[MàJ Août 2021]
Note de l'auteur : Bonjour vous, le chapitre précédent n'a pas émulé les foules, je vais mettre ça sur le compte de l'émotion... C'est vrai, dur, dur de voir ces deux loustics s'éloigner ! Mais bon, vous savez que rien n'est jamais définitif avant que le mot "fin" ne soit prononcé... Brèfle, passons à la suite, aujourd'hui, c'est un certain rouquin susceptible qui nous intéresse...
Je vous remercie toujours pour votre fidélité et, comme toujours, n'hésitez pas à commenter, critiquer, conspuer ou encenser, tout me va tant que vous me donnez votre avis ^^
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Bonne lecture et à très vite !
Chapitre 54 – Ron
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Ron était étrangement ému. Cinq ans en amont, jour pour jour, se livrait la plus grande bataille qu'il n'avait jamais connu. Et qu'il espérait ne jamais plus connaître.
Lorsque son invitation lui était parvenue, par Goéland Express [1], il ne s'était même pas rendu compte de l'ampleur que ce jour revêtait. Il n'y avait pas plus prêté attention quand les demandes d'interviews s'étaient multipliées et il avait noué sa cravate machinalement ce matin, bien que d'habitude, il n'en portait jamais.
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Après l'heure du déjeuner, il avait atterrit à Pré-au-Lard, presque sans y réfléchir et s'était dirigé à travers le village les mains dans les poches, le nez au vent, laissant ses pieds le guider sans réellement prêter garde à ce qu'il faisait.
Le soleil brillait haut, les arbres étaient en fleurs et les massifs débordaient de couleurs. La nature était belle et ne demandait pas à penser. Le bruit du gravier qui crissait sous ses pieds l'avait accompagné jusqu'à la grille du château et ce n'était qu'en franchissant les portes de son ancienne école que tout lui était revenu.
En un instant, il avait fait un bond en arrière. Il revoyait, par flashs, le château en ruine. Il entendait les détonations et la voix du Lord Noir qui résonnait à ses oreilles. Il se souvenait des tentes blanches et des morts, de la douleur et de la souffrance. Et derrière, tout derrière, les moments heureux se frayaient un chemin.
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Il se rappelait des sentiments qui l'étreignaient dans la Chambre des Secrets quand, avec Hermione, ils avaient détruit la coupe de Helga Poufsouffle. Le souvenir de leur baiser, leur premier, lui fit l'effet d'une gifle, de celles qui remettent les idées en place.
Un sourire nostalgique prit naissance sur ses lèvres, un sourire plein de réminiscences douces-amères qui semblaient étrangement lointaines, désormais. Il ne se rendit pas compte avoir traversé le Parc et, déjà, il franchissait les immenses portes en bois de l'impressionnante bâtisse.
Il eut envie de rire, subitement. Cette école avait un peu été sa maison, à lui aussi. Comme tant d'autres, il y avait vécu autant de joies que de peines. Des fantômes du passé revenaient gentiment le hanter au fil des couloirs.
Là, il se voyait embrasser Lavande, ici, il insultait Parkinson. Derrière cette alcôve, il se cachait en vain de Rogue et de ses retenues à l'emporte-pièce. Devant ce tableau, il lançait un chauve-furie à Percy. Devant cet autre, il suppliait Hermione de lui prêter son devoir d'Astronomie.
Chaque souvenir était comme un bonbon sucré qu'il appréciait pleinement. Il était presque surpris de se rappeler aussi clairement de tous ces moments. Ils n'étaient même pas nécessairement joyeux. Fred était mort ici. Comme Tonk et Lupin. Mais tout ce qu'il y avait vécu avait tracé la voie qu'il suivait aujourd'hui. Et finalement, il était plutôt satisfait de ce qu'il vivait à cet instant précis.
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Quand il s'était greffé au projet un peu dingue de Harry et Hermione, il l'avait fait à reculons. Il n'avait pas envie de revenir sur son passé et ne se sentait pas prêt à les revoir, à se confronter à eux et à tous les non-dits qui s'étaient accumulés en seulement quelques années.
