[MàJ Juillet 2021]
Note de l'autrice : Bonsoir vous ! Quand j'vous disais que j'commençais à être à la bourre ! Bon, pour vous raconter mes pérégrinations littéraires (si on peut dire), le chapitre 69 était quasiment écrit en entier la semaine dernière mais, il y avait un côté totalement insatisfaisant... Du coup, j'ai réflexionné, puis réflexionné, puis re-réflexionné et j'ai finalement fait ma petite cuisine... Du coup, je vous offre un chapitre 69 qui n'a rien à voir, mais alors rien à voir avec ce que j'avais écrit initialement.
Pour tout dire, le 69 originel sera en fait le 70 et celui-ci est autre chose. Un "autre chose" que je voulais au départ mettre plus tard mais qui, finalement, ne prend pas si mal sa place ici. Bon, je ne doute pas de faire des insatisfaits. C'est encore un chapitre « hors-norme » par rapport à d'habitude mais promis, je ne le referais pas trop souvent. J'n'en dis pas plus, passons aux choses sérieuses (ou presque, après encore pas mal de blabla mais vous n'êtes pas forcés de lire ce qui est en italique...) !
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Comme toujours, je vous remercie infiniment pour vos commentaires qui sont toujours extrêmement agréables ! Je ne peux que vous inciter à continuer à reviewer, en bien comme en mal et, avant de passer à la suite, les (pas si) p'tites RAR (M Malfoy 34, Lida et Guest) sont ici :
https (deux points slash slash) www (point) fanfiction (point) net (slash) topic (slash) 237726 (slash) 186030960 (slash) 1 (slash dièse) 186030960
Sur ce, j'me tais, vraiment !
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Bonne lecture et à très vite !
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Chapitre 69 – Luna
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Mon cher Neville, mon amour,
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Je viens de quitter Calcutta pour rejoindre le Sud de l'Inde. Je crois qu'il était plus que temps pour moi de quitter ce Nord. Trop agité, trop grouillant, trop pauvre. Tu n'imagines pas à quel point les gens manquent de ressources, ici.
Les sorciers se mêlent aux moldus comme nous avons si souvent pu le voir lors de notre périple africain mais, l'ambiance qui règne dans l'Uttar Pradesh, à Bihar ou à Jharkhand n'a rien à voir avec ce que nous avions connu.
Bien sûr, il n'y a pas que des miséreux, bien au contraire. C'est bien ce contraste entre les populations les plus fortunées et les plus pauvres qui est perturbant. J'ai vu des sorciers malades, incapables de se soigner, en raison de leur manque de ressources.
Les maladies se propagent à une vitesse incroyable et tu ne peux que saigner dans ton âme avec les populations locales. Il n'est évidemment pas possible de les aider tous et, même si je l'avais voulu, ils ont souvent trop de fierté pour accepter. Leur monde est ainsi fait.
Il serait malhonnête de ma part de ne rester que sur ce sentiment. A vrai dire, je ne suis pas déçue de ces quelques mois passés ici. Cependant, je t'avoue n'avoir, finalement, que peu étudié la faune et la flore locale. J'avais bien trop de sources de distractions et de curiosités à combler.
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Ici, tout assaille, tout surprend, tout ravit et tout dégoûte. Tout n'est que profusion et tu ne peux qu'être tiraillé entre amour inconditionnel pour ces étranges contrées et nostalgie du pays. Souvent, la Grande-Bretagne me manque. Tu me manques. Mais, je ne prendrai pas cette route.
Si je m'aventurais à trop parler de toi, je rentrerais ventre à terre parce que ton absence me coûte. Alors, je me concentre sur cet incroyable voyage. Je me concentre sur ces bruits, ces odeurs, cette foule omniprésente et ces couleurs !
Ici, tout est extrême. La misère comme les splendeurs. A tout instant, tu peux croiser des mendiants décharnés et la seconde d'après, ces indiennes aux allures de princesses dans leurs saris flamboyants.
Tu regardes des paysages oniriques et à peine as-tu le temps de tourner la tête que tu tombes sur des montagnes de détritus. Tout est étrange. Différent. Et si tu savais ce que j'aime croiser des vaches à chaque carrefour ou des éléphants au détour d'une rue !
Et leurs coutumes ! Leurs coutumes si étranges ! Si tu avais vu les sorciers de Varanasi !
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Presque chaque jour, ils brûlent leurs morts sur la place publique, sur des bûchers qui se consument des heures durant, aux vues et aux yeux de tous. Cela a quelque chose d'aussi bouleversant que fascinant.
