[MàJ Août 2021]

Note de l'autrice : Bonjour à tou•te•s ! Nous avons laissé Harry en bien mauvaise posture et aujourd'hui nous allons nous intéresser à son ex... Il n'y a pas de raison qu'il n'y en ai que pour lui... Alors, à votre avis, encore un chapitre bien plombant en perspective ?! ;-)

.

Je vous remercie, encore et toujours, pour vos reviews et vos petites attentions... Continuez à m'donner votre opinion, je prends toutes les critiques, positives comme négatives ! Merci, merci !

Avant de passer à la suite, les p'tites RàR anonymes (M Malfoy 34 et Brenda)sont ici : https (deux points slash slash) www (point) fanfiction (point) net (slash) topic (slash) 237726 (slash) 186030960 (slash) 1 (slash dièse) 186030960

.

Bonne lecture et à très vite !

.


Chapitre 57 – Ginny

.

- « Enchanté, Ginevra » avait-il soufflé d'une voix profonde, accompagnant cette douceur d'un baisemain un peu désuet mais absolument charmant.

Quand, le soir de la PCHIT, Ron lui avait présenté son collègue, Ginny avait fondu immédiatement. Il était un peu plus âgé qu'eux. Il avait peut-être vingt-six ou vingt-sept ans et ces quelques années suffisaient à le faire paraître plus mature, plus adulte.

Il renvoyait une image de puissance accentuée par son physique d'athlète aux épaules carrées. Les traits de son visage étaient presque trop symétriques, approchant de la perfection et ses yeux, d'un brun profond, renvoyaient des reflets ambrés.

Ces cheveux clairs étaient naturellement bouclés et savamment décoiffés. Ils avaient l'air si doux qu'elle n'avait eu qu'une envie, y plonger ses doigts, s'y agripper et laisser couler ses ongles jusqu'à sa nuque pour l'embrasser sans plus de cérémonie.

A cette pensée, elle avait instantanément rougi et il lui avait fait un clin d'œil coquin. Ils avaient fini la soirée ensemble, à faire connaissance et elle était souvent restée pendue à ses lèvres.

Cet homme avait une bouche indéniablement adorable quand il faisait ces moues dont il était friand et dont il ne devait ignorer qu'elles faisaient systématiquement fondre les femmes.

Il était réellement charmant et dégageait un quelque chose d'un peu mystérieux qui laissait Ginny sens dessus-dessous. Elle l'avait écouté pendant des heures lui parler de Pierre-de-Lune, de Tentacules-de-Murlap et d'Alihotsy et, systématiquement, elle s'était prise à rêver les yeux ouverts.

Il était amusant, aussi. Il avait un tel amour des potions et de son travail qu'il les évoquait avec une ardeur qui frisait l'indécence. Pourtant, aujourd'hui encore, elle ignorait tout de la teneur de ses expérimentations. Il laissait toujours planer le doute comme pour protéger un secret inavouable mais il le faisait avec tant de talent qu'elle ne s'en formalisait même pas.

En se séparant à la fin de cette soirée, sur une poignée de main, tard dans la nuit, ils avaient convenu de se revoir rapidement et, pour une fois, Ginny était vraiment enthousiaste. Elle ne pouvait que remercier Ron de l'intuition qui l'avait amené à les présenter bien que son frère n'avait en aucune façon anticipé ni même présagé de leur compatibilité.

.

Quelques jours plus tard, ils s'étaient retrouvés au Salon de Thés Zaurus [1]. Ils avaient continué à se découvrir mutuellement et cet homme s'était avéré être un vrai gentleman, à l'ancienne. Il ne précipitait rien, prenait son temps, se dévoilant progressivement.

Il semblait, surtout, avide d'apprendre à la connaître. Il lui posait des questions sur son enfance et sur sa famille et regrettait de ne l'avoir connue plus tôt. Il reconnaissait, sans difficulté, que ses parents ne l'avaient jamais incité à se lier aux enfants Weasley.

Pourtant, il avait fréquenté Poudlard à la même période que Bill, Charlie ou Percy mais l'époque était différente. Avant la guerre, la famille de Ginny était reniée par une bonne partie de l'élite sorcière, souvent considérée comme Traître-à-son-Sang par les Serpentards dont il avait fait partie.

D'ascendance noble et très attaché à La Tradition, il avait suivi les règles implicites. Il n'avait pas cherché à fréquenter les enfants Weasley, perçus comme des hurluberlus par ses pairs et seul le temps lui avait permis de changer son fusil d'épaule.

Il avait appris à connaître Ron en le côtoyant au sein du laboratoire de recherche de l'ASAP puis des locaux d'Ornicar Inc. et ses préjugés étaient tombés un à un. La nouvelle réputation que les Weasley avaient acquis depuis la Victoire n'y était pas étrangère non plus.

.

Molly et Arthur représentaient, depuis quelques années, un exemple à suivre. La mère de Ginny était décrite comme dévouée à sa famille, loyale et tout aussi puissante que n'importe quelle autre sorcière. N'était-elle pas celle qui avait abattu Bellatrix Lestrange au terme d'un duel acharnée ?

