[MàJ Août 2021]

Note de l'auteur : Bonjour à tou•te•s ! Après la petite respiration que nous ont offert Harry et Pansy, passons à la suite et retrouvons Théo et ses plans machiavéliques...

Comme toujours, je vous remercie de me suivre et vous invite à nouveau à ne pas hésiter à laisser vos avis, vos critiques, quelques mots sur cette fic...

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Bonne lecture et à très vite !


Chapitre 47 – Théodore

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« Un attentat au poison déjoué ! »

La famille Hopkins continuait à faire la Une des journaux moldus depuis la nouvelle année. Cette tribu sorcière, installée en plein Londres, s'était fait surprendre en pleine séance d'expérimentation de potions le 7 janvier dernier.

Ils n'avaient pris aucune protection de camouflage depuis qu'ils avaient aménagé à Wood Green les mois précédents, au milieu des moldus. Leurs voisins, de plus en plus agacés par ce qu'ils considéraient comme un comportement suspect, les avaient dénoncés à Scotland Yard à la première incartade.

Les forces de police moldue, avec l'aide du MI5 avaient donc arrêté toute la famille au petit matin au septième jour de la nouvelle année. Pris de court par l'intervention musclée des enquêteurs moldus, à l'aube, les sorciers n'avaient eu le temps de réagir et de se défendre.

L'appartement des Hopkins avait été perquisitionné et ils se trouvaient désormais en prison, sous haute surveillance, soupçonnés de préparer un attentat. Ils n'avaient pas même eu le temps de transplaner qu'une équipe d'Auror était venue leur poser des bracelets anti-magie pour qu'ils ne s'échappent pas.

Le gouvernement de Shacklebot avait, lui aussi, été pris au dépourvu. Ne sachant pas réellement comment réagir face à cette situation inédite, ils avaient décidé de laisser les Hopkins en détention, sans négociation possible, ne serait-ce qu'en attendant que l'affaire se tasse côté moldu.

Si, dans le même temps, cela permettait aux sorciers inconscients qui paradaient sans discernement dans les rues londoniennes de se décider à prendre des précautions, c'était aussi bien.

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En effet, depuis plusieurs mois, la tension s'intensifiait entre les deux gouvernements qui se sentaient complètement dépassés par les évènements.

Le gouvernement du Premier Ministre moldu était constamment fébrile. Les médias instillaient un climat de peur sur le pays qui s'ancrait désormais sans discontinuité. Avec l'arrestation des Hopkins, ils avaient pu s'en donner à cœur joie, élucubrant sur « le spectre d'une attaque terroriste ».

Les journaux étalaient les projets d'attentat de ces six individus, oubliant que parmi eux se trouvaient les deux enfants en bas-âge du couple et racontant que les forces spéciales avaient « démantelé un laboratoire clandestin » où avaient été retrouvées des « traces astronomiques de ricine, un poison hautement létal ».

Théo et Robb se frottaient littéralement les mains. Les moldus étaient déboussolés et effrayés par le danger terroriste qui semblait prendre forme sous leurs yeux. Leur Premier Ministre alternait les appels au calme et les mises en garde tout en déployant un arsenal de nouvelles mesures pour contrer la menace.

Une Section Antiterroriste s'occupait d'analyser les échantillons – qui n'étaient en aucun cas constitués de ricine – récoltés chez les Hopkins et l'équipe rapprochée de Portarol se gaussait à l'idée que, mal manipulés, les ingrédients soient fatals aux experts du royaume, à plus ou moins long terme.

D'ici-là, le maître mot était « Vigilance constante ! » à Londres. Dans cette optique, le gouvernement moldu avait accéléré la mise en œuvre de certaines mesures préventives.

Il était prévu, notamment, d'ici une quinzaine, d'instaurer un « péage urbain » à Londres. La municipalité de la ville s'apprêtait tout bonnement à faire payer le droit de passage en machines à roues vers le centre de la ville !

Le nombre de caméras publiques triplait d'heures en heures et des agents tentaient d'analyser, en vain, les images étranges qu'ils réussissaient à capter. Les inspecteurs de Scotland Yard restaient cois, la plupart du temps, n'ayant pas la moindre idée de ce qu'il se passait.

