[MàJ Août 2021]

Note de l'autrice : Bonjour à tou•te•s ! Bienvenue pour ce nouveau chapitre sur notre Survivant national... Voyons voir aujourd'hui où le conduit sa détermination à s'acoquiner avec une Serpentard pure souche... J'vous préviens, c'est pas forcément beau à voir !

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Comme toujours, je vous remercie pour vos reviews et vos fav, c'est toujours un plaisir. N'hésitez pas à m'donner vos avis, bons comme mauvais, sur le fond comme sur la forme de cette histoire !

Avant de passer à la suite, une petite RàR (M Malfoy 34) ici : https (deux points slash slash) www (point) fanfiction (point) net (slash) topic (slash) 237726 (slash) 186030960 (slash) 1 (slash dièse) 186030960

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Bonne lecture et à très vite !

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Chapitre 56 – Harry

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Les mains appuyées à son lavabo en céramique, Harry leva les yeux sur le grand miroir de la salle-de-bain et ne put s'empêcher de sursauter en rencontrant son reflet. Une de ses pommettes prenait une teinte verte et une estafilade courait sur son arcade sourcilière.

Sa vue était brouillée par le sang qui s'en échappait, son cou était marqué des doigts d'une main virile et l'air rendait piquante cette foutue coupure à la jonction de son lobe et de sa mâchoire. Il ferma les yeux et ôta ses lunettes tordues dont les verres étaient miraculeusement restés intacts.

Se redressant douloureusement en faisant craquer son dos, il serra les poings. N'importe quoi plutôt que de sentir ses doigts trembler comme ils menaçaient de le faire. Il n'allait pas pleurer. Il ne devait pas plus crier de rage. Il fallait juste ignorer la douleur, les plaies et les jointures de ses mains en sang.

Il appuya sa paume au miroir, simplement pour s'aider à pivoter et y laissa une empreinte d'un rouge trop intense. Il grimaça et fit trois pas, claudiquant, ayant l'impression qu'on lui arrachait les entrailles à chaque mouvement.

Il voulut lever son bras droit vers son placard à potion, la brûlure qu'il ressentit l'en dissuada. Du gauche, encore valide, il saisit deux flacons, en renversant d'autres au passage, ignorant le son du verre qui se brisait en atteignant le sol.

Respirant difficilement, il fit demi-tour, sachant qu'il allait avoir besoin de se raccrocher au lavabo à nouveau. Il n'avait plus l'énergie de tenir debout à la seule force de ses jambes. Il glissa, bêtement. Il n'avait pas remarqué la flaque de sang. De son sang.

Son dos claqua au sol et il déglutit, refoulant une nausée. C'était un miracle qu'il ne soit pas encore tombé dans l'inconscience. Glissant sur les traînées carmins, il se redressa sur ses genoux. Davantage, il ne pouvait plus.

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Ses doigts glissaient tant sur le petit bouchon de liège de la première fiole qu'il l'arracha finalement avec les dents, le laissant rebondir sur lui, n'ayant pas la force de le cracher au loin. Il en avala le contenu d'une longue gorgée, crispant ses traits sous le dégoût que la potion lui inspirait.

Une fumée noire s'échappa de ses blessures qui arrêtèrent aussitôt de saigner et une sensation de bien-être l'envahit pendant une trop courte seconde. Peut-être deux, pas plus. Tout aussi vite, une douleur lancinante irradia de son dos et son souffle se fit laborieux.

Il n'arrivait plus à respirer et sa vue fut brouillée par la sueur de son front. Il eut l'impression de crever avant d'arriver à reprendre le contrôle de son corps. Juste assez pour dévisser le bouchon de la seconde bouteille et laisser le liquide noir brûlant couler le long de sa gorge.

C'était comme un feu qui l'envahissait mais un feu qui lui faisait moins mal que ses plaies qui, déjà, s'ouvraient à nouveau. Il essaya de se relever en s'appuyant encore à la vasque du lavabo, glissant à deux reprises, faisant cogner durement ses rotules sur le carrelage froid avant d'y parvenir vraiment.

Les yeux rivés au miroir, il invoqua de l'essence de dictame et arracha sa chemise, jetant les lambeaux rougis au sol. Il grogna à chaque fois que l'élixir entra en contact avec sa peau, cicatrisant la plaie dans un crépitement à faire grincer les dents.

