[MàJ Août 2021]
Note de l'autrice : Bonsoir vous ! Et oui, bonsoir, parce que malheureusement, tous les lundis n'ont pas la bonne idée d'être fériés...
Dans le dernier épisode, Hermione et Draco se rabibochaient tant bien que mal et... et c'était à peu près tout mais c'était déjà pas mal ! Aujourd'hui, ce sera Théo qui prendra la parole (j'ai envie de dire lol mais, vous comprendrez plus tard...).
Passons donc à la suite mais, avant tout ça, je vous informe que, oh ! Miracle ! J'ai réussi à pondre mon chapitre 64, ne reste que les fioritures, donc je ne devrais pas avoir de retard la semaine prochaine ! Le 65 est quasiment fini, le suivant en bonne voie, celui d'après est perdu dans le néant et celui qui le suivra est en cours... Non, non, je ne suis pas bordélique... Bref, voilà pour les dernières nouvelles !
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Comme de coutume, mon petit laïus, répétitif, certes, mais toujours sincère ! Merci pour vos reviews, j'espère que vous continuerez encore longtemps, même après la fin de publication de cette histoire !
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Avant de passer à la suite, les p'tites RAR sont ici : https (deux points slash slash) www (point) fanfiction (point) net (slash) topic (slash) 237726 (slash) 186030960 (slash) 1 (slash dièse) 186030960 (MMalfoy 34, Brenda et Lida)
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Bonne lecture et à très vite !
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Chapitre 63 – Théodore
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- « Sir Nott ? »
Miriam Strout, la Guérisseur en Chef du Service de Pathologie des Sortilèges entra doucement dans la chambre 412, donnant l'impression de marcher sur des œufs. Théo hocha la tête, lui accordant toute son attention.
- « Je souhaitais personnellement vous informer de la situation. Comme l'infirmière Donovan vous l'a explicité hier, nous vous avons apporté tous les soins en notre pouvoir actuellement. Vous avez retrouvé votre forme physique, vos contusions sont de l'histoire ancienne et vous êtes à nouveau en pleine possession de vos pouvoirs. »
Le jeune homme plissa les yeux avec mépris, s'apprêta à ouvrir la bouche et se ravisa. À la place, il enserra sa gorge et attendit.
- « Oui. » Relança simplement Miriam Strout. « Nous n'avons rien pu faire pour ce problème là... Je suis sûre que ce n'est qu'un contretemps, Sir Nott. » Tenta-t-elle de le rassurer, s'attirant simplement un regard empli d'agressivité. Elle continua. « Nous n'abandonnons pas votre cas. »
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Son cas. Théo enrageait littéralement. Son cas. Il n'était pas un cas. Il était un grand sorcier, un sorcier avec une mission à remplir. Il avait des partisans à rallier à sa cause, des stratégies à discuter, une propagande à répandre.
Comment était-il supposé remplir sa tâche correctement sans voix ? Il n'avait plus la possibilité de communiquer. Lui, l'orateur insatiable. Qui s'intéresserait à lui, maintenant qu'il avait perdu ce pouvoir ?
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Un pouvoir. C'était exactement ce que sa voix représentait. Sa verve était quasi magique. Il savait l'utiliser, la manier, et il l'entretenait depuis toujours. Aujourd'hui, il ne pouvait plus parler. Il sentait à peine sa langue dans sa bouche et elle lui donnait l'impression d'être grosse, lourde, larvesque.
Sa langue le dégoûtait. Elle était là, humide et inutile. Il n'arrivait plus à la bouger et cette inertie lui donnait envie de se l'arracher, tout bonnement. Il déployait, tous les jours, des efforts colossaux pour ne pas simplement se débarrasser violemment de cet appendice inutile.
A chaque minute qui passait, il ressassait, en silence, en boucle, la liste des points qui le convainquaient encore de ne pas en arriver là. Les Médicomages allaient trouver une solution. Ils arriveraient à la faire fonctionner de nouveau normalement. Si une femme l'acceptait dans son lit malgré son handicap il...
Non, ce dernier argument n'était pas valable. Il frissonnait rien que d'y penser. Aucune sorcière digne de ce nom ne l'accepterait désormais. Un handicapé. Voilà ce qu'il était devenu. Il ne valait pas la moitié d'un sorcier.
Oh, oui, naturellement, il avait récupéré ses pouvoirs magiques mais, sans sa voix, sans langage oral, à quoi cela lui servait-il. Il ne pouvait même plus lancer le plus basique des sorts. Il n'avait plus aucun moyen de se défendre.
