[MàJ Août 2021]

Note de l'autrice : Bonjour à tou•te•s ! Ou plutôt, bonsoir ! Le hasard a voulu que vous ayez une double dose de Malfoy puisque, après Draco la semaine dernière, v'la t'y pas Narcissa que voilà !

Après, ce sera un peu le flip parce que je n'ai plus que 3 chapitres d'avances, la moitié du suivant (le 64) et... jamais assez de temps pour écrire... mais, je vous rassure tout de suite, je n'abandonnerais pas pour autant ! (et je ne passerais pas non plus 6 mois sans publier !)

.

Bref, une fois de plus, je vous remercie pour votre fidélité et vos commentaires... C'est drôle, les reviewers vont et viennent par vagues, ceux du début ne sont pas les mêmes qu'actuellement, il y a des « périodes »... Du coup, j'me demandais si ceux de la première heure suivait encore... (mais ce n'est pas comme si je pouvais demander à ceux qui ont abandonné de m'faire la critique du pourquoi du comment... Ce qui est particulièrement dommage d'ailleurs ;-) ). En tout cas, j'aime toujours autant vous lire, donc n'hésitez point ^^)

Avant de passer à la suite, les p'tites RàR anonymes (Brenda, MMalfoy 34, Lida) sont ici :

https (deux points slash slash) www (point) fanfiction (point) net (slash) topic (slash) 237726 (slash) 186030960 (slash) 1 (slash dièse) 186030960

.

Bonne lecture et à très vite !

.


Chapitre 60 – Narcissa

.

- « Lady Malefoy. Je vous remercie infiniment d'avoir accepté de me recevoir. »

Narcissa détailla le jeune homme qui lui faisait face, des pieds à la tête. Elle ne répondit pas à son sourire enjôleur. Elle était encore bien trop en colère pour consentir à cet effort. Elle lui indiqua le fauteuil en cuir vert molletonné qui lui faisait face et l'invita à s'asseoir silencieusement.

- « Je te tenais à vous expliquer moi-même la situation. Si j'avais pu ne serait-ce que soupçonner... » Commença-t-il d'une voix aussi grave que douce.

Elle haussa un sourcil, lui indiquant clairement n'être qu'à moitié intéressée par ses confessions.

- « Vous devez savoir, Ma Lady, que je n'ai pu anticiper, à aucun moment, que ma création serait destinée à votre fils. Jamais je ne me serais permis de l'atteindre sans vo

- Et pourtant, Monsieur Higgs, il me semble bien qu'il en paye encore les conséquences. Cette pathétique farce lui a coûté ce qui lui restait de réputation, il a perdu un temps précieux et que dire de cette hospitalisation prolongée ? Je suppose qu'il doit s'estimer heureux d'être réintégré à l'ANEM à la rentrée prochaine ! »

En toute honnêteté, Narcissa aurait préféré que son fils quitte définitivement Sainte-Mangouste. Il n'avait jamais été dans son ambition que Draco joue à l'infirmière comme un roturier de basse extraction.

Cependant, il était encore plus douloureux pour elle de l'avoir vu être renvoyé de sa formation comme un malpropre à la première occasion, peu de temps avant sa fuite avec Astoria, pour avoir eu un mot plus haut que l'autre.

Ils étaient des Malefoy, Bon Sang ! Ils devaient être traités avec le respect qui leur était dû, quelles que soient leurs actions passées, présentes et à venir.

- « Je ne peux imaginer votre désarroi et, comme je vous l'indiquais, si j'avais eu toutes les informations nécessaires, j'aurais privilégié une autre stratégie. Une qui n'aurait pas eu pour conséquence de discréditer votre famille... Je n'ai pas été assez vigilant lorsque Miss Greengrass m'a contacté.

- Ce n'est pas très galant de votre part, Monsieur Higgs, de lui rejeter toute faute.

- Ce n'est pas mon but, Lady Malefoy, soyez-en assurée. Voyez-vous, il s'avère que j'avais une sorte de... dette... envers Miss Greengrass, et je paye toujours mes dettes.

- Quelle sorte de dette ?

- Cela n'a que peu d'importance, en réalité. » Il continua, après une courte pause. « Il s'avère que, lorsque Miss Greengrass m'a contacté, elle ne recherchait pas un élixir mortel. Elle souhaitait un filtre d'amour qui ait pour propriétés parallèles d'être à la fois désinhibante et myorelaxante. Ce type de filtre fait partie des potions primaires qui n'ont besoin que de peu de variables d'ajustement. Lorsqu'elle a requis mes talents, l'occasion était trop belle pour ne pas en profiter pour m'absoudre de cette dette rapidement.

