Note de l'auteur : Bonjour ! Aux courageux•ses qui arrivent au chapitre 73, n'hésitez pas à me laisser une petite review ou un petit MP pour me dire ce que vous pensez de toute cette histoire et de ce chapitre. Je suis toujours intéressée par vos retours !
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Dans les épisodes précédents : "Courant septembre, alors que Hermione et Draco remettent tout juste leur relation sur leurs rails, après l'incartade du blond avec Astoria, soumis à un filtre d'amour particulièrement vicieux, la brune présente tous les symptômes d'une grossesse. D'abord dubitatifs, le petit couple commence à envisager cette nouvelle vie avec enthousiasme. Malheureusement, il s'avère que la situation de Hermione est beaucoup plus compliquée et, au fil des mois, elle multiplie les séjours à l'hôpital sorcier, jusqu'à la fin du mois de novembre où elle se voit attribuer une chambre permanente. Draco est soupçonné de l'empoisonner par un certain nombre de personnes et voit ses droits progressivement restreints."
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Bonne lecture !
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Chapitre 73 – Hermione
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La température au sein de la bibliothèque de Sainte-Mangouste chuta d'au moins dix degrés et Hermione frissonna des pieds à la tête. Elle ferma les yeux, persuadée ne plus pouvoir profiter bien longtemps de sa tranquillité.
Comme elle s'y attendait, la seconde suivante, un lourd soupir expiré exagérément se fit entendre et elle-même ne put s'empêcher de souffler d'un agacement anticipé.
- « Tiens ! Mais revoilà La Marquise aux Yeux Tristes ! N'a-t-elle donc mieux à faire que de s'égarer entre mes murs chaque jour de l'hiver ?!
- Sir Stoker [1]... » lâcha la brune d'un ton las. « N'abandonnez-vous donc jamais ? » demanda-t-elle encore dans un sourire ouvertement forcé.
- « Je hante ces murs depuis 1912, Madame La Marquise... J'ai eu tout loisir d'apprendre la patience ! » s'amusa le fantôme, perché à quelques mètres au-dessus du sol et lorgnant Hermione d'un œil malicieux.
- « Écoutez, Sir... Je serais ravie de discuter avec vous mais comme vous le voyez, je suis occupée » déclama-t-elle dogmatiquement en se replongeant dans ses parchemins.
Elle tenta d'ignorer l'esprit taquin mais il ne lui facilitait pas la tâche. A chacun de ses déplacements, elle sentait une brise glaciale s'éparpiller autour d'elle. Elle ne réprima que difficilement un nouveau soupir lorsqu'il fit mine de s'installer à la place qui lui faisait face.
Elle se retenait de détacher les yeux de son livre alors que le pianotage constant qu'exerçait son vis-à-vis sur la table l'agaçait outrageusement. Sa condition de fantôme l'épargnait, au moins, d'entendre résonner ses doigts sur la surface en bois.
Sauf que ces mouvements réguliers et répétés étaient peut-être encore plus irritants que le son lui-même. Elle se mordit la lèvre et tenta à nouveau de se concentrer sur ses parchemins, ignorant les éclats argentés qui se mouvaient à quelques centimètres d'elle, autant que les vagues d'air froid.
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- « Padadam, Padadam, Padadam... »
Elle ne put s'empêcher de lever un regard blasé sur le spectre.
- « Padadam, Padadam... Oh, je vous dérange, Madame La Marquise ? Je suis navré voyez-vous mais, c'est frustrant, tout de même ! Je ne peux plus produire ce son depuis plus de quatre-vingt-dix ans. J'en suis tout chafouin...
- Êtes-vous vraiment obligé de m'en faire profiter ? … Sir ?
- Si j'étais seul, ce n'aurait aucun intérêt, Madame La. » commença-t-il, se faisant aussitôt couper la parole.
- « Je suis sûre qu'il y a tout un tas d'autres sorciers prêts à profiter de vos distractions. Pour ma part, j'ai besoin de travailler !
- Oh ! Non ! Vous êtes bien la seule vers qui je puis me tourner ! » s'exclama Sir Stoker avant de reprendre un ton plus bas. « Les autres, je ne les connais pas ! Je ne vais pas déranger des inconnus ! Alors que vous...
- Nous ne nous connaissons pas plus, Sir ! » s'indigna-t-elle.
- « Oh ! Mais si, voyons ! Vous venez tous les jours vous traîner ici depuis je ne sais combien de temps, Madame La Marquise ! Je vous connais, vous et vos yeux tristes !
