[MàJ Août 2021]
Note de l'auteur : Bonjour à tou•te•s ! Oh, oh... Premier retard de publication depuis que je suis inscrite sur ce site... C'est une date à marquer d'une pierre blanche !...
Je suis réellement désolée mais, comme vous vous en doutez, j'ai de bonnes excuses... Je vous épargne le laïus concernant ma vie personnelle mais, voilà, je suis navrée de ne pas avoir pu prendre le temps de publier jeudi dernier... Soyez simplement certains que je n'avais pas d'autres possibilités... Je n'ai même pas répondu à Charlie 3216, malgré sa fidélité sans faille et bien qu'elle ait été la seule à reviewer... J'en suis encore plus désolée et promis, je me rattraperais !
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Tiens, justement, Charlie me disait que tout le background politique du chapitre de Théo était un peu confus. Est-ce un sentiment généralisé ? N'hésitez pas à m'en dire plus !
Sur ce, je me tais, passons à la suite... et quelle suite ! J'espère que vous m'en direz des nouvelles !
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Bonne lecture et à très vite !
Chapitre 48 – Astoria
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- « Miss Greengrass, vous me décevez, je dois le reconnaître ! »
Astoria ferma les yeux un instant, s'exhortant au calme. Lorsqu'elle rouvrit les paupières, un léger sourire effleurait ses lèvres. Elle ne voulait pas faillir, surtout pas face à cette femme.
Elle saisit lentement sa tasse de thé qui tinta doucement contre la soucoupe de porcelaine et la porta à ses lèvres. Sans se départir de son sourire, elle la reposa à nouveau avec grâce sur la petite table du jardin d'hiver du Manoir de ses parents et soutint le regard froid de Narcissa Malefoy.
Elle posa ses mains délicates sur ses genoux croisés.
- « Nous avions, en effet, passé un accord, Lady Malefoy. Vous m'aviez assuré une situation et, pourtant, je ne vois toujours pas l'ombre d'un Gallion ».
Son sourire s'agrandit devant sa propre audace tandis que la femme qui lui faisait face haussait un sourcil en relevant le menton.
- « Ma chère, » lança l'aînée d'un ton affligé après un court silence. « Nous avions effectivement un marché. J'avais des attentes à votre encontre. Des attentes non satisfaites à ce jour. ».
Astoria eut une moue amusée. Elle débutait dans ces jeux de pouvoir mais ne désespérait pas de faire plier sa partenaire. Lady Malefoy n'était pas en position de force. Socialement détruite, elle n'était qu'un spectre de ce qu'elle avait été autrefois. Elle allait faire des erreurs, à un moment ou à un autre.
L'atmosphère, à couper au couteau, se déchira lorsque deux chardonnerets piaillèrent, leurs ailes s'agitant follement en faisant vibrer les barreaux d'or de leur cage. D'une voix maîtrisée, la jeune femme reprit.
- « Nous sommes des femmes d'honneur. Je ne doute pas que nous arriverons rapidement à trouver un consensus.
- Sûrement » confirma calmement Narcissa. « Cependant, Astoria, vous n'aviez qu'une chose à faire. Une seule et unique chose. Mettre Granger hors d'état de nuire. Je ne peux que constater que vous n'avez pas été à la hauteur. Vous n'avez pas rempli votre part du marché. »
Astoria soupira théâtralement.
- « Votre fils reste fier, Lady Malefoy. J'ai, un temps, espéré qu'il passe outre l'humiliation qu'il a ressentie lors de notre séparation mais il n'a eu de cesse de me rappeler que la fin de notre relation était de mon fait. »
Elle s'astreignit à une nouvelle pause équivoque.
- « D'ailleurs... Vous ne pouvez nier, vous-même, qu'il semble étrangement... attaché à elle. »
Elle se retint de rire à la vue des fines rides se plissant au coin des yeux de Narcissa alors que celle-ci pinçait sa bouche de dégoût. Astoria se sentait puissante. Réellement puissante.
Elle avait le pouvoir sur cette femme. Cette femme qui avait été Maîtresse du jeu trop longtemps. Elle la tenait dans le creux de sa main, avec cette impression grisante d'être à même, à tout moment, de l'écraser tel un insecte sans intérêt.