- Vous auriez pêché par excès de confiance ?

- Davantage par oisiveté, je dois le reconnaître, Lady Malefoy. J'espérais simplement me débarrasser de cette histoire facilement et sans effort. »

Narcissa hocha la tête en signe d'acquiescement. Elle croisa les mains, ses coudes posés sur les bras molletonnés de son fauteuil et son menton reposant sur ses index dressés. Elle garda le silence un instant, réfléchissant à ce que lui confessait le jeune homme.

- « N'êtes-vous pas censé être ami avec Astoria ? »

Il eut une grimace amusée.

- « Miss Greengrass est probablement charmante mais nous ne sommes pas amis. Nous n'avons aucun lien affectif. Nous nous connaissons à peine, à dire vrai.

- Elle paraît pourtant vous considérer comme un intime.

- Ceci est fortement lié à la dette que j'ai contractée envers elle. Son silence au sujet de certains éléments me concernant m'ont rendu redevable. »

Narcissa hocha la tête et réfléchit un instant.

- « Serait-il dans vos habitudes de confier vos secrets » appuya-t-elle en mimant des guillemets. « à des inconnues ? Dans votre position, cela ne semble pourtant rien augurer de bon !

- Le hasard peut se montrer surprenant, je l'ai appris à mes dépens mais ceci concerne ma sphère privée. Je suis bien plus vigilant pour tout ce qui est de l'ordre du professionnel. Je n'hésiterais d'ailleurs pas à parier ma fortune que, sans Miss Greengrass, vous-même, avec vos relations, n'aviez jamais soupçonné que je puisse être 'La Veuve Noire'.

- En effet » consentit-elle à reconnaître, n'ayant pu imaginer que Lady Zabini se soit associée à un homme, qui plus est aussi jeune.

- « Je suis tout autant persuadé que vous aviez toutefois entendu parler de mes talents... » Il reprit suite au hochement de tête de Narcissa. « J'ose également espérer que ma démarche, en me manifestant auprès de vous, permettra une certaine absolution. Je n'ai jamais souhaité vous décevoir. »

La blonde inclina légèrement la tête, tout en se refusant à consentir à sa demande aussi rapidement. Terence eut un léger sourire.

- « Je doute de vous avoir positivement impressionnée avec le filtre créé pour votre fils mais je tenais à ce que vous compreniez que je ne peux être tenu pour seul responsable. J'aurais probablement dû être plus attentif sur le bien-fondé des consignes et des requêtes qui m'ont été adressées mais mon métier et mes activités nécessitent, également, une certaine discrétion envers mes clients.

- Je comprends.

- Lucius... Mr Malefoy est... Il était un de mes meilleurs clients depuis des années. Il me faisait déjà confiance lorsque je n'étais qu'un apprenti et que je tâtonnais encore parfois. Il est presque comme un mécène pour moi et je ne peux supporter d'avoir agi contre sa famille... C'est ce qui me conduit aujourd'hui à m'ouvrir à vous. »

Terence croisa les jambes et attendit une réaction de Narcissa. Elle ne pouvait que le dévisager, extrêmement surprise par les aveux du jeune homme. Elle n'avait jamais su. Jamais. Son époux ne lui avait rien dit.

Ce n'était pas la première fois qu'il lui cachait des éléments fondamentaux et elle regrettait parfois les réserves de Lucius. Il était d'autant plus important, maintenant que c'était à elle de remettre la famille sur les rails, qu'elle ait toujours le maximum de cartes en main.

- « Si nous jouons le jeu des confessions, Monsieur Higgs, et si je ne peux me réjouir du sort actuel de mon fils et des malheurs qui l'ont accablé, je dois reconnaître que j'en ai, toutefois, retiré une certaine satisfaction. »

Il eut un léger sourire, l'incitant à poursuivre.

- « Je suppose qu'Astoria vous avait informé de la nécessité d'évincer...

- En effet, elle m'avait indiqué cet impératif.

- Concernant ce point, vous avez, évidemment, rempli votre part du marché.

- Je me doute que ce doit-être un soulagement. » Affirma-t-il simplement d'un ton affecté.