Varasani, c'est le site le plus sacré de tout le continent et être incinéré là, en ce lieu particulier permet l'accession directe au Nirvana. La fin du cycle de réincarnation, comme ils disent ! Oh ! Nev' ! C'est un autre monde, tout est si différent !
Les sorciers hindous m'ont expliqué que, pour eux, tout comme pour leurs moldus, mourir, c'était se libérer. Une destruction qui amène la création. Ils voient dans la mort de la beauté et, je crois que c'est pour cela qu'elle n'a rien de dramatique.
La mort n'a rien d'un tabou, comme chez nous. Elle est omniprésente et s'entremêle étroitement à la vie, tout au long de leur existence. Dès lors, tu peux être confronté à la mort à chaque instant, à chaque coin de rue et, même avec mes conceptions occidentales, j'ai fini par m'y faire.
Tu sais, la mort, je connais, j'ai connu et je connaîtrais. J'ai cru à un moment, être blasée par la mort. J'avais déjà perdu ma mère et je n'en souffrais plus mais, notre guerre m'avait donné l'impression d'y être insensible. De ne plus rien ressentir face à cette perte d'un être.
J'ai compris ici que ce n'était pas le cas. J'ai passé un cap. Je ne me sens pas triste face à la mort et je comprends ce que les hindous me disent depuis des mois. La mort est une libération de l'âme. Je le ressens, réellement.
Bien sûr, je ne sais pas comment je réagirais quand la mort frappera quelqu'un à qui je tiens. J'allais dire quelqu'un que j'aime mais, cela aurait été malvenu. Ces gens, ces inconnus, je les aime aussi. Je les aime mais je n'y tiens pas. Pas comme je peux tenir à toi ou à papa... Je m'égare...
Je ne sais pas, disais-je, comment je réagirais quand la mort me touchera de plus près. Pourtant, je comprends pourquoi Balbir me disait « Voir Varanasi et mourir ». Je le comprends dans mes tripes, tout au fond ! Je ne sais pas comment te l'expliquer c'est si... tellement...
Mais, j'utilise trop de mots ! Tu vas finir par me croire attirée par la mort et il faudrait que je m'en défende bec et ongle ! J'ai d'autant plus envie de vivre d'avoir tant observé la mort ! Et puis, rassure-toi ! Tout, ici, n'est pas que cérémonies mortuaires !
Tu verrais leurs fêtes ! Oh, ce que tu aimerais les fêtes d'ici ! Il y a quelques jours à peine, les hindous ont célébré le Diwali qui représente le début de leur calendrier. Ils ont fêté la déesse Lakshmi qui offre la prospérité au peuple et j'ai vu les plus beaux feux d'artifices qu'il m'ait été donné de voir.
Mes guides du jour, Mayur, dit « Le Paon » et son épouse Jhalak, dite « L'étincelle », m'ont fait transplaner aux quatre coins de la Région pour voir les villes rivaliser d'ingéniosité et de surenchères de couleurs. Il y avait indéniablement de la magie là-dedans, quoi qu'ils puissent en dire !
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Ce couple t'aurait plu ! Vraiment plu ! Ils sont un équivalent de nos Médicomages et leurs surnoms leurs va comme un gant sur mesure en peau de dragon. Jhalak est une femme lumineuse, toujours riante et séduisante. Mayur est... un paon. Il n'y pas d'autre moyen de le qualifier !
C'est un séducteur qui parade à chaque seconde. Il est d'une beauté incroyable mais, malgré ses roucoulades, il n'a d'yeux que pour son étincelle. Je sais que je me répète, mon amour mais, comme tu te sentirais bien, ici ! Il y a une sorte de folie constante qui te ferait vibrer autant que je vibre. Il y a tant à voir, tant à apprendre sur cette culture que je n'ai pu qu'en tomber amoureuse.
Tout est vivant, bruyant, d'une beauté à couper le souffle. Et le beau, finalement, tu le retrouves partout, même dans ces bidons-ville où des enfants crasseux tentent de laver leurs péchés en même temps que leurs frusques dans le faible courant du Gange.
Oh, et je ne t'ai pas parlé du Rajasthan ! Le Rajasthan était magnifique. Tant de palais, de temples et de villes colorées. A chaque instant, tu es susceptible de voir émerger des forteresses incroyables au milieu d'un désert aride et montagneux. Je ne suis pas sûre que nous ayons assez de nos deux yeux pour profiter de tout ce qui s'offre à notre regard !