Elle était une femme au foyer heureuse et accomplie et n'hésitait jamais à mettre ses mains dans le cambouis pour défendre ses proches. L'image de stabilité et de force qu'elle renvoyait satisfaisait autant les petites gens que les familles les plus traditionnelles, désormais.

Son père, quant à lui, menait enfin sa carrière tambour battant. Cantonné dans des emplois subalternes pendant des années, son ascension au Ministère ne cessait de s'accroître au fil des ans. Il gérait son Service d'une main de Maître et créait sans cesse de nouvelles lois saluées par une majeure partie de la communauté.

Tous les Weasley se distinguaient dans leur domaine et ils renvoyaient désormais une image bien plus positive qu'auparavant. Nombreux étaient ceux qui avaient fini par retourner leurs vestes cherchant la faveur des parents, comme des enfants, au lieu de murmurer sur leur passage.

Quand il lui avait avoué les préjugés qu'il avait eu à l'égard de sa famille, Ginny aurait pu être vexée mais il avait semblé si sincère qu'elle n'avait fait que s'amuser de se voir, elle et ses proches, porter en exemple à suivre. Elle ne pouvait que sourire et féliciter Ron pour s'être lié d'amitié à un homme aussi passionnant que sincère.

.

A leur troisième rendez-vous, elle s'était aperçue qu'il lui faisait une cour à l'ancienne. Elle connaissait la tradition mais n'avait jamais eu l'occasion de bénéficier de ces faveurs particulières. Elle n'était pas du bon rang social. Les Weasley, avant la guerre, avaient toujours été pauvres.

Bien sûr, sa famille accordait une grande importance aux valeurs traditionnelles mais ceux qui acceptaient, à l'époque, de les fréquenter ne connaissaient pas nécessairement les us et coutumes ancestraux. Les usages étaient fourvoyés et elle-même ne s'était pas attachée pas à respecter le protocole.

Elle avait souvent sauté des étapes, surtout dans ses relations amoureuses et était habituée à l'impétuosité de tous ces garçons qui étaient passés dans sa vie. Cet homme était différent. Il s'attachait aux règles de bienséances et elle jubilait de ses attentions répétées.

Il lui déroulait le tapis rouge à chacune de leurs sorties et le geste le plus audacieux qu'il s'était autorisé avait été de glisser une main dans le dos de Ginny pour accompagner sa sortie d'un restaurant. Elle se faisait l'effet d'être la Sorcière du Royaume des Neiges décrite par Van Allen dans ses romans.

.

Elle avait adoré ces deux mois qui venaient de s'écouler. Leur jeu de séduction était doux et apaisant. Loin de se lasser, elle en redemandait encore et encore mais cela n'empêchait pas la frustration de commencer à pointer le bout de son nez.

Elle rêvait d'embrasser ses lèvres boudeuses, un peu pulpeuses et pourtant masculines. Elle voulait fondre sur sa bouche et voir le désir la faire trembler. Elle attendait d'en redéfinir le contour de sa langue et de la mordiller pour la faire rougir.

Seulement, il respectait les règles et y mettait les formes. Elle se devait tout autant que lui de suivre le protocole. Elle l'accompagnait donc, tandis qu'il allait au bout de sa cour, écartant toute prise d'initiative, au risque de gâcher leurs efforts respectifs.

Dans un mois, s'il était toujours intéressé, il allait l'inviter à dîner et lui offrirait un bouquet de Coquentiche. En acceptant l'invitation et les fleurs, elle l'autoriserait à passer à l'étape suivante. Il irait à la rencontre de Arthur et Molly et leur demanderait leur aval pour la courtiser officiellement. Ils accepteraient, forcément.

.

Peu après Noël, une violente dispute avait éclaté entre Ginny et sa mère qui ne supportait plus de la voir perdre son temps avec Anthony. Elles avaient crié si fort que toute la structure du Terrier en avait tremblé, de la base au sommet.

La cadette était partie en furie, claquant la porte et affirmant ne plus jamais vouloir remettre les pieds dans ce taudis. Molly en avait eu le cœur brisé et Arthur n'avait rien pu faire. Elle avait quitté Anthony la semaine qui avait suivi mais avait refusé de venir s'excuser.

Ginny avait boudé les repas familiaux dominicaux et si la colère s'était rapidement estompée, la honte et la culpabilité avaient continué à la retenir de rejoindre le giron familial. Son mal-être vis-à-vis de ses parents s'était encore accentué quand le dossier de Tourdenoy était sorti.

Mortifiée à l'idée de l'image qui était renvoyée sur son compte, elle avait d'abord eu envie de rester cloîtrée chez elle jusqu'à la fin de ses jours mais la pensée qu'Anthony avait profité de ses confidences pour se venger d'avoir été quitté l'avait mise en rage.

La hargne avait pris le dessus et elle était allée le trouver pour lui faire entendre sa façon de penser. Elle n'avait pas hésité une minute avant de détruire son bureau et elle avait frappé si fort qu'il n'avait osé répliquer aux maléfices qu'elle lui avait asséné.

