Note de l'auteur : Bonsoir,

Oh ! Toi qui arrive jusqu'ici, je te rends hommage ! Quel courage ! ;-)

Je compte sur toi pour me laisser une petite trace de ton passage ; review ou MP ; histoire que tu me dises ce que tu penses de cette histoire !

Dans les épisodes précédents : "Hermione subit d'étranges symptômes qui l'amènent à être hospitalisée et isolée de l'ensemble de ses proches. Effet de son empoisonnement ou des tentatives de potions antidotes, elle a bien du mal à garder toute sa lucidité et doit lutter contre de nouvelles tendances paranoïaques. Fort heureusement, un miroir magique lui remet les idées en place et l'amène à élaborer un plan. De son côté, Draco subit les événements, se voyant soupçonné d'être son bourreau, alors que lui-même se remet tout juste des conséquences de l'attaque au filtre d'amour qu'Astoria lui a fait subir en début d'année".

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Bonne lecture pour ce nouveau chapitre.

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Chapitre 76 – Draco

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- "Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises".

Draco regarda incrédule ce vieux parchemin jauni se parer de centaines de petits traits qui se rejoignaient et s'entrecroisaient pour former un plan du château à l'encre noire. Il scruta les petites étiquettes portant les noms des êtres errants ci et là.

Il gardait de vagues souvenirs de Hermione suggérant avoir utilisé un tel artefact mais, il n'y avait pas réellement prêté attention sur le moment. Il n'avait, en tout cas, pas saisi tout son intérêt.

S'il n'avait pas été éduqué en gentleman, il aurait probablement laissé sa bouche béer de stupéfaction. Il n'était pas surprenant que Potter ait tant rechigné à la lui prêter ! A sa place, il n'était pas sûr qu'il aurait souhaité la confier à qui que ce soit !

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Ses yeux longèrent le couloir Est du premier niveau. Il ne semblait pas y avoir âme qui vive. Tant mieux ! Éviter les adolescents qui vivaient dans le château était réellement usant et le fait d'avoir réinstallé l'infirmerie à cet étage n'arrangeait rien.

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La guerre avait fortement endommagé la tour de l'Horloge, qui accueillait auparavant le territoire de Poppy Pomfresh. Des réparations avaient bien été entreprises à l'automne 1998 mais, en dépit des efforts de chacun, la tour était restée bringuebalante.

Elle n'en faisait qu'à sa tête, prenant parfois des allures de tour de Pise ou faisant tourner les aiguilles de la Grande Horloge à toute vitesse. Tout grinçait, sifflait, voire parfois, suintait. L'infirmière avait donc émis un véto. Hors de question de continuer d'y accueillir ses patients ! Impossible qu'ils se reposent et récupèrent des traumatismes et des émois qui les amenaient sur ses Terres.

Après la guerre, Madame Pomfresh avait passé de longs mois à supplier et gratouiller les oreilles de Démophon [1], le chat noir enroulé sur les genoux d'Agnès Sampson [2], la célèbre Guérisseuse écossaise qui habitait le tableau qui gardait les locaux du premier étage.

Draco se souvenait vaguement être allé à l'infirmerie quand elle se situait encore là et qu'il était en première année mais, dès l'année suivante, l'entrée s'était scellée et la salle de guérison avait migré au troisième étage de la tour de l'Horloge.

Il ne s'était jamais interrogé sur ce déplacement. Ce château n'en avait jamais fait qu'à sa tête et il n'était pas rare de voir les salles changer de place sans prévenir. Il comprenait, désormais, que l'infirmière en était grandement responsable cette fois-ci.

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Au cours de leur deuxième année, Hermione avait passé un temps certain à l'infirmerie. Là encore, Draco n'en gardait qu'un vague souvenir. Il y avait bien eu des bruits de couloirs concernant une potion de Polynectar ratée mais il s'était dit, du haut de ses douze ans, que l'histoire était vraiment trop grosse pour être vraie.