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Tout se déroulait au-delà des espérances de Théo ! Vraiment, leur plan de destruction des certitudes moldues marchait à merveille. Et voir ces sous-êtres s'agiter comme des fourmis était une source de plaisir incommensurable.

Quelle ne serait pas la surprise de leurs Services Secrets à la noix quand, à la fin de la semaine, les six cellules qui retenaient les Hopkins prisonniers seraient vidées et que les agents moldus auraient tout oublié de leur participation à l'évasion des sorciers !

Les journaux pourraient en faire leurs choux gras et la population n'en serait que davantage déstabilisée. C'était, tout simplement, une vraie partie de plaisir ! Et que dire de son propre gouvernement !

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Shaklebot et ses confrères étaient déjà tellement perdus que le climat météorologique s'en faisait ressentir. Cette année 2003 démarrait sur les chapeaux de roues et Londres battait des records de température. A ce rythme, une canicule menaçait le pays pour le mois de mai à venir.

Cependant, il n'était pas encore temps de se tourner les pouces. Les prémisses d'une révolution étaient en marche, c'était un fait mais il ne fallait pas se reposer sur ses lauriers au risque que tout ne retombe comme un soufflet.

Il était important, surtout, de mieux jouer sur tous les fronts, avec davantage d'équilibre. Ces foutues élections partielles leur avaient vraiment fait retenir la leçon ! Tout avait commencé à cause de Parker. Un sang impur, évidemment.

Ce vieux coucou n'avait rien trouvé de mieux que de claquer en pleine réunion du Magenmagot, deux mois auparavant. Il avait eu un anévrisme. Il n'y avait bien que les Cracmols et les Sang-de-Bourbe pour crever stupidement d'une maladie moldue. Théo n'avait aucun doute là-dessus, c'était à cause de leur sang vicié.

Forcément, en de telles circonstances, un remaniement avait été nécessaire et les Hauts-Fonctionnaires du Ministère avaient eu à réélire l'ensemble de la deuxième Chambre du Magenmagot.

Seulement, cette élection avait eu lieu au plus mauvais moment. Forcément, le Front de Libération des Sorciers concentrait toutes ses forces sur les actions de terrain et Portarol abreuvait le public de beaux discours.

Ils avaient trop relâché la pression au sein du gouvernement même, à force d'édulcorer leurs arguments. Évidemment, ils ne pouvaient pas se permettre d'être ouvertement associés au souvenir de Son Excellence mais, en ne frappant pas assez du poing sur la table, ils avaient plus de difficulté à se faire une réelle place au Ministère.

Ils avaient payé le prix de leur laxisme de la plus dure des manières. Ordre et Justice avait obtenu trois sièges alors que la formation politique de Portarol n'en avait eu aucun. Avoir de simples partisans ne suffisait plus.

S'ils voulaient accéder au pouvoir un jour, ils devaient s'activer. Évidemment, Portarol avait des alliés dans les hautes sphères ministérielles. Certains fonctionnaires appuyaient les équipes de terrain mais ce n'était jamais que furtif. Rien n'était ouvertement affiché, rien ne permettait de dévier de la ligne officielle.

C'était d'autant plus rageant que les trois guignols de Ordre et Justice avaient eu assez de poids, une fois au Magenmagot, pour faire capoter toutes les demandes de libérations conditionnelles formulées ces six derniers mois.

Quand Millie s'était vue refuser la sienne à son tour, Théo avait vu rouge et depuis, il le gardait en travers de la gorge. Peut-être que Millicent n'était ni très jolie, ni très intelligente, mais elle était une complice fidèle. Et elle était assez rusée dans son genre.

Ils s'étaient soutenus tout au long de leur détention et la savoir encore enfermée à Azkaban pour une durée indéterminée avait mis Théo dans une rage noire. Fou de colère, il s'en était pris à la première personne qui lui avait manqué de respect.

