[MàJ Août 2021]
Note de l'autrice : Bonsoir vous ! Oh, mais ! Qu'est-ce qui lui prend à la Dahrma ? On est dimanche ! Pas lundi !
Alors, oui, je sais, je fais une entorse à mon planning mais comme je ne pourrais pas poster demain, autant en profiter ce soir puisque j'ai un peu de temps... Un peu d'avance, pour une fois, on n'va pas se plaindre... D'autant plus que je ne suis pas certaine, certaine d'avoir complètement bouclé le chapitre 66 pour lundi prochain donc, en cas, autant me faire pardonner à l'avance !
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Bref, nous continuons donc notre petite histoire, après le joyeux chapitre de Lucius... Aujourd'hui, on s'arrête chez Pansy... La brune piquante aux jolis pieds a encore des choses à raconter, il faut croire...
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Comme d'hab, merci aux reviewers, vous mettez un peu de chaleur dans mon cœur ! N'hésitez pas à continuer !
Et avant de passer à la suite, les petites RAR sont ici : https (deux points slash slash) www (point) fanfiction (point) net (slash) topic (slash) 237726 (slash) 186030960 (slash) 1 (slash dièse) 186030960 (M Malfoy 34, Lida et aurel - pour ta review du chap 44).
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Bonne lecture et à très vite !
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Chapitre 65 – Pansy
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Pansy se réveilla, s'étirant comme un chat, au son des gazouillements de son fils, dans la chambre mitoyenne. Ashley n'était plus un bébé désormais. Il avait trois ans et demi et, quand il ouvrait les yeux, il arrivait parfaitement à jouer tout seul, dans son lit, comme un grand.
Il babillait et s'amusait à Merlin seul savait quoi mais il finissait souvent par rire de ses propres bêtises. Si sa mère lui faisait l'affront, toutefois, de se réveiller trop tard à son goût, il n'hésitait pas à se lever, escalader les petits barreaux qu'il avait encore mais qui n'étaient plus d'aucune utilité, et il allait la trouver pour réclamer sa pitance.
Le manège était bien rodé et Pansy était heureuse de pouvoir avoir de vraies nuits désormais. Parfois, elle aurait souhaité les partager avec Harry mais ce n'était plus tellement d'actualité. Environ trois mois en arrière, ils avaient eu leur dernière discussion sur la question.
La brune avait encore pinaillé et s'était montrée incertaine. Il lui avait demandé de réfléchir à leur avenir et elle en avait frémi tout le long de son épine dorsale. Il avait fui son appartement sans attendre une réponse qui ne pouvait venir si vite, dépité.
Pansy avait laissé ses pensées tourner et se retourner dans sa tête une bonne partie de la nuit mais lorsque le sommeil l'avait emportée, elle ne savait toujours pas ce qu'elle devait faire. Elle avait trop peur de lui ouvrir sa porte, qu'il s'immisce dans son quotidien et qu'il détruise le maigre équilibre qu'elle avait réussi à créer pour son fils.
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Une journée de réflexion supplémentaire l'avait amenée à croire qu'ils devaient tout arrêter. Elle ne pouvait pas continuer à le laisser espérer alors qu'elle se refusait à partager plus que ce qu'ils n'avaient déjà.
Elle n'avait pas la moindre idée de la meilleure manière de le lui annoncer, ni de la réaction qu'il pouvait avoir. Elle avait presque été soulagée que, ce jour-là, il ne se montre pas. Elle le remerciait implicitement de lui laisser ce répit supplémentaire. Leur séparation ne pouvait se passer sans quelques dommages.
Seulement, Harry avait encore fait le mort quatre jours de plus. Il n'était pas passé chez elle et ne l'avait pas contactée. De son côté, toutes les tentatives de Pansy échouaient lamentablement. Ses hiboux revenaient sans réponse, elle sonnait à l'interphone de Birmingham dans le vide et, lorsque quelqu'un répondait à ses appels de Cheminette, c'était toujours Granger, revenue squatter l'appartement, qui la renvoyait avec un air gêné.
Elle avait failli tourner chèvre à force mais, finalement, la semaine suivante, L'Elu avait débarqué comme une fleur, tout pimpant et souriant. Elle lui avait proposé d'avoir la conversation qui les avait amenés à ces quelques jours de vide, prête à lui annoncer leur séparation seulement, contre toute attente, elle avait fini par l'inviter à dormir chez elle, le soir même.
Les mots étaient sortis de sa bouche sans son consentement. Elle qui était résolue à lui enlever tout espoir se retrouvait à défoncer le mur qu'elle avait érigé à coup de masse. Elle avait eu l'impression, sitôt avoir fini sa phrase, de sentir l'intérieur de sa gorge gonfler, comme dans une sensation d'étouffement.