Il pensait ne pas vouloir remuer tout ce qu'il s'était si bien évertué à enterrer derrière sa colère et sa susceptibilité. Pourtant, les revoir régulièrement avait été facile. Presque naturel. Il avait ravalé les restes de rancœur qui pointaient encore parfois et avait imposé sa participation.
Rapidement, ils avaient convenu de rencontres hebdomadaires. Chaque semaine, ils faisaient le point, proposaient des corrections ou des ajouts, discutaient des éléments à révéler et de ceux à taire jusque dans la tombe.
Progressivement, ils s'étaient remis à rire, ensemble, d'un événement ou d'un autre, évoquant des anecdotes plus ou moins importantes, confrontant leurs vécus parfois diamétralement opposés.
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Ce n'était que des rencontres professionnelles. Ils continuaient chacun leurs vies de leurs côtés sans même songer à aller plus loin mais, il était bon de rire à nouveau, ensemble. De se souvenir des Noëls passés et des farces jouées. De tout ce qui faisait qu'ils étaient inséparables, à une époque.
C'était agréable mais ils s'étaient refusés tous trois à aller plus loin. Ils n'étaient plus les mêmes, désormais. Sauf peut-être Harry. Lui n'avait pas tellement changé. Toujours entier, impulsif et impétueux et pourtant, il portait toujours son cœur sur la main, sans se soucier de ceux qui ne rêvaient que de l'écraser.
Ron avait changé, lui. Il savait qu'il n'était plus ce gamin trop susceptible qui n'avait pour autre défense que l'humour. Il comprenait, enfin, qu'il n'était pas seulement la cinquième roue du carrosse. Il était quelqu'un. Avec une position. Une vraie.
Il avait réussi à pardonner à George d'être devenu celui qu'il était maintenant. Ron était en passe de devenir un Maître de Potion accompli et son avenir était tout tracé. Mieux encore, il était désormais un rempart pour sa sœur et ses parents ne se cachaient plus de dire leur fierté de l'avoir pour fils.
Il n'était pas personne, contrairement à ce qu'il avait cru de trop longues années. Il s'était révélé.
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Celle qui avait le plus changé, selon Ron, restait Hermione. Son Hermione avait disparu au fil des ans et, quand il s'en était aperçu, il en était resté pantois.
Cette pensée l'avait frappé, un soir, en enfilant son bas de pyjama, après leur cinquième ou sixième rendez-vous de travail. D'un seul coup, il avait pris conscience que le lien invisible entre elle et lui, qu'il s'était tant évertué à garder intact, s'étiolait. Il s'effilochait à une vitesse folle, en fait.
Il disparaissait parce qu'elle n'était plus la fille dont il était tombé amoureux. Cette fille, cette Hermione-là, n'existait plus. C'était étrange mais, il n'avait eu besoin que de quelques semaines pour s'en apercevoir. La fille, la femme, qu'il avait retrouvée était une personne différente.
Elle était toujours aussi intelligente, toujours aussi jolie mais, elle était autre. Elle était plus cynique, moins naïve et, par certains côtés, il la découvrait également plus insouciante.
Quand il l'avait vraiment compris, il en était resté coi, son bas de pyjama à moitié enfilé. C'était comme recevoir une claque mais, passée la surprise, il s'était également aperçu qu'il pouvait enfin affirmer haut et fort qu'il n'avait aucun regret.
Ces derniers mois lui avaient permis de souffler cette flamme et il se sentait prêt à suivre une nouvelle route et découvrir d'autres voies. Et ce sentiment était une vraie bouffée d'oxygène. Bien sûr, cela n'empêchait pas qu'il se refusait toujours de passer plus de cinq minutes dans la même pièce que Malefoy mais, la fouine le lui rendait aussi bien.
