[MàJ Août 2021]

Note de l'autrice : Bonsoir vous ! Et on continue avec notre petite histoire... Je dois vous avouer (comment s'auto-sabrer d'avance) que ce chapitre est loin d'être mon préféré... voire, je ne l'aime pas beaucoup... Mais, il existe et est ce qu'il est donc, faudra faire avec, pour vous comme pour moi ;-)

La suite avance (bien que je n'ai toujours pas écrit la seconde moitié du 64...). J'ai la trame, des bouts épars... Bref, y'aura peut-être du retard de publi mais je vous tiendrai informés au fur et à mesure...

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Comme toujours et même si le chapitre précédent n'a pas émulé les foules (snif), je vous remercie pour vos lectures, vos reviews et vos critiques ! Et j'me demande toujours combien ont eu le courage de lire tout ça jusqu'ici ! Bref, merci et continuez ^^

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Avant de passer à la suite, une p'tite RAR (MMalfoy 34) ici : https (deux points slash slash) www (point) fanfiction (point) net (slash) topic (slash) 237726 (slash) 186030960 (slash) 1 (slash dièse) 186030960

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Bonne lecture et à très vite !

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Chapitre 61 – Seamus

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- « Tout est prêt ?

- Tout est prêt.

- Tu es sûr de toi ?

- Je suis sûr. Et toi ?

- Pareil. »

Seamus glissa sa main dans celle de Blaise et transplana. Direction Plymouth. Là, un Ferry les attendait. Première escale, la France. Il traverserait le pays, côté moldu. Ils pensaient à l'éventualité de faire un crochet par Paris, profiter de la ville Lumière, de sa réputation et de ses excès mais ce n'était pas la priorité.

La priorité était de rejoindre la Suisse sans se faire repérer et ce ne serait pas nécessairement chose évidente. Ornicar Inc. possédait une succursale dans la région Lyonnaise et Blaise ne doutait pas que sa mère y ait des contacts prêts à lui rendre service en la prévenant, s'il venait à être reconnu. Le Polynectar qu'il préparait depuis la dernière pleine lune ne serait pas de trop.

Ils devaient ensuite passer la frontière italienne et voyager, à la moldue, jusqu'à Florence. Ils ne portaient pas de Trace et n'étaient pas suivis par le Ministère mais leur disparition, ou en tout cas celle de Blaise, actionnaire majoritaire d'un des plus grands laboratoires de potions du pays ne passerait pas inaperçue.

Lady Zabini, au choix, enragerait et mènerait ses recherches seules ou elle alerterait le Ministère, la Brigade de Police Magique et réquisitionnerait une escouade d'Aurors pour retrouver son fils, enlevé par des crapules. Crapules dont ferait sûrement partie Seamus. En tout cas, elle n'hésiterait pas à l'accuser et ils devraient se montrer discrets.

S'ils arrivaient à Florence sans dommage, ils retrouveraient Ornella, la demi-soeur de Blaise. Elle n'aurait aucun scrupule à les aider à supplanter Lady Zabini et pourrait leur refiler quelques tuyaux pour disparaître et se faire oublier. Après... Après le monde leur ouvrait les bras.

Ils pourraient souffler et éloigner cette pression qui lestait leurs épaules. Ils hésitaient encore. Fallait-il aller vers le nouveau continent, là où personne ne les connaissait ou s'exiler vers des pays plus exotiques. Peu importait. Ils ne devaient simplement pas être retrouvés.

La mère de Blaise avait des relations en Europe mais, elle n'était pas si puissante pour continuer à avoir la main sur eux au-delà. Elle oubliait trop souvent que le monde ne s'arrêtait pas à son microcosme et elle était trop pragmatique pour s'acharner à rechercher Blaise plus de quelques mois.

Elle refuserait de s'épuiser à cette tâche et elle se lasserait. Elle abandonnerait probablement au bout de quelques temps et porterait ses espoirs ailleurs. Elle était encore jeune, elle se trouverait sûrement un nouveau géniteur et s'arrangerait pour avoir un autre fils.

Elle l'éduquerait différemment, serait moins laxiste et il la suivrait sans sourciller. Elle renierait probablement Blaise et ce serait ce nouvel enfant, ce bon fils, qui perpétuerait son nom, qui glorifierait son patrimoine et qui assurerait la descendance Zabini.

L'amant de Seamus n'en avait cure. Ils n'avaient plus le choix. Il n'y avait plus que la fuite pour leur offrir la paix. Ce n'était plus possible autrement. Plus maintenant qu'ils avaient leurs parents sur le dos.

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Les Finnigan n'avaient pas changé d'attitude avec Blaise. Ils étaient cordiaux et avenants mais Seamus savait. Il savait leurs soupçons, connaissait leur opinion et elle n'avait rien de flatteuse. Et puis ils le harcelaient.

- « Et la fille de machin, tu l'as rencontrée ? »,

- « Et celle-là, pourquoi elle ne te plaît pas ? »,

- « Et nous t'avons organisé un dîner avec truc ».

