[MàJ Août 2021]

Note de l'autrice : Bonjour à tou•te•s ! Enfin ! Le soleil est là (enfin, entre deux orages) et je ne sais pas vous mais perso, ce petit week-end de trois jours me met en joie !

Bien ! La semaine dernière, nous laissions Blaise et Seamus s'envoler à leur tour (d'abord Luna, maintenant, eux... Diantre ! Il n'y aura bientôt plus personne en Grande-Bretagne!) et aujourd'hui, nous rejoignons notre chère Hermione... Je vous épargne la phrase à suspense ou le rappel des événements, je pense que vous vous souvenez tous que, dans les derniers chapitres, la situation entre elle et Draco était on ne peut plus critique et qu'il semblait bien difficile de trouver une quelconque éclaircie les concernant... Voyons donc ce qui les attends désormais...

.

Pas beaucoup d'avancées sur la suite mais... les idées sont florissantes... J'ai juste un peu de mal à me poser vraiment devant l'ordi pendant plusieurs heures...

.

Je remercie enfin, encore et toujours les reviewers et vous invite, comme d'habitude, à continuer à laisser vos petits mots, vos critiques, tout ça, tout ça ! D'ailleurs, les RàR à (MMalfoy 34, Lida et Brenda) sont ici :

https (deux points slash slash) www (point) fanfiction (point) net (slash) topic (slash) 237726 (slash) 186030960 (slash) 1 (slash dièse) 186030960

.

Bonne lecture et à très vite !

.


Chapitre 62 – Hermione

.

- « C'est une convocation pour Azkaban. Ils veulent que j'aille voir mon père... »

Hermione lança un regard désespéré à Draco. Leur couple commençait tout juste à se remettre sur ses rails et le Ministère lui-même leur imposait un nouveau coup dur. Les derniers mois les avaient pourtant déjà littéralement vidés de toute énergie.

.

Après l'aventure que Draco avait eue avec Astoria, Hermione n'avait pas su faire face. Elle avait fui, sans vraiment se retourner, se harassant sous le travail, multipliant les sujets d'études, seulement pour oublier qu'elle se noyait.

Elle ne se sentait pas capable de continuer, ni à entrevoir ces flashs de l'union charnelle du corps de l'homme qu'elle aimait avec une autre, et encore moins cette autre, pas plus à voir le regard gris, trop clair, trop déçu, de Draco.

Et déçu, il l'était. Déçu d'avoir pu la tromper, même contre son gré, déçu de la réaction de Hermione, déçu de la confiance qu'elle lui avait dédaignée, déçu d'avoir trop compté sur elle et de se retrouver seul et démuni.

.

La brune avait fui. Elle était partie et s'était apitoyée sur son sort. Elle avait d'abord été aussi horrifiée que dégoûtée par tout ce qui était advenu puis elle s'en était voulu. Elle s'en était voulu d'avoir douté des sentiments de Draco puis d'avoir quitté le domicile conjugal.

Elle avait eu, alors, l'impression d'avoir renié l'homme qu'elle aimait, par ce simple geste et même si elle avait fini par s'en repentir, le soir, seule dans la chambre que lui prêtait toujours Harry à Birmingham, elle ne pouvait nier avoir tout gâché.

Elle culpabilisait d'avoir détruit un peu plus Draco alors qu'il avait déjà tant enduré. Qu'ils avaient déjà tant enduré. Les deux premières semaines furent un calvaire, la suivante pire encore. Hermione n'arrêtait plus de ressasser. Ses pensées tournaient en boucle et elle se torturait les méninges indéfiniment, incapable de focaliser réellement son attention sur quoi que ce fut.

.

Elle essayait, chaque matin, d'aller de l'avant et de dépasser ses appréhensions mais, sitôt ses bonnes résolutions prises, les images d'Astoria et Draco imprimées sur sa rétine revenaient la hanter. C'était plus fort qu'elle, elle n'y croyait plus.

Et puis, un matin de juin, c'est lui qui avait sonné à la porte de chez Harry. Draco, sans trop savoir comment il avait trouvé le courage de venir jusque-là, venait ramener sa clé. Leur clé. Il ne voulait plus vivre dans leur appartement.