Une escouade d'Aurors avait transplané dans le quart d'heure, alerté par les collègues de son ex-petit-ami et l'avait embarquée au Ministère dans la foulée. Ce n'était que grâce à l'intervention de son père qu'aucune charge n'avait été retenue contre elle et que rien n'avait fuité dans la presse de son accès de colère.

Ravalant sa fierté et se confondant en excuses, elle s'était présentée au Terrier le dimanche suivant, fondant en larmes dans les bras de sa mère qui, elle, suffoquait de joie et de soulagement. Il était évident qu'après une telle expérience, ses parents ne pouvaient qu'être emballés par cette nouvelle relation.

Depuis la PCHIT, elle n'avait de cesse de rabattre les oreilles de tous ses proches des qualités, bien trop nombreuses, du collègue de Ron. Elle n'avait plus que son prénom à la bouche et Molly en riait toujours affectueusement, ce qu'elle n'avait jamais réussi à faire avec Anthony.

Ginny n'avait aucun doute. Ses parents seraient ravis de voir leur fille unique heureuse et épanouie et, surtout, de la voir respecter le protocole à la lettre. Jusqu'à présent, seul Percy avait eu cette délicatesse mais, pour un garçon, ce n'était pas aussi important.

.

S'ils acceptaient le prétendant de leur fille, Molly et Arthur avaient à adresser une missive aux parents du jeune homme, autorisant leur relation. Ginny se souvenait parfaitement des réactions de sa mère lorsque elle et son père avaient reçu le parchemin parfaitement calibré des parents de Audrey.

Le cœur de Molly avait bondi hors de sa poitrine et c'était les larmes aux yeux qu'elle avait annoncé à Percy qu'il pouvait se lier à la jeune femme, selon ses désirs. Sa réaction était tellement intense ! Il n'y avait vraiment aucune raison que cela se passe différemment avec son prétendant à elle.

Bientôt, leur relation serait officialisée et à ce moment précis, ils pourraient enfin s'embrasser, se toucher, se caresser, sans arrière-pensée. Elle s'impatientait de ce moment crucial qui marquerait réellement le début de leur histoire.

D'ici-là, Ginny n'avait pas le droit de plier. Ils n'étaient plus des jouvenceaux, surtout lui qui approchait doucement de la trentaine, mais elle devait respecter les règles encore un peu. Elle pourrait redevenir elle-même une fois cette étape franchie seulement.

Les règles n'étaient plus aussi importantes, une fois la cour officialisée. Elles s'assouplissaient d'elles-mêmes. Ils ne venaient, ni l'un, ni l'autre, de ces familles extrémistes et rigides du Nord ! Non ! Il était, certes, un gentleman, avide de prouver son sérieux et son désir de construire une histoire solide mais il n'était pas plus fait de marbre qu'elle.

D'ailleurs, il ne se cachait pas n'avoir pas toujours suivi le protocole. Il était un homme vigoureux et n'avait jamais hésité à satisfaire ses désirs, lorsqu'il en avait eu le besoin ou lorsque l'occasion s'était présentée. Il était humain, après tout !

Seulement, il attendait également davantage de sa relation avec Ginny. Il espérait qu'elle soit celle qui partagerait sa vie et ne ressentait aucun scrupule à le lui avouer. Elle avait, forcément, de plus en plus de difficultés à ne pas laisser son esprit divaguer.

Elle rêvait de mariage, de corps emmêlés, d'avenir radieux. Il était réellement trop attrayant pour son bien, avec ses muscles toujours saillants derrière ses chemises ajustées. Elle essayait de refréner ses ardeurs mais, elle savait qu'il la rendrait fiévreuse en un claquement de doigts.

.

Ginny était une femme à hommes. Elle n'en avait aucun doute et ce, depuis son tout premier baiser. Elle avait cette certitude qui la tiraillait du fond de ses tripes depuis longtemps. Elle n'était pas faite pour être seule.

Elle avait toujours eu besoin d'être accompagnée. Il ne pouvait en être autrement. Elle n'était d'ailleurs jamais restée célibataire bien longtemps, si ce n'était après sa rupture avec Harry bien que, finalement, elle avait parfois l'impression d'avoir été seule même lorsqu'ils étaient encore en couple.

Avec Harry, rien n'avait jamais été totalement normal. Il l'avait abandonné trop souvent, aussi réellement que symboliquement. Désormais, elle pouvait essayer d'oublier tout le mal qu'ils s'étaient fait.

Elle avait vraiment rencontré quelqu'un. Un homme qui n'avait rien d'un substitut. Elle ne pouvait s'empêcher de penser que cette rencontre n'était pas loin d'être la plus belle chose qu'il ne lui soit jamais arrivé.

.


Salon de Thés Zaurus [1] : Un thésaurus est une liste organisée de termes contrôlés et normalisés représentant les concepts d'un domaine de la connaissance. C'est donc un langage d'indexation et de recherche documentaire.

.


Verdict ?! Alors, on s'sent mieux pour Gin' ? Et pis, c'est qui ce mystérieux inconnu ?... A votre avis, il y aura une couille dans le potage ?