[MàJ Août 2021]

Note de l'autrice : Bonjour à tou•te•s ! Bon, vous avez constaté que les parents de Seamus ne sont pas des modèles d'ouverture d'esprit... En même temps, on savait déjà sa mère un peu obtuse, bien que ses inquiétudes, lors de l'annonce du retour de Celui-dont-il-ne-fallait-pas-prononcer-le-nom-sacrebleu eurent eu fut à peu près légitimes... Bref, nos deux slasheurs ne sont pas aidés mais... c'est pas parce qu'on est dans le monde magique que tout doit être merveilleux, non ? Passons !

Nouveau chapitre aujourd'hui, dont je ne vais rien dire... On se retrouve à la fin !

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Comme de coutume, je vous remercie de me lire et plus encore de commenter. N'hésitez pas, tout ce que vous pouvez avoir à dire est bon à prendre !

Avant de passer à la suite, une petite RAR (aurian04) ici : https (deux points slash slash) www (point) fanfiction (point) net (slash) topic (slash) 237726 (slash) 186030960 (slash) 1 (slash dièse) 186030960

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Bonne lecture et à très vite !

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Chapitre 50 – Draco

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- « Dis, Médico D., y'a une dame qui arrête pas de te regarder »

Draco fronça les sourcils, persuadé que Bobby tentait encore de tricher en détournant son attention de leur partie. Le gamin accumulait toujours les fourberies pour se gaver en douce des pièces en Marshmallow même quand le blond le laisser faire Échec et Mat.

Levant les yeux au ciel, il se tourna malgré tout dans la direction pointée par le petit index violet de l'enfant derrière lui et se figea, surpris. Astoria se tenait dans l'encadrure de la porte de la salle Janus, le dos droit, la tête haute et le nez relevé.

Elle avait presque l'air d'être dérangée par une odeur peu ragoûtante, ses mains plongées jusqu'aux coudes dans un manchon de fourrure mais retrouva son sourire lorsqu'elle croisa le regard du blond. Elle hésita à faire un pas en avant puis se ravisa et attendit, patiemment.

Elle pouvait faire l'effort de venir trouver le blond jusqu'à Sainte-Mangouste mais elle refusait évidement de se faufiler entre les lits des patients, de peur d'être contaminée par leurs folles maladies incurables.

Draco se releva avec lenteur, le plateau de jeu et les pièces tanguant dangereusement sur le matelas et se tint plus droit que jamais. A chaque fois qu'il revoyait ses anciennes fréquentations, les automatismes revenaient au grand galop.

Il ne pouvait simplement pas se tenir affalé sur un lit face à elle ou le dos courbé de fatigue. D'un geste un peu nerveux, il passa la main dans ses cheveux, les ramenant en arrière et dégagea son visage.

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Il n'avait aucune envie de la voir. Le simple fait de la savoir ici l'agaçait. Il avait l'impression d'avoir perdu son temps, quelques mois en arrière, lorsqu'il avait pris la peine de faire une mise au point avec elle. Cela n'avait, de tout évidence, pas été suffisant et il savait, d'avance, qu'il allait à nouveau perdre son temps.

- « C'est qui ? » s'exclama la voix curieuse du gamin.

- « Pas maintenant, Bobby ! » marmonna Draco sans la quitter des yeux.

Il se racla la gorge et avança dans sa direction d'un pas assuré, un air froid et implacable collé au visage. Arrivé à son niveau, il lui indiqua de le suivre d'un mouvement de tête et elle s'exécuta, suivant ses pas jusqu'au petit bureau de soin, habituellement réservé au personnel.

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Grands et le port altier, ils inspiraient le respect sans effort. Les sorciers qui pouvaient se targuer de dégager autant de distinction seulement dans leur démarche princière n'était pas nombreux et ils en faisaient indubitablement partie.

Les patients, qui ne purent s'empêcher de targuer un œil curieux sur eux, observèrent Draco inviter la jeune femme à profiter d'une des dures chaises mises à disposition dans la petite salle à la large baie vitrée. Ils le virent ensuite s'adosser lui-même sur le bureau, en croisant les bras.

