[MàJ Août 2021]

Note de l'auteur : Bonjour mes gentil•le•s petit•e•s lecteur•trice•s... Après la parenthèse Pansy/Harry, reprenons le cours de nos évènements... Parce que, oui, j'ai bien compris qu'il y a un sujet qui vous préoccupe plus que les autres et que vous m'attendez au tournant...

Ça tombe bien, aujourd'hui, c'est Hermione qui vous ouvre les portes de chez elle... J'attends vos retours avec impatience, que ce chapitre vous déçoive ou non... C'est quand même un gros morceau... Brèfle !

Avant de passer à la suite, je vous remercie encore pour vos messages et vos commentaires !

.

Bonne lecture et à très vite !


Chapitre 52 – Hermione

.

- « Zabini ! Zabini ! Bordel mais ouvrez cette satanée porte ou je la défonce à coups de pieds ! Zabini ! Aïe ! Punaise mais... »

Les yeux encore collés par la fatigue, Blaise ouvrit à Hermione qui s'engouffra dans l'appartement avant même qu'il n'ait le temps d'ouvrir la bouche. Elle fit un tour sur elle-même et explosa

- « Où est-il ? Où est Draco ? »

Le métis leva un sourcil et tenta de reconnecter ses neurones tournant encore au ralenti à cette heure bien trop tardive - ou matinale, selon le point de vue – de la nuit mais ne trouva rien à répondre. Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il se passait et semblait à deux doigts de considérer la brune comme atteinte de folie.

.

Hermione ne savait pas réellement quand tout avait commencé à foutre le camp. Le mois passé, elle avait remarqué que Draco était souvent taciturne en rentrant de l'hôpital. Il n'avait jamais faim et n'avait pas plus envie de soutenir la moindre conversation.

Elle le trouvait un peu lunatique mais les jours où il reprenait du poil de la bête, ils étaient si bien ensemble qu'elle ne s'était pas inquiétée. Elle aurait dû avoir la puce à l'oreille, pourtant, en s'apercevant qu'il ne gardait aucun souvenir de ces quelques soirées un peu trop tristes.

Il s'était peut-être passé une quinzaine de jours avant qu'elle ne s'aperçoive que Draco traînait cette sorte de mélancolie seulement en revenant de l'hôpital. Dès qu'il reprenait les cours à l'ANEM ou qu'il avait quelques jours de repos, il était de nouveau lui-même, ou presque.

Elle avait essayé d'en savoir plus mais, il n'avait pas souhaité discuter. Il se croyait simplement fatigué et elle s'en était contentée. Elle pouvait le comprendre, le quotidien n'était pas toujours facile à gérer. Elle-même n'avait pas envie de faire l'amour, certains soirs. Elle avait été stupide de croire que c'était une phase normale, dans un couple.

.

Tout aussi rapidement, il s'était mis à se décommander, prétextant une urgence ici, un rendez-vous essentiel là et de fil en aiguille, elle s'était couchée seule quatre nuits d'affilée, sans vraiment y faire attention.

Le matin, elle se levait sans personne à ses côtés alors qu'ils avaient pris l'habitude, depuis qu'ils vivaient ensemble, de faire toujours assez de bruit pour se réveiller mutuellement et ne serait-ce que se voler un baiser.

Hermione avait eu l'impression de vivre avec un fantôme. Et puis, finalement, il avait même oublié de lui envoyer un hibou pour la prévenir de ses absences. Là, elle avait compris que quelque chose clochait.

Bien décidée à voir son époux, elle s'était fait excuser auprès de la PapyruScribere et avait pris sa journée pour se rendre à l'hôpital. Ce n'était pas dans ses habitudes. Elle n'aimait pas déranger Draco au travail sans une bonne raison.

Malgré tout et, tout aussi occupé qu'il pouvait l'être, dans un service de Sainte-Mangouste ou un autre, il arrivait toujours à se dégager quelques minutes pour lui accorder un peu de temps. Et s'il ne pouvait se libérer, un regard larmoyant à Esther suffisait pour que l'infirmière-en-chef le couvre pour un rab de temps supplémentaire.

.

Hermione s'était directement dirigé vers la salle Janus, avait salué Bobby et quelques patients habitués à sa présence et avait cherché Draco du regard, en arrivant à l'hôpital. Elle ne l'avait trouvé nulle part et ce n'était qu'après une attente qui lui avait paru interminable qu'elle avait vu apparaître Esther, sifflotant un air entraînant.

L'infirmière en chef lui avait indiqué, en riant, que le blond finissait son service à quinze heures depuis plusieurs semaines et qu'il ne serait en horaire de nuit qu'à la fin du mois. Sans se départir de son air jovial, la femme s'était alors gentiment moquée de la tête trop pleine de Hermione, qui la rendait étourdie !

