[MàJ Août 2021]
Note de l'autrice : Bonjour à tou•te•s ! Encore un lundi, un nouveau chapitre... Ron n'a pas eu droit à beaucoup de réactions, comme souvent (le pauvre), peut-être Hannah vous intéressera-t-elle plus... Il est vrai que nous les avions laissés, avec George, dans une situation un peu particulière...
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Comme toujours, je vous remercie de passer lire cette fic et n'hésitez pas à commenter, critiquer, conspuer ou encenser ! ^^
Avant de passer à la suite, une petite RàR (M Malfoy 34) ici : https (deux points slash slash) www (point) fanfiction (point) net (slash) topic (slash) 237726 (slash) 186030960 (slash) 1 (slash dièse) 186030960
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Bonne lecture et à très vite !
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Chapitre 55 – Hannah
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- « Hannah ! HANNAH ! HANNAH ! Je sais que tu es là ! »
Quinze jours. Elle n'avait plus entendu cette voix depuis quinze jours. Elle avait presque espéré qu'elle ne l'entendrait plus jamais. En tout cas, pas comme ça, pas à hurler sous ses fenêtres à trois heures du matin.
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Après cette nuit avec George, sa première nuit, Hannah était rentrée chez elle comme une automate, la tête vide. Elle n'avait rien vu de ce qui l'entourait. Rien. Un trou noir.
Elle s'était sentie heureuse, pourtant. Heureuse d'avoir franchi ce cap, heureuse de savoir ce que c'était, d'avoir été aimée, ne serait-ce que pour quelques heures, heureuse d'avoir été aussi intime avec un homme, et plus encore avec cet homme-là, en particulier.
Il l'avait désirée et possédée, lui entre tous, elle entre toutes. Elle était heureuse et, pourtant, tout aussi mortifiée. Mortifiée à l'idée de ne l'avoir peut-être pas entièrement satisfait, de ne pas avoir été à la hauteur, mortifiée de son manque d'expérience, mortifiée qu'il ait tout vu de son corps trop flasque, sans aucune barrière, mortifiée de n'avoir pu cacher ses défauts.
Sur le moment, elle n'y avait même pas pensé. Elle était trop prise par ses sensations, trop attentive à ne pas faire d'erreur, trop concentrée par le corps, ce corps, tellement masculin, qui se mouvait en elle.
En y repensant, froidement, elle ne réussissait qu'à se souvenir de son propre corps, trop imparfait, de son ventre qui prenait des airs de gélatine sous les coups de boutoirs, des bruits que produisaient leurs peaux trop moites en claquant l'une contre l'autre.
Cette nuit-là, seule dans sa chambre, elle souriait, riait nerveusement, rougissait comme une pivoine et se cachait les yeux de gêne sous ses couvertures.
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Ensuite, elle avait eu peur – peut-être comme jamais – de le revoir. Peur des réactions qu'il allait avoir. Elle savait. Elle savait qu'elle n'avait pas le droit d'être amoureuse de lui. Peu importait ce qu'elle ressentait vraiment. Il le lui interdisait depuis toujours. Pas explicitement, c'était vrai.
Il ne l'avait jamais dit avec des mots. Mais, elle le savait. Simplement parce qu'elle le connaissait vraiment. Vraiment trop bien. Elle le savait, aussi, parce qu'elle était déjà amoureuse de lui. Elle n'en avait pas le droit. Alors, elle devait faire comme si ce n'était pas réel.
Comme si ce qu'il s'était passé ne comptait pas. Pour qu'il comprenne que ce n'était pas grave, si lui ne l'aimait pas. Elle savait, dès le départ. Elle était prête à accepter qu'il lui avait déjà donné le maximum de ce qu'il avait à offrir.
Elle était prête à l'accepter, tant qu'il ne se détournait pas totalement d'elle. Tant qu'il restait dans sa vie, même de loin, même dans les bras d'autres femmes.
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Après cette nuit, ils ne se reparlèrent pas pendant près de trois semaines. Ce n'était même pas vraiment voulu ou prémédité. La nouvelle année amenait de nombreux clients au Puffapod's et Hannah n'avait pas le temps de bavarder avec qui que ce soit. Peut-être qu'elle ne le prenait pas, non plus.
