[MàJ Août 2021]
Note de l'auteur : Bonsoir, bonsoir ! Ce soir, j'ai bien failli avoir mon premier retard de publi mais, même s'il commence à être tard, l'honneur est sauve, j'arrive finalement à trouver quinze minutes pour mettre tout ça en ligne !
A nouveau un peu moins de lecteurs/trices que ce à quoi j'avais fini par m'habituer... j'dois reconnaître que ça me perturbe. Faut dire aussi que j'ai encore un peu plus d'une quinzaine de chap à publier et après... c'est le gros trou noir... J'ai ce désagréable syndrome de la page blanche qui me taquine depuis deux bons mois et j'ai envie de jeter tout ce que j'écris pour la suite (et fin) de l'histoire... C'est le genre de blocage particulièrement agaçant... Forcément, avec les questions de votre intérêt pour cette histoire qui se surajoute... Brèfle, j'arrête de faire pleurer dans les chaumières !
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Je vous remercie, pour vos passages sur cette histoire et vos reviews, en tout cas.
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Bonne lecture à tou•te•s et à très vite !
Chapitre 44 – Blaise
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Dès que le vieux Crawley sortit et referma la porte de la salle de réunion, Blaise se laissa tomber tête la première sur la table. Il n'en pouvait plus. Une semaine. Une semaine qu'il se farcissait à longueur de journées des heures et des heures de parlote inutile.
Il avait eu la brillante idée de vouloir redéfinir l'orientation stratégique d'Ornicar Inc. Rien n'avait été repensé depuis plus d'une décennie, une nouvelle année se profilait à l'horizon, il avait cru à un trait de génie.
Ses collaborateurs avaient applaudi à sa proposition et il avait cru que tout se passerait vite et bien, que ce n'était l'affaire que de quelques jours. Mal lui en avait pris. Personne n'était d'accord et tout le monde partait dans tous les sens.
Depuis, ils étaient pris de réunionites aiguës, qui commençaient tôt le matin et s'achevaient tard le soir sans qu'ils n'avancent d'un iota.
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Se redressant dans une grimace, il se massa longuement les tempes en fermant les yeux. Merlin ! Ce qu'il détestait devoir concilier avec les opinions d'autrui ! Vraiment, dans des moments comme celui-là, il aurait aimé être un peu plus comme sa mère et asseoir sans complexe ses envies despotiques.
Il se leva, faisant involontairement craquer son dos et arpenta la longue pièce de long en large. Quand il avait parlé de refondre le projet du laboratoire de potion, Blaise pensait principalement à l'axe de recherche scientifique.
Il avait eu cette idée à cause de Weasley. Il aurait dû se douter pourtant, avec La Belette dans l'équation, que ce serait nécessairement une idée foireuse. Et pourtant.
Quand il avait appris qu'une des équipes de chercheurs tentait de le recruter, le métis s'était inévitablement renseigné. Il devait reconnaître que le projet de Weasley, bien qu'un peu trop ambitieux, tenait la route et semblait même prometteur.
Tout aussi vite, il avait compris les réticences du rouquin à intégrer cette équipe et il avait dû jouer de ses charmes auprès de Neville qui, à force de persuasions, avait lui-même réussi à convaincre le rouquin d'intégrer Ornicar Inc.
Dans la foulée, Blaise avait persuadé ses collaborateurs de revoir l'orientation stratégique mais, non, clairement non, il ne s'était pas attendu à tout ça. Les deux premiers jours, ils avaient dû redéfinir le « cadre stratégique » du labo.
Rien que le point concernant l'historique de l'institution leur avait pris plus de six heures. Six heures pour retracer un historique ! Six heures au cours desquelles trois points de vue différents avaient dû être discutés, négociés, conciliés.
Immédiatement, le métis avait compris qu'il ne serait pas sorti de l'auberge rapidement. Depuis, il passait ses journées à définir des méthodologies et des axes de projets pour chacune des équipes. Et il y en avait un sacré paquet !
Il fallait compter avec les chercheurs médicaux, les esthétiques, les équipes de conforts, celles étudiant les drogues expérimentales, les Créatourdélixirs, les Empoisonneurs Associés, les... Il y en avait tellement qu'il ne pouvait les compter.
Et, à son plus grand malheur, cela ne s'arrêterait pas là. Ils avaient également à établir une démarche globale d'amélioration et le vieux Crawley venait de le convaincre de travailler sur la gestion des risques professionnels et l'évaluation des pratiques. Ils y passeraient l'année, à ce rythme !