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Le sourire aux lèvres, Ron franchit les portes de la Grande-Salle et en eut le souffle coupé. Le spectacle était splendide. Tout au long de la pièce, des rangées de chaises faisaient face à une scène pourvue d'une dizaine de hauts fauteuils rembourrés d'un tissu foncé.
Au sol, les dalles blanches contrastaient avec le tapis velouté noir qui courait de l'entrée à l'estrade qui se tenait prête à accueillir les Héros célébrés ce jour, dont Ron faisait partie. Sur un mur, les quatre étendards, à l'effigie des Maisons de Poudlard, prenaient place, rappelant à tous l'importance de l'école dans le monde magique. Tout un symbole.
Sur un autre pan, les portraits de Dumbledore et de Rogue avaient été descendus du bureau directorial et, leurs prédécesseurs, probablement vexés d'avoir été laissés pour compte, à l'écart, essayaient régulièrement de déloger les propriétaires de leurs toiles pour y prendre place, se faufilant de tableau en tableau.
Des bougies blanches, entourées de halos vaporeux, flottaient dans les airs et, derrière les flammèches ambrées, un ciel bleu, d'une clarté éblouissante, illuminait la pièce. Les rayons du soleil semblaient frapper tous les murs à la fois, comme s'ils naissaient indifféremment depuis l'Est, l'Ouest, le Sud et le Nord.
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Ron avança doucement, presque solennellement, le long de l'allée prévue à cet effet. Les sièges les plus près de la sortie étaient libres d'accès. Aux premiers rangs allaient être installés les membres éminents du Ministère s'étant positivement distingués pendant la période sombre, les rescapés de l'Ordre du Phoenix qui n'auraient pas l'honneur d'être sur la scène et les Résistants de premier plan.
Sur les rangées suivantes, les élèves de Poudlard allaient également être aux premières loges. Ils le méritaient, qu'ils aient ou non connu la Guerre. Les événements du jour faisaient partie de l'Histoire. De leur histoire. Ils se devaient de la célébrer, de la connaître et de la transmettre.
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Lorsqu'il ne fut plus qu'à un mètre de l'estrade, Ron se retourna et observa la salle, s'attendant à juste titre à la voir s'étendre à l'infini à mesure de l'arrivée des invités. Il sentit instantanément une boule se former dans sa gorge.
Il n'avait jamais parlé devant un tel auditoire et ne se sentait pas l'âme d'un grand orateur. Il s'imaginait déjà bafouiller et enchaîner les jeux de mots foireux ne faisant rire que lui. Le rouge lui monta aux joues instantanément et, si cela ne suffisait pas, une voix aussi enjouée que surprise l'interpella, le faisant sursauter.
- « Mr Weasley ! »
Si elle n'avait pas été en train de sourire, de ses lèvres trop fines, il aurait pu croire que la Directrice McGonagall s'apprêtait à le houspiller ! Il lui rendit un sourire incertain et, s'appuyant sur le bras de Hermione avec qui elle devait être en grande conversation quelques secondes en amont, la vieille femme s'avança à sa rencontre.
- « Quel plaisir de vous revoir dans ces murs ! »
Il eut un rire gêné. La gestion de cette école devait être bien délétère pour rendre tous ses directeurs gâteux avant l'âge ! D'abord Dumbledore qui, les dernières années n'était plus totalement net, et maintenant elle !
Ron était bien persuadé que jamais ces mots n'auraient pu franchir la bouche de la Grande Minerva McGonagall quand elle avait encore toute sa tête ! Il ne manquait plus qu'elle se réjouisse du retour de George à Poudlard et elle serait bonne pour un aller simple à Sainte-Mangouste.
Retenant un rire, il salua les deux femmes et, après avoir pris les nouvelles d'usage, s'enquit du déroulement de cette journée particulière.
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Le Ministère de la Magie avait vu les choses en grand ! Personne n'était dupe. Kingsley et son équipe gouvernementale espéraient faire oublier, ne serait-ce que momentanément, la grave crise qui émergeait dans la société sorcière.