Narcissa approuva dans un sourire. Ce jeune homme n'avait beau être qu'un quasi inconnu, il semblait la comprendre et la soutenir. Et s'il ne faisait que jouer le jeu d'apparence qu'elle affectionnait tant, il en suivait les règles à merveille.

- « Cette... fille... » grimaça-t-elle, refusant l'affront de prononcer le prénom honni d'Hermione. « a manipulé mon fils trop longtemps, le tenant éloigné des personnes qui lui sont importantes. J'ai bon espoir qu'il retrouve prochainement ses esprits.

- Je doute cependant qu'il accepte d'épouser Miss Greengrass après les derniers événements. » Osa avancer le jeune homme

- « Voyons Terence ! Je peux vous appelez Terence ? » s'exclama Narcissa, clairement amusée. « Il n'a jamais réellement été question que Draco épouse Astoria. Il n'a pas assez de respect pour elle pour qu'il en aille ainsi et vous savez aussi bien que moi que vos filtres, aussi talentueux que vous puissiez être, n'auraient tenu qu'un temps avant que le charme ne se rompe ou que mon fils perde totalement la raison.

- En effet.

- Nous sommes toujours en mesure de lui trouver une bonne épouse, à l'étranger, mais ce qui m'inquiète, c'est davantage ce que cette… fille serait capable de faire. Je redoute à chaque instant qu'elle ne le manipule à nouveau, à Salazar seul sait quels desseins.

- Je vous comprends parfaitement » acquiesça-t-il simplement, à nouveau.

- « Mon fils s'est trop longtemps égaré. Il a été gangrené par cette moins que rien avec laquelle il n'a que trop vécu. Je n'ai pas honte de le dire. J'ai aussi entendu dire que Draco agissait comme un Cracmol et vous vous doutez de ce que ce genre de révélation peut avoir d'horrifiant.

- Naturellement. » Opina Terence de la tête, concerné.

- « Naturellement. » confirma-t-elle à son tour. « J'espère donc pouvoir vous faire confiance pour que tout ceci reste absolument confidentiel. »

Narcissa eut un coup de chaud subit. Elle ne s'attendait pas à faire autant de révélations à un jeune homme qu'elle ne connaissait qu'à peine. Lucius lui confirmerait dès qu'il aurait à nouveau l'autorisation de communiquer avec elle qu'ils étaient effectivement associés de longue date mais il n'en restait pas moins qu'il n'était pas dans les habitudes de la blonde de se montrer aussi loquace.

Elle regarda rapidement la petite table les séparant, craignant d'avoir ingurgité du Veritaserum à son insu. Il n'en était rien. Le guéridon était vide et elle n'avait rien bu depuis qu'il était entré dans la pièce. Peut-être Terence inspirait-il simplement la confiance.

Il savait rester à sa place et utilisait les mots justes pour communier avec son interlocuteur.

- « Je serais d'une discrétion absolue, Lady Malefoy. D'ailleurs, si vous souhaitez un coup de pouce de ma part dans toute cette affaire, je vous proposerais un contrat magique nous imposant le silence, à l'un comme à l'autre. Je vous dois bien cela, après tout. »

Elle acquiesça, rassurée.

- « Par contre, vous devez savoir que je n'ai pas le pouvoir d'annihiler le passé...

- Non. Naturellement. Et vous avez déjà tenté de pousser le destin, sans résultat. Draco a évidemment besoin d'un nouvel engouement pour une femme digne de rejoindre notre fratrie mais... j'imaginais davantage...

- Oui ?

- Comment dire cela élégamment » Minauda Narcissa.

- Vous pensiez, peut-être, à quelque chose à l'intention de Miss Granger ?

- Précisément. » s'exclama-t-elle impudiquement.

Terence se recula dans son fauteuil en proie à une intense réflexion et la blonde attendit patiemment son verdict.

- « J'ai différents élixirs à vous proposer. Tout dépend de ce que vous recherchez. La solution n'a pas nécessairement besoin d'être... définitive... Les affections chroniques pourraient peut-être vous amuser. Ou nous pourrions partir sur un tout nouveau produit.

- …

- Je vous propose que nous y réfléchissions chacun de notre côté et que nous nous rencontrions à nouveau d'ici quelques temps, dans un de mes laboratoires sécurisé pour en discuter plus précisément »

Elle s'apprêta à acquiescer puis se ravisa.

- « N'oubliez pas que je suis suivie à la Trace, Terence. Vous comme moi, nous ne pouvons nous permettre d'être sous le feu des projecteurs, surtout si l'élection du prochain Ministère ne penche pas en notre faveur.

