[MàJ Août 2021]
Note de l'auteur : Bonjour à tou•te•s ! Bon, ça ne va rien vous dire mais, avant de publier, j'étais persuadée que nous partions sur une partie de l'histoire particulière mais, finalement, cette partie sera celle du chapitre 48... Du coup, les événements du jour sont beaucoup plus légers (et plus courts !) que je ne le pensais et, ouf, tant mieux, parce que je ne sais pas vous mais... L'histoire de George était quand même un poil oppressante... Brèfle ! Je me tais, passons aux choses sérieuses !
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Je vous remercie encore et toujours pour vos petits mots et vos commentaires et vous invite, comme d'habitude, à ne pas hésiter à me laisser vos avis et vos critiques !
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Bonne lecture à tou•te•s et à très vite !
Chapitre 46 – Harry
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Harry avait dû déployer des trésors d'imagination pour réussir à convaincre Pansy de venir au cinéma avec lui. Réellement. Elle ne voyait pas l'intérêt de s'enfermer dans une salle plongée dans le noir pour voir des images projetées sur un mur.
Elle n'avait même, avant cela, jamais regardé de télévision. Quand, au détour d'une rue d'un quartier moldu, elle en voyait une allumée dans une boutique ou dans un pub, elle n'y posait pas même les yeux, n'en comprenant pas l'intérêt.
Pour sa défense, la plupart du temps, n'étaient diffusés en ces lieux que des matches de sports qui lui étaient inconnus ou alors des clips où des femmes trop courtement vêtues se déhanchaient vulgairement.
Là non plus, l'Élu n'avait rien lâché et elle avait fini par se laisser convaincre. Peut-être simplement pour qu'il cesse de l'ennuyer en le lui proposant tous les quatre matins. En tout cas, elle avait fini par céder et il s'était montré au comble du bonheur. Pansy avait eu un sourire à moitié affligé de le voir tellement heureux pour si peu.
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Quand la décision fut prise, le choix du film posa vraiment problème. La brune avait beau ignorer le pouvoir attractif attribué aux salles obscures, Harry redoutait plus que tout qu'elle ne le voit venir de loin avec ses gros sabots. Il voulait, plus que tout, éviter de la rebuter et réitérer l'expérience malheureuse de la gifle.
Il avait d'office écarté les films trop romantiques. Exit également les histoires sanglantes. Il ne voulait pas la traumatiser avec un trop plein de violence. Il avait éliminé les films d'horreurs et ceux qui indiquaient parler de magie. Autant éviter ses sarcasmes et lui permettre de rêver un peu.
Il avait finalement opté pour un petit film de capes et d'épées sans prétention, une histoire d'Histoire, justement, loin de tout aspect surnaturel et loin de leur époque. Elle n'avait pas bronché, quand il le lui avait proposé, lui faisant totalement confiance sur ce sujet dont elle était ignare.
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Avant l'heure du rendez-vous, Harry s'était changé trois fois. La première fois, il s'était rendu-compte, après avoir vaporisé une touche de parfum sur sa chemise, que le costume trois-pièces qu'il avait spontanément mis sur son dos n'était pas particulièrement adapté à la situation.
Certes, il était à son avantage dans ces vêtements parfaitement ajustés mais sa tenue restait déplacée pour l'occasion. Il devait rester sobre et ne pas trop afficher ses espérances pour la fin de cette soirée.
Farfouillant dans son armoire, il avait alors enfilé son vieux jean préféré et un t-shirt propre pris au hasard. Il s'était à nouveau parfumé et, une fois devant le miroir, avait failli s'étouffer.
Il était passé d'un extrême à l'autre, son pantalon fétiche était tellement élimé qu'il menaçait de craquer à tout moment au niveau des genoux et son haut, estampillé à la gloire des Gryffondors, avait un petit trou au niveau du col et la couture du bas s'échappait sans distinction.
Soupirant à nouveau, il avait sorti, avec frénésie, la quasi-totalité de sa garde-robe pour finalement remettre le pantalon en toile qu'il avait porté le jour même. Il avait ensuite trouvé un t-shirt propre sans inscription ridicule et enfilé un pull qui ne grattait pas.
Il s'était encore une fois vaporisé une touche de parfum et s'était vraiment étouffé cette fois. Se morigénant contre ce geste compulsif consistant à se parfumer dès qu'il enfilait un vêtement, il était reparti illico dans sa salle de bain pour reprendre une douche et ôter cette odeur poivrée entêtante qui commençait à lui tourner la tête.