La brune avait souri et s'était excusée, hochant la tête par automatisme mais, elle avait eu l'impression qu'une massue s'était abattue sur elle. Elle savait qu'elle ne s'était pas trompée et qu'il lui avait assuré travailler à cette heure-ci.

Elle savait qu'il lui avait menti et n'avait, surtout, pas la moindre idée d'où il pouvait bien être. Le cœur prit dans un étau, elle était rentrée chez eux et avait attendu espérant à chaque instant le voir pointer le bout de son nez. Dix-huit heures était vite arrivée, puis vingt, vingt-deux, vingt-trois heures.

.

Ce n'était que sur les coups de minuit qu'elle avait entendu le Plop caractéristique d'un transplanage. Elle avait écouté Draco bouger dans le salon, passer par la salle-de-bain, s'affairer ci et là, et elle avait attendu qu'il rejoigne la chambre, plongée dans le noir, en silence.

Il s'était couché sans lui accorder le moindre geste, lui tournant simplement le dos sans la toucher. Lentement, elle s'était redressée dans le lit et avait allumé la lumière d'un claquement de doigts.

- « Ah, tu dors pas ? » avait-il simplement constaté d'une voix morne.

- « Non. » Elle avait tenté de maîtriser sa voix, pour ne pas crier et envenimer la situation. « Tu as été retenu au travail ?

- …

- Malefoy ?

- …

- Tu étais où ?

- Dehors...

- …

- Quoi ? Tu me surveilles maintenant, Hermione ? »

L'échange était édifiant et elle n'avait même pas eu la force de le poursuivre. Sa voix s'était bloquée dans sa gorge et elle l'avait regardé se rallonger, fermer les yeux et lui tourner le dos, dans un silence de plomb.

.

Complètement abasourdie, elle était restée plusieurs minutes à le fixer et s'était également recouchée, tentant de reprendre sa respiration. Le lendemain, elle s'était de nouveau éveillée seule et n'avait pu s'empêcher de rédiger une note contenant difficilement son amertume.

« Aurais-je l'honneur de ta présence ce soir où resteras-tu 'dehors' ? ». Il n'avait même pas daigné faire semblant de relever le sarcasme et un mot de trois lettres avait constitué sa seule réponse. Elle était partie dormir chez Harry cette nuit-là.

Les deux suivantes, Draco avait passé la nuit sur le canapé, ne prenant même plus la peine de venir se coucher à ses côtés. Leur relation était allée de mal en pis, jusqu'à trois jours plus tôt où elle avait à nouveau tenté de le confronter.

.

Elle avait pris sur elle et l'avait attendu jusqu'à une heure tardive. Lorsqu'il était rentré et l'avait vue, assise sur le canapé, un livre dans les mains, il avait soupiré lourdement. Il avait laissé ses affaires choir à même le sol et s'était dirigé vers la cuisine.

- « Qu'est-ce qu'il se passe Draco ? Tu me regardes à peine, tu ne m'embrasses plus, tu ne me touches plus, tu sors et personne ne sait où... Qu'est-qui ne va pas ?

- Rien.

- Je peux peut-être.

- Laisse tomber, ok. Je sors »

Il avait abandonné la bouilloire qu'il venait de remplir et avait saisi une veste sur la patère à l'entrée. Il était parti sans un regard en arrière et elle s'était retenue de craquer. Elle avait refusé de pleurer. Inspirant à pleins poumons, elle avait ramassé ses affaires et, les mains tremblantes, avait plongé dans les poches de sa veste et de sa sacoche.

Elle n'avait rien trouvé. Ni là, ni dans ses pantalons sales, ni dans son tiroir personnel. Rien. Elle en était même venue à culpabiliser de fouiner dans ses affaires. Elle ne voulait pas être ce genre de femme, méfiante et paranoïaque.

Elle l'avait attendu plusieurs heures mais s'était endormie, épuisée, avant qu'il ne revienne. Elle ne savait même pas s'il était réellement rentré dormir où s'il n'était venu que pour prendre des vêtements propres.

Elle s'était simplement réveillée au petit matin en l'entendant s'agiter dans l'appartement. Elle s'était levée et avait à nouveau essayé de lui parler mais, dans un regard mauvais, il avait transplané sans prendre la peine de finir son café et elle avait dû ronger son frein jusqu'à la fois suivante.

.

- « On va jouer à ce jeu encore longtemps, Draco ? Je croyais qu'on s'était marié pour le meilleur et pour le pire

- …

- Si au moins j'avais la moindre idée de.

- C'est bon, Hermione. Tu sais aussi bien que moi que ça ne voulait rien dire. Ce n'est pas comme si c'était un vrai mariage.

- Pardon ?

- Écoute, de toute façon, il n'y a pas trente-six manières de te le dire.

