[MàJ Août 2021]

Note de l'autrice : Bonjour, bonjour ! Miracle, pas trop de retard finalement ! Enfin, pour l'instant... J'ai mis les bouchées doubles mais malgré tout je reste assez insatisfaite de ce chapitre... Vous m'direz, c'est souvent le cas avec Ginny alors bon... On se rattrapera plus tard ;-)

D'ailleurs, pour plus tard, les deux chapitres suivants sont à peaufiner, le reste est toujours dans ma tête... La gestion du planning "écriture" est toujours difficile... Que voulez-vous... Nous en sommes tous là !

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En perspective, aujourd'hui, un chapitre assez court, avec beaucoup de dialogues, un sujet majeur et central et surtout, pas mal d'implicite tout autour... Peut-être trop implicite d'ailleurs...

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Comme toujours, je vous remercie de venir lire et surtout de commenter, de me motiver et de me rassurer ! Tous vos messages sont extrêmement positifs et très agréables ! (Mais, si toutefois votre avis n'était point aussi dithyrambique, je reste ouverte à la critique !...)

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Avant de passer à la suite, une ch'tite RAR (M Malfoy 34) ici : https (deux points slash slash) www (point) fanfiction (point) net (slash) topic (slash) 237726 (slash) 186030960 (slash) 1 (slash dièse) 186030960

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Bonne lecture et à très vite !

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Chapitre 66 – Ginny

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- « Dans deux minutes, tu ajoutes le venin de Verlieu[1] en le tamisant sur toute la surface du chaudron.

- J'avais oublié que la fabrication de potion était aussi minutieuse » soupira Ginny en souriant à son fiancé.

- « Tous les breuvages ne méritent pas la même attention mais avec ce type d'ingrédients, la moindre erreur peut être fatale. »

Elle secoua les épaules, prise d'un frisson d'appréhension. Elle ne voulait vraiment pas en arriver là, il ne méritait tout de même pas ça !

La rouquine avait longuement discuté avec Terence de ses mésaventures amoureuses et, riant à moitié, sans y penser vraiment, elle lui avait fait part de son désir de revanche. Anthony était réellement allé trop loin pour s'en sortir aussi facilement !

Son fiancé, lui, l'avait prise au sérieux. A son grand étonnement, il l'avait soutenue et lui avait proposé quelques idées de son cru. Son imagination semblait sans limite et il était tout bonnement brillant !

Elle s'en voulait presque d'en avoir été surprise. Il n'était pourtant pas un spécialiste dans son domaine sans raison. Depuis, ils avaient passé des heures à rire en imaginant ce qu'ils pouvaient bien lui faire subir.

Oh, Ginny ne voulait rien de mortel. Elle ne souhaitait pas même blesser son ancien amant. Simplement s'amuser à ses dépends en lui rendant la vie un petit peu moins confortable. Elle la méritait, finalement, sa vengeance et ce n'était pas comme si la justice allait la lui offrir. Le Magenmagot avait mieux à faire que de s'occuper de ce type d'affaires.

- « Et ça » Demanda Ginny en pointant le petit chaudron en fonte dont s'occupait Terence tout en remuant sa potion. « Qu'est-ce que c'est ?

- Oh, » mentit-il habilement « Juste un extra pour le boulot. »

Elle lui sourit, satisfaite.

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La vie aux côtés de Terence avait un arrière-goût de Paradis. Evidemment, tant qu'ils n'étaient pas officiellement mariés, ils ne pouvaient vivre sous le même toit mais ils avançaient, côte à côte, dans le même sens.

- « Tu sais, Ginevra » lança le jeune homme après quelques minutes de silence. « Plus j'y réfléchis, plus je me dis qu'il faudrait que nous commencions à rechercher une maison !

- Tu crois ? » Demanda-t-elle extatique.

La rouquine avait l'impression d'une révélation depuis son irruption soudaine dans sa vie. Il voulait construire et s'installer. Il savait où il allait et il pensait comme un adulte. Comme un réel adulte.

Elle, elle n'avait pas vraiment pensé à leur avenir. Pas même en acceptant de l'épouser. Elle avait évidemment vaguement envisagé de vivre avec lui et d'abandonner sa vie passée mais elle n'avait pas mené sa réflexion plus loin.

Tout restait flou et elle s'apercevait qu'elle vivait beaucoup plus dans le présent que lui. Pourtant, ce qu'il était bon de faire des projets à deux ! De vrais projets et non plus des fantasmes adolescents de ce que devait être la vie d'adulte comme ça avait trop été le cas avec Harry. Elle reprit.

- « Et tu voudrais vivre où ?

- Je ne sais pas vraiment mais ni ta maison, ni la mienne ne conviennent. Elles sont trop petites et si on veut installer un laboratoire et avoir des chambres pour les enfants, ça n'ira jamais. Et il nous faudrait un grand terrain pour. »

Terence s'interrompit face à l'air dépité de Ginny. Son changement d'humeur était radical.