Ils n'étaient ni méchants, ni violents mais, ils étaient usants et Seamus n'en pouvait plus de faire semblant. Il se sentait continuellement tendu, harassé sous le poids des non-dits. Les menaces de Lady Zabini n'avaient été que la goutte de potion qui avait fait déborder le chaudron.

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Un peu plus d'un mois en amont, quand Blaise lui avait rapporté sa conversation avec sa mère, Seamus avait cru recevoir un coup de massue. Plus encore lorsque son amant avait paru résigné à épouser Sally-Anne.

Le métis avait répété, en une triste litanie, qu'il n'avait pas le choix, qu'il ne pouvait s'opposer à sa mère, qu'il craignait trop d'aller à l'encontre de sa volonté. Il avait même eu le culot, dans un élan de désespoir, de tenter de convaincre l'irlandais du bien-fondé de cette union.

Il lui avait proposé de l'aider à trouver une épouse qui ne serait pas contrariante, lui assurant que, une fois tous deux mariés, ils pourraient recommencer à se voir. Ils pouvaient avoir des épouses, des enfants, fonder leurs familles tout en continuant à vivre leur amour en cachette.

Ils n'étaient pas obligés d'être séparés. La majorité des couples n'était-elle pas adepte des relations adultérines ? Et puis, finalement, en trompant leurs femmes ensembles, ils ne risquaient pas d'enfanter un bâtard.

Ils ne prenaient aucun risque et ne pouvaient y trouver que des avantages. Ils satisfaisaient autant à la volonté de leurs parents qu'à celle de la société puritaine. Blaise semblait tellement convaincu par cette solution bancale qu'il avait failli convaincre Seamus. Failli.

Mais, finalement, l'irlandais n'était pas d'accord pour passer en second. Il était prêt à beaucoup de concessions. Beaucoup. Pas celle-ci. Celle-ci lui paraissait inadmissible. Il n'était pas d'accord et ne s'en était pas caché. Ils étaient ensemble, toujours, ou pas du tout. Il n'y avait pas d'arrangement possible.

Ils étaient aussi têtus que passionnés et ils s'étaient énervés. Ils n'arrivaient pas à trouver de compromis, ce n'était pas possible et ils avaient inévitablement fini par se disputer. Ils avaient crié et Seamus était parti en claquant la porte, à en faire trembler les murs. Il avait toujours eu un caractère explosif.

Il était revenu tard dans la nuit et, cette fois, c'était son ton froid qui avait claqué. Il ne voulait plus rien entendre. Ils ne reparleraient que le lendemain, à tête reposée. Mais, ils n'en avaient pas reparlé. Ils avaient laissé couler.

Un jour était passé, puis deux, puis la semaine entière. Ils avaient juste fait semblant d'occulter que, le week-end suivant, devaient avoir lieu les fiançailles de l'un d'eux, en grande pompe. Ce n'était que le matin du jour fatidique que Seamus avait eu un électrochoc.

Il s'était réveillé tôt mais seul. Aucun poids n'exerçait de gravité à ses côtés, aucune respiration ne comblait le silence, rien. Qu'importait la canicule qui écrasait le pays depuis plusieurs semaines, il s'était senti transi de froid.

Il s'était recroquevillé quelques minutes sur lui-même, essayant de trouver le courage de se lever mais il avait eu l'impression de se sentir sans force. Il n'avait jamais envisagé ressentir un tel vide en lui sans son amant. Il n'aurait pourtant pas dû être surpris. Il avait pris une place trop importante dans sa vie pour qu'il en soit autrement.

Quand il s'en était senti le courage, il s'était lourdement traîné jusqu'à la cuisine, frottant machinalement ses bras et son cœur avait fait une embardée en voyant Blaise assis, les jambes repliés sur sa chaise, dans la cuisine.

Un instant sidéré, Seamus s'était assis en silence, face à lui, cherchant à apaiser les battements de son cœur. Il savait que, s'il ouvrait la bouche, sa voix manquerait d'assurance et il craignait même de se mettre stupidement à pleurer.

Ils s'étaient souris, tristement et Blaise s'était lentement levé. Il s'était rapproché de Seamus et avait glissé ses doigts trop froids sur sa nuque, caressant la base de ses cheveux et l'irlandais avait de nouveau frissonné de la tête aux pieds.

Il s'était ensuite assis à même la table et, alors que les yeux du blond criaient son désespoir, ceux du métis tremblaient de voir disparaître tout ce qu'ils avaient construit. Ils étaient prisonniers. Ils se sentaient pris en otage. Ce n'était pas juste.

Seamus s'était alors servi un café en soupirant lourdement. Il n'y croyait plus. C'était fini. Point final, tournez la page. Il n'y croyait plus et, forcément, il ne put s'empêcher de renverser quelques gouttes de café en entendant Blaise ricaner.

Il n'avait pas le droit de ricaner. Ce n'était pas approprié et il méritait mieux. Ils méritaient mieux. Pourtant, il s'était retenu de répondre. Seamus avait avalé sa salive puis attrapé sa tasse. Il avait eu besoin de se raccrocher à quelque chose. Sans cela, il allait tomber. Il le savait.