Cet endroit lui rappelait trop de souvenirs. Ce n'était pas chez lui. Ça avait été chez eux mais, maintenant ce n'était plus qu'un chez elle qu'il envahissait. Elle avait acheté l'appartement, elle y avait imprimé sa marque. Sans elle, il n'y était plus à sa place.

Le blond louait une chambre au Chaudron Baveur depuis quelques jours et, ce matin-là, tout ce qu'il désirait était de rendre son double à Hermione et de filer soutenir Blaise dans la vaste farce que représentaient ses fiançailles.

Sitôt ces deux corvées accomplies, il comptait disparaître pour toujours. Refaire sa vie, ailleurs, loin de tout et de tous. Il avait pris sa décision, il y était résolu. C'était probablement pour cette raison qu'il avait tant de mal à la regarder dans les yeux en lui avouant qu'il abandonnait la partie.

Il avait sûrement un peu peur, aussi. Qu'elle l'accuse de baisser les bras. Que, prise dans sa fougue, elle le taxe de lâche, tout juste bon à fuir au lieu d'affronter les aléas de la vie. Il ne se doutait pas qu'en cet instant, c'était elle qu'elle blâmait et nul autre. C'était elle qui se sentait couarde.

.

- « Non mais vous êtes ri-di-cules ! »

Si Pansy ne s'était pas exclamée de la sorte, en sortant de la chambre de Harry et se dirigeant, du même pas, vers la cuisine, il était fort probable que Hermione et Draco se seraient séparés en silence, amers et le cœur empli de regrets.

Seulement, sa remarque, exclamée d'une voix haut perchée, avait eu l'effet d'un électrochoc. Draco avait voulu lui répondre vertement de se mêler de ce qui la regardait, elle qui n'assumait aucunement ses sentiments à l'égard du Survivant mais, Hermione lui avait saisi le poignet alors qu'il ouvrait seulement la bouche.

Elle l'avait tiré jusqu'à sa chambre et en avait claqué la porte en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire. Elle l'avait quasiment poussé sur le lit et il s'était senti bêtement docile. Aussitôt, Hermione était allé farfouiller dans ses tiroirs et il n'avait pas plus osé broncher.

Il était resté assis, le dos rond et les épaules basses, à la suivre du regard. Il avait presque eu un sursaut, comme au sortir d'une lourde torpeur, lorsqu'elle avait fait claquer sa main sur le bois de sa coiffeuse.

Elle avait levé la tête vers le miroir et leurs regards s'étaient rencontrés, à travers cette grande glace ovale. Ils respiraient à peine, alors qu'ils s'observaient, à distance. Ils craignaient, au moindre mouvement, de rompre ce maigre contact qu'ils retrouvaient pour la première fois depuis trop longtemps.

Ils avaient trop peur de se briser, à nouveau. Pourtant, les épaules de Hermione avaient frémi et elle s'était retournée, brandissant à bout de bras un collier, dans un geste grandiloquent.

- « Si tu pars, tu pars avec ça. »

Draco s'était levé et avait tendu sa main en s'approchant. Il avait caressé la chaîne jusqu'à saisir l'anneau en or blanc qui y pendait et avait soupiré quand Hermione l'avait lâché, laissant le bijou baller dans les mains du blond.

- « Je n'en veux pas. Je n'ai pas besoin d'être renvoyé à notre échec à chaque fois que je pose les yeux dessus, Hermione… Reprends-le.

- Non » avait-elle répondu doucement. « Je ne peux pas le garder. C'est à toi, c'est… »

La voix cassée, elle n'avait pas pu finir sa phrase et il s'était emporté.

- « Et alors ? Qu'est-ce que tu veux que ça m'apporte ? C'était peut-être à moi mais c'est du passé maintenant. Il s'est passé ce qu'il s'est passé et maintenant il n'y a plus rien. Rien du tout. Qu'est-ce que tu veux que j'en fasse ?

- « Je.

Elle n'avait pas pu finir sa phrase, Pansy avait déboulé dans la chambre, chuchotant d'une voix grave.

- « Vous allez vous calmer, oui ? Vous n'êtes pas tous seuls ici ! Harry dort juste à côté ! Alors, soit vous baissez d'un ton, soit vous collez un sort d'insonorisation à cette chambre mais vous arrêtez, Nom d'un Centaure à Couettes !