Parfois, ils se jetaient des regards en biais mais ils ne prononçaient pas un mot. Pas un. De toute façon, George arrivait toujours tard, à cette période. Bien après l'heure du thé. Il faisait systématiquement la fermeture de sa boutique et enchaînait les heures supplémentaires.
Enfin, c'était ce qu'elle se disait. Hannah n'en savait rien. Ce qu'elle savait, par contre, c'était que, quand il arrivait au bar, les clients dansaient déjà depuis un moment et qu'ils n'avaient plus l'occasion de se consacrer du temps.
Et puis, il y avait finalement eu ce jour, à la mi-janvier, où il était venu avec sa petite sœur, Ginny, juste après l'ouverture, sur les coups de quinze heures. Mandy était directement allé les servir et Hannah n'avait pu détacher ses yeux de George.
Avant ça, avant qu'ils ne fassent l'amour, il venait toujours la saluer, trouvant un bon mot et l'affublant d'un surnom ridicule. Les dernières semaines, elle l'avait excusé mais pas ce jour-là. Pas en cet après-midi trop calme.
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Elle avait eu beaucoup plus de difficulté à digérer son silence. Elle avait attendu que Ginny aille se rafraîchir pour se précipiter à leur table. Elle avait salué George d'une voix grave, s'étonnant d'arriver à ne pas la faire trembler et il avait seulement baissé les yeux.
Outrée, elle lui avait fait claquer son torchon sur l'épaule en lui interdisant de jouer à l'enfant. Il avait poussé un cri ridicule sous la surprise et elle n'avait pu s'empêcher de retenir un rire. Les coins de la bouche de George s'étaient également incurvés et elle s'était bêtement perdue dans l'exploration de ses traits qu'elle trouvait si beaux, malgré leurs marques d'anxiété.
Il lui avait finalement souri de toutes ses dents et avait dit une bêtise qui l'avait fait rire. Et tout était redevenu comme avant, ou presque. Il venait moins fréquemment au bar mais avait toujours une attention pour elle. Il plaisantait, souvent, et se plaignait, parfois.
Il draguait d'autres filles mais elle ne le surprenait plus dans des situations compromettantes. Il ne les embrassait même pas dans ses murs et, elle ne doutait pas que cela devait lui demander des efforts considérables de self-control. Et février était arrivé.
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Un de ces soirs, il avait fait la fermeture, complètement imbibé, plus saoul qu'il ne l'aurait dû. Elle avait presque été déçue, elle n'avait plus vu George dans un tel état depuis si longtemps !
Quand ils s'étaient retrouvés seuls, le bar vidé des derniers clients et Mandy perdue quelque part à la cave, il s'était tant rapproché d'elle qu'elle arrivait sans peine à sentir son haleine sucrée par les GinFizWizBiz.
Il l'avait regardé, ce rouquin aux grands yeux tristes et elle avait arrêté de respirer. Guidée par une puissance supérieure, elle avait posé sa main sur l'épaule de George, peut-être pour le tenir à distance, peut-être pour le rapprocher un peu plus, elle ne savait pas vraiment.
Comme s'il n'avait attendu que ce signe, il avait plongé tête la première dans son cou, la respiration hachée et elle avait senti un violent frisson la parcourir de part en part. Elle était immobile comme une statue, complètement figée et, il l'avait achevée en posant ses lèvres sur sa peau, juste sous l'oreille, l'embrassant avec une douceur infinie.
Elle s'était sentie se liquéfier, instantanément, et son état s'était encore empiré lorsqu'il avait joint sa langue à sa bouche.
- « George... Non. »
Il s'était reculé à sa supplique. Déçu.
- « … J'ai pas envie de dormir seul, Hannah.
- …
- Reste avec moi. Juste cette nuit. Me laisse pas.
- ….
- Je ne te toucherais pas, si tu ne veux pas. Mais reste avec moi. »
Le regard qu'il lui avait lancé, l'espoir, l'attente qu'elle y lisait, son murmure rauque... Tout était intolérable. Elle ne pouvait faire comme si de rien n'était. Elle était consciente de faire une erreur mais, cela ne l'empêcha pas d'envoyer valser toutes ses résolutions.
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Elle l'avait ramené chez elle et ils s'étaient couchés platoniquement, dans une atmosphère aux relents mélancoliques. Hannah avait prié silencieusement pour qu'ils en restent là. Elle pouvait dormir à côté de lui sans qu'ils ne se touchent, avait-elle essayé de se persuader.