Bien mal lui en avait pris ; il avait appris depuis que la Gryffondor avait effectivement jeté un poil de chat dans sa potion et que son visage avait pris la forme de celui d'une énorme minette.

Il s'avérait que Démophon était immédiatement tombé en admiration devant elle et n'avait eu de cesse de lui miauler son intérêt. Poppy Pomfresh ne l'avait pas supporté longtemps. Ni les vocalises, ni les tentatives de marquages sur l'ensemble des tableaux qui composaient l'infirmerie.

Elle s'était alors montrée d'une rudesse sans pareille à l'égard du matou, provoquant le courroux d'Agnès qui avait alors profité de la première absence de l'infirmière partie se restaurer un soir. Manu militari, elle avait expulsé patients, lits et potions de la salle qu'elle gardait. Aucune excuse ne l'avait fait changer d'avis.

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Draco avait beau les rencontrer régulièrement désormais, ni Agnès, ni Madame Pomfresh n'étaient à l'origine de ces confidences. Ni l'une, ni l'autre, ne semblaient d'ailleurs le porter dans leur coeur. Par contre, Minerva, c'était une autre histoire.

Minerva… A chaque fois qu'il y pensait, il avait bêtement envie de ricaner ! On lui aurait dit, 6 ans plus tôt, qu'il finirait par appeler la vieille McGonagall par son prénom, il se serait sérieusement interrogé sur la santé mentale du Veracrasse ayant osé proférer une telle idée.

Pourtant, quelques semaines en amont, quand il essayait de noyer son chagrin dans du Whisky Pur Feu, au lieu de dignement fêter ses 4 ans d'union avec Hermione, il avait vu un nuage de fumée luminescent tourner follement sur le balcon de sa chambre d'hôtel.

En secouant la tête et en y regardant de plus près, il avait pu constater qu'il s'agissait d'un Patronus de la forme d'un chat avec des marques carrées autour des yeux, qui courait stupidement après sa queue pour attirer son attention.

Lorsqu'il avait ouvert la porte vitrée, il avait entendu la voix de la Directrice McGonagall le convoquer, sans ambage. Il avait alors transplané - non sans mal - jusqu'à Pré-au-Lard puis s'était traîné à la Tête de Sanglier.

Lorsqu'il avait passé la porte du bar miteux, Minerva l'avait hélé, jusqu'à ce qu'il daigne la rejoindre devant l'âtre de la cheminée de la salle principale. Elle l'avait jaugé, le nez pincé, l'air convaincue qu'il ne valait pas mieux qu'un Doxy.

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Elle avait convoqué un thé noir, sans sucre, et lui avait alors expliqué avoir vu son élève préférée débarquer à Poudlard quelques jours plus tôt, sortant d'un passage secret censé être inconnu des étudiants actuels comme passés.

Les Deuxième année de Poufsouffle et de Serdaigle étaient réunis pour un cours d'Histoire Contemporaine de la Magie, dans la Galerie des Armures du troisième étage, quand ils avaient entendu une crise d'éternuement fort peu discret.

Se détournant du Professeur Stewart, qui officiait ce nouvel enseignement, ils avaient eu l'impression d'un remue-ménage dans les couloirs et Edward Elric, curieux, s'était discrètement éclipsé pour voir ce qu'il se passait.

La mâchoire de l'adolescent était quasiment tombée par terre quand il s'était trouvé nez-à-nez avec la Grande Hermione Granger. Il avait, semble-t-il, eu un couinement fort peu discret qui avait rameuté deux comparses, à savoir Alphonse, son frère [3], et Verity, leur meilleure amie.

Il n'avait pas fallu deux minutes pour que le reste de la double classe rapplique dans sa totalité, suivie du Professeur Stewart qui était presque plus ému que ses élèves de se retrouver face à la brune emmitouflée dans un imperméable trop grand.

Aussi dignement qu'elle l'avait pu, Hermione avait salué cette troupe hétéroclite, puis s'était dirigée vers les escaliers tout au fond du couloir, priant pour qu'ils ne soient pas capricieux, pour une fois.

