse.
Pourquoi s'encombrer d'un sentiment aussi désagréable. Elle n'avait jamais été de nature inquiète. Elle n'était pas plus exclusive. Oh, bien sûr, elle n'aurait en aucun cas partagé sa couche avec une autre. Elle n'en comprenait pas moins que les questions d'attachements affectifs, anciens et nouveaux, ne souffraient pas les affres de la possessivité.
Elle-même avait parfois des sourires nostalgiques en repensant à son béguin pour Ron, quand elle l'avait rencontré pour la première fois. Il ne signifiait rien. Elle aimait passionnément Neville, tout comme il l'aimait lui aussi. Elle ne comprenait simplement pas qu'on puisse s'encombrer de craintes et d'incertitudes quand on pouvait, tout simplement, partager cet amour.
Ce jour-là, en tout cas, un gros nuage de vapeur blanche avait enveloppé Hannah. Avec le temps et les années, le nuage se faisait moins opaque. Il n'était plus qu'un voile, désormais. Les sentiments de la douce barmaid s'estompaient progressivement.
Elle apprenait à se détacher de Neville et la culpabilité de Luna, de lui avoir ravi son premier amour à son nez et à sa barbe, s'apaisait légèrement. Elle craignait toujours ce sentiment de malaise malgré tout et c'était toujours un peu à reculons qu'elle entrait dans le Night-Club.
Ce soir où ils célébraient l'anniversaire de Seamus ne faisait pas exception. Seule la paume chaude de la main de Neville serrée dans la sienne avait su la rassurer assez pour la convaincre que la soirée serait agréable.
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Luna rejoignit la table occupée par Ginny, Anthony et Ron en souriant. Nev' venait d'en rejoindre une autre, à l'autre bout de la salle. Il était toujours compliqué de ménager les sensibilités de tous, sachant que certains de leurs amis étaient en conflit ouvert.
Elle s'installa avec un sourire, n'écoutant que d'une oreille le débat entre les deux Weasley. A la table de Neville, elle avisa Pansy, assise à la droite de Harry, Hermione et Blaise leur faisant face. Elle leur adressa un petit signe de la main.
L'ancienne Serpentard devait probablement faire remarquer à Nev' qu'elle ne comprendrait jamais pourquoi Luna préférait rejoindre une table « remplie de Belette » plutôt que la leur. Elle eut un rire en percevant, malgré la pénombre, un clin d'œil de son conjoint.
Toute à ses rêveries, elle ne suivait toujours pas la conversation et observa simplement Ron se renfrogner légèrement. Elle compatit avec lui, comprenant tout à fait les réserves qu'il avait à être ici ce soir.
Il était venu pour Seamus mais, dans le flot de personnes invitées, il n'en appréciait qu'une poignée et, tant qu'il ne se déciderait pas à faire sauter certains carcans, jamais il n'arriverait à profiter de toutes ces personnalités qui se mélangeaient allègrement.
Luna aimait ça, elle. Observer les gens interagir, échanger, tenter de se saisir les uns des autres. Il y avait souvent des ratés mais, il y avait toujours de nouvelles choses à apprendre et à découvrir.
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Elle aurait réellement aimé suivre les échanges des deux Weasley mais, la musique était vraiment trop forte. L'ambiance était survoltée et lui demandait un effort trop grand de concentration. A la place, elle laissa son regard parcourir la salle, s'attardant ici où là.
Elle trouva rapidement George en grande conversation avec Hannah. La blonde avait un sourire lumineux alors qu'il lui glissait quelques mots à l'oreille. La main du rouquin se posa furtivement sur le ventre de la jeune femme, glissant allègrement jusqu'à sa hanche.
Luna eut un rire clair. Elle comprenait mieux pourquoi les Voltarems s'étaient échappés dernièrement. Anthony la dévisagea longuement mais elle ne s'en offusqua pas. Les gens la dévisageaient souvent.
Sans se départir du sourire qu'elle avait sur les lèvres, elle lui demanda d'une voix forte s'il se sentait bien. Il était peut-être un peu patraque. C'était inévitable quand on se laissait trop happer par son travail, comme lui.
- « Je vais très bien, Miss, je me demandais ce qui te faisait rire, en fait.
- Oh, tu sais... Je crois que c'est parce que j'aime l'amour. »
Évidemment, lui, ça ne le faisait pas sourire mais Ginny riait avec elle. C'était agréable de la voir rire à nouveau. La rousse se leva joyeusement et proposa à tout le monde d'aller danser. Luna déclina avec un sourire. Elle n'aimait pas danser.
Enfin, pas comme ça, pas dans ce genre de soirée, sur ces musiques assourdissantes. Elle, elle aimait danser sous les étoiles, en tourbillonnant. Elle n'aimait pas se prendre au sérieux et ce genre de lieu demandait à se prendre au sérieux.