Il avait l'air d'un Maître d'école, prêt à rabrouer une élève prise en faute. Sa position était stratégique et il ne s'en cachait pas. Il indiquait à la femme qui lui faisait face, sans un mot, qu'il souhaitait dominer la situation et qu'elle ne pouvait faire autrement que de se plier à son bon vouloir.

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- « Astoria... » La salua-t-il finalement, d'une voix atone.

- « Draco... » L'imita-t-elle, croisant ses jambes lentement sans le lâcher des yeux et dégageant ses mains de son manchon. « Je suis navrée de me présenter sans prévenir... »

Elle n'ajouta pas un mot, l'invitant silencieusement à l'interroger sur la raison de sa présence et il eut un sourire en coin. Typique. Elle appliquait une des premières leçons du manuel du parfait petit manipulateur qu'on leur avait inculqué depuis leur plus tendre enfance.

Laisser mariner son interlocuteur en ne révélant que le minimum d'information. Il était obligé de parler. De poser des questions et réfléchir aux raisons de cette confrontation. Elle souhaitait l'obliger à relâcher son attention. Juste assez pour qu'il laisse filtrer ses émotions, juste un peu.

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- « Je reconnais que je suis surpris... » La relança-t-il avant de se taire à nouveau.

Elle oubliait, juste, à qui elle se frottait. Draco savait qu'elle ne voudrait pas plus lâcher prise que lui. Ce petit jeu pouvait durer des heures. S'il n'avait pas été au travail, il aurait pu en être amusé mais elle lui faisait simplement perdre du temps.

S'il n'avait pas été un simple apprenti, il aurait pu le lui signifier vertement mais, dans sa position, le lui faire remarquer l'obligeait à reconnaître son statut subalterne. Il se retrouverait en position de faiblesse, ce dont elle était totalement consciente. Il n'était qu'un exécutant au sein de ce Service.

Il attendit, impassible, espérant qu'elle flanche. Il n'avait, de toute façon, aucun doute sur la tournure des événements. Ils finiraient par être interrompus dans leur jeu de silence par un Guérisseur ou un patient et Draco perdrait la première manche.

Elle connaissait trop bien les règles. Ce n'était pas sans raison qu'elle avait pris la peine de le confronter sur son lieu de travail et elle n'allait pas se permettre de lâcher du lest maintenant. Ils se dardèrent, immobiles, sans ciller. Deux minutes. Trois. Cinq. Sept.

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Pour l'œil extérieur, l'ambiance semblait pesante. Au sein du bureau, l'air devenait tout bonnement irrespirable.

- « Draco, mon chat, tu pourrais. »

La voix d'abord enjouée d'Esther se coupa net lorsqu'elle ouvrit la porte à la volée. Concentrée sur des calculs alambiqués, elle n'avait pas prêté garde au lourd silence qui soutenait la salle Janus et s'était répandu jusqu'entre les patients. Elle avait juste repéré l'éclat blond des cheveux de son petit protégé derrière la baie vitrée du bureau de soin et avait foncé vers lui, de son pas pressé.

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- « Mademoiselle. » salua-t-elle, intriguée. Elle se tourna vers Draco « Je dérange ?

- Pas du tout. » Répondit-il mécontent tandis que la brune présentait une main nonchalante à Esther. « Miss Greengrass allait justement partir.

- Nous n'avons pas encore pu nous accorder sur les détails, Draco » sourit docilement Astoria, présentant son visage le plus innocent à l'infirmière en chef.

- « Tu peux prendre ta pause maintenant, si tu veux, Draco »

- « Ce n'est pas. » commença-t-il d'une voix assurée

- « Oh ! Excellente idée ! Allons prendre un thé ! » S'exclama joyeusement Astoria

- nécessaire » termina-t-il agacé avant d'abdiquer. « Très bien. » capitula-t-il encore. « Je reviens d'ici une demi-heure Esther. »

Elle hocha la tête, regrettant de ne pas avoir tourné sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Elle n'avait pas l'habitude d'entendre cette voix glaciale chez son protégé, pas plus qu'elle n'avait eu l'occasion d'être confrontée à son regard orageux.