Elle avait entendu la classe la suivre en babillant jusqu'au deuxième étage, puis jusqu'à la gargouille qui gardait le bureau directorial. Elle avait posé une main sur la tête de pierre, lui demandant dans un murmure si elle ne voulait pas lui faire le plaisir de s'ouvrir, avant de se retourner vers les élèves, de moins en moins discrets.

Elle leur avait alors demandé, d'une voix qu'elle espérait suffisamment assurée, s'ils n'avaient pas des cours à suivre et avait immédiatement souri en entendant un clappement de mains derrière elle.

- "En effet. La cloche va sonner. Les Poufsouffles, dirigez-vous vers les Serres et les Serdaigles, vers les Cachots ! Si j'entends dire qu'un seul d'entre vous n'était pas à l'heure en cours, je vous assure qu'il passera le mois à venir avec Monsieur Rusard !"

Les Deuxième année s'étaient alors dispersés comme une envolée d'oiseaux-tonnerre tandis que Minerva McGonagall jetait un regard noir à son Professeur d'Histoire Contemporaine, lui soufflant silencieusement qu'ils en rediscuteraient très prochainement !

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La Gryffondor avait alors passé les heures suivantes à se confier sur les péripéties rencontrées, les semaines et les mois de convalescence et son voeu de reconstruction ici, entre les murs du château.

Hermione était persuadée de pouvoir y être protégée et avait passé suffisamment de temps à convaincre Rockfeller de la laisser faire pour savoir que la vieille McGonagall ne lui résisterait pas. Et elle avait cédé. Evidemment, elle avait accepté de l'accueillir.

Depuis, une suite privative avait été installée à l'Infirmerie et le Guérisseur était venu établir un plan de bataille avec Poppy Pomfresh. Ensemble, ils avaient revu traitements, sorts de protection à appliquer sur l'ensemble de l'étage et s'étaient fixé des rendez-vous quotidiens.

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- "Le Professeur Dumbledore pense que je devrais vous ouvrir un canal de Cheminette."

Draco l'avait regardée les yeux ronds, convaincu, derrière les vapeurs d'alcool, qu'elle avait tourné citrouille avec l'âge.

- "Le Pr…

- Son portrait enfin, Monsieur Malefoy !" l'avait-elle coupé agacée, s'attendant à n'en pas douter à une remarque idiote de sa part.

- "Aaaaah" avait-il répondu avec intelligence, ignorant le soupir agacé de son aînée.

- "Le Professeur Dumbledore a toujours eu foi en vous et il semblerait que la mort ne l'ait pas fait changer d'avis. Il n'a eu de cesse de me harceler dès qu'il a entendu les confidences de Miss Granger et j'apprécie assez peu de ne pouvoir travailler calmement dans mon bureau."

Draco avait eu un sourire en coin. Elle avait beau y avoir établi sa résidence depuis six ans maintenant, ce n'était pas son bureau mais bien celui de son prédécesseur et rien ne changerait cet état de fait. Elle n'y avait pas prêté attention et avait continué.

- "J'ai confiance en son jugement. S'il a foi en vous, peu m'importe ce que les uns ou les autres peuvent raconter."

Le blond avait levé un sourcil circonspect. Ces Gryffondors étaient vraiment des êtres à part et pleins de surprises.

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Il n'avait pas fallu vingt-quatre heures pour que le canal soit ouvert. Moins d'un quart d'heure pour être face à Hermione, au milieu des flammes. A peine trois minutes pour se trouver à gronder et à se feuler dessus d'exaspération.

Après environ trente-cinq minutes de dispute stérile, ils avaient réussi à reconnaître le plaisir, et même la joie, de pouvoir s'engueuler tranquillement. Et il avait suffit d'une dizaine de jours pour que Rockfeller lui-même suggère de laisser Draco venir à Poudlard.

