Note de l'auteur : Bonjour, je me suis récemment remise à lire des fanfictions, ce que je n'avais plus fait pendant une période et je me suis fait rire toute seule, à écrire une fic qui fait désormais 72 chapitres (91 avec CQAP) et à… écarter directement toutes les fics qui font plus de 10 chapitres quand je cherche quelque chose à lire -_-''... Vous qui arrivez jusqu'ici, quel courage !

Bref, merci d'avance, si vous passez-là, de laisser un mot ;-)

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Dans les épisodes précédents : ''Après que Lady Zabini ait découvert la relation privilégiée qu'entretenait son fils avec Seamus Finnigan, elle lui imposait des fiançailles avec Sally-Anne Perks. S'affichant avec la jeune femme officiellement, il continue à vivre sa passion avec l'Irlandais, allant jusqu'à aménager avec lui. Les parents de Seamus n'étant pas en reste, ils finissent également par se douter que la relation qui lie leur fils au métis semble plus qu'amicale, ce qu'ils ne peuvent accepter''.

Se sentant au pied du mur, les deux jeunes hommes décidaient de s'enfuir à l'autre bout du monde, au coeur de l'été.

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Bonne lecture !


Chapitre 72 – Blaise

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- « Votre extradition devrait avoir lieu dans la semaine, Monsieur Zabini.

- …

- Quant à votre complice, nous ne sommes toujours pas assurés de son sort. Nous ignorons encore le rôle qu'il a joué dans cette affaire mais, nous finirons par trouver !

- …

- Quoi qu'il en soit, la plainte en cours a uniquement été déposée à votre encontre. C'est donc vous qui nous intéressez à l'heure actuelle.

- …

- Vous n'êtes pas très bavard, Monsieur Zabini... Il est vrai que vous ne vous attendiez sûrement pas à ce que votre mère réagisse mais, ce n'est pas si surprenant. Vous avez tout de même détourné des milliards de Gallions !

- Auriez. Vous auriez détourné... Je vous rappelle que cette accusation n'a pas encore été prouvée !

- Pas encore...

- Et elle ne le sera jamais. Je n'ai rien à me reprocher si ce n'est un départ en vacances prolongées.

- Vacances qui se sont trouvées être bienvenues, la semaine même où des milliards disparaissaient de votre Corporation...

- Je n'ai rien à vous dire.

- Voilà le genre de type qu'on devient, Tyler, quand on naît avec une louche en or accrochée à son chaudron ! » s'exclama l'Auror Canadien en se tournant vers son collègue.

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Blaise n'en pouvait plus. Il était parqué dans cette pièce aux pierres blanches apparentes depuis plus de soixante-douze heures. Il s'était fait alpaguer, en compagnie de Seamus, au détour d'une avenue de Vancouver.

En traversant l'Atlantique, les garçons s'étaient crus à l'abri. Ils avaient parcouru l'Europe jusqu'en Italie sans trop de difficultés. Ils avaient rejoint Ornella mais cette rencontre avait été déconcertante. Trop d'années s'étaient écoulées et Blaise et sa demi-sœur étaient quasiment des étrangers.

Elle l'avait tout de même encouragé à poursuivre ses rêves et s'éloigner de leur mère. Elle se sentait tellement épanouie depuis qu'elle avait coupé ce cordon qui l'étranglait ! Elle n'avait désormais plus de compte à lui rendre.

En la quittant, Blaise et Seamus étaient passés par l'Espagne pour rejoindre Malaga. Là-bas, un réseau clandestin leur avait permis d'obtenir une carte sécurisée de Plateformes de Transplanage Transatlantique.

L'avantage des PTT était d'empêcher toute géolocalisation des Sorciers Voyageurs, au contraire des Portoloins et les deux jeunes hommes, bien qu'effrayés à l'idée d'une possible désartibulation, n'y avaient pas réfléchi à deux fois. Certes, la traversée d'un océan sans connaître leur point de chute n'était pas chose aisée mais, quel autre choix s'offrait à eux ?

Ils restaient persuadés que Lady Zabini s'attendait à les voir voyager comme des moldus et qu'elle n'hésiterait pas à user de ses talents pour les retrouver. Ils devaient se déplacer vite et seules les ressources sorcières leur permettait une réelle sécurité.