Une fois la lumière éteinte, elle s'était convaincue de faire comme si elle était seule dans son lit. C'était stupide. Il s'était mis à chuchoter, dans le noir et ils avaient discuté à mi-voix. Touchée par les confidences de George, elle n'avait même pas réalisé, sur l'instant, que c'était elle qui l'avait embrassé en premier.
Ils avaient fait l'amour et elle trouvait ce moment magnifique, malgré leurs maladresses. Il y avait eu quelque chose de sincère. De vrai. De mieux. Et il était resté avec elle, jusqu'au matin. Quand il s'était réveillé, bien plus tard qu'il ne l'aurait dû, elle avait ouvert un œil, et il lui avait souri.
Il lui avait dit « A plus tard » et s'était éclipsé au travail, en retard de plusieurs heures. Ils avaient commencé à se voir, en cachette, tard dans la nuit, chez l'un ou chez l'autre, sans rien se promettre. Souvent, quand ils avaient du temps libre, ils le passaient ensemble, en secret, sans personne d'autres qu'eux alentour.
Ils parlaient travail, philosophaient, évoquaient leurs valeurs et leurs rêves mais, Hannah savait qu'ils n'étaient pas un couple. Même quand George la consultait et requérait son avis pour refaire la décoration de sa cuisine, même quand il s'amusait à lui demander son avis sur les prénoms des enfants qu'il n'aurait jamais, pas plus quand il lui envoyait un hibou juste pour lui dire qu'il l'avait trouvée belle ce matin, endormie dans son lit et qu'il avait faim de son corps.
Elle avait joué le jeu pendant plus d'un mois. Elle se disait qu'elle acceptait les règles mais, quand elle avait vu George enlacer Mandy en lui chuchotant Merlin savait quoi à l'oreille, elle n'avait plus été d'accord.
Les regards sur d'autres femmes, elle pouvait les ignorer. Qu'il se frotte à son associée, sa meilleure amie, elle ne le pouvait pas. Elle l'avait refusé. Elle n'avait plus eu la capacité de jouer à ce jeu, encore moins alors qu'il l'avait ignorée toute la soirée et était parti sans même la saluer.
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Ce soir-là, Hannah était déjà au bord des larmes, en fermant le Puffapod's. Elle était triste et en colère et les frimas de mars n'arrangeaient rien. Dehors, il pleuvait à grosses gouttes et, obnubilée par ses idées sombres, elle n'avait même pas songé à se lancer un sort d'imperméabilité.
Trempée de la tête aux pieds, elle traversait la route lorsqu'elle avait senti une main s'agripper à son poignet, l'obligeant à se retourner. C'était lui. George. George qui riait de la surprendre ainsi, George qui voulait l'enlacer.
Elle s'était dégagée brusquement et lui avait dit qu'elle ne voulait plus jouer. Qu'elle en avait assez. Qu'ils ne pouvaient plus continuer à faire comme s'ils étaient un couple, seulement quand ça l'arrangeait, lui.
Elle voulait tout. Les bons moments comme les mauvais. Il n'avait qu'à dire oui. Ce n'était qu'un mot qui ne changeait rien à ce qu'ils avaient. Ils jouaient déjà au couple, la plupart du temps. Elle ne voulait qu'un engagement.
Il n'avait pas compris, évidemment. Il l'avait défiée du regard, en silence et lui avait saisi la nuque. Il l'avait sondée, les yeux dans les yeux, pendant ce qui avait semblé durer une éternité. Il lui avait simplement dit « Ne fais pas ça, Hannah. ».
Sa voix était sourde, pleine de reproches et d'espoirs bafoués. Ils avaient continué à se fixer, soutenant leurs regards, leurs visages trempés par la pluie battante, les cheveux collés au front, transis de froid par leurs vêtements mouillés. « Je n'ai pas le choix ».
Il avait relâché sa nuque, s'était éloigné d'un pas. « Moi non plus ». Et il était parti.
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Désespérée, elle avait enfoui ses regrets et avait attendu quelques jours. Quelques jours où elle avait espéré qu'il revienne vers elle. Qu'ils effacent tout. Quelques jours au cours desquels elle n'avait eu aucune nouvelle.
Elle avait ravalé son envie de se précipiter chez lui et de le supplier de la reprendre dans ses bras. Hannah avait tenu bon et avait pris une décision. Une décision simple et déterminée. Elle était partie en vacances. Des vraies vacances. Elle le méritait.