- Ne vous inquiétez pas pour cela.

- Aucun de nous, ni moi, ni vous, ni même mon fils ne sortirait indemne de cette affaire. Elle reste une héroïne de guerre » Chuchota Narcissa.

- « Ne me sous-estimez pas, Lady Malefoy. Je ne suis pas le bras droit de Lady Zabini sans raison. Elle m'a tout appris de l'Art des Poisons et je suis le meilleur dans mon domaine. Je suis sûr que vous le savez. Vous savez également que je suis un fabricant et en aucun cas un exécutant. »

Elle acquiesça.

- « Il n'y a aucun danger. Surtout maintenant que Miss Greengrass est sortie du jeu. Elle n'est pas au courant de notre rencontre, n'est-ce pas ?

- Non. Bien sûr que non.

- Très bien. Narcissa. Je peux vous appeler Narcissa ? »

Elle ne s'attendait pas à cette liberté mais elle ne lui en tint finalement pas rigueur. Terence était réellement un garçon charmant et si ce type d'impertinence pouvait parfois l'agacer venant d'autres jeunes gens, il le faisait avec tant d'affabilité qu'elle ne pouvait le lui refuser.

Elle lui offrit un sourire, pencha la tête et l'invita à continuer.

- « Narcissa, je dois vous avouer que je regrette que nous ne nous soyons pas rencontrés avant que vous ne vous affiliez avec Miss Greengrass. Elle ne m'a jamais semblée... fiable.

- Je suppose que le fait qu'elle en ait appris davantage sur vous que vous ne l'auriez voulu n'y est pas étranger ?

- En effet. Elle m'a piégée et vous savez tout comme moi à quel point il est désagréable de se sentir pris en otage.

- A mon tour de vous poser une question impertinente, Terence. Pourquoi ne pas ? »

Elle laissa sa phrase en suspens et mima le geste de boire une fiole, cul-sec, s'autorisant même une grimace explicite augurant du mauvais goût de l'élixir imaginaire englouti. Terence s'en amusa et se pencha en avant, comme dans une nouvelle confidence.

- « Je suis un créateur, Narcissa. Juste un créateur. Je ne souhaite pas plus que vous me salir les mains. Elle a respecté notre contrat, j'en ai fait de même. Je suis un peu de la vieille école, si vous voulez. Je paye toujours mes dettes, avec les intérêts si besoin.

- Vous êtes bien plus gentleman que je ne l'aurais imaginé. » s'amusa-t-elle à son tour.

- « Mes parents m'ont rendu vieux jeu » assura-t-il dans un sourire. « J'aime suivre la tradition et faire les choses à l'ancienne. Et puis, tout à fait entre nous, si vengeance il doit y avoir, je la préfère longue et douloureuse qu'expéditive et définitive. Je suis un fervent partisan de l'expiation...

- J'aurais aimé que mon fils vous fréquente davantage, dans sa jeunesse. Il n'aurait peut-être pas aussi mal tourné !

- Resteriez-vous de cet avis si vous connaissiez ma fiancée, Narcissa ?

- J'ai cru comprendre que vous courtisiez la jeune Weasley.

- En effet. N'y trouvez-vous rien à redire ?

- Je n'aurais probablement pas porté un regard bien positif sur votre choix, quelques années en amont mais le monde tourne à l'envers, désormais, Terence... Cette famille semble être devenue respectable depuis la guerre qui a étreint notre monde… Et si nos convictions divergeront toujours, Ginevra Weasley n'est pas désagréable à regarder et conserve une bonne réputation.

- Et elle a indéniablement le Sang-Pur. Je ne regrette pas mon choix.

- Je ne peux que vous approuver, alors. Et puis, que pourrais-je vous reprocher alors que mon propre fils... »

A nouveau, elle ne termina pas sa phrase. Reconnaître encore et encore cet échec était bien trop douloureux.

Terence sortit une petite horloge accrochée à une chaîne autour de son cou et se leva.

- « Je dois vous quitter mais, nous reprendrons très vite contact ! »

Elle se leva à son tour et acquiesça. Il effleura sa main et la porta à ses lèvres en un baisemain désuet auquel elle ne put que sourire. Ces gestes galants devenaient rares, avec ce monde qui se modernisait sans cesse. Terence se dirigea vers la porte et elle le suivit, obligeamment.

