[MàJ Août 2021]
Note de l'auteur : Bonjour vous et votre patience d'ange... Bon, je dois vous avouer quelque chose... Je pensais pouvoir tenir les deux chapitres par semaine, seulement, j'ai changé de boulot le mois dernier, le rythme est beaucoup plus dense, j'ai pas mal de projets à mettre en route, de situations à stabiliser, de marques à prendre, etc...
Pour la deuxième fois, je n'ai pas pu tenir la publication du jeudi et je pense, malheureusement, que ça se reproduira.
Je pense donc que, pour éviter toute déception, autant revenir au rythme des débuts, à savoir une seule publi par semaine, le lundi. Je sais, c'est naze. Ça m'embête peut-être même plus que vous mais vraiment, je n'aime pas cette idée de dire que je fais un truc pour pas le faire... Chacun ses sources de culpabilité... C'est pas cool mais je préfère me tenir à cette décision que je sais pouvoir respecter...
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Brèfle, ça ne fera qu'une raison supplémentaire de vouloir me jeter des pierres... Entre ce qu'il se passe pour Hermione, pour Draco, pour Harry, les petits jeux pervers de Narcissa, Astoria, Lady Zabini... Et le truc avec... ah, non, je ne peux rien dire sur ce point-là... vous ne savez pas encore...
Bon, bah, je me tais, alors...
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Avant de vous laisser à votre lecture de ce court mais intense chapitre, je tenais comme toujours à vous remercier pour vos messages, vos commentaires et votre soutien !
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Bonne lecture et à très vite !
Chapitre 53 – Neville
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- « Nev', j'ai fait une demande de Portoloin ce matin. Je... »
Luna était guérie depuis moins d'un an de la fièvre du Pérou qui avait bien failli la laisser sur le carreau et, déjà, l'envie d'exil lointain la reprenait. Neville, lui, ne se sentait pas encore prêt.
Il avait rechigné à reprendre une vie sédentaire et les premières semaines avaient été une véritable torture pourtant, depuis, il s'était lancé dans tant de projets qu'il n'imaginait pas tout laisser en plan pour repartir crapahuter à travers le monde.
Sa blonde s'ennuyait, elle. C'était évident. Elle avait passé de trop nombreuses semaines de convalescence à ne pas pouvoir quitter leur petite maison pour qu'il en soit autrement. Même lorsqu'elle s'était sentie remise, elle n'avait pas eu suffisamment d'énergie pour être active plus de quelques heures par jour.
Pendant de longs mois, elle avait été incapable de prendre un vrai travail et cette oisiveté forcée l'avait agacée. Elle s'était réfugiée dans l'écriture, rédigeant des articles plus ou moins sérieux dans le Chicaneur et son père lui avait proposé le poste qu'elle occupait dernièrement.
Elle s'était amusée, un temps, des tentatives de débauchage du rédacteur en chef de la Gazette. Il lui faisait de l'œil depuis des semaines quand, un jour, il avait carrément posé des Gallions sur la table.
Il lui avait proposé une vraie fortune et elle lui avait simplement ri au nez. Elle se fichait de l'argent et voulait garder son indépendance. Sa liberté de ton au Chicaneur lui suffisait amplement et elle refusait de renier ses origines. Neville avait été extrêmement fier d'elle.
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Cependant, il était également conscient qu'elle n'était pas satisfaite de sa vie actuelle. Elle tournait en rond et se sentait comme une lionne en cage. Luna avait toujours aimé les épices et son quotidien manquait cruellement de piment.
Elle attendait de lui qu'il la pique, qu'il la brûle et la fasse sursauter mais, depuis qu'ils étaient installés en Grande-Bretagne, Neville et elle ne se surprenaient plus. Leur train-train était sympathique mais un peu monotone.
Le Gryffondor était convaincu que cette phase était inéluctable. Il avait rencontré Luna, il en était tombé amoureux et, depuis, pas un jour n'avait été identique à l'autre. Ils avaient vécu tellement d'aventures, les unes succédant aux autres, pour leur plus grand bonheur.