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Dès que la brune eut franchi la porte, l'infirmière-en-chef se saisit de l'épaule de Draco et chuchota précipitamment

- « Mon chat, tu veux que je te donne une excuse pour rester ici ? »

Il lui sourit, amusé. Elle était vraiment trop prévenante et affectueuse avec lui. Le jour où le Guérisseur en Chef du Service aurait le malheur d'apprendre qu'elle le chouchoutait à ce point-là et qu'elle s'amusait à l'affubler de surnoms ridicules, il savait qu'il entendrait parler du pays.

C'était tout à fait le genre de favoritisme qui pouvait bousiller sa carrière au sein de ce service mais dont il ne voulait, pourtant, se passer pour rien au monde. Il était bien trop réconfortant d'avoir une alliée telle qu'Esther pour affronter le quotidien de l'hôpital !

- « Je peux dire à Stephen de monter te chercher dans deux minutes ou »

Il l'embrassa sur la joue en ricanant.

- « Merci Maman, mais c'est trop tard ! Je vais affronter mon destin, puisque tu m'as ouvert la voie vers l'échafaud ! »

Elle hésita à rire à sa tentative de dérision mais ne put s'empêcher de le couver du regard alors qu'il rejoignait Astoria, la dépassait et l'invitait à le suivre à nouveau d'un mouvement de tête.

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Ils rejoignirent le cinquième étage, commandèrent un thé et le silence s'étendit à nouveau en longueur. D'un geste alangui de la main, Draco fit léviter le sachet qui infusait dans sa tasse, l'amena à se presser sur lui-même et lui indiqua de choir doucement dans la coupelle prévue à cet effet.

- « Sans baguette ? » constata Astoria d'une voix mutine. « Tu me surprendras toujours... »

Le sourire en coin qu'il lui offrit contrastait outrageusement avec son regard désabusé. Il reprenait le dessus en provoquant son admiration. Il n'avait aucun doute sur la sincérité du compliment. Elle l'avait toujours admiré et quels qu'aient été ses sentiments à son égard, il savait que ce point-là ne varierait jamais.

Il regrettait presque de n'avoir pas pensé à lui faire une démonstration quelconque de ses talents avant d'avoir à s'asseoir avec elle. Elle n'aurait jamais pu se retenir de flatter son ego et il l'aurait achevée en deux coups.

- « Astoria... J'aimerais pouvoir dire que c'est un plaisir mais nous savons tous les deux... Enfin » continua-t-il avant qu'elle ne se manifeste à son tour « Je suis obligé de reconnaître que mon sentiment premier reste la curiosité de te voir ici... »

- « Je ne m'attendais pas à être accueillie à bras ouverts. » affirma-t-elle d'un sourire qu'elle voulait complice. « Tu as été très clair la dernière fois que nous nous sommes entretenus mais nous avons tous les deux pris du recul depuis et... » Elle ménagea un suspens factice. « ...Je ne souhaite pas perdre ton amitié... »

Il avait croisé les mains sur son ventre dans une attitude flegmatique et attendait, toujours impassible. Il trouvait son amorce aussi stupide qu'incongrue et guettait le moindre frémissement sur son visage, la moindre faille qui lui indiquerait qu'elle tentait, d'une manière ou d'une autre, de le piéger.

- « ...Daphné non plus, ne veut pas te perdre. Et nous savons tous les deux que tu ne la voies plus depuis que...

- …

- Et même avant, Draco. Vous ne vous voyiez presque plus depuis que tu as aménagé avec... Elle... »

Il leva les yeux au ciel et soupira.

- « Elle a un prénom, Astoria. Elle s'appelle Hermione. Et ce qu'il se passe, ou ne se passe pas, avec ta sœur ne te regarde en rien.

- Inutile d'être condescendant, Draco. Je prends sur moi pour me mettre à nue devant toi, tu ne peux pas t'en moquer comme si mon geste n'avait aucune valeur. » Objecta-t-elle d'une voix posée.