Il était inévitablement arrivé en retard au rendez-vous et, à quelques centaines de mètres du cinéma, avait trouvé Pansy plantée comme un piquet devant la statue d'Eadwine, duc du Sussex. Frigorifiée, ses longues jambes étaient serrées l'une contre l'autre et ses genoux tressautaient.
Ses bras étaient croisés si fort autour de son manteau que son cou disparaissait dans ses épaules. Elle portait un bonnet de laine crocheté qui lui donnait un air mutin, le bout de son nez était rougi par le froid et elle expulsait de gros nuages de fumée blanche en respirant dans l'air glacial de ce début janvier.
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Malgré une certaine appréhension, il eut la satisfaction, en la retrouvant, de ne pas se voir reprocher d'avoir risqué de la transformer en glaçon. A la place, elle l'enjoignit simplement de la faire rapidement rentrer au chaud, ce qu'il s'empressa de faire.
Il se confondit en excuse et elle leva les yeux au ciel, s'empêchant probablement de l'enfoncer d'une ou deux remarques acerbes. Il acheta les billets et lui offrit son bras qu'elle saisit pour rejoindre leur salle.
Elle était toute petite et ne comportait pas plus d'une cinquantaine de fauteuils, moelleux, d'un rouge sombre. Les murs étaient comme molletonnés de tentures rouges et noires, veloutées au toucher.
S'installant dans une allée plutôt centrale, Pansy ne put s'empêcher de ronchonner contre l'exiguïté des lieux. Ses genoux, comme ceux de Harry, touchaient le dossier de la rangée de sièges les précédant et il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre qu'un inconnu s'installerait inévitablement à ses côtés d'ici peu de temps, d'autres spectateurs entrant au compte-goutte.
Harry lui fit un sourire compatissant et elle haussa finalement les épaules en souriant également. Elle ne dit rien pendant un long moment, regardant les nouveaux venus choisir une place puis une autre, s'installer dignement ou s'affaler sur les fauteuils, s'excuser en enjambant les personnes assises pour rejoindre un siège isolé, perdu au milieu d'une rangée de personnes serrées en rang d'oignon.
Harry la regardait, elle, avec un sourire en coin. Elle était déjà au spectacle avant même que le film ne commence. Ses lèvres s'incurvèrent davantage lorsqu'un homme d'une cinquantaine d'années s'installa sur la place à droite de la brune.
A cause de lui, Pansy s'était rapprochée instinctivement du brun. Elle n'avait peut-être rien contre les moldus mais, cette femme était un peu comme un animal sauvage. Elle n'aimait pas les inconnus. Encore moins quand ceux-ci la collaient quand ils n'y étaient pas obligés et, force était de reconnaître que la salle ce soir-là comportait assez de sièges vides pour que personne n'ait besoin d'envahir son espace vital.
Elle regarda l'étranger en haussant encore les épaules après quelques secondes et se résigna. Le flot de spectateurs s'arrêta et, rapidement, elle s'impatienta. A peine soulignait-elle à Harry qu'elle commençait à trouver le temps long que la salle plongeait dans le noir.
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Immédiatement, elle se redressa, surprise et observa la réaction des gens autour d'elle, comme s'ils pouvaient lui donner un indice de ce qui allait suivre. Ils n'avaient pas bougé d'un centimètre et à peine avaient-ils baissé le ton de leurs chuchotements.
Les imitant, elle s'enfonça dans son fauteuil, la tête contre le dossier et attendit, patiente. Rapidement, des images défilèrent et quelques courtes minutes après qu'elle ait commencé à les suivre d'un regard avide, elle se tourna vers Harry, contrariée.
- « Je ne comprends rien à l'histoire, ça n'a ni queue ni tête ! ».
Il se retint de rire et lui indiqua qu'elle regardait un mélange de bandes annonces et de publicités. Elle essayait de comprendre le rapport entre les courts-métrages, les slogans et les produits qui défilaient sous leurs yeux mais il ne pouvait pas plus lui en expliquer le sens cohérent.
En chuchotant, ils s'accordèrent rapidement sur le ridicule de faire danser un couple sur un pont pour vanter les mérites d'un parfum, autant que sur l'aberration de mettre en scène un policier moulé dans un pantalon trop étroit pour vendre une voiture.