La magie sans baguette demandait un travail qu'il n'avait jamais tenté auparavant. Pourquoi l'aurait-il fait ? Cette sorte de magie était instable. Bancale. Il avait toujours trouvé stupide de se compliquer l'existence inutilement.
Si seulement il avait au moins essayé de l'apprendre, il ne se serait peut-être pas senti aussi démuni. Désormais, il n'était plus qu'un pauvre hère désarmé et maladif. Il n'était plus rien. Il n'était plus personne. Un moldu. Pire, un Cracmol.
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Théo déglutit bruyamment, s'étouffant à moitié. Il avait encore failli avaler sa langue, cette langue inerte et croupissante dans sa bouche. La plupart du temps, il n'arrivait même plus à manger normalement.
Le commun des mortels ne se rendait pas compte de l'importance de cet organe. Déglutir, parler, mastiquer. L'équipe médicale lui avait évité l'opprobre de lui donner la béquée mais il ne pouvait manger que de la nourriture mixée. Hachée, à la limite. Lentement, et sous surveillance.
Il n'aurait pas été lui, il en aurait pleuré, de se sentir si décrépi, de se voir aussi diminué. La vie était une garce. Il n'y avait pas d'autre mot. Elle le trahissait pour la première fois avec une telle violence.
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Il reposa ses yeux sur la Guérisseur en Chef qui, le regard compatissant, attendait patiemment qu'il reprenne une respiration à peu près normale. Elle ne faisait que l'agacer davantage. Il ne voulait pas de sa pitié. Sir Théodore Nott n'était pas pathétique.
- « J'avais deux options à vous proposer. La première était une hospitalisation de longue durée, au sein de notre salle spéciale, Janus Thickey... » Elle continua très vite, en voyant le regard écarquillé de Théo qui hochait frénétiquement la tête. « Oui, je me doutais que cette solution ne vous satisferait pas. »
Il se calma, sans pour autant arriver à détendre ses épaules qui s'étaient redressées à la perspective d'être enfermé avec ces fous, sous la garde de ce traître de Malefoy.
- « J'imaginais donc plutôt m'occuper de votre cas en ambulatoire. Dans ce cas, vous reviendrez tous les quinze jours pour que nous fassions le point, observions votre évolution et pour que nous vous apportions de nouveaux traitements. »
Théo prit une plume imaginaire en main et mima une signature sur un contrat d'un geste rapide et précis. Miriam Strout lui sourit avec indulgence.
- « Oui, c'est bien ce que je pensais... Seulement... »
Il se renfrogna. Elle n'en finissait jamais, cette femme, avec ses rebondissements à répétition. Il avança le menton, l'incitant à aller droit au but.
- « Vous savez que nous avions obligation d'informer la Brigade de Police Magique de votre hospitalisation... »
Il approuva d'un mouvement rapide de tête. Évidemment, ancien détenu, porteur de la Trace, fils de Mangemort notoire, il ne pouvait passer la porte de Sainte-Mangouste sans que la Terre entière n'en ait été informée.
- « Nous ne vous avions rien dit jusqu'ici, souhaitant vous épargner pendant votre convalescence mais... il vous faut savoir qu'une enquête a été diligentée... »
Il eut une moue résignée. Il s'en doutait déjà. Ce n'était pas comme si il avait vraiment espéré, après être passé à deux doigt de la mort, qu'on puisse l'oublier si rapidement.
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Il s'était réveillé, un soir de la fin juillet, dans une pièce trop blanche qui lui avait fait mal aux yeux. Il avait essayé de bouger mais aucun de ses membres ne lui répondait. Il ne sentait plus ses jambes, ses bras, et encore moins le reste de son corps.
Un tube entravait sa gorge, rattaché à un tuyau lui-même relié à un trépied qui supportait des poches transparentes. Dans l'une d'elle, un liquide fluide et bleuté se vidait et s'emplissait à la vitesse de l'éclair. Dans l'autre, une substance plus épaisse, d'une couleur terreuse, prenait place.
Le tout s'écoulait dans sa gorge mais, il ne sentait rien. Ni les fluides glisser, ni leur goût, rien. La panique l'avait envahie et s'était encore accentuée quand il s'était aperçu qu'il n'entendait rien non plus. Rien du tout. Pourtant, pas moins de cinq personnes s'agitaient autour de lui.
Une blonde fade, une brune trapue, une indienne délicate, un chauve à l'air revêche et un brun aux airs adolescents. Son staff médical. Ils ressemblaient à des fourmis, allaient et venaient, semblaient inquiets, criaient des ordres.