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Ils avaient longuement été briefés par Garcia, un Mage Instructeur ibérique du Réseau qui leur avait permis de travailler sur les 3D. La Détermination et la Décision ne posaient pas tant de difficultés. Ils étaient plus prêts que jamais. Par contre, ils avaient passé de longues heures à échanger sur leur Destination, à la visualiser, l'imaginer, la ressentir.

Quand ils s'étaient sentis assez sûrs d'eux, paperasse en main, ils avaient tourné sur eux-mêmes et avaient été happés par ce tourbillon infernal. L'un comme l'autre, ils s'étaient sentis aspirés et horrifiés de sentir chacun de leurs organes s'écraser sur eux-mêmes, un à un.

Ils avaient pourtant réussi à atterrir à Haïti, séparés seulement par une centaine de mètres, fiers et heureux de leur exploit. La fine ligne imberbe qui courrait en travers du sourcil gauche de Seamus n'était qu'un faible tribut finalement et elle lui donnait un petit air sauvage qui n'était pas pour déplaire au métis.

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Blaise et son compagnon avaient repris la route, tantôt en transplanant, tantôt à dos de balais et ils avaient rejoint Vancouver au début de l'automne. Ils n'avaient pas prévu d'y séjourner bien longtemps. La ville était trop grosse, trop grouillante et ils craignaient de se faire repérer.

Ils y étaient restés le temps de se reposer. Enfin, c'était ce qu'ils s'étaient dit, alors. Les jours s'étaient pourtant transformés en semaines et, sans trop y faire attention, ils s'y étaient installés. Ils avaient pris certaines habitudes, préférant cette épicerie sorcière à celle-là et ce restaurant végétarien à cet autre bouiboui.

Ils n'avaient pas été assez vigilants. Cette vie, près de séquoias millénaires, était si calme qu'ils avaient trop rapidement arrêté de surveiller leurs arrières. Erreur fatale ! Tyler et Monroe n'avaient eu qu'à tendre la main pour les cueillir, une fin de matinée, au beau milieu d'un marché sorcier.

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Ils n'avaient pas compris immédiatement ce qu'il se passait. Blaise s'était d'abord senti ligoté, d'un coup, et avait vu Seamus lancer une explosion du bout de sa baguette sur un grand type qui s'était avéré être Tyler.

Monroe lui avait foncé dessus, le plaquant comme un beau diable au sol. Les liens magiques du métis s'étaient relâchés lorsque l'autre avait plus ou moins perdu connaissance et une bataille enragée s'était engagée.

Des inconnus s'étaient mêlés à la bagarre et, sans trop savoir comment, Blaise avait réussi à agripper la main de Seamus. Ils avaient couru comme des dératés mais, avant même d'avoir atteint le bout de la rue, ils avaient senti leurs pieds s'accrocher au sol, s'emmêler et ils étaient tombés comme des pierres.

L'irlandais avait les mains en sang et des gravillons constellaient le rouge qui suintait de sa peau. Blaise, quant à lui, avait eu l'impression de transpirer comme un bœuf mais, lorsqu'il avait essuyé son front, il avait compris avoir bientôt de jolies cicatrices à la tempe et au sommet du crâne. Saloperie de goudron.

Ils n'avaient plus eu d'autre choix que de se laisser embarquer et, arrivés devant ce qui ressemblait à une vieille usine désaffectée, ils avaient été séparés.

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- « Alors, Zabini, vous entretenez quel genre de relation avec votre... collègue ?

- …

- …

- …

- Hey, Tyler, je crois que l'anglais à perdu sa langue !

- Faut croire que ça lui suffisait pas d'être le tombeur de ses dames, maintenant, il s'attaque même aux hommes » Ajouta l'Auror dans un clin d'oeil.

- « C'est ça, l'Aristocratie moderne ! Toujours à essayer de se faire remarquer ! »

Blaise poussa un soupir d'agacement.

- « Chui sûr que c'est pas pour vous déplaire, hein, de faire jaser ! Dans votre milieu policé de noblions, c'est important de se faire voir » Ricana Monroe.

- « Bien, Messieurs, ce n'est pas que je m'ennuie mais, si vous n'avez rien d'autre à ajouter, vous pourriez peut-être me laisser me reposer... » glissa Blaise en faisant craquer ses phalanges.