Il était conscient qu'ils s'étaient amusés plus que n'importe qui ! Il n'était pas étonnant que toute cette agitation finisse par retomber un peu. Ce n'était qu'une phase inéluctable. Ils ne pouvaient que mieux rebondir, après.
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Luna était frustrée. Neville le savait mais, il ne pouvait rien y faire. Pas encore, pas tout de suite. Il abordait ce moment charnière qui faisait qu'il ressentait cette nécessité d'une vie plus calme et plus stable.
Il avait besoin de penser, de réfléchir, de chercher et d'être. Ce qu'il vivait, à cet instant, était bon pour lui. Il multipliait les expériences humaines et professionnelles, il s'épanouissait et, pour tout dire, il s'éclatait réellement. Pas Luna.
Elle, elle avait simplement accepté de laisser le bonheur de Neville passer avant le sien. Parce qu'elle avait été malade. Trop faiblarde, elle s'était résignée mais désormais, elle ne pouvait plus le faire.
Elle n'était pas de ces femmes prêtes à se sacrifier pour un homme, quelle que soit la force de l'amour qu'elle lui portait. Neville ne pouvait pas lui en vouloir. Il savait à qui il avait à faire dès le début. Il l'aimait ainsi, en femme indépendante et déterminée à suivre sa propre route, et pas autrement.
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Luna s'ennuyait. Elle avait besoin d'exotisme et de folie. Rien de ce qu'elle trouvait en Grande-Bretagne n'était, ni ne pouvait être, à la hauteur de ses attentes. Il le savait. Tout comme il n'ignorait pas qu'il devait la laisser prendre son envol pour mieux la retrouver. Plus tard.
Il le savait mais il n'en avait pas envie. Il l'aimait, sa blonde. Neville l'aimait tellement qu'il aurait préféré pouvoir la garder avec lui mais elle n'était pas un oisillon qu'on enfermait dans une cage pour le protéger.
Elle ne pouvait se contenter de vivre d'amour et d'eau fraîche, pas plus qu'elle ne pouvait accepter de l'attendre à la maison en laissant ses envies de côté. Elle devait vivre sa vie et tant que leurs besoins étaient différents, ils ne pouvaient, ni l'un, ni l'autre, se permettre de se retenir, de s'emprisonner.
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- « Tu sais que je ne peux pas repartir avec toi, Ma Douce ?
- Je sais. »
Ils se tenaient l'un face à l'autre, à moins d'un pas de distance et il se dégageait une sorte de paix, ou de résignation, dans leurs regards.
- « Tu me reviendras, un jour, Nev' ? »
Il hocha la tête vigoureusement. Bien sûr qu'il lui reviendrait. Dès qu'il en aurait fini ici. Dès qu'il ne s'amuserait plus à donner des conférences à la BESOS. Dès qu'il ne supporterait plus les radotages du vieux Toods. Dès qu'il aurait fait le tour de ses recherches, qu'il aboutisse, ou non, à quelque chose.
C'était simplement trop tôt, pour le moment. Il fourmillait d'idées depuis quelques mois. Elles fusaient, de jour comme de nuit, et les premières expériences qu'il tentait avec Ron étaient concluantes.
Grâce aux plants qu'il lui avait fournis, le cadet Weasley avait créé un baume anesthésiant qui semblait prometteur. Deux Médicomages de Sainte-Mangouste avaient accepté de l'utiliser avec certains de leurs patients volontaires et à ce jour, aucun effet secondaire néfaste n'avait été détecté.
Il y avait bien cette teinte orangée qui restait sur la peau pendant quelques jours mais, Terence était en bonne voie pour arriver à annihiler cette coloration disgracieuse.
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Neville avait toujours du mal à croire qu'il travaillait vraiment avec ce type. Quand Ron lui avait parlé de son collègue spécialisé dans les potions médicinales complexes, il n'avait d'abord pas réagi.
Il n'avait pas plus moufté quand il le lui avait présenté mais, quand le Maître de Potions au corps d'athlète s'était présenté en énonçant son nom complet, Neville avait carrément avalé sa salive de travers.