Théo, lui, n'entendait rien. Il avait l'impression d'être mort. L'angoisse était trop forte. Il avait essayé de hurler mais les tuyaux dans sa gorge l'en avait empêché. La brune trapue l'avait plaqué au lit durement.
Elle avait pointé sa baguette sur sa tempe et il avait perdu connaissance. Combien de temps, il ne savait pas exactement. Tout ce qu'il savait, c'était que le mois d'août avait déjà commencé quand il s'était réveillé mais il se foutait un peu du jour précis.
Ce qui avait retenu son attention, c'était la douleur. Cette douleur incommensurable. Violente. Mortelle. A chaque seconde, il avait l'impression de crever. Comme si des millions de bouts de verre s'enfonçaient inlassablement dans ses chairs.
Parfois, il avait droit à un court répit. Sophia, l'infirmière blonde insipide, lui apportait des potions à heures régulières. Elles fonctionnaient un temps et l'apaisaient mais jamais assez longtemps. La première semaine avait été un calvaire.
Ensuite, il avait lentement entamé sa convalescence. Il était passé du premier étage au quatrième, sans même avoir eu le temps de rencontrer Smethwyck, le Guérisseur en Chef du Service des blessures par créatures vivantes.
Il s'en moquait. Les douleurs s'étaient faites moins fortes, les doses de potions anesthésiantes avaient diminué, ses membres avaient retrouvé leurs sensations et il avait pu refaire fonctionner la majeure partie de ses muscles en un temps record, selon Ricardo, l'infirmier chauve, peu bavard mais efficace.
Tout était presque revenu à la normale. Tout, sauf sa putain de langue qui refusait toujours de fonctionner. Il était évident qu'il avait eu mieux à faire que de se préoccuper de l'enquête des Aurors. Tout comme il était évident qu'en aucun cas le Ministère n'aurait laissé passer cette hospitalisation.
Ce n'était, effectivement, pas tous les jours qu'un sorcier se faisait attaquer aussi violemment par une bête sauvage, en plein village. Et si encore, il n'y avait eu que l'attaque de ce cerf... Mais non, la magie avait tenté d'achever le travail !
Le ou les sorts qui l'avaient atteint étaient trop violents, trop rarement utilisés pour qu'il n'y ait eu une volonté délibérée de faire souffrir Théo. Cette attaque puait la Magie Noire à plein nez. Et s'il n'avait pas réellement pris le temps d'y réfléchir avant, il avait déjà quelques idées sur ce qu'il avait pu se passer.
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- « Sir Nott, je ne sais comment vous annoncer cela mais... Les Aurors souhaitent vous interroger... Je leur ai bien expliqué qu'en l'état actuel des choses, cela s'avérerait compliqué mais... ils n'ont rien voulu entendre... » reprit Miriam Strout d'un ton de reproche.
La Guérisseur en Chef remonta légèrement dans son estime. Toute personne capable de se rendre compte du caractère totalement obtus des Brigades d'Aurors méritait un minimum de respect.
D'un moulinet de la main, il lui fit comprendre qu'il attendait la suite.
- « Vous n'allez pas réellement pouvoir rentrer chez vous, Sir Nott. Vous serez accueilli, dans un premier temps, au CRS. » À la question muette de Théo, elle précisa. « Le Centre de Rétention Sorcière... Ce n'est pas une prison ! » Cru-t-elle bon d'ajouter devant sa mine déconfite.
Il secoua fortement la tête et agita longuement les bras. Il soupira face à la grimace que lui adressa la Guérisseur et reprit sa gestuelle plus lentement.
- « Vous préférez finalement rester à l'hôpital ? Hum... C'est une possibilité mais, il vous faut prendre une décision rapidement, nous n'avons plus que deux lits de libres en salle Janus...
- …
- Il faut que vous compreniez aussi que les patients avec lesquels vous serez n'ont plus les capacités cognitives pour vivre seul. Démences, pertes de repères et des conventions sociales, exclusion... Vous ne rentrez pas vraiment dans les cases... »
Théo serra les poings à s'en faire craquer les articulations, ce qui provoqua un frisson chez Miriam Strout. Elle s'en voulait un peu de lui demander de choisir entre l'Eclabouille et la Dragoncelle. Un si beau jeune homme, à l'air si intelligent. Il était tellement démuni désormais.
D'accord, il était un criminel notoire mais... il avait l'air si fragile... Il était vrai, aussi, qu'elle redoutait qu'il ne soit pris d'un coup de folie. Il était tellement à fleur de peau. Rien ne disait qu'il ne s'en prendrait pas, un jour ou l'autre, au petit Bobby et à sa peau toute violette, au moldu amnésique rendu anémique par un vampire ou à n'importe quel autre de ces patients.