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Un soupir généralisé atteignit finalement les spectateurs et Pansy se redressa à nouveau. Harry se pencha sur elle pour lui souffler, volontairement dans le cou, que le film commençait. Il crut la voir frémir mais, ce pouvait tout aussi bien être l'œuvre de son imagination.
Il décrocha rapidement, ensuite. La cause en revenait bel et bien à la brune qui, pas même dix minutes après le début du film, plaça son bras sur l'accoudoir les séparant, le frôlant au passage.
Au mépris de toute bienséance et sans y réfléchir vraiment, il refusa la galanterie de lui laisser la place et préféra se concentrer sur la nouvelle proximité de leurs corps, ne fut-elle que partielle. Doucement, précautionneusement même, il rapprocha sa main de la sienne.
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Son cœur s'affola bêtement quand son petit doigt toucha le sien. Il eut l'impression que sa main tremblait, trop fébrile alors que Pansy semblait rester indifférente à ce geste, absorbée par l'écran et ce qui s'y déroulait. Il s'exhorta au calme et reposa ses yeux sur les images projetées à nouveau.
Elle émit un petit bruit de surprise face au conflit ouvert se déroulant entre deux protagonistes du film, et il oublia encore de suivre l'histoire. Il essaya de la regarder sans tourner ouvertement son visage vers elle mais, la précaution était inutile. Elle était bien incapable de décrocher les yeux de l'écran, les gardant grands ouverts.
Avec une certaine lenteur, il bougea encore ses doigts, en amenant trois à chevaucher les siens. A nouveau, elle ne broncha pas. Et comme précédemment, il n'alla pas plus loin. Il craignait d'avoir les mains moites et réagissait comme un gamin effrayé.
Il s'obligea à revenir à l'écran et constata qu'une bataille à l'épée faisait rage entre les acteurs en costume. Harry ne comprenait pas comment ils en étaient arrivés là et ne se souvenait même plus du visage du héros. Ce pouvait tout aussi bien être celui qui était à cheval que l'autre en train de se cacher derrière une meule de foin
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Il essayait de s'en souvenir, perplexe, quand un des types à l'écran se fit embrocher sans préavis. Pansy sursauta violemment et lui saisit la main si vite qu'Harry eut besoin de quelques secondes pour s'en apercevoir.
Il n'osa plus bouger d'un millimètre et crut comprendre qu'elle aussi venait de s'apercevoir de ce qu'elle avait fait quand il la sentit desserrer sa prise bizarrement. Il y avait une certaine lenteur, comme si elle espérait qu'il ne se rende compte de rien.
Il ne réfléchit pas longtemps avant de l'empêcher de bouger. Il enlaça ses doigts aux siens rapidement, l'emprisonnant et attendit, espérant qu'elle se détende, en priant en silence.
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Le résultat fut bien au-delà de ses espérances, finalement. Pansy se mit, presque imperceptiblement, à lui caresser le flanc de la main en déplaçant doucement son pouce sur sa peau.
Agréablement surpris, il se détendit lui-même immédiatement, reportant, pour la énième fois, ses yeux sur l'écran, sans même s'apercevoir qu'il arborait un sourire bien trop grand en regardant l'enterrement d'un ami du héros.
Il ne se posa plus de questions et laissa à son tour son doigt glisser sur l'épiderme de la brune, observant les images défiler sans y prendre garde, seulement concentré sur la douceur de sa peau et les petits frissons qu'il ressentait à son toucher.
La séance s'acheva avec une rapidité fulgurante et ils restèrent assis, leurs doigts entrecroisés, jusqu'à la fin du générique. Lorsque les lumières se rallumèrent, ils se regardèrent avec des sourires idiots.
Trop rapidement au goût de Harry, cependant, Pansy récupéra sa main sans un mot et enfila son manteau. Il l'imita et elle lui emboîta le pas vers la sortie.
Une fois sur le trottoir, la brune le remercia chaudement et Harry constatant que leurs mains étaient si proches l'une de l'autre, eut envie d'en retrouver la douceur. Il glissa sa paume contre la sienne spontanément.
Sans un mot ni un regard, elle enlaça leurs doigts et ils reprirent leur marche, main dans la main, sans se soucier une seule seconde de leur destination. Ils se promenèrent en frissonnant, sans vraiment craindre le froid pourtant et discutèrent longtemps.
