Note de l'auteur : Bonjour, et bienvenue sur ce nouveau chapitre ! Comme d'hab, n'hésitez pas à me laisser un petit signe de votre passage, une petite critique, un commentaire, tout retour est apprécié ;-)
Un petit mot pour ShadowReader ici : https (deux points slash slash) www (point) fanfiction (point) net (slash) topic (slash) 237726 (slash) 186030960 (slash) 1 (slash dièse) 186030960
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Dans les épisodes précédents : "Pansy et Harry sortent ensemble depuis plusieurs mois maintenant mais elle refuse toujours de complètement lui ouvrir sa porte, de peur que la présence de l'Elu perturbe l'équilibre qu'elle a créé avec Ashley. Les rumeurs qui courent régulièrement sur Harry et ses accès de colère, auxquels elle n'a pourtant jamais été confrontée, font partie de ce qui provoque ces appréhensions. Pour autant, quand elle découvre qu'il a usé de magie noire contre Théodore, tant pour se venger que pour la protéger, elle se sent investie d'une mission de protection à son égard, ce qui renforce d'autant ses sentiments - confus - pour le Survivant."
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Bonne lecture à tous et toutes !
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Chapitre 75 – Pansy
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- "Je ne veux pas entendre un mot de plus !"
Le ton sec de Pansy claqua tandis qu'elle pointait sa baguette sur le brun, stupéfait.
- "Pourquoi ? Pourquoi tu as fait ça ?".
Son ton était maintenant désespéré. Et lui ne pouvait que la regarder d'un air ahuri.
- "Évidemment, tu n'as rien à dire pour ta défense ?" assena-t-elle encore en laissant tomber son bras et la baguette qu'elle tenait le long de son corps, pour aussitôt le redresser quand il fit mine d'ouvrir la bouche.
- "Oh, non. Non. Je ne veux rien entendre. Tu n'as aucune excuse. Aucune".
Harry lui lança un regard passablement agacé. Elle ne pouvait pas l'accuser de tous les maux de la Terre et l'empêcher d'en placer une en même temps. Le ridicule de la situation ne la rendait pas touchante pour une Mornille.
Il tenta une fois de plus de lui répondre mais elle le devança à nouveau.
- "Je n'arrive pas à croire que tu m'ais fait ça !" Des étincelles pétillaient au bout de la baguette magique de Pansy qui remarqua à peine les yeux de son vis-à-vis s'écarquiller de surprise.
- "Protego
- Que ? Sérieusement ? Tu oses lancer un Charme de Bouclier maintenant ?
- Pansy, tu perds le contrôle là ! Tu as vu ta baguette ?"
Elle lui lança un regard noir et vit littéralement le frisson qui le parcouru de la nuque à l'épine dorsale. Elle ferma les yeux, tentant de reprendre la maîtrise d'elle-même. Il tendit la main vers elle, elle se dégagea d'un coup d'épaule.
- "Je n'ai même pas encore fêté mon anniversaire, Harry !"
Il acquiesça d'un hochement de tête.
- "Ce n'est pas possible. Je suis trop jeune pour ça. Tu comprends ?" demanda-t-elle encore d'une voix rendue aiguë par l'acharnement du désespoir.
- "Tu te rends compte que tu ne peux pas m'en attribuer toute la responsabilité, Pansy ?" osa-t-il finalement, s'attirant un nouveau regard noir.
Harry frissonna une fois de plus, dans cet air chargé d'électricité. Il reprit sans réfléchir, alors qu'elle ouvrait la bouche pour s'offusquer.
- "Tu étais là, toi aussi, non ?"
Pansy croisa les bras sur sa poitrine en tentant de lui communiquer toute sa colère par son silence buté.
- "Écoute Pansy, je n'ai pas envie de me disputer. Encore moins maintenant. Tu préfères que je m'en aille ou tu veux essayer de discuter ?"
Devant un nouveau regard chargé d'orage, et un mutisme sévèrement ancré, il se leva pour récupérer sa cape qu'il commença à enrouler sur ses épaules.
- "Tu me laisses seule ? Maintenant ?"