Ses blessures se refermèrent, laissant çà et là des traces boursouflées et il renversa son flacon qui se brisa en mille morceaux. Le verre des fioles tombées jonchait le sol mais il n'avait plus de force. Les éclats pouvaient attendre.

Il se traîna dans sa douche et, se laissant glisser au sol, s'extirpa comme il put de ses vêtements, les repoussant à peine du bout du pied. Il laissa l'eau couler longtemps le long de son corps qui rougissait sous la chaleur, trop forte.

Rompu de fatigue et les muscles endoloris, il oublia presque le monde qui l'entourait, ne ressentant que ce jet bouillant. La réalité lui revint immédiatement en pleine face lorsqu'il passa sa main sur sa joue. Sa pommette, toujours enflée, le rappelait à l'ordre. Son regard se durcit et il se savonna rapidement, désireux de sortir de cette salle-de-bain.

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Il n'avait rien vu venir. Rien. La soirée s'était plutôt bien déroulée en fait. A dix-sept heures, il avait récupéré Ashley à Oxford et ils étaient partis boire un Chocolat Frapadingue en attendant que Pansy sorte de ses épreuves. Encore quelques semaines, et elle serait officiellement Magizoologiste de Niveau Un.

Harry et Ash' avaient rejoint la brune à l'Institut puis, tout aussi vite, filé chez elle, au frais, pour se protéger de la chaleur harassante du mois de juin débutant. Ils avaient préparé le dîner et ressemblaient presque à une famille. Le brun se sentait à sa place, à leur côté, les écoutant raconter leurs journées, chahutant avec l'un et couvrant l'autre d'attention.

Ils avaient pris leur repas et avaient participé aux jeux d'Ashley, s'amusant du despotisme de l'enfant, jusqu'à ce qu'il aille se coucher. Avec Pansy, ils avaient ensuite profité d'une soirée agréable, serrés sur le canapé, à se chuchoter tout et rien au creux de l'oreille.

Tout était parti en vrille quand Harry n'avait plus réussi à tenir sa langue. « Tu es sûre que je ne peux pas rester, cette nuit ? ». Ce n'était qu'une question. Une simple question. Mais, il savait qu'il aurait mieux eu fait de se taire. Sa réaction, il la connaissait par cœur.

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Pansy qui, jusque-là, était confortablement appuyée contre le torse de Harry, s'était brusquement redressée. Elle avait utilisé la même excuse que les fois précédentes. Mot pour mot. Sa préférée. Ashley.

Son refrain était toujours le même et Harry comprenait de moins en moins bien son objection. Avec le petit, ils s'adoraient. Il n'y avait pas d'autre mot. Le Survivant le savait et il était persuadé que le fils de la brune ne se formaliserait pas en le trouvant, au petit matin, dans la cuisine ou la salle-de-bain.

Ils se voyaient déjà quasiment chaque jour, il lui changeait ses couches, préparait son goûter et lui racontait même des histoires à dormir debout quand il le bordait. Harry était même prêt à lui chanter des chansons quand le petit en avait envie et pourtant Merlin savait à quel point il n'avait pas l'oreille musicale !

Ashley, du haut de ses trois ans, était assez intelligent pour comprendre ce qu'il se passait. Pourtant, Pansy s'obstinait. Elle continuait à refuser de laisser Harry dormir chez elle et les nuits où elle confiait son fils à Andromeda et où elle se glissait entre les draps de Harry à Birmingham restaient trop rares.

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Il s'en agaçait, c'était inévitable. Il était trop heureux quand il se réveillait à ses côtés pour qu'il en soit autrement. Encore endormie, Pansy prenait des airs de poupée de cire. Sa peau trop pâle contrastait avec ses cheveux d'ébène et cette beauté froide donnait l'impression au brun d'observer une iconographie sans âge.

Il pouvait passer des heures à simplement la regarder dormir, détendue, sans fard. Elle n'acceptait de se montrer aussi naturelle que trop rarement. Il n'y avait vraiment que, protégée par la nuit, qu'elle s'autorisait à être elle et simplement elle. À nu, au propre comme au figuré. Naturellement belle.

Dans ces trop rares moments, il avait l'impression qu'elle était plus vraie. Plus réelle. Sans masque et sans barrière. Il en voulait plus. Il voulait cette Pansy chaque jour. Il s'imaginait, le sourire aux lèvres, passer des matinées au lit à ses côtés.

Il se voyait lui amener le petit-déjeuner, un jus de fruit, un café, des tartines, peu importait. Il n'attendait que de pouvoir lui prouver qu'il la chérissait et qu'il en serait de même jusqu'à la fin des temps, si tant est qu'elle le lui permettait, juste un peu.