Elle rompit à nouveau le silence.
- « Auriez-vous préféré que je lance un Imperium sur votre fils pour le récupérer ?
- Vous aviez carte blanche. » répondit posément Narcissa.
- « Vous savez aussi bien que moi les effets délétères que provoquerait l'usage d'un tel sort. Tout comme vous savez que c'eût été une solution de courte vue.
- Je ne m'intéresse pas au moyen, Astoria. Seuls les résultats comptent.
- J'entends votre déception mais,
- Comprenez bien, Astoria. Je ne vous demandais pas de sentiments. Ni à l'un, ni à l'autre. Simplement d'écarter cette... femme. »
Astoria était impressionnée. Elle avait beau avoir touché le fond, Narcissa Malefoy restait grandiose, dans son genre. Son ton était calme, maîtrisé, son regard droit.
Seuls de micros mouvements aux coins de ses lèvres la trahissaient. La brune n'avait aucun doute que quiconque à sa place n'en aurait rien perçu, d'ailleurs. Elle, elle étudiait la mère de Draco depuis leur première rencontre, alors qu'elle n'était qu'une enfant.
D'aussi loin qu'elle se souvenait, elle avait toujours observé ses moindres faits et gestes, la prenant comme mentor, à son insu. Elle était sa source d'inspiration. Son modèle ultime. Avant.
Elle inspira longuement, peut-être fallait-il changer de stratégie.
- « Quels sont les enjeux, Lady Malefoy ?... Intégrez Granger à votre famille et vous vous assurerez une position de choix ! Peut-être même verrez-vous rapidement le retour de votre fortune ! Elle possède une bien jolie dot depuis qu'elle a bénéficié de l'Ordre de Merlin.
- Vous savez très bien quelles sont nos raisons. Nous ne pouvons nous fourvoyer avec une telle racaille. »
Astoria eut un léger rire, teinté d'ironie.
- « Toujours le sang.
- Évidemment. » Pesta Narcissa. « Et même sans cela, l'argent ne m'intéresse pas. Elle n'est simplement pas de notre monde. Épouseriez-vous, vous, un homme qui ne serait pas de votre rang ? »
Elle eut un nouveau frisson de plaisir en sentant le calme olympien de Lady Malefoy se craqueler encore une fois. Elle répondit d'un ton aussi sincère que sérieux.
- Non, naturellement. Cependant... »
Elle ne put empêcher un nouveau ricanement de franchir ses lèvres. Elle minauda un instant dans une imitation parfaite d'excuse hypocrite et silencieuse et, fixant son aînée dans les yeux, continua.
- « … Cependant, j'étais prête à revoir mes prétentions à la baisse pour votre fils, Lady Malefoy. »
Oh, oui, elle jubilait de voir le masque de cette Malefoy se décomposer, ne serait-ce qu'une fraction de seconde. Elle était tellement fière d'arriver à la toucher là où le bât blessait. Sous-entendre que Narcissa ne valait pas mieux que le clampin du coin était tout simplement jouissif.
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La blonde, elle, ne digérait clairement pas d'être rabaissée à ce niveau. Il était pourtant indéniable que depuis la guerre, elle avait bel et bien rejoint la classe moyenne sorcière, à son plus grand désespoir.
Les Malefoy avaient réellement perdu de leur superbe. Elle allait quotidiennement au turbin, son mari était en prison et son fils... mieux valait ignorer son cas tant il semblait prendre plaisir à se rouler dans la fange.
- « Notre accord arrive bientôt à échéance, Astoria » déclara Narcissa Malefoy d'une voix impérieuse. « Le contrat dont nous avions parlé ne tient plus si vous ne remplissez pas votre part du marché. »
La brune pinça ses lèvres entre elles, toujours sans se départir de son sourire. Elle pouvait s'accorder cette faiblesse, tant qu'elle n'en faisait pas une habitude. Ce contrat, elle le désirait plus que tout. Il était hors de question de baisser les bras maintenant. Faire plier Narcissa, oui, abandonner, non.