Il n'avait pu s'empêcher de dévisager l'homme à qui il serrait la main, cet homme qui n'était autre que le père biologique d'Ashley. Dès qu'il avait pu, il avait couru le dire à Luna et ils n'avaient que pu constater à quel point le monde était petit.
Ils n'avaient rien dit à Pansy le concernant. Elle n'avait pas besoin de se torturer davantage les méninges. Entre les rumeurs qui couraient sur Harry et l'ombre de Nott qui continuait à planer au-dessus de sa tête, elle n'avait pas besoin d'un nouvel élément dramatique.
Et, bien que Neville ait un peu rechigné, au début, à collaborer avec Terence, il s'était rapidement aperçu, en le côtoyant chaque semaine dans le cadre de leurs recherches, que l'homme en question n'était pas désagréable.
Il n'avait rien de chaleureux et n'était pas à proprement parler un boute-en-train mais il était intelligent et proposait de bonnes idées. La seule chose qu'il pouvait lui reprocher était son opportunisme.
Depuis que Terence s'était affilié à leurs recherches, il n'hésitait jamais à profiter des filières botaniques de Neville et à exploiter ses boutures, multipliant des demandes toujours plus pointues, pour des produits rares et expansifs.
Le Gryffondor n'avait d'autres choix que de s'y plier. La satisfaction de ses besoins était nécessaire pour faire avancer ses recherches et, lorsqu'il rechignait à dégoter un plant ou un autre, Ron lui mettait la pression.
- « On prend déjà de son temps, on peut bien faire ça pour lui ! Sans Terence... ».
Neville abdiquait et satisfaisait ses envies. Pour la science !
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- « Je ne te retiendrais pas, Ma Douce. Je te le jure mais... Qu'est-ce que tu vas me manquer. »
Le brun la prit dans ses bras et ils se trouvèrent stupides, à être au bord des larmes. Ils ne se disaient pas vraiment adieu. Tout juste un au revoir et à bientôt. Pourtant, ils n'avaient pas vraiment vécu séparés depuis la fin de la guerre.
Cinq ans qu'ils partageaient leur quotidien, sans vague, filant avec le courant, sans tempête. Il était effrayant d'envisager une vie sans sa moitié. Ils avaient peur des fantômes qu'ils rencontreraient alors.
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- « Tu retournes en Amérique du Sud ?
- Non. Pas sans toi. Là-bas, c'est nous. Je refuse de clore ce chapitre sans toi. Je pars dans les Indes.
- Oh. Tu me ramèneras du thé ? » Demanda-t-il bêtement, faisant rire Luna.
- « Tout un tas ! Je te noierais dans le thé et je serais obligée de te faire du bouche-à-bouche pour que tu respires à nouveau. Comme les moldus !
- Je me noie déjà, tu sais. »
Elle eut un sourire triste et baisa ses lèvres doucement. Elles allaient lui manquer, ces lèvres. Neville était devenu doué, avec les années. Quand il la touchait, il était sûr de lui. Il savait toujours comment la faire réagir. Il la faisait se tortiller, rire et pleurer de bonheur.
- « Nev'. Tu me diras ?
- Quoi Ma Douce ?
- Si tu m'oublies... Si nos Voltarem s'en vont pour une autre.
- Je ne t'oublierai pas. Jamais.
- Tu ne sais pas. Peut-être que si je pars trop longtemps, je m'effacerai de ton esprit. » Elle lui fit un clin d'œil. « Tu sais, il n'existe pas de Rapeltou pour l'amour.
- Je ne t'oublierais pas. Et puis nous ne serons pas séparés longtemps. Je le sais. On se retrouvera vite.
- Le temps est traître, Nev'... »
Il respira son odeur, enfouissant son nez dans le cou de Luna.
- « J'ai confiance. On ne sera qu'à un Portoloin de distance.
- Aime-moi encore, avant que je m'en aille. »
J'en vois déjà qui ont envie de me mettre des tartes... Bon, je dois dire que je les préfère au citron et éventuellement meringuées, pour ma part... Verdict ?!