- Mais arrêtez avec ça, Par Merlin ! Je n'ai pas les yeux tristes !
- Bien sûr que si !
- Non !
- Si !
- Non.
- Si.
- Rhhhaaaa ! »
Excédée, Hermione s'empara de ses parchemins volants et claqua ses livres avant de les glisser sous son bras et de partir à grandes enjambées. Elle changea de salle, jeta un œil alentour et, constatant de sa solitude retrouvée, poussa un soupir de satisfaction.
Elle reposa ses livres, suivi ses marquages faits à la hâte, retrouva ses pages de lecture, étala, une fois de plus, ses parchemins, retrempa sa plume dans son encrier et allongea ses jambes, prête à se remettre à écrire.
- « C'est à cause d'un homme, non ? »
Elle sursauta et regretta aussitôt amèrement de n'avoir pas prêté attention au changement de température.
- « Je refuse de vous parler !
- Mais vous êtes en train de le faire !
- Je ne le ferais plus !
- Et voilà, vous continuez !
- Laissez-moi tranquille !
- Que vous êtes inconstante, tout de même ! »
Hermione se leva à nouveau, irritée. Depuis qu'elle était revenue à Sainte-Mangouste, après son unique permission au Nouvel An, elle s'ennuyait. Beaucoup. Elle s'était plongée dans le travail, obligeant ses neurones à fonctionner à plein régime.
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Elle était bien venue quasiment tous les jours travailler dans cette bibliothèque et, dès l'instant où elle y avait posé le pied, Sir Stoker n'avait trouvé mieux que de venir à sa rencontre.
Chaque jour, il l'avait titillée, parasitant toujours un peu plus ses séances d'études et de lecture. Pourtant, elle n'avait pas pensé un seul instant à trouver un autre lieu. Un qui ne serait pas hanté par le fantôme d'un écrivain d'un autre temps.
Au début, elle avait été aimable avec lui et s'était montrée polie mais, plus le temps passait, plus sa patience atteignait ses limites. Au moins, elle tenait le cap qu'elle s'était imposé et elle avançait chaque jour un peu plus.
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- « Dites-moi, Madame La Marquise, qui est le goujat qui vous fait monter les larmes aux yeux ? »
Hermione eut un rire amer, ravalant sa réplique acerbe désignant Sir Stoker lui-même comme l'objet de son infortune. Ce spectre était particulièrement agaçant. D'autant plus qu'à chaque fois qu'il s'amusait à l'importuner, il faisait montre d'une incroyable perspicacité.
Tentant, sans réel succès, de se maîtriser, elle s'excusa d'une voix sèche et, laissant ses affaires en plan se dirigea presque en courant vers les toilettes les plus proches. Elle ne voulait que quelques minutes de répit pour remettre ses idées en place avant d'affronter le fantôme qui, elle le savait, n'abandonnerait pas la lutte rapidement.
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Inspirant longuement, les yeux fixés sur la vasque trop blanche, elle ouvrit le robinet et laissa l'eau glaciale couler. Elle plongea les mains sous le jet et éclaboussa son visage à plusieurs reprises, bénissant ce coup de fouet bienvenu.
Elle osa à peine lever les yeux sur son reflet. Elle savait ce qui l'y attendait. Une image d'elle triste, terne, éteinte. Elle ne fut pas déçue. Le léger coup de crayon qu'elle avait tracé sous ses yeux le matin même coulait tristement et elle ne put s'empêcher de soupirer, pour la centième fois de la journée.
Elle n'était que l'ombre d'elle-même et, quoiqu'elle fasse, elle n'arrivait pas à annihiler les doutes qui avaient été insinués en elle. Elle n'arrivait plus à faire la part des choses. Ces pensées entêtantes effaçaient tout. Les épreuves, les souvenirs, les sentiments. Il ne restait toujours que ce doute affreux.
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Dépitée, Hermione commença à faire demi-tour mais un mouvement, dans la glace, la fit sursauter. Surprise, elle y fixa le regard. Il n'y avait rien. Seulement son reflet, toujours identique à celui qu'elle avait laissé quelques secondes en amont.
Elle soupira une nouvelle fois. C'était stupide mais, elle avait presque espéré y voir une autre personne, une chose, n'importe quoi d'un peu exceptionnel. Un truc qui lui aurait permis de ne penser à rien et d'être dans l'action. Mais, non. Il n'y avait rien. Seulement un tour de son imagination.