- « Non. Je ne m'en moque pas... Mais il faut que tu entendes que Hermione fait partie de ma vie. Libre à toi de l'accepter ou non. Simplement, désormais, c'est avec elle ou sans moi, quoi qu'il arrive. »

Il n'allait pas lui dire qu'il était marié, non plus. Il n'était pas suicidaire ! Cependant, il se sentait obligé de lui faire comprendre que sa Gryffondor ne sortirait plus jamais de sa vie. Leur union n'était peut-être reconnue que chez les moldus mais elle revêtait, pour lui, autant de valeur qu'un mariage de sang sorcier.

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Il n'avait même pas réellement pris la peine de demander à Hermione de l'épouser. Un matin d'octobre dernier, il s'était réveillé happé par une odeur de pains au chocolat et il avait été frappé d'une évidence.

Il s'était levé, avait embrassé la brune, s'était servi un thé et s'était affalé sur le canapé. Elle s'était assise à ses côtés, s'enroulant dans un immonde plaid vert fluo qui égratignait la rétine et il lui avait dit quelque chose comme « Grang', on devrait se marier ». Juste ça, comme ça, d'un ton monocorde et nonchalant, en soufflant sur sa tasse brûlante.

Elle avait à moitié recraché son jus de fruit et il avait levé un sourcil moqueur. Il avait même ricané alors qu'elle s'étouffait et essayait de limiter les dégâts en tentant d'épargner le canapé de sa boisson renversée. Il n'avait jamais été très délicat, cette fois-là pas plus qu'une autre.

Elle s'était ressaisie et s'était immédiatement enquise de sa santé mentale. Draco avait haussé les épaules souplement. Il n'avait même pas pris la peine d'argumenter. Il l'avait juste regardée tranquillement pendant qu'elle pesait le pour et le contre à haute voix.

Elle avait fait le tour de la question en un long monologue puis avait clos sa grande bouche en le dévisageant, les sourcils froncés. Il avait souri en voyant les narines de Hermione gonfler légèrement dans un tic inconscient.

Elle s'était mordue la lèvre inférieure dans une petite moue et ses yeux avaient pris une expression rieuse. Il pensait même y avoir vu des paillettes y scintiller. Sûrement un tour de son imagination trop fertile. Et elle avait accepté, juste comme ça.

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Le week-end suivant, ils étaient allés à la Mairie de leur circonscription et, dans cette grosse institution moldue, ils avaient fait la queue pendant des heures pour établir les bans. Pas une seule des informations présentes sur la publication n'était vraie, si ce n'était leur adresse mais ils s'en fichaient. Leur démarche n'en était pas moins réelle pour autant.

Un mois plus tard, ils célébraient leur mariage civil dans l'intimité. A la mairie, ils s'étaient échangés leurs colliers avec les anneaux en or blanc qui y étaient accrochés et, maintenant qu'ils les gardaient autour de leurs cous, ils regrettaient vraiment de ne pouvoir les porter aux doigts. C'était bien la peine de s'être donné autant de mal pour trouver des alliances parfaites.

Ils avaient signé les actes que leur présentait l'adjoint au Maire dans un silence religieux. Le cœur de Draco avait battu à mille à l'heure et Hermione avait eu un fou rire en transperçant une des pages avec la pointe de son stylo. L'émotion, sûrement.

L'éclat de voix de la brune avait résonné dans la grande salle trop vide qui les accueillait. Seul l'homme qui avait mené la cérémonie et les voisines du dessus les entourait. Derrière eux s'étalaient des dizaines de rangées de chaises. Complètement vides.

L'écho du rire d'Hermione s'était communiqué à tous en à peine quelques secondes. Draco gardait cet instant comme un des plus beaux moments de sa vie. Il n'aurait jamais envisagé un mariage tel que celui-là. Jamais. Et pourtant, il adorait tout ce que cet acte symbolisait.

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Quand ils étaient sortis de la salle, le couple à marier suivant et leurs centaines d'invités les avaient regardés les yeux ronds. Les nouveaux mariés avaient ri encore plus fort, si possible, d'un rire sincère bien qu'un peu hystérique.