Ron savait qu'il avait des loupées en sciences politiques mais, lui aussi, sentait le changement. La population était fébrile et le Ministère enchaînait réformes sur réformes. Parfois, il faisait des bonds en avant pour, aussitôt après, faire marche arrière, ayant oublié de franchir des étapes essentielles.
Par moments, le monde semblait réellement tourner à l'envers. Il n'y avait qu'à voir ! Les changements climatiques allaient bon train, donnant l'impression que la météo n'en faisait qu'à sa tête.
Dernièrement, des vagues de chaleur balayaient le pays et, le moins qu'on pouvait dire était que cela ne semblait pas prêt de changer. Kingsley voulait peut-être préserver les foules en leur offrant de la grandiloquence mais Ron savait que ce n'était qu'un paravent derrière lequel il se cachait.
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Il s'en voulait presque de participer à la dispersion de cet écran de fumée. Il n'y avait pourtant aucun doute que cette journée allait faire grand bruit ! En effet, Sir Swiftlith avait validé l'ouvrage du Trio d'Or, comme il s'amusait toujours bêtement à les appeler, quelques semaines plus tôt et un millier d'exemplaires était sorti des presses d'Obscurus Book.
Depuis une quinzaine, 'Miley dit' annonçait systématiquement et alternativement dans différents organes de Presse, la publication d'un livre « fracassant », « plein de rebondissements », un ouvrage qui, « enfin, rétablira la vérité ».
Partout, des chuchotements se faisaient entendre. Les uns cherchaient à savoir qui, où, quand, comment, les autres prenaient les paris et les plus patients attendaient religieusement.
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Nombreux étaient ceux qui soupçonnaient, à juste titre, des révélations de Harry, la presse faisant vraiment trop de bruit autour de son cas. Ron n'en pouvait plus d'écouter toutes ces spéculations, toujours plus farfelues.
Où qu'il soit – au labo, au café du coin, dans une rue de Standford – il avait toujours les oreilles qui bourdonnaient. Le pire, dans toute cette affaire, c'était que Harry et Hermione s'étaient déchargés du bébé sur lui !
Ron était tellement habitué à rester en arrière que l'idée d'être en première ligne pour annoncer la parution officielle de leur ouvrage ne lui avait même pas traversé l'esprit. Encore moins lorsqu'il avait eu le premier exemplaire en main !
Le système alphabétique lui-même le laissait en dernière position. Pourtant, rapidement, il s'était vu attribuer la responsabilité de la Conférence de Presse qui allait suivre les festivités du jour.
Il en avait été réellement surpris mais, à la réflexion, il était vrai que jeter Harry en pâture aux journalistes aurait été contre-productif. L'Élu n'était clairement pas en odeur de sainteté depuis que Tourdenoy avait monté cet ignoble dossier sur lui et Gin' !
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Lorsqu'il avait lu le tout premier article relatant les faits de violence de Harry à l'égard de sa sœur, Ron avait réellement vu rouge. L'ignominie attribuée à l'Élu paraissait tellement plausible quand on avait déjà été confronté à ses sautes d'humeurs !
Les témoignages, tous plus immondes les uns que les autres, brodaient un portrait si crédible qu'il s'en était fallu de peu pour que Ron ne débarque manu-militari chez Harry, lui faire payer les outrages infligés à Ginny !
Cependant, dans un instant de lucidité, il avait trouvé la force d'aller à la rencontre de sa cadette avant de commettre l'irréparable. Il en bénissait encore Merlin car Gin' lui avait avoué que l'origine de ces articles venait de sa rupture avec Anthony.
Quand elle l'avait quitté, il n'avait pu s'empêcher de se faire payer à prix d'or des interviews, élucubrant autour des confidences de la rouquine. Mesquin et avide d'une popularité qu'il ne méritait pas, il avait sans complexe déclenché cette déferlante médiatique qui s'abattait sur Harry et elle.
Sur les suppliques de sa sœur, Ron avait ignoré les articles qui s'étaient succédés, ces derniers mois, chaque semaine amenant son lot de « révélations », toujours un peu plus sordides. Mais, il n'était pas complètement dupe.
