Note de l'auteur : Bonsoir à tous et toutes,

Ginny nous accueille pour ce nouveau chapitre.

Je vais essayer de respecter un postage de chapitre tous les quinze jours… Inchallah !

J'espère toujours avoir vos retours sur cette histoire et ces nouveaux chap' ! N'hésitez pas à laisser un petit commentaire ;-)

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Dans les épisodes précédents : "Grâce à Ron, Ginny rencontre Terence le soir de la PCHIT (Première Cérémonie d'Hommage aux Insoumis à la Terreur). Après lui avoir fait la cour de manière très officielle, Terence et Ginny se fiancent, en suivant la Tradition, à la joie de leurs familles respectives. Il l'initie également à la fabrication de potion, ce qui est l'occasion pour la jeune femme de se venger d'Anthony, après les lourdes révélations qu'il a faites à la Presse."

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Bonne lecture et à bientôt !

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Chapitre 79 – Ginny

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- "Miss Weasley, vous tenir droite, s'il plait à vous", soupira une nouvelle fois Nastasia Nikolaïevna. "Si vous pas droite, robe gâchée".

Ginny leva les yeux au ciel tout en s'exécutant, relevant les épaules et redressant son dos. Elle ne se serait jamais imaginé qu'une robe puisse prendre autant de temps à être fabriquée. Pourtant, elle se tenait sur cette estrade depuis déjà quarante-cinq minutes et sa couturière la manipulait comme une marionnette depuis autant de temps.

Terence avait insisté pour débaucher cette créatrice de mode russe pour l'ensemble de leurs tenues de mariage. Repas de préparation, cérémonie, gala et autres festivités.

Le planning était serré et Nastasia avait failli faire une syncope quand elle avait su avoir moins de six mois pour livrer commande. Heureusement, qu'il avait su la rassurer, la couvrant de Galions au-delà de ses espérances.

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Pour la robe de cérémonie de Ginny, Nastasia avait choisi de la crêpe de soie ivoire aux reflets irisés. La jeune femme n'avait jamais touché de tissu aussi doux de sa vie.

Elle s'était toujours habillée chez Madame Guipure et n'avait même pas une fois osé entrer chez Tissard et Brodette. Elle aimait la mode mais n'avait aucunement eu l'occasion d'essayer des vêtements de créateurs. De vrais vêtements de créateurs.

Elle s'était toujours contentée de prêt-à-porter, ce qui ne l'avait jamais empêchée d'être photographiée et publiée dans les magazines. Elle ne savait pas ce qu'elle ratait, avant !

Elle découvrait le satin, le cachemire et… la crêpe de soie ! A chaque mouvement, elle ressentait d'agréables frissons et regrettait presque de porter ce jupon de tulle qui séparait ses cuisses du tissu fluide. Presque.

A dire vrai, se disait-elle en rougissant, ce trop-plein de frissons pourrait faire jaser et serait, finalement, totalement indécent pour la cérémonie de mariage ! Surtout que, Nastasia ayant décidé de lui faire porter un dos nu sans manche, elle n'aurait pas de soutien-gorge pour empêcher ces exquises caresses sur la pointe de ses seins.

Se détournant dans un sourire de ses pensées inappropriées, Ginny focalisa son attention sur sa tortionnaire qui agitait sa baguette au niveau de sa taille, lui adressant l'injonction de ne pas prendre un gramme d'ici septembre.

Elle se retint de ricaner. Les prochains mois promettaient d'être infernaux ! Entre Dominique, qui allait fêter ses trois ans le 27 mai, Victoire ses cinq ans début juillet et Louis, qui, encore au chaud dans le giron de Fleur, devait naître le mois suivant, quelques jours avant son propre anniversaire, les orgies glucidiques allaient s'enchaîner !

Déjà, quelques jours plus tôt, lorsque sa belle-soeur l'avait littéralement traînée à l'anniversaire de Teddy [1], elle avait rarement vu une telle opulence de gâteaux, marshmallows, tartes à la mélasse, fondants au chaudron, et autres éclairs à la chicorée.

Les calories et diverses crèmes dégoulinaient de tous les recoins du salon d'Andromeda Tonks et Ginny avait mangé jusqu'à l'écoeurement pour détourner son attention de la Parkinson qui se pavanait sans honte.

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La rousse n'avait pas réellement été surprise de voir l'ancienne Serpentard. Harry et la brune avaient officialisé leur relation par un communiqué de presse parfaitement calibré, le vingt-neuf février dernier. Dire que Ginny avait été choquée était un euphémisme.

Elle avait réellement eu l'impression d'être poignardée en plein coeur en parcourant l'article paru dans Sorcière Hebdo. Quand elle avait vu la photo du couple, dans ses robes assorties aussi sobres que sombres, elle avait eu une vraie nausée. Ils étaient beaux. Très beaux.