Il l'avait remerciée et avait décliné. Il ne voulait pas la brusquer. Il n'aurait pas dû se montrer si empressé avec elle, avait-il ajouté. Ils avaient tellement d'autres difficultés à régler chacun de leur côté avant d'envisager de se projeter réellement. Elle avait eu raison, il était trop tôt.
Il lui avait affirmé qu'il aurait mieux fait de se taire, ces quelques soirs en arrière. Ce qu'ils avaient à ce moment-là suffisait amplement. Pansy avait écouté religieusement. Elle était impressionnée par son calme et sa maturité.
Peut-être un peu vexée, également, qu'il fasse machine arrière mais indubitablement soulagée. Depuis, ils continuaient à vivre séparément et à profiter d'instants privilégiés, à deux ou trois. C'était simple et agréable. Et ils avaient eu besoin de cette simplicité là, au vu de la situation.
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Tout avait commencé avec la séparation de Granger et de Draco. Pansy ne niait pas. Elle comprenait qu'ils aient eu besoin de faire une pause après ce qu'ils avaient vécu mais elle n'en savait pas moins qu'ils ne pouvaient vivre l'un sans l'autre.
Ils s'apportaient cette sorte d'équilibre qui faisait d'eux des personnes intéressantes. Séparés, ce n'était plus pareil. Hermione prenait trop de place. Elle en était même devenue résolument envahissante lorsqu'elle était revenue à Birmingham.
A tel point qu'elle avait presque réussi à lasser Harry. Elle était toujours là, toujours « occupée », toujours à « crouler sous le travail », toujours à refuser de s'arrêter deux minutes pour prendre le temps de penser un peu.
Draco ne valait pas mieux. Il n'était plus que l'ombre de lui-même. Il avait rapidement arrêté de se plaindre et, c'était peut-être ce qui avait le plus agacé et inquiété Pansy. Un Malefoy qui râlait était toujours un Malefoy prêt à rebondir mais là, le blond errait juste comme une âme en peine.
Il ne souriait pas, ne pleurait pas, ne communiquait plus. Il consentait à l'effort suprême de réponses monosyllabiques et n'allait que rarement plus loin. Si tel était le cas, tous ses discours tournaient au drame et il prédisait, dans une parfaite imitation de l'exubérante Professeur Trelawney, l'arrivée des pires afflictions qui attendaient chacun de ses proches au tournant.
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Le mois de juin s'était écoulé bien lentement avec ces deux là alentours et Pansy s'était trouvée réellement soulagée lorsqu'ils s'étaient remis ensemble. Elle avait vu leur nouvelle union comme un petit arc-en-ciel qui perçait les nuages qui la poursuivaient.
En effet, elle avait été embarquée, elle ne savait trop comment, dans une histoire un peu folle à peu près à la même période.
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Tout avait commencé le soir de sa cérémonie de remise de diplômes. Elle était passé récupérer son parchemin, comme chacun de ses camarades, en passant sur l'estrade prévue, vêtue de la robe officielle de Magizoologiste créé par la famille Guipre en 1782, lors de la première convention de la profession et profitait, au moment où tout s'était déclenché, des cocktails tout en discutant avec un groupe de naturalistes africains.
Un fracas avait fait sursauter toute l'assemblée et une escouade d'Auror aux visages fermés avait fendu la foule, lui adressant, à elle particulièrement, une injonction. Elle n'avait pas eu besoin de feindre la surprise, elle n'avait rien compris à ce qui lui arrivait mais elle avait réussi, sans trop savoir comment, à ne pas perdre totalement ses moyens.
Elle avait récupéré l'énorme enveloppe rouge émanant du Ministère et était restée fière, sans trembler, les épaules droites et le menton relevé. Elle ne voulait pas paraître affectée alors que toute sa promotion braquait sur elle un regard suspicieux.
Elle avait placé l'enveloppe sous son bras, avait souri au groupe avec lequel elle discutait quelques minutes en amont et s'était excusée, le temps de se rentre lentement aux toilettes pour décacheter la missive dans l'intimité.
Ce n'était qu'une convocation, sans plus de détail et il avait été épuisant de se justifier le reste de la soirée, expliquant ci et là ne pas savoir pour quelle raison elle pouvait bien être attendue pour un interrogatoire. Elle n'en avait, pourtant, pas la moindre idée elle-même, Bon Sang de Buse !
Elle avait filé à l'anglaise dès qu'elle avait pu et avait inspiré de longues goulées d'air avant d'ouvrir la porte de chez elle, espérant ainsi éviter la crise d'angoisse qui pointait en elle et faisait battre la chamade à son cœur.
