Note de l'auteur : Bonsoir ! Je continue d'espérer que des courageux viennent me lire (alors que moi-même j'ai tendance à hésiter à commencer des fics à plus de 30 chapitres ^^).

N'hésitez donc pas à laisser une trace de votre passage ; review ou MP !

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Dans les épisodes précédents : "Blaise et Seamus se font surprendre, dans leur nouveau quotidien tranquille de Vancouver, par deux Aurors Canadiens. On apprenait l'extradition prochaine du métis mais nous étions restés sans nouvelle de Seamus… Ce que vient réparer ce chapitre"

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Bonne lecture, pour ce court chapitre !

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Chapitre 74 – Seamus

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Seamus regarda la chambre qu'il occupait depuis maintenant un mois d'un air désabusé. Un petit lit, une commode en pin, des murs blancs, un plafond légèrement jauni, une fausse fenêtre qui offrait la plupart du temps un paysage de prairie verdoyante et au sol, une moquette beige à grosses boucles.

Lorsqu'il avait été séparé de Blaise à Vancouver, il avait été Stupéfixé et avait passé 48h totalement figé. Lorsqu'il avait été extradé, il avait été envoyé manu militari à Azkaban. Il ne s'était littéralement jamais imaginé mettre un jour les pieds dans la forteresse et, pire encore, y rester enfermé.

Son moral en avait pris un coup. Il remerciait toutefois le gouvernement Shacklebot d'en avoir exclu les Détraqueurs. Il était sûr que, si ces horribles créatures avaient été présentes sur la durée de son enfermement, il serait devenu fou.

Même sans eux, il avait eu du mal à maintenir des pensées agréables. Trop de cris, de hurlements, de noirceur. Il était principalement entouré de Mangemorts qui ne le portaient pas franchement dans leur coeur.

Il avait eu l'impression d'avoir passé 6 mois dans la prison pour Sorciers. Pourtant, les Aurors n'avaient parlé que d'une vingtaine de jours, à peine, quand ils l'avaient transféré ici.

Totalement désorienté, il avait ravalé son mal de mer, dans leur petite embarcation, jusqu'à la terre ferme. Il avait ensuite été amené au sud de Tower Hamlets et, après un court trajet dans une des voitures ministérielles, il avait traversé les docks jusqu'à Canary Wharf.

Dans le quartier d'affaires, il avait été poussé dans la tour du Trinity Mirror mais, au lieu d'aller voir les hôtesses d'accueil, les Aurors qui l'escortaient avaient immédiatement bifurqué sur la droite, vers un rideau bleu qui n'avait rien à faire là mais auquel personne ne prêtait attention.

Derrière, se trouvait un ascenseur qu'ils prirent jusqu'au 23° sous-sol. Il avait fini par atterrir, non sans perdre l'équilibre, à l'étage de cette planque étrange. Depuis il vivait là. Dans cette chambre un peu triste, sans âme, mais confortable.

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Depuis, Seamus avait appris ce qu'avait fait Blaise. Ce Scrout à Pêtard !

Quand il avait été retiré des geôles d'Azkaban, ignorant tout du spectacle qu'avait offert le métis dans l'intervalle, l'irlandais avait été frappé de plein fouet. Il avait vu sa vie privée étalée au grand jour, contre son gré. Il n'avait pas donné son accord pour ça.

Se sentant probablement acculé par le Magenmagot, Blaise avait accusé sa mère de l'avoir attaqué en raison de son homosexualité que, désormais, il portait en étendard. Il s'était mis à tenir des conférences de presse, prônant ouvertement la libération Uraniste et revendiquant la déchéance de l'ordre Aristocratique et Patriarcal.

Il s'était amusé à mettre en avant la cause charnelle et l'amour, se gaussant des discordes que ses discours engendraient. Dans de nombreux aspects, le monde Magique était étrangement genré et normatif.

L'homosexualité existait. On n'en parlait pas. Il était difficile de savoir si cela était lié à une question de moeurs. Des sorcières et des sorciers se vivaient transgenres. On n'en parlait pas davantage.

En parallèle, les mêmes fables existaient chez les sorciers et chez les moldus. Il restait des relents d'immoralité. De crainte de déviance. Les préjugés étaient là, dans toute leur irrationalité.

Et désormais, Blaise s'évertuait à devenir porte-drapeau, dans une impatience surprenante. Evidemment, il avait parlé de Seamus. Il l'avait nommé et présenté comme son amant. Un amant qui devait désormais payer une dette. Un amant injustement attaqué par Lady Zabini, pour avoir simplement voulu vivre pleinement leur histoire d'amour.

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Seamus avait eu du mal à démêler ses sentiments, entre étonnement, fierté et colère. Il avait été mis sous le feu des projecteurs, des jugements. Blaise avait oublié qu'ils seraient deux à devoir assumer la mèche qui avait été allumée.