- « Qu'y-a-t-il ?

- Rien, je. »

Elle n'avait pas réellement envie d'aborder ce sujet mais si elle voulait être à la hauteur de son futur mari, elle devait être totalement honnête avec lui et ne rien lui cacher. De toute façon, il devait se douter de quelque chose.

- « Tu sais, Terence » Commença-t-elle d'une voix hésitante. « Je ne suis pas sûre de... Je ne sais pas si je pourrais... »

Il la regarda tranquillement, attendant patiemment qu'elle reprenne de l'assurance.

- « Je ne sais pas si je pourrais avoir des enfants ! Voilà, c'est dit. » Souffla-t-elle avant d'ajouter. « Je crois qu'il vaut mieux que tu le saches maintenant, avant que tu ne t'engages encore plus, c'est.

- Tu fais bien d'être honnête » La coupa-t-il simplement avant de replonger le regard dans son chaudron. « Mais je savais dans quoi je m'engageais quand je t'ai proposé de m'épouser.

- « Je. Je ne sais pas vraiment si je ne pourrais pas mais c'est un risque. » Commença-t-elle en s'accrochant à sa louche.

Elle n'en menait vraiment pas large et fit une courte pause avant d'enchaîner sur une logorrhée qui semblait infinie tandis que Terence s'asseyait lentement sur le bord de leur table de travail, l'air tranquille.

- « … et j'ai déjà fait des tests, normalement mon corps fonctionne mais. Mais, tu sais, on a essayé avec Harry. On a essayé longtemps. Je n'ai jamais réussi. Jamais. J'ai. J'ai déjà perdu un bébé. Peut-être plusieurs en fait. Je n'en sais rien. Ce bébé-là, je savais qu'il était là mais. Y'a peut-être eu d'autres fois. Je. Je sais pas, je.

- Calme-toi, Ginevra » Souffla Terence en la prenant par les épaules. « C'est bon, j'ai compris. Nous n'aurons peut-être pas d'enfant ensemble. Ce n'est pas si grave, d'accord ? »

Elle hocha la tête, incertaine. Sa réaction n'était pas normale. Tout sorcier avec son patrimoine désirait avoir des enfants, ne serait-ce qu'un, pour transmettre son sang, sa magie, et perpétuer son nom. Le jeune homme dû comprendre ses questions muettes car il reprit.

- « Ce n'est pas si grave parce que j'ai déjà un enfant, Ginevra.

- Tu ?

- Laisse-moi finir, d'accord ? » Demanda-t-il, sans émotion.

Ginny hocha la tête mécaniquement et posa sa louche, sa main tremblant légèrement. Terence jeta un sort de figeage sur les potions, avec une nonchalance certaine.

- « Il faudra les tester avant de les utiliser sur quelqu'un. En arrêtant le processus, on risque d'altérer les produits » Commença-t-il avec une moue avant de reprendre. « Bien. Je ne vais pas prendre de gants parce qu'il n'y a pas trente-six manières de le dire mais... J'ai un fils. »

Il fit une pose et la regarda glisser le long de la table de travail et s'asseoir au sol. Il s'accroupit à son tour et posa la main sur sa nuque, ancrant leurs regards.

- « Il a un peu plus de trois ans.

- Trois ans ? » s'exclama-t-elle. « Mais ! Comment est-ce que tu as pu cacher ça tout ce temps ?!

- Il vit avec sa mère et je ne l'ai pas reconnu. Ce n'est pas plus compliqué.

- Comment peux-tu être sûr qu'il est de toi ? » Demanda-t-elle, se morigénant aussitôt de cette question qui semblait tellement inappropriée.

- « Parce que je connais sa mère... » répondit-il presque avec insolence. « Ecoute, Ginevra, cet enfant... A l'époque, ce n'était qu'un accident de parcours. » Il ignora son air choqué et continua. « Ce qu'il s'est passé avec elle, je ne l'avais pas prémédité et, lorsque j'ai eu vent de l'existence de cet enfant, il était déjà né.

- Et tu ne voulais pas le connaître ? » Demanda Ginny d'une voix un peu trop aiguë.

- « C'est plus compliqué que ça, tu le sais bien. Dans ma position, je ne pouvais pas me permettre de reconnaître un enfant hors mariage. Pas après la guerre, pas avec cette fille.

- C'est... C'est qui, cette fille ?

- Ce n'est pas le plus important, pour l'instant, non ? » Demanda-il, un léger sourire ironique aux lèvres.

Elle hocha la tête négativement, les yeux rivés au sol.

- « J'aurais probablement dû t'en parler plus tôt mais je n'en voyais pas vraiment l'intérêt.

- Quand même ! Tu as un enfant ! Ce n'est pas rien !