- …

- Je vais me marier. Pour de vrai, cette fois. Tiens, prends ça. C'est ridicule que je continue à porter cette bague alors que je vais échanger des vœux avec la femme que j'aime. »

.

Elle était restée hébétée et avait tenté de le coincer à l'ANEM. Il n'y était pas et pas plus à l'hôpital. Elle avait espéré le voir revenir toute la journée et avait arpenté son salon de long en large, à deux doigts d'y creuser une tranchée à force d'en user le parquet.

Elle avait essayé de recoller les pièces du puzzle mais y avait lamentablement échoué. Elle s'était astreinte au calme et avait espéré que Draco se soit réfugié chez Blaise et Seamus mais, à voir la mine déconfite que les amants lui présentaient, elle comprenait qu'ils n'avaient pas la moindre idée de ce qu'il se passait.

Le métis semblait aussi perdu que Hermione et se rendait finalement compte qu'il n'avait pas vu Draco depuis plusieurs semaines. Il n'y avait pas prêté garde. Il ne s'était aperçu de rien, c'était vrai mais, il devait reconnaître que ses propres difficultés l'empêchaient de se pencher réellement sur les états-d 'âmes des autres.

Et puis, leurs vies étaient telles qu'ils ne pouvaient être constamment les uns sur les autres. Il n'avait eu aucune raison de s'inquiéter. Il ne pouvait pas savoir.

Cependant, le récit de la brune le mettait en alerte. Il ne comprenait pas plus qu'elle ce qui pouvait bien être passé par la tête de Draco pour envoyer valser Hermione aussi violemment.

.

- « Il ne t'as rien dit ? Rien ? Tu es sûr ?! »

Blaise secoua la tête négativement, peiné pour la brune qui menaçait d'être submergée par les larmes.

- « Je ne comprends rien. J'ai rien vu venir et... Comment c'est possible ? Ça peut pas finir comme ça !

- Hermione... Tu es sûre qu'il n'y a eu aucun signe avant-coureur ?

- Mais non ! Enfin Blaise ! Ça ne fait même pas six mois qu'on s'est marié, on

- Pardon ? »

Hermione, trop troublée par la situation, ne s'aperçut ni de l'air abasourdi de Seamus, ni du regard noir que lançait Blaise à son amant pour avoir interrompu la brune dans un tel moment. A peine consciente de s'être vue couper la parole, elle se tut et se renferma dans ses pensées confuses.

- « Me regarde pas comme ça Blaise ! Tu étais au courant ? » Le métis hocha la tête. « Tu aurais quand même pu.

- Écoute, c'était censé être un secret alors, ne t'en formalise pas, ok. Granger. Granger, réveille-toi ! »

Elle lui lança un regard désespéré.

- « Alors, primo, tu vas arrêter de crier sur tous les toits que vous êtes mariés, sinon je ne donne pas cher de votre peau... Deuxio, on va partir du principe que Draco n'est pas dans son état normal. Ça te va jusque-là ?

- … » Elle hocha la tête en se mordant les lèvres.

- « Bien, donc, je vais aller à sa recherche,

- L'agent Campbell gère sa Trace si tu.

- Non. On va éviter d'alerter la terre entière. Selon les endroits où il est allé, ça pourrait lui causer des problèmes alors on va faire en sorte de ne pas attirer l'attention sur lui. J'ai certaines relations qui pourront m'aider à le retrouver. Il n'a pas pu aller bien loin. »

Hermione hocha la tête et Seamus revint de la cuisine avec une tisane apaisante.

- « De ton côté Granger, tu bois ça, tu dors et demain matin, tu trouves ces ingrédients »

Il griffonna rapidement un bout de parchemin.

- « Tu fais chauffer les six litres de lait à feu très doux, tu passes la poudre de corne de licorne au tamis avant de l'ajouter dans le chaudron et tu remues pendant 5 minutes. Jusque-là, c'est ok ?

- Oui. » Répondit-elle la voix cassée.

- « Après, tu ajoutes cinq baies de genièvre coupée en deux, tu remues trois fois en formant un huit et tu fais bouillir à feu moyen pendant sept minutes. C'est bon, tu as tout noté ?

Elle approuva à nouveau lentement en notant ses instructions à la lettre.

- « Tu réduis le feu au minimum et tu laisses mijoter pendant 127 minutes, précisément. Tu éteins le feu et tu verses immédiatement la lavande pilée au mortier en marbre rose. Tu en trouveras un dans la cuisine. Le rose. Pas un autre, ok ?

- Ok... » Levant les yeux de son parchemin, elle demanda « A quoi ça va servir, Blaise ?

- C'est un détecteur de filtre Made In Zabini, Granger... » Répondit-il sans fierté aucune.


Plomplomplom... Verdict ?!