Mais, je ne vais peut-être pas continuer à te décrire chaque ville, chaque merveille, je n'en finirais pas ! Tu serais ivre de trop de paroles et tu finirais par me prendre pour un guide touristique, par Brahma [1] !
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Comme je te disais, quelques mètres de parchemin en arrière, je vais désormais descendre vers le Sud et je ne sais pas vraiment à quoi m'attendre. Il paraît que c'est tellement différent de ces régions controversées que j'ai exploré ces derniers mois ! Je ne regrette pas, toutefois, de m'en éloigner un peu et de rejoindre le climat tropical du côté austral du continent !
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Avant toute chose, il va me falloir récupérer notre chère Ford Anglia. Et oui, je ne crois pas te l'avoir dit mais, j'ai malheureusement dû l'abandonner assez rapidement... Tu sais qu'elle n'a jamais été une grande adepte des routes, encore moins lorsqu'elles ne sont pas conventionnelles...
J'ai tenté, au début, de me déplacer par la voie des cieux mais je ratais trop de choses ! Je l'ai ramenée au sol et, en moins de trois semaines, elle s'est mise à bouder et a refusé d'avancer un roulement de roues plus loin !
La pauvre ! Je la comprends, finalement ! La circulation indienne est une plaie ! Partout, grouillent des piétons, des animaux et il y a bien trop de véhicules pour passer la seconde et rouler sereinement ! Et encore, ce que je te décris là, c'était dans les villes mais les routes de campagne ne valent réellement pas mieux !
Il y a certes un peu moins de piétons mais - à peine - et sûrement tout autant d'animaux errants ! Cette pauvre voiture ! Je crois n'avoir jamais autant entendu crisser ses pneus que ce jour où deux petits singes lui ont sauté dessus au risque de se brûler les pattes à sa carrosserie !
Mais, Nev', tout à fait entre nous, je trouve son jugement un peu péremptoire ! Ces deux macaques n'étaient finalement rien à côté des camions, des tracteurs et des charrettes bizarres dans lesquelles les hindous roulent comme des sauvages ! Je ris toute seule d'utiliser cette expression !
On croirait entendre Augusta et Molly réunies ! Pourtant, ce n'est pas la vitesse qui en fait des fous du volant ! Tu peux, en réalité, difficilement dépasser les 45 miles [2] à l'heure ! Non, le pire n'est pas la vitesse ! Il n'y a juste aucune règle qui régit la conduite. Aucune. Tu te débrouilles comme tu peux et advienne que pourra !
Je t'assure, mon amour, avant que notre voiture ne se mette à bouder, nous avons régulièrement frôlé l'accident ! Pourtant, aucune rayure n'est à déplorer sur notre fidèle amie ! Je ne sais d'ailleurs toujours pas si l'on doit ce miracle à mon incroyable talent de conductrice ou à ses réflexes infernaux ! Finalement, en écrivant tout ça, je suis tout à fait certaine de comprendre ce qui l'a amenée à bouder !
En effet, un soir, elle a simplement décidé d'arrêter d'avancer. J'ai tenté, comme j'ai pu, de la convaincre de poursuivre notre route mais, il n'y avait rien à faire. Le chantage comme les menaces ont été inutiles.
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J'ai laissé notre Ford Anglia du côté de Kashipur, protégée par un sort de dissimulation. J'ai ensuite continué à parcourir le Nord en transplanant parfois mais, surtout, en tapis volant ! Oui, Neville, en tapis volant !
Ici, c'est le moyen de transport le plus commun des sorciers locaux ! Oh, tu n'imagines pas les sensations qu'on peut avoir sur ses engins ! Ils sont merveilleux ! C'est tellement, tellement plus confortable qu'un vulgaire Eclair de feu !
Oui, je sais, tu dois me trouver bien snob à dénigrer ainsi les balais mais, je n'en ai jamais bien apprécié l'assise. Les tapis, eux, sont comme des coussins, qui s'adaptent à ta morphologie. Il y en a de toutes sortes et mon préféré était un tapis angora, aussi doux qu'un lapin, fait de broderies vertes et mordorées. Il faudra vraiment que tu essayes, un jour ! Tu adoreras !
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En tout cas, je passe chercher notre voiture demain puis direction le Sud ! Je suis certaine de pouvoir y faire de belles découvertes ! Je suis tellement impatiente ! Tellement curieuse des merveilles qui m'y attendent !
Tu sais, je n'ai jamais été une grande adepte des larges plages de sable fin mais Rolf dit qu'il y a d'extraordinaires réserves naturelles ici, des paysages luxuriants et que, pour ne rien gâcher, les locaux y sont très accueillants.