C'était inévitable. Leur histoire s'achevait dans une fin tragique et tout ce que son amant trouvait à faire était de ricaner. Pire encore, les secondes défilant, ce n'était plus un ricanement mais un rire. Discret d'abord mais, qui l'était de moins en moins.

Blaise se marrait alors que lui se sentait mourir à petit feu ! Il avait reposé sa tasse et étendu les doigts de ses deux mains sur le bois de la table. C'était le mieux à faire. Sans ce geste, il était persuadé que son poing, les deux, auraient fini dans le nez de son amant. Il valait mieux que ça. Il n'était pas un animal.

Les mains toujours à plat sur la table, il avait longuement inspiré. Il avait ignoré la chair de poule qui lui faisait dresser les poils le long de ses bras et avait lentement ancré son regard à celui de Blaise.

Lorsque leurs yeux s'étaient rencontrés, après de trop longues secondes, Blaise avait eu l'air surpris et avait tenté de s'arrêter de rire mais reprendre son sérieux n'avait pas eu l'air d'une tâche aisée. Seamus avait dégluti, attendant qu'il se calme, le détestant pour garder ce sourire aux lèvres malgré tout. Puis les évènements étaient devenus incontrôlables.

Blaise s'était levé, avec cet air idiot et trop joyeux et il avait mis un genou à terre. Seamus avait dû avoir l'air stupide, de stupéfaction et le métis était reparti dans un fou-rire. Continuant à moitié à glousser, il lui avait pris la main et lui avait demandé, le moins sérieusement du monde, de s'enfuir avec lui.

Seamus lui avait demandé de répéter. Il avait eu l'impression de ne rien comprendre. Rien. Et Blaise avait ri encore plus fort.

- « Seams ! Veux-tu t'enfuir avec moi, pour le meilleur ou pour le pire ? »

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Prendre la décision avait été assez simple, finalement. La mettre en œuvre avait pris plus de temps. Ils avaient eu à faire illusion. Blaise était allé à l'annonce de ses fiançailles et s'était pendu au bras de Sally-Anne. Il avait adressé nombre de sourires enjôleurs et avait fait la fierté de sa mère.

Rapidement, il avait eu à plus ou moins réintégrer la Dépendance Zabini. Il continuait à s'en éclipser presque chaque nuit mais il devait donner le change. Si sa mère n'avait pas été jusqu'à suivre elle-même ses moindres faits et gestes, Luigi avait été réaffecté aux cuisines.

Elle savait que l'Elfe de Blaise le couvrait et elle avait imposé à Desdemonia de s'occuper de servir son fils. Elle lui apportait ses repas, allumait le feu froid de la cheminée, faisait son lit et rapportait tout ce qu'elle considérait suspect à Lady Zabini.

Ses moindres faits et gestes espionnés au sein du Domaine, il n'avait pas été évident pour Blaise de transférer discrètement ses avoirs ou de s'assurer, auprès des juristes de la Deuxième Chambre du Magenmagot, de l'inéligibilité de certains membres de sa Société au Conseil d'Administration d'Ornicar Inc. Il ne voulait pas voir n'importe qui lui succéder, si cela devait arriver et encore moins laisser sa mère gérer son entreprise.

Réunir ses économies avait été moins problématique pour Seamus. Il venait d'un milieu bien plus modeste et personne n'était susceptible de surveiller ses mouvements bancaires. Il n'avait aucune raison de culpabiliser de quitter son travail, bien au contraire. Et abandonner son appartement ne l'affectait pas outre mesure non plus. Ce n'était pas comme s'il était réellement adepte des attaches matérielles.

Son seul crève-cœur avait été d'envisager de quitter ses proches, ceux qui comptaient vraiment, sans même pouvoir les avertir. Ils n'avaient pas le choix. Pour disparaître totalement, ils ne pouvaient pas se permettre d'être retrouvés à cause de la négligence, même involontaire, de l'un ou de l'autre de leurs amis.

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Pour contrebalancer cette perspective, Seamus s'était attelé, tout au long de l'été, à multiplier les invitations chez lui. Il avait voulu profiter de ses amis le plus possible mais, de peur de devoir constamment surveiller ses arrières, il s'était souvent refusé à sortir.

Il était devenu lassant de se sentir coincé entre quatre murs et ce départ, aussi effrayant était-il, lui permettait à nouveau de souffler. Il n'avait plus cette impression d'étouffer et, s'il doutait de retrouver rapidement sa tranquillité d'esprit, il gardait l'espoir d'être à nouveau un peu heureux.

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Ce qui leur arrivait, à lui et Blaise, était injuste. C'était injuste parce que, tout ce qu'ils désiraient, ce n'était que ça, d'être un peu heureux. Ils ne voulaient pas grand-chose finalement. Juste un peu de paix et de sérénité. Ils y avaient droit, tout de même.

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Et c'est là que les athéniens s'atteignirent... Pauvre Draco qui voit partir son meilleur ami ! Verdict ?!