- Non, tu as raison, Ginevra. Ce n'est pas rien. Mais, encore une fois, ce n'était jusque-là qu'un accident de parcours. Tu connais ma manière de penser. Lorsque j'ai su, j'ai proposé à sa mère de l'assumer au moins financièrement mais elle a refusé. »

Il se tut à nouveau, la laissant encaisser la nouvelle. Les yeux rivés au sol de la rousse allaient et venaient sur le carrelage.

- « Tu comptais m'en parler un jour ?

- Non, pas vraiment, je le reconnais. J'ai préféré occulter cette partie de ma vie... je considérais que ce n'était pas important mais il est vrai que si nous ne pouvons jamais avoir d'enfant, la situation est différente.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Que, si nous n'y arrivons pas, j'ai un fils et que, si c'est nécessaire, je n'aurais aucun scrupule à le récupérer.

- Mais... » Commença la rouquine avant de rester sans voix.

- « Je sais que ça en fait beaucoup d'un coup, Ginevra et que tu trouves peut-être que c'est un peu cru mais non, je n'aurais pas de complexe à reprendre mon fils et à l'élever selon son rang si nous n'avons pas d'autre choix.

- Et tu l'arracherais à sa mère, sans te poser plus de question ? » Demanda-t-elle absolument choquée.

- « Ce serait le mieux qui pourrait arriver à ce gosse. Elle lui prépare une vie difficile vu son passé et sa situation actuelle. Un enfant a besoin de cadre et avec elle, il n'en a pas. Avec nous, il aurait une vraie famille et de vraies valeurs.

- Non ! Je ne pourrais jamais faire ça ! Prendre son enfant à une mère, je peux pas. C'est trop dur...

- Tu préfèrerais laisser cet enfant à l'abandon, avec une mère peut-être aimante, quoi que je n'en sache rien, mais qui ne peut s'occuper de lui et lui offrir tout ce dont il a besoin, tant au niveau matériel que de l'éducation ?

- …

- Tu préfèrerais qu'il continue à voir des hommes passer chez lui, sans savoir qui ils sont, au risque qu'il ne lui arrive n'importe quoi ?... Ce gosse a besoin de structure. Il a besoin d'un père et d'une mère et nous pouvons le lui offrir !

- Il fallait peut-être y penser avant ! Il a trois ans cet enfant ! » s'emporta soudainement Ginny. « Tu étais où, pour lui, ces trois dernières années ?!

- Je sais que j'aurais dû m'y intéresser plus tôt, Ginevra. Je sais que j'ai mal agi... Je n'étais pas prêt, à l'époque. Il était inenvisageable de fonder une famille avec elle et je ne me voyais pas élever un enfant seul, me battre seul contre sa mère et la société. Maintenant, je suis prêt, avec toi.

- Je... Je ne sais pas, j'ai besoin de réfléchir.

- Je comprends. Si nous allons au bout, ce ne sera pas à prendre à la légère. Il nous faudra tout assumer. Les réactions de sa mère, les critiques, les incompréhensions...

- …

- Tu as toujours confiance en moi ?

- Oui » Répondit-elle d'une voix peu assurée.

- « Alors, on peut le faire. Je t'aime et je suis convaincu qu'on pourra faire quelque chose de bien avec cet enfant. Je ne veux pas être hypocrite, Ginevra. Je sais que tu n'as pas l'habitude d'entendre dire les choses vraies mais, c'est pour le mieux.

- Je ne sais pas...

- Je crois que c'est ce qu'il pourrait nous arriver de mieux. Il serait sûrement préférable d'attendre que nous soyons réellement mariés mais après, nous pourrions le récupérer et lui apporter la structure dont il a besoin. Celle d'un père et d'une mère aimante. Et je sais que tu seras cette mère. Faire comme si ce besoin n'existait pas, ce serait dénier la réalité. Ce serait faire souffrir inutilement cet enfant qui grandit on ne sait pas trop comment. On a une responsabilité envers lui.

- Je... peut-être... Oui, peut-être que ça pourrait être bien, comme ça » répondit-elle encore.

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Ginny avait l'impression de voir toutes ses bases s'ébranler. Elle n'aurait jamais penser que ce soit possible mais elle se laissait doucement convaincre par Terence. Oui, peut-être que d'arracher cet enfant à sa mère était vraiment la meilleure chose à faire. Il était tellement persuadé qu'elle était nocive et qu'ils sauveraient cet enfant. Il avait forcément raison.

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Verlieu [1] : Créature rudimentaire qui vit au fond de la mer du Nord (Source – WikiHP)

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Alors, alors, c'est sur quelle potion qu'il travaille dans son chaudron en fonte, Terence ?! (Comment ça vous vous en fichez ?! Mais pas du tout ! C'est un point essentiel de l'histoire !)... Toute ressemblance entre le discours de Terence et les "Manif pour tous" est fortement voulu... Pompompom... Verdict ?!