- C'est bon, je m'en vais. Tout ce que je voulais, c'était te ramener ta clé, c'est chose faite, je n'ai plus rien à faire ici.

- Tu ne vas pas partir comme ça quand même » s'était exclamée Hermione alors que Draco atteignait le pas de la porte de la chambre, prêt à passer devant une Pansy au visage fermé, les bras croisés sous sa poitrine.

- « Qu'est-ce que tu veux de plus ? Je ne peux pas revenir en arrière !

- Non mais… Je ne sais pas, on peut en parler, non ?

- Pour dire quoi ? Tu veux que je m'excuse encore pour ce qu'il s'est passé avec Astoria ? Qu'est-ce que j'y peux ? Je n'étais pas dans mon état normal ! »

Hermione s'était précipitée sur la porte et l'avait claqué au nez d'une Pansy qui en était restée outrée pour le reste de la journée.

- « Je sais, Draco. Je sais que tu n'étais pas réellement responsable. Je le sais. Je le sais, j'en suis convaincue mais…

- Mais tu n'arrives pas à dépasser ça, alors qu'est-ce que tu veux que j'y fasse ?! » S'était-il encore énervé.

- « Je ne sais pas. Je... J'en sais rien

- Alors quoi ? Tu répètes toujours la même chose... 'J'en sais rien'... Si tu sais pas, je peux pas savoir pour toi ! » Avait-il encore explosé.

- « Je ne veux pas te perdre... J'aimerais… J'aimerais juste revenir en arrière, oublier et recommencer. Je sais que ce n'est pas possible et… Je sais que tu m'en veux.

- Je ne.

- Et tu as raison de m'en vouloir. » L'avait-elle coupé. « J'ai ma part de responsabilité dans cette histoire mais… Je ne sais même pas par quel bout commencer…

- …

- Est-ce qu'on ne pourrait pas… je… je sais pas... Aide-moi, s'il te plaît, m'oblige pas à… »

La voix de Hermione s'était éteinte et il lui avait répondu, sur le même ton.

- « A quoi ? T'obliger à quoi ?

- Je ne sais pas. Je crois. Je crois que je voudrais que ce soit simple.

- On s'est séparé, Hermione. Est-ce que ce n'est pas la simplification absolue de la situation ? » Avait demandé Draco, une pointe d'ironie dans la voix.

- …

- Tu vois… Il n'y a pas grand-chose à rajouter, il me semble. Finalement, tu avais raison, Hermione. L'amour ne suffit pas toujours…

- … et l'amour n'excuse pas tout » avait-t-elle continué.

- « Et bien voilà ! Tu l'as, ta réponse ! Tu peux reprendre ton petit confort maintenant, les choses sont claires…

- Non, ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Draco ! Draco. Je comprends que tu ne veuilles plus entendre parler de moi mais…

- Tu sais que ce n'est pas vrai. Ce qu'on a vécu ne s'efface pas avec un enchantement mais… C'est toi qui est partie, Hermione. Tu es partie alors que tu avais toujours dit que tu te battrais pour nous. Et moi… Moi je t'ai cru. »

Hermione avait dégluti en entendant la voix tremblante du blond, n'osant prononcer un seul mot. Les larmes lui étaient montées aux yeux sans qu'elle ne puisse les retenir.

- « Je te croyais vraiment mais… Mais je me suis juste gouré. Tu es partie et tu as même pas essayé. Tu as tout laissé en plan... tu m'as laissé en plan.

- …

- T'as même pas essayé de nous donner une chance et je t'en veux. Tu as raison, Hermione, je t'en veux de même pas avoir essayé d'affronter et d'avoir laissé cette situation de merde suinter encore et encore, sans même essayer de réparer quoi que ce soit. »

La voix de Draco grondait, sourdement, et son visage était tordu par la colère et l'amertume. Hermione n'avait pas vraiment pu le voir, il lui avait trop vite tourné le dos, refusant de la voir pleurer mais, elle imaginait parfaitement ses traits se déformer.

Il était en colère et elle le comprenait, un peu. Il se sentait à bout, même si elle n'avait pas envie de l'entendre la descendre en flèche, elle savait qu'il fallait que les choses soient dites. Ils se voyaient peut-être pour la dernière fois, ils n'avaient plus d'espoir, ils devaient se dire tout ce qu'ils avaient à se dire.