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Inspirant profondément face à la baie vitrée, deux doigts pincés sur l'arête de son nez, Blaise imposa un sourire factice sur son visage. Il avait pour règle de ne jamais quitter les locaux énervé. Il en allait de sa santé mentale.
Son sourire plaqué aux lèvres, il redressa les épaules et ajusta la veste de son costume. Il alla à la rencontre de l'hôtesse d'accueil du bâtiment et lui demanda de transmettre une note expresse par hibou. Il avait vraiment besoin de décompresser avant de retrouver Seamus.
Elle lui transmit une pile un peu trop élevée à son goût de missives et il rejoignit son bureau, s'occuper de la paperasse en attendant son retour de courrier. Moins d'une demi-heure plus tard, il transplanait sans demander son reste rejoindre Draco devant un pub moldu de Notting Hill.
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- « Dure journée ?
- Ma dai ! Ils veulent ma mort ! » Commença Blaise mélodramatiquement avant de longuement s'épancher sur ses malheurs professionnels.
La conversation ressembla davantage à un monologue qu'à un échange à proprement parler mais Draco ne lui en tint pas rigueur. Il lui arrivait tout aussi régulièrement d'en faire de même et il comprenait parfaitement que Blaise ne souhaitait pas s'encombrer de ces considérations une fois de retour dans son cocon privé.
A bout de plaintes, ils profitèrent quelques minutes du silence relatif du pub, appréciant la saveur âpre de la bière brune qu'ils avaient commandé.
- « Tu veux venir passer Noël avec nous ? » s'enquit soudainement le blond.
Depuis la fin de la guerre, Blaise passait ses fêtes de fin d'année avec pour seules compagnies une bouteille de Whisky et un feu de cheminée. Pour l'avoir expérimenté également, Draco savait à quel point cette situation pouvait être déprimante.
- « Oh, mais je ne t'ai pas dit ! Je suis officiellement invité à fêter Noël chez les Finnigan !
- Officiellement, officiellement ? » Demanda le blond un peu choqué.
Blaise ne put s'empêcher de rire en voyant ses yeux écarquillés.
- « Hum. Non. Officiellement mais en tant qu'ami seul et malheureux...
- Je me disais aussi. Alors, tu te sens prêt ?
- Pas du tout ! » affirma Blaise en riant. « Tu te rends compte, je vais être présenté à ses parents ! C'est flippant !
- Sûrement... Au moins, beau-papa ne te fera pas subir un interrogatoire !
- Ça tu n'en sais rien ! Si ça se trouve, ils vont me détester !
- T'inquiète pas, ta petite amie te défendra bec et ongles.
- Ah. Ah. Tu es très drôle » lança le métis, sarcastique. « Je suis sûr que si ça devait arriver, t'en mènerais pas large, toi non plus.
- Je ne le saurais jamais » répondit Draco, un trop léger sourire aux lèvres, en haussant les épaules.
Blaise n'insista pas. Les parents étaient vraiment une question épineuse tant chez Hermione que chez le blond.
- « J'ai l'impression que tout va un peu trop vite entre Seams et moi. C'était censé être un jeu entre nous et maintenant on vit ensemble, il me présente ses parents et on a même parlé mariage ! »
Le sourire agrandit que Draco lui offrit ressemblait davantage à une grimace cette fois, son nez se plissant légèrement.
- « Tu te rends compte ? On a parlé mariage ? C'est pas n'importe quoi, franchement ? »
Blaise observa le blond avaler simplement sa salive, se faisant la réflexion que lui non plus, à sa place, il ne saurait pas quoi répondre. Il n'avait jamais eu une grande opinion du mariage, vu l'exemple que lui avait donné sa mère mais, il pensait tout de même que c'était une étape importante, dans un couple.
Il porta sa chope à ses lèvres et Draco, qui ne l'avait pas quitté des yeux, lui demanda comment ils en étaient arrivés là.
- « Seams m'a fait une sorte de... demande. Quand il a compris que j'avais aménagé chez lui » précisa-t-il. « C'était pas une demande explicite mais, il a posé la question, tu vois.
- Et tu as répondu quoi ?
- J'ai pas vraiment répondu mais j'ai commencé à réfléchir à l'idée de partir vivre ailleurs...
- Pourquoi ailleurs ?
- Ce n'est pas comme si on pouvait se marier en Grande-Bretagne... On reste deux mecs, tu sais et ce n'est pas vraiment un sujet d'actualité. Et puis, nos parents...
- Ouais, c'est sûr » répondit le blond dans une nouvelle grimace. Il n'aimait absolument pas la perspective de voir Blaise partir vivre à l'étranger.