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Depuis sa plus tendre enfance, Astoria s'était toujours vue mariée à Draco. Elle l'avait voulu, elle l'avait rêvé, elle l'avait touché du bout des doigts. Il en avait été ainsi dès qu'elle l'avait rencontré. Il était trop adorable, du haut de ses dix ans, avec ses cheveux trop blonds et son regard si sérieux.
Lorsqu'elle avait reçu sa lettre pour Poudlard, elle n'avait eu aucun doute sur la Maison qui l'accueillerait après la répartition. Quand le Choixpeau avait crié « Serpentard », elle s'était précipitée sur le jeune garçon en riant.
Il avait eu un vague sourire. Le même qu'on adresse à une gamine trop enjouée. Et il n'avait pu faire autrement que de la considérer comme une enfant. Il avait treize ans. Dans leur monde, il était presque un adulte déjà alors qu'elle était toujours une petite fille trop gâtée.
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Elle avait définitivement décidé de l'épouser, lui et nul autre, quand du haut de ces huit ans, elle avait compris qu'il était un prince, un Grand Seigneur.
Sa famille avait été invitée, pour la première fois, à la Garden-Party estivale des Malefoy et Draco était resté introuvable tout l'après-midi. Il devait être dix-sept heures quand, dans un bruit tonitruant, il avait traversé la foule de convives sur son balai avec son acolyte, Blaise Zabini.
A son deuxième passage, le blond avait attrapé Astoria par la main et l'avait embarquée à bord. Sous les cris scandalisés de l'assistance, il l'avait enlevée et elle s'était sentie l'âme d'une princesse secourue par un chevalier.
Ce balai avait été, l'espace de quelques minutes, le beau destrier blanc faisant rêver les petites filles moldues. Il l'avait fait voler pour la première fois de sa vie et leurs parents respectifs en avaient quasiment fait une syncope.
Draco avait chèrement payé cet affront à la bienséance et, après cet épisode, les rencontres des filles Greengrass et du fils Malefoy avaient constamment été chaperonnées en dehors de Poudlard, jusqu'à ce que Astoria ait quinze ans révolus et qu'elle soit à son tour introduite au Rallye des Débutantes.
A son plus grand malheur, Draco n'avait plus jamais eu le moindre geste romantique ou romanesque à son égard. Elle ne lui en avait pas tenu rigueur. Au contraire.
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Elle n'avait eu de cesse, au fil des années, de harceler sa sœur et d'abreuver ses parents de discours dithyrambiques à l'égard de son futur époux. Daphné s'était toujours montrée gentiment moqueuse, l'obligeant avec tact à redescendre sur terre, tandis que ses parents tentaient de, tout aussi doucement, la décourager. Ils n'avaient jamais voulu croire à leur union.
A l'époque, Lucius soutenait que l'association des Greengrass et des Malefoy ne présentait que peu d'intérêt et, pire encore, qu'Astoria n'était simplement pas digne d'un nom tel que celui de Draco. Ce temps paraissait si loin.
En grandissant, elle avait appris à calmer ses ardeurs. Acquérant une certaine maturité, elle avait forgé sa carapace, masquant ses sentiments derrière des sourires de façades, voilant son désir et étouffant sa flamme.
Pourtant, elle n'avait jamais cessé de fantasmer leur liaison, rêvant de son prestige, espérant prendre un jour la place de Lady Malefoy.
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Forcément, ce soir du Solstice d'été, un an après la guerre, quand il avait enfin fait un pas vers elle, elle y avait à peine cru. Incapable d'oublier cet amour d'enfance à sens unique, elle s'était pourtant évertuée à ranger son image dans la même case que certains autres souvenirs doux-amers, que l'on sort de plus en plus rarement au fil du temps.
Cependant, à la seconde où Daphné lui avait confié avoir invité Draco à sa soirée, Astoria avait senti son cœur battre la chamade. Elle était sûre que le rouge lui était instantanément monté aux joues et avait préféré ignorer le petit rire puéril de sa grande sœur.
Elle avait passé des heures enfermée dans sa chambre, choisissant sa tenue avec attention, bien décidée à prouver à Draco qu'elle était devenue une femme, une vraie femme, et n'était plus une gamine.