- « Tu crois qu'on pourrait faire ça, Tyler ? On pourrait peut-être lui apporter une tisane bien chaude aussi ?

- Ça suffit. Assez joué, Zabini ! » s'exclama Monroe. « Pourquoi avez-vous décidé de prendre des... vacances... à ce moment précis ?

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Et c'était reparti, comme les dernières soixante... soixante quoi ? Soixante-seize heures, peut-être bien maintenant... Il devenait difficile de compter réellement. Depuis qu'il était arrivé ici, il alternait entre des phases où il était plongé dans le noir, dans un silence de plomb et des phases d'interrogatoire où il était bombardé de questions.

Quand bien même il aurait souhaité y répondre, c'était tout bonnement impossible. Il y en avait trop. Vraiment, ces deux Aurors s'y prenaient comme des bleus. Il n'y avait pas besoin d'avoir fait vingt ans d'études dans la communication pour comprendre qu'il était impossible de répondre clairement à leurs questions à plusieurs volets.

Si tant est qu'il eût souhaité répondre, Blaise n'aurait pu qu'avoir un discours confus, brouillon, face à un tel bombardement. Mieux valait garder le silence et ne répondre qu'aux piques stupides, sans jamais entrer dans le vif du sujet.

Au moins, ainsi, il ne leur donnait rien. Aucun renseignement compromettant, aucune information de valeur. Depuis qu'il était arrivé, qu'avaient-ils appris finalement ? Rien. Rien d'intéressant. A part peut-être qu'il était gay.

Soit. Si cela s'ébruitait, ce n'était pas la meilleure des nouvelles mais, d'une, Blaise ne l'avait toujours pas reconnu ouvertement et, de deux, il n'était quand même pas difficile d'en faire la déduction. Ce n'était pas réellement une révélation et, honnêtement, ce n'était pas comme si sa situation pouvait encore empirer !

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En effet, il ne voyait plus beaucoup d'options face à lui. Blaise allait être extradé et se retrouver, au mieux, dans un des cachots du Ministère, au pire, directement à Azkaban, jusqu'à la tenue de son procès que sa mère n'allait pas hésiter une seconde à mener jusqu'à son terme.

Il savait également que Lady Zabini ne voulait pas sa mort. Oh, non ! Ce serait une fin trop douce pour une femme telle qu'elle. Elle voudrait le voir plier, supplier et elle ferait ce qu'il faudrait pour arriver à ses fins mais il n'aurait pas à craindre qu'elle commandite son assassinat.

Il s'inquiétait davantage pour Seamus, finalement. Elle n'avait aucune raison de l'épargner, au contraire. Blaise essayait de ne pas trop y penser. Si il s'en inquiétait maintenant, il allait s'agiter et s'énerver. Et s'il s'énervait, il allait s'en prendre aux deux guignols qui lui servaient d'Aurors.

Non, trop penser à ce qu'il se passait pour Seamus n'était définitivement pas une bonne idée. Il était déjà suffisant de le savoir enfermé ici, dans cette chaleur moite et cette odeur de chenil. Elle était horrible, cette odeur… Un mélange de loup-garou mouillé, de déjection de ces affreux repas mal digérés et de transpiration aussi âcre qu'acide.

Une fois l'envie de vomir passée, on s'y faisait presque. De toute façon, Blaise lui-même ne s'était pas lavé depuis qu'il était arrivé. Trois ou quatre jours. A peu près. Il dormait mal, mangeait mal et ne pouvait se vider que quand on l'y autorisait. Cette odeur était vraiment le cadet de ses soucis.

Il ne pouvait qu'attendre maintenant. Attendre d'être ramené en Grande-Bretagne, attendre qu'on lui pose des Admoniteurs [1], attendre d'être convoqué au Département de la Justice Magique, attendre de savoir, pour trouver l'angle d'attaque, la tactique qu'il devait adopter face au Magenmagot.

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Alors, verdict ?

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Admoniteurs [1] : Ce sont des menottes magiques qui, portées comme des bracelets, permettent de surveiller les agissements de la personne qui les porte. Dans les Animaux Fantastiques, Dumbledore se voit soumis à ces menottes lorsqu'il refuse de combattre Grindelwald (source : Feu Wiki HP)