Plus lasse que jamais, elle se détourna encore de son image, redressant ses épaules. Quand elle ne s'y astreignait pas, elle traînait le pas comme une âme en peine, le dos voûté et les yeux fixés sur le sol. Elle s'y refusait désormais. Elle était désespérée mais, tout le monde n'avait pas besoin de le savoir.
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- « Mais c'est pas vrai, Bon Sang de Licorne ! »
Surprise par cet éclat de voix, Hermione pivota en un éclair à la recherche de la femme venant de s'exclamer. Rien. Personne. Pas âme qui vive. Ni fantôme, d'ailleurs. Une barrière magique interdisait aux spectres l'accès aux toilettes des femmes comme des hommes.
Elle tourna sur elle-même, se penchant dans l'idée d'apercevoir les pieds de la propriétaire de la voix dans une des cabines. En vain. Un rire se fit cependant entendre. Court. Agressif. Ce n'était pas un rire bienveillant.
Le cœur d'Hermione s'emballa légèrement. Elle ne savait pas à quoi s'attendre et, en toute honnêteté, elle avait presque peur. Elle saisit sa baguette dans la poche intérieure de sa robe et se dirigea vers la cabine la plus proche.
Bras tendu devant elle, elle en ouvrit la porte lentement. Rien. Dans la suivante, non plus. Elle ouvrit les six cabines, les unes après les autres, indifférente aux grincements des gonds mais ne pouvant ignorer cette voix, bizarrement familière.
- « Tu chauffes ! Tu chauffes ! Ah, non, là, tu refroidis... »
Elle connaissait cette voix. Elle en était persuadée seulement, elle n'arrivait pas à y associer un nom ou un visage. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle n'en appréciait pas les intonations. Comme lorsqu'elle entendait sa propre voix. C'était vraiment désagréable.
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A court de nouvelle cabine à ouvrir, passablement agacée, elle resserra ses doigts sur sa baguette.
- « Où êtes-vous ? Ce n'est pas drôle !
- Viens par-là » s'amusa encore la voix
Prise d'un affreux doute tout en se traitant d'idiote, elle se dirigea, à pas lent, vers le miroir. Ce n'était pas possible, non ?
- « Tu es vraiment lente, parfois ! » s'exclama son reflet.
- Pardon ? Je ne te permets pas !
- Oh, arrête, je ne fais que dire tout haut ce que tu n'oses pas reconnaître !
- Écoute, on a déjà joué à ce jeu une fois il y a des années, je refuse de perdre mon temps à recommencer ! »
Hermione avait presque oublié les capacités magiques de certains miroirs. Ce n'était pas faute de s'être longuement disputée avec elle-même, quelques années en arrière, face à un tel artefact caché dans les recoins de Poudlard.
L'objet du débat avait été, principalement, sa stupidité à refuser l'invitation de Victor Krum au bal du Tournoi des Trois Sorciers dans son vain espoir d'être remarquée par Ron. Face à elle-même, elle en avait largement pris pour son grade.
Son reflet l'avait accablée, encore et encore et elle avait eu envie de lui jeter un sort. Pourtant, cette impertinente part de son esprit avait eu raison d'elle et elle ne regrettait absolument pas de l'avoir écoutée, même à contrecœur.
- « Que veux-tu aujourd'hui ? Encore m'en mettre plein la tête ? Tu ne crois pas que je subis assez comme ça ? C'est bon, je m'en suis sortie pendant des années sans toi, je peux continuer !
- Oh, range ton égo cinq minutes ! Tu fais n'importe quoi en ce moment et si je te laissais faire, tu plaquerais tout pour te complaire dans ton malheur. C'est bon, il faut arrêter maintenant. »
Hermione se lança un regard féroce.
- « C'est à propos de quoi, hein ? De Draco ? Oui, ok. C'est lui qui a acheté la plume que les Aurors ont trouvé mais ça n'en fait pas le coupable pour autant !
- Personne d'autre que lui et moi n'avions accès à cette plume. Et j'allais mieux, avant de l'utiliser pendant ma permission.
- Mais tu ne sais pas si il est réellement responsable. Ce n'est pas comme si il avait la moindre raison de te vouloir du mal !
- Qu'est-ce que tu en sais ?
- Autant que toi ! Et même Rockfeller ne trouve pas crédible qu'il t'empoisonne juste après avoir lui-même passé plusieurs semaines enfermé dans son service !