Harry eut un rire sans joie, leva les yeux au ciel et rejeta sa cape sur l'accoudoir du canapé.
- "Tu veux manger un morceau ?" demanda-t-il finalement en se dirigeant vers la cuisine.
Elle le suivit en soupirant et, arrivée à destination, s'adossa au plan de travail en croisant les bras fermement. Elle était encore plus agacée de le voir être plus mature qu'elle dans cette situation.
- "Je ne peux pas Harry. C'est trop. Trop tôt."
Il acquiesça en silence.
- "Ashley vient tout juste d'avoir 4 ans. Ce n'est pas le bon moment.
- Tu… Je… Ecoute, 4 ans, ce n'est pas si mal." Il ignora son regard noir. "Il peut comprendre maintenant et il a moins besoin de toute ton attention qu'avant.
- …
- Il a l'habitude de la Magicrècherie, Angélina trouve qu'il progresse sans cesse, il commence à savoir lire, il a des copains, il.
- Et comment je suis censée lui expliquer ça ?
- Je ne sais pas, Pans'. On pourrait peut-être commencer par lui dire qu'on est plus que des amis."
Elle ricana désagréablement et ressentit aussitôt des picotements au fond de l'estomac.
- "Plus que des amis ? Voyez-vous ça ! Et, si on est plus que des amis, on est censé être… Quoi au juste ?
- Par Godric, tu m'exaspères, Pansy. Depuis le départ, on suit tes règles. C'est TOI qui décide. C'est toi qui mène la danse. C'est toi qui dit oui ou qui dit non. Et c'est toi qui a voulu cacher notre histoire à Ash'. Tu ne peux pas continuer à réagir comme si tout était de ma faute. On était deux, à ce qu'il me semble.
- …"
Elle le fusillait littéralement du regard.
- "Et puis, tu sais quoi ? Quitte à te mettre en pétard, j'aimerais quand même te rappeler que tu as toujours voulu gérer tes Potions tout seule. J'ai rien dit parce que de toute manière, je suis extrêmement médiocre en la matière mais clairement, tu ne peux pas m'en tenir pour responsable. C'est tout."
Pansy commençait à hyperventiler. Il avait raison. Bien sûr qu'il avait raison. Elle lui en voulait tellement d'avoir raison. Il ne manquait pas d'air, Le Survivant, à lui renvoyer sa propre incompétence en pleine face.
De toute façon, elle était persuadée qu'il serait comme tous les autres. Il allait l'abandonner, là, sur le bord du chemin, comme une vieille chaussette. Ce n'est pas comme si elle pouvait compter sur Blaise et Draco, au vu du désastre de leurs vies ! Ils avaient bien assez de leurs propres problèmes pour ne pas avoir à gérer… ça, avec elle.
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Essayant de réguler sa respiration, bien trop erratique, elle regardait les gestes imprécis de Harry, tandis qu'il tentait de couper une julienne de carottes. Elle expira bruyamment, agacée et lui retira le couteau des mains, soufflant une formule pour récupérer ce désastre. Il soupira à son tour, probablement lassé de ses crises d'autoritarisme.
- "Qu'est-ce que tu veux faire, Pansy ?
- Je n'en sais rien" se plaignit-elle encore en lui tournant le dos. "Je n'ai que 23 ans, Harry."
Il posa doucement ses mains sur les hanches de la jeune femme, craignant probablement un nouveau rejet mais elle se tut, recula d'un pas, et s'enserra totalement dans ses bras. Elle se sentait vidée. Épuisée.
- "Il est trop tôt. Je suis trop jeune pour être enceinte de mon deuxième enfant. Ce n'est pas normal." Elle souffla une nouvelle fois. "Tu te rends compte à quel point ce n'est pas normal ?
- Je ne sais pas si ce n'est pas normal. Je sais juste que si tu me laisses un peu de place, ça se passera bien." Harry ne garda le silence que quelques secondes, l'empêchant de répliquer. "Je te demande seulement d'arrêter de m'aboyer dessus comme un Cerbère. Je n'ai pas envie de me battre avec toi"
Pansy se retourna et ancra son regard dans la mer d'émeraude du jeune homme qui n'avait plus rien de tempétueux. Il murmurait désormais.