Lorsqu'ils eurent envie de se réchauffer autour d'un chocolat chaud, ils s'aperçurent que tous les cafés fermaient leurs portes aux noctambules et qu'il était probablement l'heure de mettre un terme à cette soirée.
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Harry raccompagna Pansy chez elle et, restant sur le pas de sa porte, la remercia à son tour pour cette soirée, gratitude qu'elle lui rendit et ils s'embourbèrent un moment dans des formules de reconnaissances inutiles.
A court de nouvelles expressions originales de remerciements, ils s'observèrent finalement longuement, guettant leurs réactions.
Le brun n'attendait pas d'invitation à entrer. Il savait qu'il n'y en aurait pas. Pansy n'était pas de cette trempe. Ce qui le satisfaisait amplement. Il n'avait pas passé tout ce temps à la séduire pour que la conclusion en soit aussi rapide.
Il fit un pas en avant et elle ne recula pas. Elle leva le menton, posant son regard sombre et déterminé sur lui. Il dévia le regard, de peur de se perdre dans ses yeux et posa les siens sur sa bouche. Si rouge.
Son souffle s'accéléra sans qu'il ne le veuille et, n'ayant pu le manquer, Pansy entrouvrit les lèvres comme si elle avait, elle aussi, besoin de mieux respirer. Il approcha son visage et ferma les yeux en sentant le souffle rapide de la brune sur son menton.
Merlin que le temps avait paru long pour en arriver là, à cet instant précis. Harry avait souvent cru que ce moment ne se présenterait jamais plus. Pourtant, il y était. Enfin.
Après tant de mois, de questions, de doutes, il n'avait pas baissé les bras. A aucun instant. Il était déterminé. Ce n'était pas faute d'avoir pensé abandonner pourtant, mais il était un cas désespéré. Vraiment. Il s'était acharné comme un fauve et il allait enfin en être récompensé.
Plus que quelques secondes. Ce serait comme une délivrance, il en était persuadé. Il lui laissait l'initiative. Il ne voulait pas la brusquer. C'était elle qui décidait, désormais. Lui ne faisait que se plier à ses désirs.
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Il eut l'impression qu'un demi-siècle s'était écoulé avant qu'elle ne pose ses lèvres sur les siennes. Si douces, si chaudes. Même ses lèvres étaient plus féminines que toutes celles qu'il avait déjà connues.
Hésitant à approfondir ce baiser, il préféra poser sa main sur la nuque de la brune, jouant avec la racine de ses cheveux. Elle rapprocha leurs corps et il ne put s'empêcher de laisser un son étouffé franchir la barrière de sa gorge quand il sentit sa poitrine contre son torse.
Il laissa, spontanément, sa langue caresser la lèvre inférieure de Pansy qui, obligeamment, lui offrit un accès à sa bouche. Une danse parfaite. Ils s'emboîtaient admirablement, leurs bouches se mouvaient ensemble, dans un ballet impeccable.
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A contrecœur, il se détacha d'elle, sans lâcher sa nuque. Il posa son front contre celui de la brune et tenta de retrouver son souffle. Les yeux fermés, elle en faisait de même et il ne put s'empêcher de sourire à la vue de ses pommettes désormais rosées.
Quand elle consentit à le regarder, il lui fit un sourire resplendissant et se mordit la lèvre. Elle rit doucement de son expression mais ne prononça toujours pas un mot. Il décolla leurs fronts, respira un grand coup, reprenant contenance et se pencha vers elle à nouveau.
Il lui vola un baiser, doux, bref, sans fioriture aucune. « Bonne nuit. » Aussitôt, il transplana. Il n'avait pas le choix. Il ne fallait pas la brusquer. Pour une fois, il saurait prendre son temps. Elle était le chef d'orchestre et c'était à lui de se mettre au diapason.
Il savait que c'était la bonne chose à faire. Il n'avait pas lutté en vain. Il lui prouvait qu'il était sérieux. Qu'il pouvait se montrer plus mature.
Il l'avait séduite. Et le jeu en valait la chandelle. Il était persuadé qu'il pourrait passer des heures simplement à l'embrasser, tant ses lèvres étaient faites pour jouer avec les siennes.
Verdict ?! Cette petite histoire Pansy/Harry, vous la sentez comment ? A quoi aura-t-on droit la prochaine fois, à votre avis ?