Il y avait si longtemps qu'elle n'avait pas eu à se contenir ainsi, à garder son masque de neutralité totale alors que tout en elle ne demandait qu'à exprimer son étonnement et sa fébrilité qu'elle en avait presque perdu ses moyens. Presque.
Lorsqu'elle s'était enfin calmée, elle avait ouvert la porte de son appartement et avait trouvé Harry endormi sur le canapé, un vague magazine de sport sorti d'elle ne savait où posé à l'envers sur son torse et un sourire avait éclairé le visage de la brune une seconde.
Tout allait bien, Ashley devait être couché, son amant avait fait la vaisselle et il ne squattait pas son lit, dans le vain espoir qu'elle l'invite à passer la nuit chez elle. Sa soirée avait peut-être été mouvementée mais, ses repères étaient restés identiques à ses attentes.
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Avec douceur, elle s'était assise sur le rebord du canapé et avait caressé la joue du brun, ignorant la fine barbe qui constellait sa peau et égratignait sa main trop délicate. Elle avait redessiné la courbe de sa mâchoire et avait retenu un rire en l'entendant grommeler tel un ours mal léché.
Elle avait baisé ses lèvres et apprécié qu'il enserre aussitôt sa taille possessivement. Il avait desserré son étreinte et s'était enquis de sa soirée mais leurs sourires avaient bien vite disparu.
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Elle lui avait naïvement raconté l'interruption de la cérémonie par l'irruption musclée d'une tripotée d'Aurors et, au lieu d'être surpris, il avait pris un air coupable. Elle n'y avait pas prêté réellement garde, dans un premier temps et lui avait annoncé qu'ils étaient venus pour elle et qu'elle était convoquée prochainement au Ministère, pour un interrogatoire.
Harry s'était mordu l'intérieur de la joue et ses pommettes avaient rosies. Elle avait dû lui tirer les vers du nez et seul son fils endormi dans la pièce d'à côté l'avait empêchée de lui hurler dessus quand il avait enfin avoué avoir possiblement fait une bêtise.
Une bêtise ! Le terme était trop faible pour qualifier ce qu'il avait fait.
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Pansy lui en avait voulu d'avoir cédé à ses pulsions en s'en prenant à Théodore. Évidemment, le Serpentard avait eu des torts, plus qu'il n'en fallait, d'ailleurs, mais elle trouvait cette attaque injustifiable.
Elle avait trop souvent eu l'expérience de la Loi du Talion ! Oeil pour œil, dent pour dent. Ce n'était jamais bon. Cette fois-ci, pas plus qu'une autre. Harry avait injecté de la noirceur dans son âme en usant de magie prohibée, Théodore ne payerait jamais pour l'agression qu'il avait fait subir au Survivant et, désormais, c'était à elle d'en payer les pots cassés !
Le brun avait essayé de lui donner le vague espoir que sa convocation pouvait ne rien avoir à faire avec cette histoire mais toute autre raison aurait forcément été encore pire. Au moins, elle savait à quoi s'attendre et elle n'avait pas été déçue.
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Elle s'était présentée le jour voulu à l'accueil de la Brigade de Police Magique, accompagnée de son fils que, évidemment, elle n'avait pu faire garder. Les Aurors avaient refusé qu'il reste à ses côtés pendant qu'ils l'interrogeaient et Ashley était resté avec une blonde du nom de Cramer.
Évidemment, l'agent n'avait pas hésité à sonder le petit, espérant récolter une information capitale, en dépit de toutes les réglementations interdisant l'exploitation du témoignage, direct ou indirect, des mineurs dans les affaires sorcières judiciaires.
Comme si un adulte un tant soit peu responsable allait révéler des plans machiavéliques à un enfant de trois ans ! Ridicule ! Cependant, il ne fallut que quelques jours pour que l'aventure du Survivant et de la Serpentard au passé trouble fasse la Une des journaux nationaux, déclenchant une onde de choc en Grande-Bretagne !
Cramer avait dû se repaître des histoires de Ashley car des détails de leur vie de famille un peu particulière étaient largement détaillés... Toutefois, en dehors de leur histoire de cœur, l'Auror avait fait chou blanc et avait bien vite abandonné, offrant parchemin et plumes de couleurs au gamin.
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L'interrogatoire de Pansy avait été bien plus mouvementé. La brune avait, en effet, eu le privilège d'être entourée de pas moins de trois Aurors, entièrement dédiés à son cas. Ils avaient commencé gentiment, lui expliquant sans préambule qu'une enquête avait été diligentée suite à l'agression subie par Théodore.