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Le Guérisseur avait été un de ses plus fervents détracteurs mais depuis que le blond avait supplié très inélégamment Aurors, Magenmagot et autres Hauts Fonctionnaires prompts à l'accuser de tous les maux, d'user de Sondes de Sincérité, de Veritaserum et de Légilimencie sur lui, ses appréhensions semblaient avoir été réfrénées.

L'état de santé d'Hermione s'améliorait, au grand soulagement de chacun. Elle logeait au château depuis près de 4 semaines maintenant et ne présentait plus les symptômes aléatoires qui l'affectaient quand elle était encore à Sainte-Mangouste.

Ses pouvoirs restaient, par contre, toujours capricieux, semblant parfois comme emprisonnés. Rockfeller paraissait totalement dépourvu face à cette difficulté qu'elle avait parfois à lancer les sorts les plus simples. Ils ne pouvaient qu'être patients, à ce sujet.

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Le jeune Malefoy avait donc eu l'autorisation de passer par la Cheminette de la Directrice qui avait alors pour mission d'une part, d'appliquer un protocole strict imposé par le Ministère et d'autre part, d'aider discrètement le jeune homme à se diriger jusqu'à la suite où logeait Hermione.

Au bout du troisième jour de ce petit jeu, McGonagall s'était lassée et avait cessé de s'encombrer des vérifications. Elle avait elle-même demandé à Hermione de récupérer la carte du Maraudeur.

La brune n'avait pas osé lui demander comment elle avait bien pu être au courant de l'existence du parchemin ensorcelé. Elle s'était simplement attelée à convaincre le Survivant de prêter ce bout d'héritage à Draco.

Cela n'avait pas été une mince affaire. Harry n'était pas réellement opposé à lui confier la carte mais il avait tenté de refuser, espérant faire pression pour obtenir, lui aussi, un droit de visite. Il n'était définitivement pas d'accord pour rester sagement en retrait.

Il avait tenté les menaces et le chantage, mais Minerva avait refusé et tenu bon. Son école n'était pas censée être un lieu de rencontres ! Elle avait tempêté. Il était hors de question d'amener une distraction supplémentaire.

Les élèves étaient déjà suffisamment dissipés depuis que courait la rumeur de la présence d'une héroïne de guerre entre leurs murs ! Harry, malgré sa frustration, n'avait pas eu le choix.

Il avait cédé et avait dû se contenter de la promesse de pouvoir utiliser le canal de Cheminette bientôt pour, enfin, pouvoir discuter avec sa meilleure amie.

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Les jours passant, Minerva avait fini par proposer à Draco un Hydromel, avant qu'il ne rentre chez lui. Depuis, ils sirotaient presque chaque soir un verre, discutant de tout et de rien, s'étonnant mutuellement de la culture magique de leur vis-à-vis. Jamais ils ne se seraient imaginés aussi bien s'entendre, au contraire d'un ancien Directeur dont les yeux pétillaient à chaque fois qu'ils s'installaient pour trinquer.

Draco s'enfonça, une fois de plus, dans le fauteuil qui faisait face au bureau directorial, croisant les jambes. Il caressa le velours des accoudoirs, perdu dans ses pensées.

- "Minerva, est-ce que je vous ai déjà parlé de Bobby ?"

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Alors, verdict ? ^^

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[1] Démophon : Fils de Thésée et de Phèdre, frère d'Acamas, Démophon a été un des guerriers enfermés dans le cheval de Troie et le douzième roi légendaire d'Athènes. (mythologie grecque).

[2] Agnès Sampson : guérisseuse écossaise qui a été accusée d'être une sorcière et d'avoir voulu tuer la Reine d'Angleterre, lors du procès de North Berwick à la fin du 16° siècle. Étranglée puis brûlée à Edimbourg, son fantôme chauve, nu et mutilé hante les rues de la ville.

[3] Edward et Alphonse Elric : il y a des fans de Fullmetal Alchemist ici ? En vrai, ils ne devraient pas réapparaître mais, en cas, faisons toujours un disclaimer : évidemment, ces personnages ne m'appartiennent pas, leur utilisation n'est qu'une douceur pour les connaisseurs ;-)