Elle n'avait pas plus, non plus, les moyens de garder Théo en chambre individuelle. Son service était toujours au bord de craquer. Certains patients restaient des semaines sur liste d'attente et il n'était même pas toujours possible de gérer les urgences.
Il était plus que temps que le Gouvernement investisse des Gallions sonnants et trébuchants à Sainte-Mangouste et plus encore dans son service. Elle adressa un sourire dépité au geste de Théo.
- « Je sais bien que votre situation est loin d'être idéale mais... les CRS ne sont pas si mal, vous savez, Sir Nott. Vous serez logé, nourri, blanchi... et puis, ce n'est que pour un temps. Vous... »
Sa voix trembla, les gestes de Théo se faisaient plus agressifs. Il voulait qu'elle sorte. Tout de suite.
- « Vous serez en sécurité. Juste le temps de l'enquête. Je... Ah ! »
Miriam Strout sortit en trombe de la chambre, esquivant juste à temps le vase de Croqu'Tulipe qui menaçait de fondre sur sa tête, comme le magazine de Quidditch qui l'avait heurtée quelques millièmes de secondes plus tôt. Théo n'eut même pas le temps de soupirer que Ricardo débarquait en trombe dans la chambre. Et, un nouveau trou noir l'envahit.
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Quand il se réveilla à nouveau, deux Aurors s'agitaient autour de lui. Ils devaient attendre depuis un moment déjà puisque l'un d'entre eux, un grand gaillard aux traits africains, faisait les cent pas devant la porte de sa chambre, tandis que l'autre, qui ressemblait à un castor albinos, lui balançait un tas de vêtements sur le lit.
Sans un mot, le jeune homme se leva avec lenteur, augmentant l'amplitude de ses gestes, ralentissant toujours plus la cadence. Le pantalon était trop grand, le t-shirt sans forme et ses chaussures sans lacets. Il n'eut même pas droit à une ceinture.
Il fut accompagné chez lui, eut l'autorisation de prendre quelques vêtements mais aucun accessoire. Quelques livres mais aucun objet pouvant potentiellement servir d'arme. Pas de cravate, pas de clé, pas de plumes.
Rien de tranchant, rien de piquant. Il fourra ses maigres effets dans une besace fournie par les Aurors, y ajouta quelques produits d'hygiène et quitta son domicile. Sans pouvoir renforcer les mesures de sécurité. Il abandonnait tout, malgré lui.
Il pouvait simplement se remercier pour n'avoir jamais rien conservé de précieux ou de compromettant chez lui. Salazar seul savait combien de temps il serait retenu au CRS. Quelques jours, des semaines, des mois ?
Ce pourri de Shacklebot avait besoin de trouver de quoi se mettre quelque chose sous la dent. Quoi de mieux qu'un Mangemort pour se tailler la part du lion ? Théo était sûr qu'on ne le lâcherait plus. Ils allaient forcément trouver quelque chose pour le faire tomber et le renvoyer à Azkaban.
Mais, foi de Théodore Nott, si il devait tomber, il ne tomberait pas seul. Il se souvenait parfaitement l'avoir entendu, l'Expelliarmus. Le fameux. La signature de Potter. Oh, bien sûr, il ne s'en était pas contenté. Il était allé beaucoup plus loin, flirtant avec les ténèbres et ce, juste pour l'atteindre.
Il était beau, l'Elu du Peuple, à se venger aussi bassement. Théo n'en attendait pas moins de lui. Mais, c'est maintenant que le jeu allait être amusant. Parce que si le Serpentard retournait en prison, il n'avait plus qu'une conviction, d'autres suivraient comme des dominos.
Les biens pensants d'Ordre et Justice n'auraient besoin que d'un mot de lui pour les convaincre d'anéantir Malefoy et pas beaucoup plus pour que Pansy les suive. Il allait la faire tomber, cette garce. Elle avait voulu jouer à la plus maligne. Elle ne s'en sortirait pas sans dommage !
Elle serait sa chose, sa petite chose rien qu'à lui, soumise et obéissante et Potter pourrait bien aller se faire voir ailleurs et crever en enfer. Il la tenait, sa vengeance. Si il devait finir ses jours à l'ombre, elle le rejoindrait dans les ténèbres !
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Verdict ?! Sympathique, non, ce petit Théodore... Et franchement, est-ce bien Harry qui a pété les plombs ou... tududum... à suivre, donc !