Lorsqu'il avait franchi l'entrée du Manoir, elle avait senti sa tête lui tourner un peu. Elle avait eu l'impression d'avoir à nouveau treize ans et les hormones en ébullition. Elle avait vu l'Hydromel dans son verre tanguer légèrement et s'était rendue compte du tremblement de ses mains.
Elle s'était astreinte au calme, reprenant contenance, ses deux pieds parfaitement ancrés au sol malgré ses hauts talons. Elle lui avait adressé un sourire, interdisant à l'air béat qui voulait apparaître sur son visage de prendre cette place. Elle était restée digne.
Elle avait joué l'indifférence, au prix d'incommensurables efforts, paradant dans la Salle de Bal tout en l'évitant. Enfin, en donnant l'impression de l'éviter en ne recherchant pas ses faveurs mais ne pouvant s'empêcher de lui jeter quelques œillades. Et son petit manège avait payé.
Il était finalement venu lui parler plus tard dans la soirée et elle avait eu tout aussi envie de crier de joie que de bégayer. A la place, elle avait acquiescé en silence à tout ce qu'il disait, reprenant difficilement ses esprits.
Quand elle avait eu l'impression d'avoir repris le contrôle d'elle-même et de sa voix et qu'elle n'avait eu d'autre choix que de relancer la conversation, elle s'était imposé une totale maîtrise de soi, son sourire trop grand plaqué aux lèvres.
Elle avait minaudé, comme sa préceptrice le lui avait appris et avait tenté de le pousser à parler de lui, ses mains moites crispées à sa coupe en cristal. Il avait haussé les épaules, esquivant tout échange et avait préféré jouer avec les mèches encadrant son visage, tombées de son chignon.
Avec un certain talent, elle avait fait mine de repousser ses avances, riant doucement mais, elle n'avait rien fait pour l'arrêter quand il l'avait menée à l'écart. Les yeux brillants, il l'avait finalement embrassée et le cœur d'Astoria avait explosé, battant la chamade.
Elle avait immédiatement remisé ses bonnes manières au placard, lui répondant avec ardeur, incrédule. Elle avait repoussé cette possibilité depuis si longtemps qu'elle y avait à peine cru. Il l'avait remarquée et lui proposait plus qu'un baiser.
Elle avait alors tout tenté pour qu'il tombe amoureux. Elle s'était montrée tout à la fois digne, enjouée et enthousiaste. Toujours. Même lorsqu'il était sombre et taciturne. Astoria s'était sentie prête à tout pour rester avec lui. A tout. Nier désormais continuer à espérer le récupérer un jour aurait été malhonnête de sa part !
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Elle se racla doucement la gorge et demanda, dans un demi-sourire
- « Lady Malefoy... Pourquoi cette échéance ?
- Parce que je l'ai décidé ainsi ? » Répondit-elle, sous forme de question, avec une moue joyeusement hypocrite.
- « Je suppose donc que je vais devoir employer les grands moyens pour vous contenter...
- Vous supposez bien, Astoria. Un projet ? »
Un sourire machiavélique étira les traits de la brune.
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Elle n'avait été en couple que quelques semaines avec Draco. Moins de trois mois en fait. Et si Astoria ne l'avait jamais réellement trouvé spontané, elle l'avait pourtant vu presque insouciant, au début. Ils sortaient souvent, riaient et plaisantaient.
Ils faisaient l'amour et elle se sentait bien, dans ses bras. Pourtant, rapidement, il s'était enfermé sur lui-même et s'était montré morose. Souvent. Son fantasme de jeunesse n'était plus seulement un bel Adonis. Il était devenu un homme blessé. Impénétrable.
Et pourtant, elle le voulait toujours. Elle voulait retrouver ce sentiment de bien-être qu'ils n'avaient qu'entrevus ensemble. Elle n'arrivait pas à ôter de son esprit qu'il pouvait retrouver la légèreté dont il faisait preuve les premiers temps.