Il n'y avait eu aucune poursuite judiciaire contre le Survivant suite aux accusations de maltraitances et d'agressions portées à son encontre mais, sa sœur n'avait pas non plus démenti totalement.
Elle justifiait son silence, tant auprès de la presse que de ses proches, en soutenant vouloir se faire oublier. Elle préférait rester éloignée des médias et il ne pouvait que l'en féliciter mais il ne comprenait pas réellement sa position.
A chaque fois que Ron avait réussi à la faire parler de toute cette histoire, elle n'avait jamais pris une position de victime. Elle avait simplement eu l'air blasée et avait mis un point d'honneur à laisser les journalistes enfoncer Harry.
Elle ne voulait rien faire pour l'aider à rétablir son honneur et s'était même amusée, certaines fois, des manifestations du CASTRER, le Collectif Autonome de Sorcières Totalement Réfractaire aux Êtres Rétrogrades.
Quoiqu'il ait pu se passer entre Harry et Ginny, Ron restait intimement persuadé que la punition semblait aussi mesquine que peu proportionnelle aux torts qui pouvaient être reprochés au Survivant.
Heureusement pour lui, les médisances à l'égard de Harry s'apaisaient légèrement, les chuchotements se faisaient un peu moindre ces derniers temps. Toutefois et, dans ces conditions, il n'était simplement pas envisageable de le laisser en première ligne face à la presse.
Il allait être dévoré tout cru et, si Ron gardait quelques griefs à son égard, il ne pensait pas que le Survivant méritait d'être roulé dans la boue de cette manière !
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Le brun hors-jeu, la charge de l'annonce de la parution de leur livre aurait dû naturellement se porter sur l'atout féminin de leur groupe mais Hermione semblait vivre une étrange période. Elle n'avait même pas voulu envisager être sur le devant de la scène.
Ron ne savait pas réellement ce qu'il se passait avec le blond peroxydé mais, elle paraissait un peu blafarde dernièrement. Et finalement, il ne restait plus que lui. Lui. Ron. Ron Weasley allait être celui qui jetterait un pavé dans la mare. Il avait encore du mal à y croire.
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Il écouta, d'une oreille distraite, les dernières recommandations de Hermione, à sa gauche. Il ne s'était même pas aperçu que la salle commençait à se remplir doucement et sursauta lorsque Kingsley l'interpella, le sortant totalement de ses rêveries.
Ils s'adressèrent une chaleureuse poignée de main et le Premier Ministre le poussa un peu plus vers l'estrade, l'invitant à grimper les quatre petites marches. Sans réellement réfléchir, Ron rejoignit le fauteuil dont les accoudoirs étaient gravés à son nom sur la gauche et à ses prénoms sur la droite, en lettres d'or. C'était un beau fauteuil, confortable, dont l'assise et le dossier étaient en cuir de dragon rembourrés.
Les chuchotements de son père, présent également sur la scène, se joignirent à ceux de Hermione, indistincts. Ron avait les mains moites et quelques cheveux lui collaient au front à la vue du parterre lui faisant face.
De grands sorciers, des petits, des renommés, des gosses, de grosses femmes, des sorcières trop maquillées. Tous apprêtés, en tenue de cérémonie, le visage grave. L'atmosphère était bourdonnante, des chaises raclaient au sol à mesure que de nouveaux arrivants prenaient place.
Il s'exhorta au calme et, faisant discrètement glisser sa baguette de sa manche à sa main, s'appliqua un sort rafraîchissant qui donna la chair de poule à ses voisins directs. Kingsley se racla la gorge, prêt à ouvrir la « Première Cérémonie d'Hommage aux Insoumis à la Terreur ».