Il n'avait pas besoin de grand-chose. Juste qu'elle lui accorde cette autorisation. Harry l'appréciait déjà trop pour son bien. Parfois, il se laissait aller et s'imaginait leur vie de famille. Il voyait les enfants qu'ils auraient, la maison qu'ils construiraient, les voyages qu'ils feraient et l'avenir qui leur sourirait.

Il n'était pas loin d'être amoureux de cette femme. Vraiment pas loin. Il n'avait besoin que d'une chose, qu'elle lui permette d'être amoureux d'elle. Ce n'était même pas une condition. C'était simplement incontournable. Tant qu'elle freinait des quatre fers, il ne pouvait simplement pas s'engager, quel que fût son désir.

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Harry tentait de ne pas s'agacer des appréhensions de Pansy mais, plus le temps passait, plus il était difficile de la justifier. Elle n'avait aucune raison concrète, palpable, d'avoir peur de lui. Chaque seconde qu'ils passaient ensemble était heureuse. Il n'y avait aucune anicroche. Aucune. Juste la réputation de Harry qui le précédait, une fois de plus.

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La brune n'avait jamais caché avoir souvent été troublée par l'image du Survivant, avant même qu'ils ne se fréquentent. Il l'avait toujours impressionnée, pour de bonnes ou de mauvaises raisons. Elle ne s'était jamais cachée d'être parfois intimidée, parfois admirative, face à ce qu'il représentait.

Davantage, d'ailleurs, troublée par ce qu'il représentait que par qui il était mais les rumeurs, les accusations qui avaient été portées contre lui ses derniers mois avaient empiré les choses. Il avait essayé de prendre les devants. Il lui avait raconté tout ce qu'il s'était passé avec Ginny, les épreuves qu'ils avaient traversées, les brimades mutuelles qu'ils n'avaient réussi à retenir, ni l'un, ni l'autre, la violence dont ils avaient fait preuve.

Les coups qu'ils s'étaient portés étaient différents dans la forme mais assez similaires dans le fond. Ils n'avaient même pas voulu se faire souffrir. Ils s'étaient juste laissés dépasser par la pression qu'ils s'étaient imposés.

Harry avait voulu se montrer honnête avec Pansy et il ne lui avait rien caché. Elle l'avait écoutée, un peu effarée, toujours plus troublée et avait eu besoin d'un temps de réflexion. Il s'y était attendu mais il avait été soulagé quand elle lui avait assuré que rien ne changeait entre eux.

Il s'était dit qu'elle dépasserait ses appréhensions et que, avec le temps, elle accepterait de s'engager réellement dans leur relation. Elle n'aurait plus peur de construire quelque chose de réel avec lui, le vrai lui, celui qu'elle apprenait chaque jour à connaître.

Il l'avait espéré et pourtant, ils n'avançaient pas d'un pouce. Pire encore, il arrivait à Harry de surprendre Pansy à l'observer en biais, lui lançant un regard qui semblait demander « Mais, qui es-tu ? ».

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Ce regard, Harry avait trop l'habitude de le voir sur les visages qui l'entouraient. Certaines fois, une sorte d'admiration s'y ajoutait, d'autres fois, de la déception, parmi une foule d'émotions contradictoires. Il lui arrivait même de se poser cette question, seul devant son miroir. « Mais, qui es-tu ? ».

Le mois passé, c'était les yeux de Kingsley qui lui avaient hurlé cette même incompréhension. Quand, à l'issue de la Conférence de Presse qui avait suivi la PCHIT, il avait enfin osé croiser le regard du Premier Ministre, habituellement si posé et impassible, Harry avait eu envie de s'enfoncer six pieds sous terre. « Mais, qui es-tu ? Qu'as-tu fait ?».

Il ne savait que trop bien ce que tous ces gens voulaient dire. Ils en attendaient toujours trop de lui. L'Élu. Le Survivant. Tout le monde s'attendait à ce qu'il soit parfait. Qu'il agisse pour servir les intérêts des uns et des autres mais surtout pas des siens en priorité.

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Depuis, Kingsley l'avait accusé, en privé, de sabotage gouvernemental. La MADNESS [1], Ordre et Justice et PUSH-IT-UP, Le Parti d'Union Sorcière Harmonieuse - Intérêt Territorial d'Un Peuple, dirigé par un certain Keneth Portarol se tiraient à boulets rouges. C'était à celui qui porterait le coup de grâce fatal au Ministère en place.