Rolf dit aussi... Oh ! Mais, suis-je bête ! Je ne t'ai pas encore parlé de Rolf ! Il faudra absolument que tu le rencontres ! Il est réellement extraordinaire et je ne regrette pour rien au monde d'être tombé sur lui !
La manière dont nous nous sommes rencontrés est d'ailleurs amusante ! Je parcourais, à ce moment-là, les Sundarbans. C'est une région sublime, faite de forêts de mangrove et traversées par un nombre probablement incalculable de canaux du Gange qui descendent vers le Golfe du Bengale.
Je ne sais plus par quel hasard, nous nous sommes trouvés au même endroit, au même moment et, un jour où je me promenais le nez au vent, observant cette incroyable diversité de volatiles qui s'ébrouaient un peu partout, j'ai été à deux doigts de lui rentrer dedans.
Rolf faisait à peu près la même chose que moi et, sans même nous parler, nous avons su, immédiatement, que nous étions tous deux sorciers. Ce n'était pas bien difficile, me diras-tu. Rares sont ceux qui osent s'aventurer dans la mangrove, sans matériel adéquat ou sans escouade de guides et de protecteurs en tous genres ! Il y a bien trop de risque de tomber sur des animaux sauvages pour que des moldus soient aussi inconscients !
Je crois que nous avons été heureux, tous les deux, de nous rencontrer ! Cela faisait un peu moins de six mois que je voyageais seule et, à cette période, je commençais à me lasser de n'avoir aucun interlocuteur régulier. Bien sûr, il ne se passait pas une journée sans que je n'échange, parfois de longues heures, avec ceux et celles que je rencontrais mais cela n'a pas la même saveur que d'avoir un compagnon de voyage !
Rolf aussi, voyageait seul. Il venait de perdre son assistant qui avait décidé de se marier, sur un coup de tête. Nous avons longuement parlé parce que - je ne crois pas non plus t'avoir donné ce détail - il est Magizoologiste ! Oui, un vrai, pas comme nous !
Il a une culture incroyable dans son domaine et, je crois que le hasard a bien fait les choses en nous menant l'un à l'autre ! On s'apprend beaucoup mutuellement lui, par son savoir académique, moi, par nos expériences de voyage qui sont presque aussi formatrices que son parcours d'études supérieures !
Finalement, nous avons décidé assez rapidement de continuer notre périple ensemble et nous tenons bon depuis environ un mois. Les voyages avec lui n'ont pas la même saveur qu'avec toi mais, c'est agréable d'être deux à nouveau. Oh, et je ne t'ai pas dis le détail le plus important ! Tu ne devineras jamais !
Rolf n'est rien de moins que le petit-fils de Newt Scamander. Le Scamander de « Vie et habitat des animaux fantastiques » ! Est-ce que ce n'est pas tout bonnement extraordinaire ?! Il faudra absolument que tu le rencontres ! Tu vas finir par te moquer de moi mais, je suis, là-encore, persuadée que tu l'apprécieras !
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Je ne sais comment conclure, cette lettre bien trop brouillonne, mon Neville. Ce parchemin est aussi désordonné que mes valises mais je sais que tu ne m'en tiendras pas rigueur... Je n'ai qu'une envie maintenant que je n'ai de cesse de penser à toi... Envoie-moi rapidement de tes nouvelles. N'oublie rien. Pas un détail. Je veux tout savoir de ce que tu fais, de ce que tu vis, de ce que tu es aujourd'hui.
Dis-moi tout sur toi et pense à glisser un mot sur mon père, tes parents, ta grand-mère, nos amis... Vous me manquez, tous, et je vous aime.
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Luna (3 novembre 2003).
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Brahma [1] : Sorcier hindou, frère de Vichnu, Shiva et Shakti, les Pères Fondateurs de l'École de Magie Hindou. Sinon, en vrai, dans la religion hindou, Brahma est le Dieu créateur originel, moitié masculin, moitié féminin, grâce à l'influence de Shakti, déesse de l'énergie, qui lui apporte force, vie, amour et lumière. (et en vrai de vrai, c'est encore plus compliqué...)
45 miles [2] : Un poil au-dessus des 70km/h
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Alors, verdict ? Yep, vous ne vous attendiez probablement pas à un truc comme ça mais même si vous ne voulez pas encore le reconnaître, trop impatients de savoir ce qu'il va se passer pour Draco et Hermione, vous aviez besoin d'une petite respiration rafraîchissante...