- « C'est bête, hein. Mais parfois, je me dis, pourquoi pas. Tu sais, partir au Canada ou aux Pays-Bas et qu'on fasse notre vie là-bas, loin de tout.
- Et Finnigan. Il en pense quoi ?
- On n'en a pas vraiment reparlé en fait...
- D'accord. Donc, en fait, tu envisages de partir vivre au Canada avec lui sans lui en parler ?
Blaise eu une moue un peu gênée mais assez amusée. Ou l'inverse.
- « Tu comptes faire comme pour l'aménagement ? » continua Draco sarcastique. « Tu l'y amènes en vacances et, ni vu ni connu, vous ne rentrez jamais ? »
Le métis ne put s'empêcher de rire, reconnaissant qu'effectivement, il serait tout à fait dans ses cordes de procéder de la sorte. Il doutait toutefois que Seamus se laisse avoir aussi facilement cette fois.
- « Enfin, avant d'en arriver là » se reprit Blaise « Il faudrait déjà qu'il arrête de me prendre la tête avec Sally-Anne.
- Oh ! Le farfadet est une espèce jalouse ? » s'enquit Draco en posant sa main sur son menton, adoptant une attitude d'ethnologue en pleine séance d'observation.
- « Il a même tendance à être explosif » opina dogmatiquement le métis de la tête, tout en soupirant dramatiquement.
- « Pour une fois, je prendrais bien sa défense Blaise. Pourquoi tu continues à la voir ?
- Ma mère » commença-t-il mais le blond ne lui laissa pas le loisir de finir sa phrase.
- « Au diable ta mère, Blaise ! Il faudrait savoir ce que tu veux quand même.
- C'est pas si facile, Draco. Tu es bien placé pour le savoir !
- Oui, justement. » Objecta-t-il avec sérieux. « Tu satisfais peut-être aux caprices de ta mère en la voyant mais en attendant, tu laisses de faux espoirs à cette pauvre fille. Et dans mes souvenirs, Perks était loin d'être bête.
- En effet. Écoute Draco, je sais que ce n'est pas forcément très réglo mais, ça me fait du bien de passer du temps avec elle. Elle est agréable à regarder et elle est intelligente.
- Si elle te plaît, tu joues à un jeu dangereux.
- Il n'y a aucun risque que je dérape » affirma le métis, une expression de pur désespoir s'emparant de ses traits.
- « Un accident est vite arrivé, pourtant, Blaise »
Le brun le dévisagea longuement avant de murmurer à nouveau.
- « Non, il n'y a vraiment aucun risque… Je ne la désire pas. Même pas un tout petit peu.
- Ah. »
Le blond garda le silence un instant avant de fixer gravement son ami.
- « Blaise ?... ça fait combien de temps que t'as pas... comment dire. Que tu n'as pas désiré une femme.
- Je me rappelle même pas » souffla-t-il dans une nouvelle grimace.
- Bon. » Constata le blond d'un ton neutre. « Tu as définitivement et irrémédiablement viré de bord, donc. »
Un silence accueilli sa remarque et Draco ne put empêcher un sourire de naître au coin de sa bouche.
- « Si y'avait pas ton farfadet, Blaise ? Est-ce que tu aurais... du désir pour moi ? » Demanda-t-il en haussant un sourcil suggestif et en éclatant de rire au visage outré du métis. Il reprit « Oh, c'est bon, pas besoin de dramatiser !
- Ah, Ah. Je me gausse ! Tu es hilarant Draco ! » lança le métis vertement. « Je suis ravi de voir que mon désespoir t'amuse autant.
- Ok, ok. C'est bon, j'arrête... Tu sais ce que tu vas faire avec ta mère ?
- Je pense que je vais lui annoncer officiellement que je déménage.
- Il serait temps. Ça fait presque six mois que tu es parti.
- Je sais mais, comme elle n'a rien dit, j'ai laissé couler. C'est l'effet Sally-Anne. Depuis que je la vois régulièrement, ma mère me fiche une paix royale. Je crois même qu'elle a abandonné l'idée de glisser du Veritaserum dans mon Whisky Pur Feu pour me faire avouer que je suis une erreur de la nature. »
Ils gardèrent le silence un moment, Draco jouant à faire tourner les quelques décilitres de pression restant au fond de sa chope et Blaise tendant mécaniquement la main pour lancer une nouvelle tournée, perdu dans ses pensées.
- « Tu sais, ça fait deux mois que tu la vois. Ta mère ne va pas tarder à revenir à la charge pour les fiançailles...