Et, même si ce n'était pas le cas, même lorsqu'il était sombre et renfermé, elle se sentait parfaitement à sa place à ses côtés. Très vite, elle s'était aperçue que les traits de Draco se durcissaient quand il pensait qu'elle ne le regardait pas.
Elle ne pouvait s'empêcher, à chaque fois, de ressentir une chaleur en elle. Il combattait ses démons et, pourtant, lui aussi lui adressait toujours des sourires quand elle l'interpellait. Même s'ils étaient souvent froids.
Il ne parlait pas mais, quel homme de leur condition se confiait réellement à sa femme. Aucun. Il était des secrets qui ne se partageaient pas et elle s'en était contentée. Elle avait laissé couler. Comme il lui avait été appris.
Elle l'avait accompagné avec dignité, lui apportant sa douceur et endossant aisément son rôle d'épouse idéale. Elle pensait lui offrir le soutien dont il avait besoin en déployant devant lui une superficialité bienvenue.
Elle avait cru qu'il appréciait ces moments où elle lui permettait de se décentrer de ses traumas. C'était ce que sa mère aurait fait. C'était ce que Lady Malfoy aurait fait. Elle n'en avait eu aucun doute.
Ce rôle de bonne épouse, elle le connaissait par cœur. C'était une représentation qu'elle rêvait de produire depuis toujours. Elle savait présenter cette image parfaite. Elle était née pour ça. Pourtant, il n'avait pas su apprécier ses efforts. Elle ne comprenait toujours pas pourquoi.
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En étant totalement honnête, Astoria reconnaissait qu'elle avait senti le vent tourner avant même que Granger ne recommence à graviter autour de Draco. Et elle se souvenait surtout parfaitement de ce jour où elle avait retrouvé le blond au Ministère [1] et qu'il était tombé sur la Sang-de-Bourbe.
Elle avait rarement vu un sourire aussi sincère sur le visage du jeune Malefoy et elle avait commencé à douter. Quelques jours supplémentaires lui avaient confirmé que son combat était inutile. Draco n'était pas aussi heureux, quand il la regardait elle.
Avec Astoria, il était poli et affable mais il était éteint. Avec Granger, ce jour-là, il était lumineux. Elle l'avait quitté avant qu'il ne la quitte. Elle avait pris les devants, pour sa sauvegarde. Elle ne voulait pas être abandonnée.
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- « Narcissa. Je peux vous appeler Narcissa ? » Astoria ignora le tic nerveux au coin des yeux de la blonde et enchaîna sans attendre de réponse. « Vous connaissez Terence Higgs ?
- Le fils de Bertie ? Naturellement. »
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Astoria s'était toujours promis d'être mariée avant ses vingt-cinq ans. C'était un principe inébranlable. Réellement inébranlable.
Ces dernières années, elle avait acquis la réputation d'être une femme inaccessible. Elle en jouait encore, tant qu'elle en avait le loisir mais, cela ne pouvait pas durer. Elle était belle, jeune et riche mais, un jour prochain, elle prenait le risque de tourner vieille fille.
Et cela arriverait plus vite que prévu, si elle ne se dépêchait pas. Il ne lui restait pas beaucoup de temps si elle voulait le faire dans les règles. Et la Tradition, immuable et inévitable, nécessitait d'en passer par les trois cent quatre-vingt-deux jours de fiançailles réglementaires.
Si elle voulait être mariée d'ici ses vingt-cinq ans, le calcul était simple. Elle devait être fiancée d'ici la fin de l'année. Elle avait bien fréquenté d'autres hommes depuis son histoire avec Draco mais, aucun ne l'avait fait vibrer comme lui.
Aucun n'était aussi beau, ni aussi intéressant. Certains auraient pu convenir, c'était indéniable, mais elle n'arrivait pas à se résoudre à franchir le cap avec eux. La proposition de Lady Malefoy, si elle n'était pas parfaite, était arrivée au moment idéal !
Évidemment, Granger était une sacrée épine dans son pied mais Draco était et devait être son époux. Il ne pouvait en être autrement. Il représentait son idéal masculin. Beau, intelligent, éduqué, noble. Et elle l'aimait.