- « Vous êtes sûre de vous, Narcissa ? » Demanda-t-il avant d'ouvrir la porte. « Vous pouvez faire disparaître la Sang-de-Bourbe mais... vous vous rendez compte que votre fils n'en arrêtera pas pour autant de...

- D'agir comme un Cracmol ? C'est bien ce que vous voulez dire, Terence ? »

Il hocha simplement la tête et elle n'arriva toujours pas à lui en vouloir de cette honnêteté qui frisait l'impertinence.

- « Ce n'est qu'une crise d'adolescence à retardement. Quand il retrouvera le luxe et l'opulence qu'il a toujours connu, son éducation reviendra au grand galop. Je l'y aiderais s'il le faut mais je n'en ai aucun doute.

- Je suppose que vous le connaissez assez pour savoir où vous mettez les pieds. »

Il effleura à nouveau la main de Narcissa avec un regard doux.

- « Je suis heureux de faire affaire avec vous »

Il s'éclipsa, et elle se réinstalla dans son fauteuil en soupirant. Ce garçon était étrange. Il dégageait une telle sérénité qu'il donnait immédiatement envie de lui faire confiance. Il avait, indéniablement choisi le métier parfait. Ses clients devaient se confier à lui sans difficulté.

.

Elle ne regrettait pas de s'être autant laissée aller aux confidences. Elle avait eu des doutes, quand il avait requis cet entretien mais, consciente de ses talents, elle avait accédé à sa demande.

Narcissa ne s'attendait pas à ce qu'il lui propose spontanément son aide et ne pouvait que s'en réjouir. La Sang-de-Bourbe l'avait doublée facilement. Bien trop facilement. Elle avait publié, avec ses deux idiots d'amis, un livre stupide qui délivrait tous ces secrets qu'elle avait mis tant de temps à mettre bouts à bouts.

L'accueil du public avait été tellement chaleureux et enthousiaste que le gouvernement lui-même avait fini par appuyer le trio de Gryffondors, se servant de la ferveur qu'ils véhiculaient pour tenter de redorer leur blason.

Elle aurait pourtant dû se douter que ce plan allait capoter. Il n'était pas assez réfléchi. Elle n'avait pas été assez vigilante. Elle n'avait eu que quelques assertions et avait simplement espéré que ces menaces envoyées en l'air suffiraient à effrayer la Sang-de-Bourbe.

Elle l'avait sous-estimée, une fois de plus, pensant encore avoir à faire à une gamine qui ne désirait que jouer à l'effrontée. Granger n'était plus une gosse. Draco n'était plus un gosse. Ils étaient adultes, des adultes qui avaient vécu la guerre et qui savaient ce que la souffrance signifiait.

Cette fille, Potter, Weasley. Ils avaient gravi le sommet de la gloire avant même d'avoir atteint la vingtaine. Ils n'avaient rien à perdre, rien à gagner. Elle ne pouvait plus les terroriser d'un seul regard. Elle n'avait même plus les moyens de leur faire ressentir la pression de son influence.

.

Narcissa n'avait plus assez d'alliés, depuis sa sortie d'Azkaban, pour qu'il en soit autrement. Elle était satisfaite, toutefois. Elle pouvait désormais ajouter Terence Higgs à sa trop courte liste de soutien.

Enfin, elle le pourrait dès qu'elle aurait eu la confirmation de Lucius qu'il était bien qui il prétendait. D'ici-là, elle ne pouvait que présumer qu'elle aurait son appui !

Elle avait réellement besoin d'un homme tel que lui dans son camp. Les personnes sur lesquelles elle pouvait compter n'étaient vraiment pas assez nombreuses. Elle pouvait les dénombrer sur les doigts d'une seule main.

Ils étaient peu mais, en tous cas, elle les savait indéfectibles. Virginia, la pipelette du Service des Brevet Saugrenus, avait été la première, voire une des seules à la soutenir à son arrivée dans les bureaux du Ministère.

Seulement, Virginia était comme un petit animal de compagnie. Elle remplissait du vide mais ne servait pas à grand-chose. Son seul intérêt, à la limite, était qu'elle avait cette capacité de propager n'importe quel ragot à la vitesse de la lumière. Ce don était utile, certes, mais absolument pas essentiel.

Dickens, par contre, était une pièce de choix. Narcissa avait béni Lucius de n'avoir pas gardé le secret sur cet homme qui était un atout indéniable. À la fois Auror et ripou depuis plus de vingt ans, il n'avait aucun scrupule à désobéir à la loi et n'hésitait jamais à user de ses talents en Magie Noire.