Leurs nerfs avaient lâché mais ne les avaient pas empêchés de se tenir les mains étroitement enlacées. Ils avaient ensuite filé au Ladbroke Arms, un petit pub situé à quelques pâtés de maisons de chez eux et avaient exigé, en tapant joyeusement du poing sur la table, que le champagne coule à flots pour accompagner leurs hamburgers au bœuf et au bacon.

S'ils ne pouvaient pas profiter du soutien de leurs proches, ni d'une belle et émouvante cérémonie, une flopée d'inconnus les avaient félicités toute la soirée et Draco et Hermione avaient été heureux de fêter leur mariage avec eux.

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Ils avaient immédiatement fait sensation, dans ce pub un peu rustre, avec leurs tenues de cérémonie immaculées, au milieu des amateurs de bières venus suivre un match de rugby. Surtout que la brune était absolument renversante dans sa robe blanche un peu rétro aux manches très courtes et à la jupe évasée qui s'arrêtait à mi- mollet.

Pour casser l'aspect virginal de sa robe, elle y avait associé une large ceinture rouge et des escarpins de la même couleur. Elle avait passé sa journée à la cacher, sa belle robe, sous un lourd manteau, un immense pashmina roulé autour de son cou. Ce n'était qu'une fois dans le pub, protégée des frimas de décembre, qu'elle avait enfin pu l'exposer sans frissonner de froid.

Draco aussi, avait arboré le rouge, en touches subtiles tranchants avec la sobriété de son costume noir. Un nœud papillon, des bretelles et des chaussettes écarlates. Il avait beau être loin d'aduler cette couleur sanguine, il avait été obligé de reconnaître qu'ils en imposaient réellement, ce jour-là.

Oui, ils avaient du cachet sur les photographies moldues, toutes fixes, qu'avaient pris les voisines qui, elles non plus, n'étaient pas en reste, moulées dans leurs robes vintages aux motifs liberty.

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Il était à peine plus de minuit quand ils étaient rentrés chez eux, un peu euphoriques de cette journée, des interdits bravés et du champagne ingéré. Les voisines, ils les avaient laissées au pub, n'ayant aucun doute sur la probabilité qu'elles ne restent pas bien longtemps seules.

Chez eux, ils avaient continué à fêter leur mariage, trinquant à coup de Téquila Morgana, en s'esclaffant sur tout et rien. Hermione avait trébuché tant de fois que, le lendemain, ses bras et ses jambes s'étaient parés de légères ecchymoses jaunes et mauves.

Leur gueule de bois avait été fulgurante et ils étaient restés au lit toute la journée, ne songeant même pas à se lever pour grignoter quelque chose tant leurs estomacs étaient révulsés. Le lundi suivant, ils étaient partis travailler chacun de leur côté, comme d'habitude, avec cette nouvelle petite chose entre eux. Rien qu'entre eux. Heureux.

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- « co... Draco ! Tu m'écoutes ? »

Il sortit de sa rêverie et reporta son regard sur Astoria, indifférent, assuré qu'aucun argument ne le ferait changer d'avis. D'un mouvement à peine perceptible du menton, il l'invita à reprendre.

- « Draco, tu sais que je ne veux que ton bien. Il n'est pas trop tard pour.

- « Astoria » soupira-t-il encore. « Pourquoi tu ne veux pas simplement lâcher prise ? Tu ne trouves pas ton comportement humiliant ? Tu es quasiment en train de me supplier ! Tu ne peux pas simplement admettre que je suis heureux et que, si tes sentiments à mon égard sont aussi réels que tu veux le faire croire, tu n'as aucune légitimité à interférer dans ma vie ? »

Elle ne répliqua pas et le silence menaçait de s'éterniser une nouvelle fois. Il n'avait pas touché à son thé et supposant qu'il devait être froid, désormais, décida que cette pause avait bien assez durée. Cette discussion ne menait à rien et il avait d'autres chats à fouetter.

Il fit mine de se lever et Astoria se redressa.

- « Elle gâche ta vie, Draco. Si tu continues à t'égarer de cette manière, elle détruira définitivement ta réputation. Tu ne t'en remettras pas. Tu ne sauras jamais à quel point tu aurais pu être puissant !