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Hermione ravala ses larmes. Il ne servait à rien de pleurer face à soi-même. Tout ce qu'elle voulait, c'était revenir en arrière. Juste oublier et recommencer. Elle ne voulait pas s'entendre dire qu'elle était aussi responsable que lui de l'échec de leur relation.
Pourtant, c'était bien elle qui n'arrivait plus à faire confiance à Draco. Il avait déjà été si difficile de dépasser l'épisode avec Astoria. Elle avait eu si longtemps l'impression d'avoir ces images de leurs corps imbriqués imprimés sur sa rétine.
Et maintenant, c'était les propos des Aurors assignés à son cas qui tournaient en boucle dans son esprit. Pour eux, tout accusait Draco. Qui mieux qu'un Mangemort pouvait être désigné pour empoisonner insidieusement une Sang-de-Bourbe ? Son cœur faisait des embardées et son esprit s'affolait.
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Quelques jours après Noël, qu'elle avait dû passer seule, enfermée dans sa chambre d'hôpital, Hermione avait littéralement harcelé Rockfeller. Pendant 5 jours pleins, elle ne l'avait plus lâché. Accrochée à sa robe, elle avait alterné suppliques et menaces. Et il avait cédé.
L'appartement de Kensal Road avait été vérifié à plusieurs reprises, vidé de certaines plantes et décoctions qui trainaient ça et là, pour assurer la sécurité de Hermione. Oh, personne n'était totalement convaincu du bien fondé de cette permission mais en réalité, Rockfeller n'en pouvait plus de voir cette jeune femme lui courir après.
Il n'en pouvait plus de la rabrouer pour qu'elle rentre dans sa chambre. Il n'arrivait même plus à prendre un ton affable lorsqu'il lui demandait de faire demi-tour. Hermione non plus, n'en pouvait plus de poursuivre ce vieil homme qui l'agaçait et elle n'était pas peu fière, d'avoir réussi à le faire craquer.
Le Jour J, elle avait trépigné jusqu'à la fin de service de Draco. Il était arrivé avec au moins trois quart d'heure de retard sur son horaire habituel. La faute aux Médicomages qui lui avaient fait signer une décharge et lui avaient fourni une liste de recommandations longue comme le bras.
Pourtant, ils souriaient tous deux, comme des enfants. Ils n'avaient plus passé une soirée pour eux, seulement pour eux, depuis si longtemps ! Ils avaient eu interdiction de se déplacer en extérieur. Il ne fallait même pas compter pouvoir prendre le métro. Ils avaient directement transplané à l'appartement, sans plus de cérémonie.
En arrivant, ils n'avaient même pas pris le temps de vérifier leur environnement. Ils avaient seulement posé les sacs fournis par l'hôpital pour leur repas de fête sur la surface la plus proche à portée de main et, alors, Hermione avait agrippé la nuque de Draco pour l'embrasser sauvagement.
Rien d'autre n'avait compté que cette bouche qui lui avait tant manqué. S'il en avait été surpris, le jeune homme n'en avait rien montré. Au contraire. Rapidement, il lui avait mordillé les lèvres puis l'avait couverte de baisers. Sa mâchoire, son cou, sa clavicule, son épaule.
Elle l'avait rapidement repoussé pour mieux ôter sa veste puis cet horrible pyjama qui lui était fourni par Sainte Mangouste. Elle avait essayé, dans le même temps, d'ignorer l'éclat de pitié du regard trop gris qui lui faisait face.
Elle savait déjà que sa perte de poids était impressionnante et lui donnait une apparence maladive. Elle n'avait pas eu besoin qu'il le lui rappelle. Elle avait fait en sorte de lui faire oublier cette nouvelle maigreur.
Elle avait aidé Draco à se déshabiller et avait pu constater le plaisir qu'il partageait de pouvoir enfin profiter d'un tête à tête. Il avait tenté de mordiller le lobe de son oreille et elle avait posé ses deux mains sur son torse.
Elle avait ri avant de le pousser contre le mur le plus proche. Elle n'avait pas eu besoin de s'embarrasser de préliminaires. Elle avait voulu qu'il la comble. A l'instant même. Sans attendre une seule seconde de plus.
Elle avait voulu se sentir entière. Pleine et entière. Il ne s'était pas fait prier, la faisant basculer dos au mur et la soulevant comme une plume. Elle avait noué ses jambes autour des hanches de Draco et avait gémi à s'en couper le souffle.