Elle ne voulait pas prendre un homme par dépit et, avec Narcissa comme allier, elle s'était dit qu'elle ne pouvait qu'avoir gain de cause. Elle restait persuadée qu'en s'unissant à lui, ils fonderaient une des familles les plus puissantes de la communauté sorcière.
En jouant les bonnes cartes, Draco pouvait réhabiliter son nom et retrouver sa fortune d'antan. Elle n'avait pas réfléchi bien longtemps avant d'accepter le pacte de Lady Malefoy.
Astoria n'en avait vraiment pas eu besoin. Elle savait qu'elle avait tout intérêt à agir rapidement. Elle avait tenté de se rapprocher à nouveau de Draco, multipliant les rencontres de fortune au détour d'une rue ou d'un lieu de rencontre.
Elle avait espéré écarter rapidement Granger, par son seul charme et ses atouts, sans se salir les mains mais s'était finalement aperçue que c'était peine perdue. Il était vraiment trop accroché à la Sang-de-Bourbe.
Désormais, elle était prête à tout. Le jeu en valait la chandelle même si elle devait, pour cela, rayer définitivement Granger de la carte. Bien sûr, Draco ne tomberait pas amoureux d'elle du jour au lendemain mais il n'aurait d'autre choix que de se plier au contrat, si l'autre n'entravait plus sa route.
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- « Vous n'espérez tout de même pas que le jeune Higgs s'entiche de cette traînée ?
- Non ! Bien sûr que non ! » S'offusqua Astoria dans un éclat de rire. « Terence a bien plus d'ambition ! »
Narcissa failli s'étouffer à cette remarque, n'appréciant que modérément ce qu'elle percevait comme un sous-entendu du manque d'ambition de son propre fils mais, la jeune femme n'y prêta pas même attention, toute focalisée qu'elle était sur le plan qui se dessinait doucement dans son esprit.
- « Cependant, il a des talents disons... cachés... »
Elle marqua une pause, s'amusant cette fois du coup d'œil inquisiteur de la blonde. Ménageant son effet, elle tapota deux fois sur la théière en fonte, de la pointe de sa baguette et leurs tasses furent à nouveau pleines du liquide brun et fumant.
- « Connaissez-vous son parcours, Narcissa ?
- Non, Astoria. » soupira la blonde en se retenant de rouler des yeux. « Je ne m'intéresse pas au devenir de tous les enfants des anciens collègues de mon époux.
- Après avoir eu ses ASPIC avec mention à Poudlard, Terence a suivi une formation à l'ASAP. »
Narcissa acquiesça, attendant la suite et les yeux d'Astoria pétillèrent.
- « Il est sorti major de sa promotion et a ensuite été embauché à Ornicar Inc. »
Elle marqua une nouvelle pause et porta sa tasse à ses lèvres en haussant un sourcil suggestif.
- « Vous voulez dire ? » commença Narcissa alors que la brune hochait la tête dans un petit rire clair.
- « Oui. Lady Zabini l'a pris sous son aile...
- Oh, vraiment ?
- Oui. Elle lui a beaucoup appris…
- Vous êtes sûre de ?
- Absolument. Il est extrêmement compétent, semble-t-il...
- C'est intéressant.
- Il faut y mettre le prix, c'est évident mais... Terence a une dette envers moi. Je garde un de ses secrets, il peut, peut-être, garder un des miens... »
Les deux femmes s'adressèrent peut-être leur premier sourire sincère depuis longtemps. Un sourire malsain, presque pervers, mais sincère.
« La seule question intéressante, Narcissa, est… Jusqu'où êtes-vous prête à aller ? »
Verdict ?! Ça y est, Astoria, vous la détestez vraiment, vraiment ? En tout cas, vous en savez un peu plus sur elle et son enfance... Et celle de Draco, avant Poudlard...
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[1] CQAP : Draco et Astoria se mettent ensemble quelques mois après que Hermione soit partie en Australie à la recherche de ses parents. Lorsqu'elle revient en Grande-Bretagne, elle croise Draco au Ministère en venant faire son rapport auprès des Aurors. Astoria les surprend et apprécie peu la complicité qui se dégage entre eux.