A sa sortie d'Azkaban, elle s'était fait un plaisir de se rappeler à son bon souvenir alors qu'il avait stupidement espéré que ses affaires louches contractées avec Lucius par le passé passeraient sous silence.

C'était évidemment mal connaître le couple Malefoy et elle n'avait eu qu'à lui adresser un sourire carnassier pour qu'il comprenne être toujours pris entre leurs griffes. Dickens était à la botte de Narcissa et se pliait à ses exigences en lui rendant de menus services.

Il effaçait des rapports concernant ses allées et venues en des lieux prohibés, il oubliait d'enregistrer le Mémento de certains sorts quand il analysait sa baguette ou glissait quelques gouttes de Potion de Sommeil Instantané dans le thé servi à son Maginstructeur.

La seule précaution à préserver était qu'il ne devait pas trop la privilégier au risque de se faire repérer. Elle n'abusait réellement pas de ses services. Il lui en était probablement reconnaissant !

Oui, la liste de ses comparses restait bien maigre. Heureusement, il en restait un autre de taille. Théo était sûrement son soutien le plus indéfectible. Le plus fidèle. Et probablement le plus dangereux. Oui, Théo était très dangereux.

Narcissa était souvent épatée par le jeune homme, par sa maturité et par son intelligence. Il la surprenait. Il avait l'âge de son fils, ils avaient été à Poudlard ensemble mais à la différence de Draco, il émanait de Théodore une impression de sagesse et de puissance qui n'avait rien de rebutante. Bien au contraire.

.

Narcissa avait été stupide. Obsédée par cette idée fixe de rétablir son honneur et sa réputation, elle s'était imaginée qu'il ne serait qu'un pion de sa grange machination. Elle avait joué à le séduire, s'amusant à souffler le chaud et le froid.

Elle se montrait juste un peu trop affectueuse pour une relation platonique entre un jeune homme et une femme mature mais pas assez pour le pousser à soupçonner réellement une proposition explicite.

Elle avait joué les cartes les plus faciles en usant de ses charmes et en exacerbant l'admiration qu'il lui portait. Elle avait réussi. C'était évident. Théo lui était totalement dévoué mais, parfois, il la regardait si intensément qu'elle se sentait à deux doigts de perdre ses moyens.

Narcissa s'était montrée stupide parce que ce garçon, ce jeune homme, lui faisait parfois tant d'effet d'un seul de ses longs regards silencieux qu'elle se sentait obligée de croiser étroitement ses jambes pour ne plus sentir de frémissement entre ses cuisses.

Dans ces moments-là, elle était comme une adolescente stupide, bêtement affriolée par un gosse qui la prenait à son propre jeu. Son bas-ventre se contractait contre son gré et elle ne pouvait rien y faire. Simplement accepter que c'était elle, et elle seulement, qui avait mis le doigt dans l'engrenage et qu'elle devait juste en subir les conséquences.

Ce n'était pas entièrement de sa faute. Ou pas seulement. Ce n'était pas de son fait si aucun homme ne l'avait touchée depuis que Lucius était enfermé à Azkaban. Ce n'était pas sa faute si, même avant ce drame, leurs conditions de vie étaient telles qu'ils n'avaient plus eu de relation charnelle depuis de nombreux mois. Peut-être même des années.

Qui pouvait blâmer une femme seule, trop seule depuis plus de cinq ans, de désirer un homme vigoureux, présent et plein de vie ? Elle savait que se laisser séduire à son tour par un autre que celui à qui elle avait juré allégeance était une erreur. Elle résistait.

Elle ne pouvait pas tromper Lucius. Pas alors qu'il était en prison, à décrépir, sans espoir. Encore moins avec un homme si jeune, si passionné, si fringant. Elle ne pouvait pas se le permettre mais, elle avait peur de prévoir.

.

Elle savait, qu'un jour ou l'autre, Théo ne voudrait plus jouer à ce jeu. Que tout ce qu'elle le laissait miroiter, sur ce qu'il pourrait arriver si le contexte était différent, ne serait plus suffisant. Un jour, Théo refuserait d'accéder à toutes ses demandes sans rien demander en retour. Un jour, ce serait elle qui deviendrait son pion.

.


Verdict ?! Cette histoire part pas trop en cacahuètes pour vous ?!