Il fallait respecter des pas et des codes bien définis et elle, elle n'aimait pas les respecter, justement. Elle pouvait n'en faire qu'à sa tête et danser en tourbillonnant. Ça ne lui posait pas de problème, elle avait l'habitude de faire parler mais elle n'en avait simplement pas envie à cet instant.
Peut-être plus tard, quand les Voltarems viendraient les envelopper, elle et Neville, l'envie viendrait sûrement. Elle préférait largement laisser ses yeux s'attarder sur Hannah qui cédait doucement aux avances de George.
Il avait réussi à la traîner sur la piste de danse et, les mains sur ses hanches, la faisait onduler. Plusieurs centimètres séparaient leurs deux corps mais ils dégageaient une sensualité à toute épreuve.
A un moment, elle vit Hannah se figer une seconde. Luna suivit son regard et observa Ron secouer la tête doucement et se détourner. Elle le regarda partir et fixa à nouveau ses yeux sur la blonde qui, gênée, voyait déjà les bras de George se resserrer sur sa taille.
La situation semblait plus compliquée, finalement, que ce que Luna avait imaginé. Il était clair qu'il se passait quelque chose entre ces trois-là et, en fait, elle n'était pas si étonnée que cela. Ces deux Weasley avaient des qualités indéniables et, pourtant, ils étaient aussi différents qu'une Goule et un papillon.
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En taille, George s'était depuis longtemps laissé distancer par Ron et son mètre quatre-vingt-dix. L'un avait une carrure carrée, un peu trapue, l'autre était un grand dadais tout mince. L'aîné se tenait toujours droit, faisant montre d'une certaine fierté, le plus jeune était toujours un peu courbé, les épaules tombant légèrement en avant.
Et pourtant, ils avaient un certain panache, tous les deux, dans des genres différents. Elle comprenait facilement qu'Hannah ait pu se laisser séduire, par l'un, comme par l'autre. C'était juste dommage pour Ron. Il ne pourrait jamais gagner contre George.
C'était vraiment injuste, pensait-elle, car Ron était celui qui méritait qu'on se batte pour lui. Il était le plus vrai des deux, le plus généreux et le plus sensible. Il était peut-être aussi le plus caractériel mais Luna trouvait cela normal.
Elle savait que c'était à cause de Molly. Il avait hérité d'elle cette boule d'amour mais, contrairement à sa mère, il n'avait pas encore appris à le gérer, tout cet amour. C'était pour cette raison qu'il tenait la rancune si forte, qu'il criait et qu'il rompait tout contact à la moindre déception.
Il attendait toujours qu'on lui donne au moins autant d'amour que ce qu'il en attendait. Luna ne savait pas s'il plaçait la barre trop haute – trop ambitieux dans sa volonté d'éprouver – ou s'il choisissait simplement de placer ses attentes dans les mauvaises personnes.
Sûrement un peu des deux mais, forcément, il allait de déception en déception et ce qu'elle détectait avec Hannah n'en était qu'une de plus. Elle capta le regard de Neville, en grande conversation avec Draco et lui souffla un baiser invisible qu'il saisit de la main avant de le porter à sa bouche et de le laisser s'envoler à nouveau.
Elle sourit, comme d'habitude. Il était toujours si adorable. Elle se releva en s'appuyant des deux mains sur la table et suivit le chemin que Ron avait pris de longues minutes en arrière.
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Elle le trouva dehors, adossé au mur de pierre, les bras croisés sur le torse et la tête en arrière, observant les étoiles au son des basses étouffées de la musique filtrant derrière la porte d'entrée du Puffapod's.
Elle adopta la même position et attendit le bon moment. Ron, lui, ne bougea pas d'un pouce. Peut-être ne sentit-il pas même sa présence avant qu'elle n'ouvre la bouche.
- « Elle est très belle ! » affirma Luna, brisant le silence et lui faisant lever un sourcil interrogateur. « Hannah. Elle est très belle.
- Oui » souffla-t-il. « Peut-être. Je ne sais pas.
- Je t'aurais choisi, moi.
- Com... Quoi ?
- Je t'aurais choisi, plutôt que George.
- Ah.
- Oui. Elle ne sait pas ce qu'elle rate.
- Euh... Merci ? » Tenta Ron, la voix décontenancée.
- « Tu n'es pas obligé de me dévisager » objecta Luna en riant et tournant son regard des étoiles au visage de Ron. « Je ne te fais pas une proposition !
- Je ne pensais pas à... »
Il ne finit pas sa phrase, confirmant à Luna que l'idée qu'elle lui ait fait des avances lui avait bien traversé l'esprit. Les gens étaient toujours trop obtus, quand elle disait ce qu'elle pensait. Il reprit
- « Comment tu as compris ? Qu'elle me plaisait ?
- Il suffisait de vous regarder, Ron. Tu lui plais aussi, tu sais.
- Pffff » Souffla-t-il. « Si ça avait été le cas, elle ne serait pas dans les bras de George
- L'amour, c'est compliqué, Ronald. Ça ne veut pas dire que tu ne lui plais pas. Elle s'est juste trompée de route.
- Ça ne me console pas.