Ce qui était paradoxal, du coup, était que le livre qu'ils venaient de publier, avec Hermione et Ron, n'avait émulé les foules que quelques semaines à peine. Les ventes avaient littéralement explosé et il n'était plus possible de trouver un seul exemplaire en librairie.

Sir Swiftlith connaissait parfaitement son métier. Le tirage limité de la première édition avait permis de créer une attente des lecteurs et les bons de commandes en pré-réservation pour la deuxième édition qui allait paraître à la fin de l'été se multipliaient.

Le Trio s'était attendu à être sollicité de toutes parts, journalistes, Magenmagot, Aurors mais il n'en avait rien été. Il n'y avait eu aucune convocation officielle du Ministère, aucune demande d'interview, aucune Beuglante de lecteur offusqué. Rien.

On leur foutait une paix royale. A peine attiraient-ils un peu plus l'attention des badauds sur le Chemin de Traverse mais ils étaient déjà tellement habitués à voir les têtes se dévisser sur leurs passages qu'ils n'avaient pas senti la différence.

Ils ne savaient pas s'ils devaient s'inquiéter ou non de ce manque de réaction. Était-ce une manipulation aussi bien médiatique que gouvernementale ou la conséquence inévitable d'une société un peu trop blasée par les épreuves endurées ? Ils n'en avaient pas la moindre idée.

Tout ce qu'ils comprenaient était que, plus que jamais, le gouvernement Shacklebot était sur la sellette et que les perspectives de remaniement qui se profilait n'avaient rien de bien engageant.

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En tout cas, ce soir-là, face au trop lourd silence de Pansy, Harry s'était extirpé du canapé en détournant les yeux du regard triste qu'elle lui adressait. Sans un mot, légèrement déçu et surtout désabusé, il avait récupéré son sac à dos et avait pris la main de la brune pour qu'elle le raccompagne à la porte.

D'une voix douce, il lui avait demandé d'arrêter de se servir d'Ashley comme d'une excuse et de reconnaître qu'elle n'avait pas confiance en lui. Elle s'y était opposée, la voix cassée, et il l'avait rapproché de lui en effleurant sa taille, collant leurs fronts l'un contre l'autre.

Il lui avait soufflé que ce n'était pas grave. Qu'il gardait espoir. Mais qu'elle devait arrêter de mentir. Ils apprenaient toujours à se connaître et il lui avait affirmé qu'il acceptait qu'elle ne se sentait pas prête. Il lui avait, aussi, demandé de réfléchir. De lui dire si elle pensait que ce jour n'arriverait nullement. Et de tout arrêter si elle se doutait ne jamais pouvoir lui faire confiance.

Elle n'avait rien répondu. Juste hoché la tête pour lui dire qu'elle y penserait. Elle l'avait enlacé étroitement, fourrant sa tête dans son torse et ils étaient restés ainsi de longues minutes. Harry était triste, en la quittant. Pris dans ses pensées, il n'avait pas été vigilant.

Qui aurait pu prévoir qu'il se ferait attaquer en flânant dans la rue, au beau milieu de la nuit. Qui aurait pu prévoir qu'une ombre guettait, trop souvent, les allées et venues de cet immeuble. Qui aurait pu prévoir qu'en un instant d'inattention, un sort de Magie Noire le toucherait, atteignant son dos et le paralysant pendant de longues secondes ?

Harry n'avait rien vu venir et n'avait pas la moindre idée de comment il avait trouvé la force de se relever pour répondre à son assaillant. Il ne savait, même pas, comment il en était sorti vivant.

Tout ce qu'il savait, c'était que, sous la lourde cape noire, derrière la capuche qui dissimulait le visage de son agresseur, il avait eu le temps de reconnaître les traits de Nott. Cette ordure paierait. Un jour, il paierait pour ses actes. Tous.

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La MADNESS [1] : Récupération éhontée de ma fic « Égrène les jours ». La MADNESS est un regroupement politisé de « Militants Aux Droits des Natifs Exempts de SangSorcier ». Bref, des nés moldus (ou des Sangs-De-Bourbe selon le point de vue) qui se lancent en politique… !

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Verdict ?! Que pensez-vous de cette storyline ? (J'ai un peu l'impression de me la jouer « Les Feux de l'Amour », là...). Mais j'aime bien cette idée de vengeance...