Il ricana et applaudit, le son de ses trop lents claquements de main résonnant dans le salon de thé et faisant se retourner quelques têtes sur eux.

- « Magnifique prestation, Astoria ! Magnifique ! Il ne manque pas grand-chose ! Tu devrais travailler encore un peu sur ton intonation qui ne claque pas assez mais, j'ai presque cru entendre ma mère ! »

Il perdit le sourire à l'issu de sa déclaration et sa voix, basse et menaçante, gronda.

- « Tu crois me faire peur, Astoria ? Tu crois que c'est Hermione qui va détruire la réputation des Malefoy ? Tu n'as pas remarqué que ma famille s'est détruite d'elle-même ? Nous étions peut-être puissants, il y a un temps mais, nous n'avons eu besoin de l'aide de personne pour creuser notre tombe. C'est nous, et seulement nous, qui avons fait ça !

Il secoua la tête, laissant un nouveau rire jaune s'échapper de sa gorge. Cette conversation était ridicule, n'avait ni queue, ni tête et il ne voulait pour rien au monde prolonger encore ce moment.

- « Si c'est tout ce que tu voulais me dire... »

Il se leva et lui tourna le dos, prêt à partir. Il avait eu son compte. Il n'avait fait que trois pas qu'elle l'interpellait à nouveau, d'une voix suppliante.

- « Non, non, ce n'est pas tout. Reviens t'asseoir, s'il te plaît. Juste cinq minutes. Je t'assure que c'est important. »

Il glissa encore sa main dans ses cheveux, d'un geste nerveux et s'exécuta, à contrecœur. Par certains aspects, il se trouvait vraiment trop bien éduqué, à rechigner laisser une femme en plan quand elle utilisait un ton aussi abattu, cette femme fut-elle le diable en personne.

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Il se réinstalla face à elle et, le silence s'éternisant à nouveau, il passa lentement sa main au-dessus de sa tasse qui se remit à fumer doucement. Il en but une gorgée et recala son dos au dossier de son fauteuil, patient. Elle lui sourit, trop joyeusement et il ressentit une nouvelle pointe d'agacement.

Elle ne méritait pas de l'affecter ainsi et il se refusait à lui donner la satisfaction de le voir perdre le contrôle de lui-même. Il se concentra une nouvelle fois sur sa tasse et en bu la moitié, appréciant son breuvage.

Il aimait le thé. Le thé était apaisant et réconfortant. Il ferma les yeux et prépara à nouveau sa sortie, mentalement. Elle ne le retiendrait pas plus. Il ouvrit la bouche, prêt à l'envoyer sur les roses indélicatement et se surprit lui-même.

- « Tu as changé de coupe ? Ça te va bien ! »

Il fronça les sourcils et Astoria minauda, ravie du compliment. Il ferma les yeux une seconde, comme pour s'assurer ne pas être en train de rêver, finit sa tasse et la reposa sur la table, dans l'intention de lui dire qu'il ne savait pas ce qu'il venait de dire mais,

- « Tu sais quoi, Astoria ? Je suis vraiment heureux de te voir, en fait. Je n'arrête pas de penser à toi »

Elle couvrit son sourire flatté d'une main aussi légère que gracieuse.

- « Ne me fais pas ces yeux-là, Astoria, je crois que je vais me noyer dans ton regard ! »

C'était vrai, finalement, qu'il la trouvait jolie. Vraiment très jolie. Il ne savait pas pourquoi il avait oublié qu'elle était si jolie mais, vraiment, elle l'était.

Il ne se rappelait pas, non plus, comment ils s'étaient retrouvé là, où ils étaient, ni ce dont ils avaient bien pu parler mais, tout de même, il se souvenait parfaitement qu'il aimait passer du temps avec elle. Et qu'elle était jolie. Vraiment très jolie.

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Pompompompom... Je ne vous ai rien épargné aujourd'hui... Ni le mariage cliché (mais trop meugnon, avouez !) Ni... Voilà, voilà... Hum... vous avez bien compris que... et, que... enfin... Voilà quoi... (comment ça, c'est pas clair ?!). Verdict ?! Pronostic ?!