Il ne savait même pas qui, moldu ou sorcier. Il lui avait juste jeté un impardonnable et s'était senti soulagé de l'entendre hurler de terreur ou de douleur. Sûrement les deux à la fois. Ce geste l'avait apaisé mais, il n'avait pas pris son pied pour autant.

Il ne s'était jamais amusé à faire mal à autrui. Il s'était simplement calmé les nerfs. C'était plus efficace que de hurler dans le vide. Après, il avait eu un black-out.

Il ne savait pas trop ce qu'il avait fait, probablement erré dans les rues puis il avait eu envie de redevenir un enfant. D'être serré dans les bras de sa mère. Il ne savait même pas quel effet ça faisait. Sa mère était morte si vite.

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Il s'était trouvé stupide quand il s'était aperçu avoir transplané devant le pavillon de Lady Malefoy mais au lieu de faire demi-tour, il avait cogné trois coups à la porte. Il ne savait même pas l'heure qu'il pouvait être. Il faisait nuit et des embruns lui fouettaient le visage, malgré l'altitude de la falaise.

Flowy, la petite Elfe de Narcissa que Théo avait tant eu de mal à lui dénicher en toute illégalité, lui avait ouvert la porte et l'avait invité à entrer. La Maîtresse de Maison avait déboulé dans la pièce principale, théâtralement, quelques minutes plus tard, sa longue chevelure blonde calée sur une épaule, trop simplement vêtue d'un peignoir en soie et de ballerines rose pâle, d'une couleur un peu désuète.

Elle s'était approchée calmement et, une fois à son niveau, avait passé un de ses bras autour des épaules du jeune homme, soufflant d'une voix trop calme pour être réellement concernée

- « Théo ! Pour passer à cette heure, l'affaire doit être grave ! Assieds-toi, Flowy va nous apporter de quoi te réchauffer. »

Il n'espérait pas un thé et ne fut pas déçu. L'Elfe leur avait servi un Bourbiceberg sec qu'il avait englouti d'un coup alors que Narcissa sirotait doucement son verre. Frappé par l'incongruité de la situation, cette femme du monde à peine vêtue tirée du lit, au mépris des conventions, par son arrivée inopportune, il avait esquissé le geste de se lever en s'excusant précipitamment.

- « Non, Théo ! N'aie crainte, tu peux tout me dire » l'avait-elle arrêté, glissant une main sur ses genoux.

Il avait tenté d'ignorer la chaleur qu'il ressentait et s'était concentré sur les yeux gris de la femme qui lui faisait face, ses longs cils recourbés et la fine ligne noire qui les soulignaient.

- « J'ai tué quelqu'un, cette nuit.

- Il t'avait fait du mal ?

- Non. Je ne sais même pas qui. Il était là, j'étais en colère et je l'ai juste tué.

- Ce n'est pas la première fois, Théo. » avait-elle souligné avec flegme.

- « Non. »

Il avait eu un sourire désabusé en confirmant. Aucun d'eux n'était dupe. Il avait participé trop activement auprès de Son Excellence pour avoir gardé les mains blanches. Narcissa avait alors penché la tête de côté et un sourire doux était apparu sur ses fines lèvres.

- « Ce n'est pas grave, Théo. Tu es un homme, maintenant » avait-elle dit d'un ton rassurant, sa main reprenant place sur le genou du brun. « Ce sont des choses qui arrivent. Tu t'en remettras. Je sais que tu es assez fort pour dépasser ça. »

Il avait haussé les épaules avec nonchalance. Il le savait. Il n'avait pas vraiment besoin de ces mots. Il voulait juste être pris dans les bras de sa mère et avait cru qu'elle pourrait endosser ce rôle, juste un soir. Parce qu'elle était mère et qu'il s'était souvent dit qu'il aurait aimé qu'elle soit un peu la sienne.

Seulement, ce soir-là, il voyait surtout la femme derrière la mère. Il n'était plus aussi évident qu'elle portait le poids des trente ans d'écarts qu'ils accusaient. Elle était une femme qui gardait sa main gracile appuyée sur son genou, presque comme une caresse.