- « Oh ! Par les caleçons de Merlin ! » souffla Hermione avec un clin d'œil. « C'est la journée du PCHIT, Ron ! Du pchit ! »
Il se retint de pouffer de rire et, en à peine quelques secondes, toute la salle se figea au son d'un roulement de tambour martial. Les fantômes de Poudlard s'immobilisèrent, sans ordre et en bataille dans les airs, ou en n'ayant qu'à moitié traversé un mur concernant le Moine Gras.
McGonagall, rajusta ses petites lunettes carrées sur son nez avec un air agacé et, d'un mouvement du menton, leur ordonna de prendre place au niveau du public, plus près du sol. Ils s'exécutèrent et rejoignirent les rangs. Même Peeves n'osa moufter.
Une Sonate raisonna et tout le monde se leva, solennellement. Les Héros célébrés cinq ans auparavant furent à nouveau congratulés et acclamés et, ceux oubliés à l'époque furent appelés, les uns après les autres.
Chacun des convives présents sur l'estrade avait un rôle à jouer dans ce rattrapage et Ron, assigné à Ravens, lui remit avec une certaine émotion l'Ordre de Merlin Deuxième Classe. Puis Kingsley prit à nouveau la parole pour un discours grandiloquent avant d'enjoindre tous les présents à profiter d'une Garden-Party moins protocolaire.
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La cérémonie se déroula à une vitesse folle et Ron, qui avait été fier de son discours ovationné pendant la cérémonie, recommençait à trembler à l'idée de mener à bien sa Conférence de Presse. Plus les minutes passaient et plus l'idée de présenter ce livre lui paraissait bancale et périlleuse.
Ils étaient peut-être des Héros mais ils avaient enfreint un nombre incalculable de lois depuis qu'ils s'étaient rencontrés avec Harry et Hermione. Et dans cet ouvrage, ils n'avaient pu faire autrement que de révéler certaines de leurs failles.
Ils les exposaient publiquement, quitte à ce qu'elles soient utilisées contre eux et qui pouvait prévoir l'impact qu'allait avoir leur livre sur le gouvernement en place. Peut-être risquait-il de l'ébranler davantage encore. Les répercussions pouvaient être énormes.
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Il croqua dans un bâtonnet de carotte pour se donner du courage et Harry lui tendit une Bièraubeurre. Ils se jetèrent des regards en biais et rejoignirent Hermione qui s'entretenait à quelques pas de là avec Parson, un des Aurors ayant participé à la recherche de ses parents.
Après un hochement de tête déterminé, réalisé par eux trois comme un seul homme, ils se dirigèrent vers la tente réservée aux journalistes et Ron prit place à la Table des Révélations.
Elle était longue de cinq mètres, à même d'accueillir une petite dizaine de convives et, une fois installé, il faisait face à trente-cinq reporters et photographes en tous genres, dont certains n'étaient même pas anglais.
Il jeta un regard perdu à ses co-auteurs qui, compatissant, acceptèrent de se joindre à lui. Harry s'assit à sa droite et Hermione à sa gauche, reculant imperceptiblement leurs chaises pour le laisser en avant.
Ron s'éclaircit la gorge, fort peu élégamment et jeta un Amplificatum sur ce qui ressemblait, la seconde d'avant, à un dé à coudre. Un livre d'une trentaine de centimètres de longueur le remplaça et Ron en présenta la couverture à son auditoire.
- « Mesdames, Messieurs, j'ai l'honneur de vous présenter 'Tom Elvis Jedusor et les Reliques de La Mort', par Hermione Jane Granger, Harry James Potter, et moi-même, Ronald Bilius Weasley, en librairie, dès aujourd'hui ! »
Un murmure parcouru l'auditoire quand les lettres, d'un vert brillant, composant le nom du Lord Noir s'arrachèrent à la couverture pour former l'anagramme « Je suis Voldemort ». Des flashs crépitèrent par dizaines et, la minute suivante, une trentaine de voix s'élevèrent toutes en même temps et l'assaillèrent de questions.
Verdict ?! Qu'en pensez-vous ?
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Goéland Express [1] : Service postal magique. Terme créé pour ma fic "Égrène les jours".