- Et on en revient au point de départ. Si je ne me tire pas à l'autre bout de la planète, je n'aurais jamais la paix.
- Comme si quelques milliers de kilomètres allait l'arrêter... » Constata le blond, comme une évidence.
- « Elle ne se préoccupe plus de ce que devient Ornella. Peut-être que si je pars aussi, elle m'oubliera.
- J'en doute. Tu es son fils. » affirma Draco sachant que Blaise ne pourrait rien répondre.
Les garçons avaient toujours plus d'importance dans les familles nobles. C'était malheureux pour les filles mais c'était eux qui transmettaient le nom et préservaient le patrimoine. Il n'était pas même question d'héritage mais de prestige.
Les hommes transmettaient la grandeur d'un nom et asseyaient la réputation d'une famille. Les femmes partageaient simplement leurs gènes et leurs noms se perdaient au fil du temps. Elles n'avaient pas la même importance, aussi fortes et puissantes soient-elles.
Ils s'affalèrent à nouveau dans leurs fauteuils, songeurs. Blaise hochait la tête, les yeux écarquillés. Ses pensées se bousculaient. Il eut cependant un sourire.
- « Tu te rends compte, quand même, que je pense à épouser un mec ? Un mec, Draco !
Le blond ricana en secouant la tête négativement. Ce n'était définitivement pas quelque chose qu'il aurait pu concevoir un jour pour son ami.
- « Même Dumbledore n'a jamais dit ouvertement qu'il aimait les hommes de son vivant ! Tu pourrais être à l'initiative d'une révolution sociale, Blaise !
- Oui ! Ou on nous foutrait au bûcher ! » S'exclama le métis d'une voix forte.
Draco approuva d'un mouvement de tête, un sourire résigné aux lèvres.
- « Demander un mec en mariage » continua Blaise, « C'est comme demander à une Sang-de-Bourbe de t'épouser. C'est n'importe quoi !
Le blond avala une fois de plus sa salive, fort peu discrètement cette fois, geste que son ami ne put manquer, et son sourire se fana légèrement. N'en tenant compte, Blaise continua, d'une voix un peu moins forte.
- « Ce serait un scandale ! Un véritable scandale !
- Blaise...
- Que j'épouse Seams ou que tu te maries avec Granger, ce serait pareil ! On nous jetterait des pierres ! Tu crois pas ?
- Pas forcément » Tenta le blond d'une petite voix.
- « Ce serait une véritable Bérézina !
- Pas forcément » répéta Draco en fixant un point à l'horizon.
- « J'aimerais pas voir ça en tout cas » continua le métis tout à ses pensées, des scènes plus étranges les unes que les autres se succédant dans son imagination. « Tu n'es pas d'accord ?
- Non » répondit-il laconiquement s'attirant un regard étonné.
- Comment tu peux dire non, franchement ! Tu im
- On s'est mariés, Blaise. Avec Granger. On s'est mariés. »
Un silence de mort accueilli cette révélation. Habituellement, le métis n'avait pas souvent le souffle coupé mais, il devait reconnaître que, pour une fois, il était extraordinairement surpris.
Surpris de cette annonce sortie de nulle part, sans préavis. Surpris et vexé. Vexé de n'en avoir rien su et de ne pas même s'en être douté une seule seconde.
- « On s'est marié chez les moldus, » reprit Draco « sous nos noms d'emprunt... Personne n'est au courant.
- …
- Pas même Potter » crut-il bon de préciser.
Il fit une pause, laissant Blaise encaisser et continuant devant son manque de réactions.
- « On a fait publier les bans le mois dernier et on s'est mariés y'a dix jours.
- C'est pour ça que
- Oui, c'est pour ça qu'on n'a pas pu venir.
- Et vous étiez tous seuls ?
- Il faut des témoins chez les moldus aussi alors on a demandé aux voisines du dessus... On aurait préféré que vous soyez là mais tu sais... C'était pas possible.
- ... Vous êtes vraiment mariés alors ?
- Ouais » répondit Draco, une légère rougeur aux joues. « Chez les moldus. » Il farfouilla dans son col et en sortit une chaîne au bout de laquelle pendait un anneau en or blanc. « Ils appellent ça des alliances. »
- Pourquoi vous avez fait ça ? » Demanda Blaise sans arriver à retenir cette question qu'il trouvait encore plus stupide une fois énoncée à haute voix.
- « Elle est à moi, je suis à elle. C'était juste la suite logique. » Répondit-il en haussant les épaules.
Verdict ?! Oui, j'ai osé...