Elle était une femme, en peignoir de soie, qui, à chacune de ses respirations, dévoilait la naissance de sa gorge. Et, probablement nue sous son peignoir, sa poitrine semblait ferme et laiteuse. Tout comme ses cuisses qu'il entrapercevait quand elle décroisait les jambes.

Elle était mère, elle était femme, et il la désirait, pour la toute première fois, en cet instant. Il n'avait pu s'empêcher de glisser sa main sur celle de Narcissa qui lui avait souri en retour. Il avait eu envie de penser qu'elle lui souriait avec candeur mais, ç'aurait été mal connaître cette femme. Il le savait.

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- « Ma porte t'est toujours ouverte, Théodore. Dès que tu en as besoin, n'hésite pas. Tu es comme un fils. Peut-être même plus encore, quand on voit ce que fait le mien »

Une boule s'était formée dans la gorge de Théo. L'entendre lui chuchoter ses mots était plus qu'il ne pouvait en supporter. Il n'avait pas le droit de songer à elle de la sorte. Ce n'était pas bien. Elle était la mère de Draco, l'épouse de Lucius.

Il ne pouvait pas se permettre de se laisser aller à sa folie. Cette femme, non, cette mère, comptait trop pour lui. Il s'était juré de tout faire pour qu'elle soit heureuse, il s'était juré de la respecter, il s'était juré de la traiter comme il l'aurait fait avec sa propre mère.

C'était mal. Ses pensées étaient néfastes. Il se faisait des idées. Elle ne pouvait avoir aucune arrière-pensée, elle. Elle n'était pas de cette espèce-là.

Théo avait relâché la main de Narcissa, ressentant comme une brûlure intense et il s'était évertué à réajuster son pull avec discrétion. Il s'était levé et, à son grand désarroi, avait adopté une position stupide dans l'espoir qu'elle ignore son émoi.

Si elle n'avait probablement pas pu manquer l'inconvenante bosse naissant dans son pantalon, elle n'en avait rien montré et avait continué à le couver du regard affectueusement. Trop, selon lui. Ces regards, quoiqu'ils aient pu signifier, étaient trop intenses pour lui.

Il l'avait remercié à mi-voix et s'était détourné, prêt à quitter les lieux mais elle ne voulait pas le laisser se défiler aussi vite. Elle avait renvoyé Flowy qui accourait pour escorter le jeune homme jusqu'à la sortie et avait passé son bras sous celui de Théo.

Elle l'avait raccompagné jusqu'à l'entrée, dans cette trop grande proximité à laquelle il n'était pas habitué venant d'une femme telle qu'elle et, sur le pas de la porte, avait fait glisser sa main puis son bras autour des épaules du brun qui en avait inconsciemment frissonné.

- « Bonne nuit, Théo. Et je suis sérieuse, si tu as besoin de quoi que ce soit... »

Elle avait laissé sa phrase en suspens et, voyant son air décontenancé, n'avait pu s'empêcher de rire doucement. Narcissa lui avait paru tellement... humaine. Il s'en était senti complètement chamboulé et elle avait tout empiré la seconde suivante.

Elle s'était penchée vers lui et l'avait embrassé, juste au coin des lèvres. Il en était resté tout étourdi avant de prendre congé et avait ensuite passé des heures à se convaincre s'être fait des idées. Ce ne pouvait qu'être un accident isolé, sans signification.

Il voulait se persuader que cela ne voulait rien dire mais elle avait beau être d'une famille du Sud, elle n'ignorait pas qu'embrasser une personne de l'autre sexe, ne serait-ce que sur la joue, était un geste particulièrement intime et réservé à un cercle restreint de personnes. Aucune femme ne faisait cela par hasard. Aucune.

Il ne savait pas ce que cela signifiait, ni même si cela signifiait quoi que ce soit mais, pour quelques jours, il s'était dit que la prochaine femme qu'il prendrait pourrait bien être une blonde, pour une fois. Enfin, jusqu'à ce qu'il croise à nouveau Pansy.


Verdict ?! Ce n'était pas trop confus ? J'ai tenté d'ancrer l'histoire politique réelle à la fiction, je ne sais pas si c'était judicieux mais, ça m'amusait...