Or, Seamus ne se considérait pas homosexuel. A la limite, Blaisexuel, s'il avait eu à y mettre un nom. Et, surtout, il avait toujours été hors de question de l'afficher publiquement. Ils étaient censés être d'accord sur ce point.

Et là, le métis étalait leur vie privée au grand jour. Sans lui demander son avis. Il ne lui avait pas laissé le temps de prendre son temps, justement. Oui, sa sortie d'Azkaban avait été particulièrement perturbante !

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Depuis, Seamus avait entendu les réactions des uns et des autres. Il avait entendu des sifflets, des quolibets. Il avait entendu le silence de ses propres parents. Au milieu de tous ces jugements secs, tranchants, il arrivait toutefois à trouver des éclairs d'humanité.

Quelques phrases de tolérance, entendues çà et là. Quelques comportements de protection. Des soutiens s'étaient manifestés. Il avait reçu des courriers, des mots d'adhésion soufflés entre deux portes, lors de ses trop rares sorties, et ces sourires ! Des sourires démentiels. Des sourires qui le rendaient plus fort !

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Blaise et Seamus avaient ça au moins ça pour eux ; ils renvoyaient une image d'hommes respectables, en dépit de leurs turpitudes. Seamus ne s'y était pas attendu et, pourtant, les preuves étaient devant lui.

Les agents du Ministère chargés de sa surveillance n'avaient pas été si difficile à convaincre et, quotidiennement, ils lui apportaient des journaux, écornant parfois les pages sur les feuilles les plus croustillantes du roman dont il était le héros.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, on ne leur offrait pas une image de débauchés. Ils semblaient plus légitimes que d'autres. Cependant, il était certain qu'ils pouvaient tirer un trait sur leur vie privée présente et à venir.

Seamus n'était pas sûr de pouvoir supporter cette ingérence. Contrairement à Blaise, il n'avait pas été un personnage public dès sa plus tendre enfance. Il avait bien fait quelques bonnes feuilles, après la Victoire. Quelques articles avaient été publiés ici et là mais rien de plus. Désormais, il faisait la Une… et n'avait toujours pas droit à la parole !

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A peine pouvait-il serrer quelques mains en traversant les couloirs du Ministère sous escorte lorsqu'il était convoqué au Magenmagot. Le reste du temps, il semblait hors de question qu'il reçoive la moindre visite et, surtout, aucun Auror n'était prêt à laisser un journaliste s'approcher de lui pour obtenir son son de cloche.

De toute manière, qu'aurait-il pu dire ? Il ne savait pas quel discours tenir. Un qui soit suffisamment consensuel pour être compréhensible, entendu et entendable mais également suffisamment radical pour souligner la nécessaire acceptation de tous de qui il était, dans son entièreté ? Il n'avait pas envie de compromission.

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Son seul réconfort, ses derniers temps, ressemblait vaguement à Bryan, le jeune éphèbe qui lui servait de garde personnel et qui l'encourageait quotidiennement. Il lui apportait des extras au petit-déjeuner, lui adressait des clins d'oeils et des paroles apaisantes. Mais, même Bryan avait refusé de l'aider à communiquer avec le monde extérieur.

Il n'était pas plus prêt que les autres à lui rendre sa baguette. Merlin ! Qu'est-ce que ce bout de bois lui manquait ! Ces 32,8 cm de bois de Noisetier, renfermant un cheveu de Vélane. Dean n'arrêtait pas de dire que sa baguette à elle seule expliquait les tendances pyromanes du blond !

Il est, en effet, de notoriété publique que les cheveux de Vélane rendent les baguettes capricieuses et le noisetier, lui, a tendance à calquer les émotions du sorcier dans les sorts projetés. Comment, alors, ne pas mettre le feu pour un oui ou pour un non ?!

Dean, justement, avait fait de nombreuses recherches pour proposer une nouvelle baguette à Seamus. Il avait fini par opter par du roseau, en se référant au calendrier celtique et avait sélectionné un poil de Rougarou [1] juste pour lui.

Quand l'irlandais avait traversé l'Atlantique, quelques mois en amont, son meilleur ami commençait tout juste à tailler le roseau, sans savoir encore quelle longueur il allait appliquer à l'artefact ou comment il allait le sculpter.

Dean avait-il continué son ouvrage après sa disparition ? Il n'en avait pas la moindre idée mais, aujourd'hui, il aurait tout donné pour pouvoir l'essayer, cette baguette. Pour découvrir ses capacités.

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Alors, verdict ? :-)

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Rougarou [1] : Monstre dangereux à tête de chien qui vit dans les marécages de Louisane. (source : WikiHP)