- "Je suis prêt, moi, à avoir cet enfant. Je suis prêt à l'élever avec toi. Je suis prêt à vivre avec toi. Je suis prêt à ce que tu veux. Je t'aime"
Elle frissonna. Ces mots, elle ne les avait jamais entendus. Jamais aucun homme, jamais aucun garçon ne lui avait déclaré son amour. Elle-même n'était pas bien sûre de réellement comprendre ce qu'ils signifiaient, ces mots. Elle n'avait jamais été amoureuse.
Pansy avait eu des coups de coeur lorsqu'elle était une toute jeune fille mais les papillons dans le ventre ne duraient jamais. Ce n'est pas comme si elle avait eu l'opportunité de flirter, non plus. A l'époque, Théo était son seul objectif et elle faisait taire rapidement les éventuelles émotions qui venaient contrevenir à l'ordre établi.
Avec Terence, il n'y avait jamais eu le moindre émoi amoureux. Il était beau. Point. Aucun sentiment profond n'avait accompagné leur rencontre charnelle. Et puis plus rien. Jusqu'à Harry.
Elle avait bien senti, avec lui, l'émulation, les papillons, les souffles coupés, le coeur qui serre ou même qui s'arrête, laissant le souffle court. Elle ressentait les frissons, les envies, l'appréhension extatique.
Est-ce que c'était de l'amour ? Elle n'en savait rien. Elle avait trop besoin de contrôler ce qu'elle ressentait. Contrôler l'espace qu'elle lui laissait. Elle ne pouvait pas gérer ça et définir ce qu'elle éprouvait en même temps.
- "Je t'aime et je suis prêt à accepter tes conditions" continua Harry, indifférent aux pensées qui la traversaient. "Dis-moi ce que tu veux, je suis prêt."
Cet imbécile lui mettait les larmes aux yeux. Elle avait l'impression d'être une petite chose brisée dans ses bras et, pourtant, ses bras étaient solides et la maintenaient bien en place. Ils lui donnaient vaguement l'impression d'être à la maison.
C'était étrange parce qu'elle n'avait jamais eu l'impression d'être à la maison nulle part. Ni chez ses parents, ni à Poudlard, et encore moins dans cet appartement qui ne lui correspondait en rien.
Et pourtant, dans ces bras-là, elle avait envie de se dire que sa maison, elle était là. Et peut-être que si ces bras continuaient à la soutenir, elle pourrait devenir invincible. En attendant, elle se sentait perdue.
- "Moi je suis prêt pour cet enfant mais si vraiment tu n'en veux pas… Il existe des solutions…
- Qu'est-ce que tu veux dire ?" Demanda Pansy d'une voix éteinte
- "Si tu tiens à… à avorter, je.
- A quoi ? C'est quoi, ça ?" s'exclama-t-elle.
Harry passa la demi-heure suivante à lui expliquer le concept d'Interruption Volontaire de Grossesse dont elle n'avait jamais entendu parlé. Elle s'était lentement décomposée, sentant ses jambes se dérober un peu plus sous son corps.
Le brun l'avait guidée jusqu'au canapé et l'avait aidé à s'asseoir. Elle était stupéfaite. Elle savait bien que, pour des raisons médicales, il existait des formules et des procédures pour mettre fin à une grossesse mais, il ne lui était jamais venu à l'esprit que certaines sorcières puissent prendre une telle décision de leur plein gré.
Harry avait l'air convaincu que ce n'était pas qu'une pratique moldue. Elle, elle ne savait quoi en penser. Question de valeur ou d'éducation, elle ne savait pas trop. Elle avait, par contre, l'étrange impression par cette proposition d'avoir entre ses mains un pouvoir de vie ou de mort tel qu'elle n'avait jamais eu.
Et Harry lui offrait ce choix. Un choix difficile, violent et âpre. Mais un vrai choix. C'était plus que ce qu'on ne lui avait jamais offert. Et il était prêt à lui tenir la main ? C'était plus qu'elle ne pouvait en supporter.
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Pansy éclata en sanglots, en riant à moitié. Ce type la chamboulait tellement !
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Alors, verdict ? ^^