Elle trimait pour vivre correctement depuis trois ans, s'accordant à peine quelques jours de repos par-ci, par-là. Elle avait droit à des vacances. Encore plus avec ce que les deux Weasley lui avaient fait vivre depuis un an.
Elle était partie en Belgique, au tout début du printemps, chez une cousine éloignée qu'elle n'avait plus revu depuis près de dix ans, si ce n'était lors de l'inhumation de sa mère. Leurs retrouvailles avaient été étranges mais, cette coupure lui avait fait un bien fou.
Elle était revenue début mai, se sentant plus forte que jamais. Elle avait l'impression d'avoir vidé son esprit de tous les problèmes qui l'étreignaient, comme si toute cette distance lui avait confirmé le vieil adage moldu. « Loin des yeux, loin du cœur ». Elle était apaisée et se pensait prête à tout affronter. Tout.
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Elle avait repris le travail et avait constaté que George avait repris sa place de pilier de bar au Puffapod's. Elle avait tenté de l'ignorer quelques temps mais s'était tout aussi vite aperçue qu'elle replongeait tête la première. C'était peine perdue.
Elle serra les dents et plaisanta de nouveau avec lui, s'interdisant certains sujets, refusant tout contact de sa part et évitant de le regarder dans les yeux plus de quelques secondes. Il respecta cette nouvelle attitude de Hannah quelque temps.
Jusqu'à ce qu'il soit trop saoul pour se souvenir que, lui aussi, avait pris certaines résolutions par rapport à elle. Et il franchit la limite une fois de plus. Il l'avait enlacée, sans préavis et, bien qu'elle ait tenté de se libérer, elle s'était sentie fondre immédiatement.
En un claquement de doigts, ils s'embrassaient fiévreusement. En un clin d'œil, ils se débarrassaient de leurs vêtements, trop encombrants. En un battement de cils, George prenait possession du corps d'Hannah, à même le comptoir du bar.
Elle qui avait passé tant de temps à conspuer tous ces clients qui profanaient sans vergogne son Club était finalement prise dans le même tourbillon sauvage. Le besoin de mélanger leurs corps était trop pressant.
Ils se sentaient fébriles et éperdus et n'avaient simplement pas pu envisager reculer cet instant une minute de plus. Peut-être aurait-elle dû, d'ailleurs, se maîtriser. Être plus claire avec lui. Tout aurait été plus simple, alors.
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Même après avoir joui, George avait refusé de quitter la chaleur de son intimité. Il avait serré Hannah dans ses bras en logeant sa tête dans sa poitrine. Il avait l'air fragile de celui qui savoure un plaisir défendu.
Elle avait tenté de le repousser avec délicatesse mais, dans de tels instants, quelle que soit la douceur, le message était toujours le même. Elle n'avait pas le choix. Il l'électrisait. Il la galvanisait. Mais, quand il était aussi proche, il l'effrayait toujours davantage.
Elle avait eu des difficultés à retrouver l'usage de sa voix et, butant encore sur les mots, s'était rhabillée en vitesse. Elle avait rattaché ses cheveux et avait trouvé le courage de le regarder enfin alors qu'il restait stupidement à moitié nu devant elle, les bras ballants.
Elle avait ouvert la bouche et les mots s'étaient encore achoppés. Elle s'était raclé la gorge et avait finalement osé lui dire. Que ce n'était plus possible. Que c'était la dernière fois. Que c'était mal et que ça ne devait plus se reproduire. Et elle était partie, sans attendre de réponse. C'était assez. Et trop à la fois.
Il n'avait pas réagi. Elle ne l'avait plus revu. Sauf maintenant où, probablement saoul, il s'obstinait à rester sous sa fenêtre, à hurler à la lune. Elle, elle ne pouvait que fixer la clé de l'appartement de George. Cette clé qu'il lui avait donnée quand ils faisaient semblant et qu'elle ne lui avait jamais rendue.
Elle, elle ne lui avait pas laissé sa clé. Elle, elle n'avait pas fait semblant. Elle ne comprenait vraiment pas pourquoi il persistait. Elle lui avait dit d'arrêter. Qu'il était le seul fautif. Il ne voulait pas être en couple. George ne voulait pas être aimé.
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Verdict ?! Cette petite incursion chez Hannah vous a laissé quelle impression ?!