Plus tard, ils avaient fait réchauffer les plats insipides autorisés par Rockfeller et avaient refait le monde, nus, serrés l'un contre l'autre au fond du canapé. Ils avaient oublié de faire le décompte. 10, 9, 8,... Les "Bonne année" criées dans la rue et dans l'immeuble les avaient fait sourire.
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Ils s'étaient dit que démarrer cette année 2004 ensemble ne pouvait qu'être de bon augure ! Pourtant, il n'avait pas fallu attendre quarante-huit heures pour que l'état de Hermione se dégrade à nouveau.
En fin d'après-midi, elle s'était pliée en deux, ayant l'horrible sensation de recevoir des coups de poignard dans les reins. Elle s'était souillée sans même s'en rendre compte et avait cru ne jamais pouvoir se remettre de la honte ressentie face à son pantalon mouillé.
Hermione avait été ramenée manu militari à Sainte-Mangouste. Et Rockfeller avait été obligé d'avertir la Brigade de Police Magique. Et les Aurors avaient réinvesti son appartement et l'Hôpital. Et ils avaient trouvé la plume. Sa plume. Celle qu'elle aimait mâchouiller.
Hermione avait tenté de refuser de croire que Draco était impliqué là-dedans. Ce n'était pas possible. Pas après tout ce qu'ils avaient vécu. Pourtant, elle n'avait pu empêcher une petite voix de lui souffler insidieusement à l'oreille «Et si... ? ».
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A chaque fois que cette voix revenait, elle fermait les yeux et secouait la tête. Non. Il n'avait pas fait ça. C'était les potions qu'on lui donnait ici. Simplement les potions. Elles lui embourbaient l'esprit. Il fallait que ce soit ces remèdes qui la fassent douter. Rien. Rien d'autre que les potions.
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Hermione regarda de nouveau son reflet dans la glace. Elle reprit calmement. Les Aurors n'avaient que des preuves circonstancielles. Des présomptions. Ils n'avaient aucun élément à charge.
Elle devait rester forte, tant qu'elle ne pouvait pas voir Draco et le confronter. Elle n'avait plus de symptômes depuis 10 jours maintenant. Elle avait le droit de se déplacer de son service à la bibliothèque et de la bibliothèque à son service. Avec une escorte.
Elle avait le droit de lire, d'utiliser des parchemins, de profiter de quelques-uns de ses vêtements et produits de beauté. Tout devait toujours passer par le filtre de l'hôpital et par les sorts de scanning que lui avait appris Rockfeller.
Elle n'avait plus le droit de voir Draco, ni Harry, ni même Bobby. Elle n'essayait même plus de resquiller. Non. Il était hors de question de voir réapparaître les fuites urinaires et les douleurs rénales de sa dernière crise !
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- « Je ne sais même pas par quel bout commencer...
- Ce n'est pas non plus la première fois que vous êtes séparés…
- … »
Hermione était obligée de reconnaître que son reflet n'avait pas tort mais tout semblait tellement plus difficile aujourd'hui.
- « Il faut revenir aux fondamentaux. Il t'a conquis, tu l'as conquis, il faut juste reprendre les choses à zéro et que vous vous retrouviez sans tout ce qui vous parasite. Je suis persuadée que tu retrouveras la confiance que tu avais en lui. »
La brune ricana aigrement, ravala sa remarque et son agacement. Elle n'aimait pas particulièrement se sentir infantilisée. Même par elle-même. Toutefois, elle concéda n'avoir pas entièrement tort en la matière. Elle devait réagir et occulter ses doutes.
Elle devait exiger auprès des Aurors de voir Draco. Elle allait combattre ses idées paranoïaques. Elle devait être là, présente, visible, forte et attentive. Elle allait oeuvrer à réparer leur histoire. Ils allaient panser leurs blessures ensemble plutôt que de les laisser suinter.
Elle avait une idée. Une idée un peu folle mais qui valait peut être le coup. Mais, avant tout, elle secoua la tête, se surprenant, une fois de plus, à se sentir impressionnée par la pertinence de son reflet. Il était complètement aberrant d'être obligée de parler à une autre elle-même, dans les toilettes d'une bibliothèque, pour finalement remettre ses idées correctement en place.
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Alors, verdict ?
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Sir Stoker [1] – Bram Stoker (1847/1912) est l'auteur de « Comte Dracula », inspiré, dans HP, par le Comte Vlad Dracula qui a sa propre carte Chocogrenouille. J'ai décidé de faire de Stoker un sorcier (JKR ne précise pas qu'il est moldu ou non).