- Je sais. Comme je disais, l'amour, c'est compliqué.
- Pourtant, quand on te regarde, avec Neville, ça a l'air simple. Il n'y a jamais de vague entre vous.
- Non. Mais on est différents. Tu sais, Ron... Neville et moi, on est un peu fou. » ria-t-elle. « On ne rêve pas pareil. Alors c'est plus simple... Tu me dévisages encore, Ron !
- Excuse-moi, Luna. Je... Parfois, j'aimerais bien être à votre place. Que ce soit simple... Je crois... Je crois que c'est toute cette histoire avec Hermione. Ça m'a complètement démonté.
- Oui. C'est ce que fait l'amour. Il te démonte et tu dois tout réparer... Il te manque encore quelques pièces mais tu vas finir par les trouver.
- Mais quand ? Hein, Luna ? Quand ?
- Ce n'est pas important, Ron. Il faut juste que tu y crois. Tu les trouveras qu
- Ouais, je sais » La coupa-t-il avec humeur. « Quand je m'y attendrais le moins. Je connais le laïus, ma mère n'arrête pas de me bassiner avec ça.
- Douce Molly. Mais, non, je n'aurais pas dit ça. Je crois plutôt que tu les trouveras quand tu seras prêt.
- Mais je suis prêt ! J'attends que ça, même ! » S'offusqua le rouquin.
- « Non, je ne crois pas que tu sois prêt, Ron. Tu te retiens trop. C'est pour ça que Hannah ne t'as pas choisi. Tu as tout cet amour qui bouillonne en toi mais tu essayes de le contenir. Ça ne peut pas marcher…
- C'est très joli ce que tu dis mais je ne suis pas sûr que ce soit ta poésie qui va m'aider à trouver quelqu'un !
- Ce n'est pas de la poésie, Ron. C'est juste un fait. Quand tu seras prêt à faire exploser l'amour qu'il y a en toi, la mécanique roulera toute seule. D'ici là, essaye de vivre, Ron.
- Je ne vis pas, pour toi ?
- Je ne sais pas. Il n'y a que toi qui le sais. Ce que je sais, c'est que, si trouver quelqu'un pour partager sa vie est important, ce n'est pas non plus essentiel. Ça ne devrait pas être une fin en soi.
- …
- Je sais bien que je peux toujours parler moi, avec Neville qui est au centre de mon univers mais, je n'en pense pas moins qu'on peut s'épanouir par soi-même. » Continua Luna dans un sourire. « Avant lui, je m'épanouissais par moi-même. Et j'étais heureuse, même quand rien n'était facile.
- Tu t'es toujours moquée de l'opinion des autres, en même temps.
- Non, pas vraiment. J'attache beaucoup d'importance à ce que pensent les autres. Je ne tiens simplement pas compte de leurs jugements quand mes actes sont en accord avec moi-même. C'est différent.
- Alors, comment je suis censé faire ?
- Écoute-toi.
- …
- Qu'est-ce que tu penses, là, tout de suite ?
- Ma vie est pourrie ? » Proposa-t-il avec un rire jaune qui déclencha un sourire indulgent sur les lèvres de la blonde.
- « D'accord. Alors, il faut changer ça. Tu devrais rentrer dans le Club, trouver George et le féliciter.
- Ça va pas, non ? Je ferais jamais ça ! Il savait qu'elle me plaisait et il a quand même tout fait pour interférer, je vais pas aller le remercier !
- Et pourquoi pas ? Tu aimes ton frère, non ?
- ... » se renfrogna-t-il encore en croisant les bras sur son torse.
- « Tu ne peux pas le nier. Tu aimes ton frère. Il faudra bien que tu lui pardonnes à un moment où à un autre alors, pourquoi pas maintenant ? Peut-être même que ça te permettra de comprendre plus vite pourquoi il a préféré se battre contre toi plutôt que de te laisser le champ libre.
- …
- Est-ce que tu t'es demandé pourquoi aucun de vous n'a voulu céder sa place à l'autre ?
- …
- Tu n'es pas obligé de me répondre mais, je suis sûre que la réponse pourrait te surprendre. Et maintenant qu'Hannah l'a choisi, vous ne pourrez plus revenir en arrière. Plus vite tu le pardonneras, plus vite vous pourrez avancer. Tu ne crois pas ?
- … Si, peut-être » admit Ron à contrecœur.
- « Et il faudra excuser Hannah, aussi. Ce sera plus facile parce qu'elle ne sait pas ce qu'elle rate. Elle doit encore être aveuglée par les Voltarems.
- Les ? Les quoi ? »
Luna éclata de rire et le laissa là, les sourcils froncés. Elle en avait assez fait et elle avait envie de danser, finalement. Elle voulait retrouver Neville, prendre ses mains et tourner, tourner, tourner.
Verdict ? Ce petit retour sur le passé des Lunève vous a-t-il convaincu ? Et, vous avez remarqué ? Elle est perspicace, la petite blonde évaporée, hein ?!