D'habitude, lui avaient-ils expliqué avec un sourire complice, ils ne prenaient pas cette peine pour un Mangemort mais ses Médicomages avaient signifié l'utilisation d'une Magie Noire ancienne et ils ne pouvaient laisser passer un acte aussi prohibé.
Et puis, Sir Nott commençait à être hospitalisé depuis un certain temps, tout de même... Et, il avait quasiment perdu l'usage de sa magie... Alors, pensaient les Aurors, elle devait comprendre qu'ils avaient une obligation morale, si ce n'était légale, d'agir, quel que soit le passé de la victime.
Malheureusement pour Pansy, ils ne l'avaient pas convoquée simplement pour l'informer. Elle aurait tout aussi bien pu lire le Daily Sorcerer pour cela. Non, ils devaient reconnaître qu'elle semblait être une suspecte idéale.
Il était vrai qu'elle connaissait très bien Théodore Nott. N'avait-elle pas été à deux doigts de l'épouser ? Et puis, elle en savait indéniablement long sur l'usage de la Magie Noire. Sa famille baignait dedans depuis des générations !
Ils ne le lui reprochaient pas. Personne ne choisissait sa famille mais... Il y avait tout de même tout un réseau de preuves circonstancielles qui faisaient d'elle un suspect de premier ordre. Mais, même de cela, les Aurors ne pouvaient l'en blâmer, avaient-ils ajouté.
Si elle était coupable, ils savaient qu'elle avait des circonstances atténuantes. Ils n'ignoraient rien des présences un peu trop assidues du jeune homme aux alentours du domicile de la brune ou aux abords de l'institut de Magizoologie.
Ils n'avaient pu que le constater, en étudiant sa Trace et ses déplacements mais quand bien même ils s'en seraient aperçus plus tôt, ils n'auraient rien pu faire pour l'empêcher. Ils n'avaient pas de lois comme celle des moldus, des injonctions interdisant aux sorciers d'approcher telle personne ou tel lieu. Et elle n'était pas sur la liste ministérielle des RAPT, Restrictions d'Accès aux Porteurs de Trace.
Si elle n'avait pas voulu de Théo dans sa vie, c'était à elle de penser à poser des barrières magiques, à lui interdire l'accès dans son domaine privé. Elle ne l'avait jamais fait. C'était un peu sa faute, elle aussi, si il l'avait harcelée.
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Ils avaient continué ainsi pendant des heures, l'accusant, la rassurant, la rendant tour à tour coupable et victime. Cette journée avait été une des pires qu'elle n'ait jamais eu à subir. Les Aurors avaient insinué en elle ce sentiment de culpabilité. Elle en était presque venue à penser que Théo n'était réellement qu'une pauvre victime et que le harcèlement qu'il lui avait fait subir, elle l'avait bien cherché, elle !
La seule chance qu'elle avait eu était de n'avoir pas été soumise au Veritaserum. Elle n'aurait jamais réussi à couvrir Harry, sinon. Non, les Aurors n'avaient pas eu l'autorisation de la contraindre à boire la potion de vérité et la brune s'était résignée à se déshydrater le temps nécessaire, refusant toute boisson qui lui était proposée.
Elle n'avait pu, par contre, les empêcher de pénétrer son esprit. Elle remerciait régulièrement, depuis, la chance d'avoir eu Rogue comme Directeur de Maison à Poudlard. Les cours du soir qu'ils leur avait donnés à partir de leur cinquième année avaient été un calvaire mais l'Occlumencie lui avait sauvé la mise plus d'une fois !
Les Aurors savaient désormais à peu près tout des techniques de drague un peu lamentables mais tellement touchantes de Harry, ils connaissaient tout du contenu des premières couches de Ashley, ils n'ignoraient plus grand chose des craintes que lui avait inspiré Théodore ces dernières années ni de ses états d'âmes pendant la guerre mais, le reste, elle avait réussi à le bloquer. Loin et fort, aux tréfonds de son esprit.
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Son interrogatoire avait duré une vingtaine d'heures, entrecoupées de longs moments de solitude, d'envies d'aller aux toilettes soulagées seulement à la dernière minute, de ventre qui gargouille, de mains moites, de migraines terribles... Depuis, elle était surveillée comme le lait sur le feu, tout comme Harry l'était.
Pourtant, elle avait pris la décision de rester à ses côtés, prête à le protéger jusqu'au bout. Il avait fait une connerie. Une grosse, grosse connerie. Mais elle le comprenait. Elle aurait été capable d'en faire de même. Et puis, elle ne pouvait nier que, désormais, elle avait un rôle important à tenir.
Elle était sa Banshee, ou tout comme. Sa protectrice. Harry lui avait fait confiance et elle ne le trahirait jamais.
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Voilà, voilà, voilà... On continue à bien se marrer, non ?! Verdict ?!