Elle devait assumer. Elle avait insisté pour qu'il ne parte pas tout de suite. Elle pouvait entendre tout ce qu'il crachait. Elle en était capable. Elle en avait besoin. Draco culpabiliserait probablement plus tard de l'avoir tant accablée mais, il en avait besoin aussi.

Il s'était tellement senti en dessous de tout. Il avait cru tellement fort que le soutien de Hermione lui était acquis, indéfectible. Il ne pouvait que regretter qu'elle n'ait pas été là au moment où il pensait en avoir eu le plus besoin.

Elle aurait dû être présente, visible et attentive. Ils auraient été plus forts ensemble mais, elle l'avait lâché en refusant de lui faire confiance. Elle en avait conscience. Elle s'en voulait. Mais elle avait surtout besoin qu'il le lui dise. Qu'il reconnaisse que leur attachement était aussi fort que ce qu'elle s'était imaginé.

.

Draco avait ensuite croisé les bras sur sa poitrine et avait attendu de longues minutes, toujours dos à elle. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle réagisse et elle ne l'avait pas surpris. Elle avait pleuré, silencieusement et n'avait pas esquissé un geste. Il avait inspiré longuement et, en fermant les yeux, avait asséné.

- « Si c'est tout ce que tu avais à me dire, je vais vraiment y aller, cette fois. »

Draco s'était retourné et Hermione lui avait agrippé le bras.

- « Attends » avait-elle finalement soufflé, des larmes toujours présentes dans la voix. « Je ne dis rien parce qu'il n'y a peut-être rien à dire… J'arrête pas d'y penser, encore et encore, je cherche des réponses mais… Peut-être qu'il n'y en a pas, peut-être qu'il n'y a pas de réponses. »

Il l'avait regardé, en silence, dubitatif. Elle avait caressé son bras.

- « Peut-être qu'en mettant des mots sur ce qu'il s'est passé, on ne fait qu'entretenir ce conflit, alors que… qu'on devrait juste laisser ça derrière nous…

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- … Qu'on peut peut-être se laisser une autre chance. Je ne sais pas. On peut peut-être… fermer nos trop grandes bouches et essayer de se retrouver…

- Je ne crois pas que…

- On peut juste essayer… je ne sais pas. De repartir à zéro…

- …

- On pourrait recommencer à se séduire sans faire comme si tout était tout cuit. Comme si c'était nouveau… Faire comme si on était moins fiers et orgueilleux… Et on pourrait juste se taire un peu... »

.

Et c'était ce qu'ils avaient fait. Tout n'était pas allé sans heurt mais, ils recommençaient à envisager, presque deux mois plus tard, à emménager ensemble. Le plus difficile, finalement, avait été d'éviter les Matamagics.

Ils ne remettaient quasiment plus les pieds, ni l'un, ni l'autre, dans le Londres Sorcier, en dehors de leurs obligations professionnelles et ils ne s'en portaient pas plus mal. Sortis des grandes métropoles, il y avait vraiment de nombreuses villes sorcières en Grande-Bretagne qui recelaient de trésors oubliés et d'un charme pittoresque.

Ils savaient qu'ils finiraient par refaire la une des journaux, un jour ou l'autre, mais, d'ici là, ils n'avaient pas envie de se cacher et de se compliquer plus encore le quotidien. Ils finiraient par se faire repérer mais, tant pis. D'ici là, tout ce qu'ils voulaient était juste de vivre un peu en paix. Ils le méritaient, après tout.

.

Forcément, l'injonction du Ministère ne tombait pas réellement au meilleur moment. Et puis, cette demande était étrange. Azkaban était une prison de haute sécurité et, c'était bien la première fois qu'ils entendaient parler, l'un comme l'autre, d'une obligation de visite. Ce courrier n'avait rien pour les rassurer...

.


Verdict, que pensez-vous de cette tournure des choses ?! Pour ma part, je trouvais plus intéressant que leur remise en couple ait un côté sincère mais anecdotique... Je ne sais pas si vous voyez c'que je veux dire ou si vous êtes d'accord mais... voilà c'que ça donne, du coup !