Il était étonnant de voir ce qui émanait de la simple présence de cette aristocrate aux côtés de Harry. Tout à coup, il semblait ne plus avoir la même stature. Il paraissait plus imposant. Plus adulte. Plus confiant. Il n'avait plus l'air de cet éternel adolescent rebelle.

A côté d'elle, il avait presque l'air distingué. Harry. Distingué. En toute autre circonstance, Ginny aurait ri aux éclats de l'association de ces deux mots. A ce moment-là, elle avait juste pali en se tenant l'estomac.

Terence s'était inquiété de son air livide et elle avait eu des difficultés à lui avouer la raison de son état de choc. Quand elle s'était décidée à parler, il l'avait écouté en silence, avant de froncer les sourcils. Il ne fronçait jamais les sourcils habituellement.

Alors, il lui avait révélé. Que Parkinson était la femme avec qui il avait eu un enfant. Que c'était elle, la mère de son fils. Ginny avait eu l'impression qu'un monstre lui transperçait le ventre à coups de poings et de griffes.

Cette femme ne manquait pas de toupet. Non contente de dévoyer Harry, elle s'était également permis d'embobiner suffisamment Terence pour lui faire un enfant dans le dos. La rousse était outrée.

Elle avait encaissé. Elle ne voulait pas s'apitoyer et, de toute manière, son fiancé ne l'aurait pas laissée faire. Lui, il faisait toujours en sorte qu'elle se dépasse. Qu'elle soit plus forte qu'elle ne l'était en réalité. Plus assurée. Plus stable. Elle n'en ressentait pas moins un mépris farouche pour cette horrible femme.

Il n'avait pas été évident de l'ignorer dignement à l'anniversaire de Teddy mais, les doigts fermement serrés de Terence autour de sa main et ses regards profonds l'avaient aidée à traverser cette journée. Ça, et le déferlement de gâteaux.

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- "Miss Weasley ? Miss Weasley ! Blini [2] !" s'agaça Nastasia Nikolaïevna.

Ginny posa un regard perdu sur la slave et lui adressa un sourire contrit.

- "Oui ?

- Vous tournoiller maintenant.

- Tournoyer ?

- Oui, sur vous. Là. Tournez." Insista-t-elle encore en lui prenant la main et en l'intimant à joindre le geste à la parole.

La rousse pivota sur ses pieds avec une moue dubitative. Elle sentit sa robe se transformer. Des manches pagodes naquirent depuis son buste en recouvrant ses épaules et filèrent jusqu'à ses poignets. Son dos, nu, se recouvrit de dentelle.

Un décolleté plongeant prit la place du bustier et fut serti de perles brodées. La jupe qui, jusqu'alors lui recouvrait les pieds, rétrécit lentement, prenant la forme d'une jupe mouchoir, dotées de deux pointes, à sa gauche et à sa droite, tombant du haut de ses genoux à la moitié de ses mollets.

Son jupon de tulle avait explosé en milliers de paillettes qui recouvraient maintenant la soie drapée autour de ses hanches et, du blanc immaculé de sa robe de cérémonie, celle-ci, dédiée au cocktail qui suivrait, était désormais d'un blanc azur. Un ton très froid, très légèrement teinté de bleu et qui seyait parfaitement à sa chevelure de feu.

- "C'est magnifique" s'exclama Ginny, les larmes aux yeux, détaillant sa tenue dans l'immense miroir qui lui faisait face.

- "Vous plaisanter ?" répondit vivement Nastasia. "C'est catastrophe, Miss Weasley. Manches trop longues. Décolleté trop grand pour vous petite poitrine. Jupe pas symétrique. C'est catastrophe. Nous essayer autre chose. Mojna [3] ?"

Nastasia recommença à pointer sa baguette ci ou là, en plissant le nez de concentration et en marmonnant pour elle-même. Ginny leva les yeux au ciel une deux cent quarante-troisième fois et se laissa docilement manipuler par la russe. Il fallait réellement qu'elle soit amoureuse de Terence, pour accepter de subir ce calvaire.

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D'ailleurs, si ce n'avait été pour son futur époux, il y avait beaucoup de choses qu'elle n'aurait ni supportées, ni acceptées. Et la première était bien de fréquenter à nouveau les cercles sociaux où paradait Harry.

Seulement, sous son impulsion, Ginny s'était rapprochée de Fleur. Il l'avait incitée à se lier à elle et, elle ne le regrettait pas. La demi-vélane était cultivée et chaleureuse. Elle n'était pas très amusante mais elle avait de la conversation et aimait profondément Bill et leurs enfants.

Son sens aigu de la famille la rendait redoutable pour quiconque tentait de bafouer les siens et, comme Terence le lui avait soufflé en souriant, mieux valait avoir la blonde comme alliée que comme ennemie !

Toutefois, Ginny ne s'était pas attendue à cette étrange amitié qui la liait à Harry et Parkinson. La blonde avait toujours adoré Harry, depuis l'instant où il avait voulu sauver Gabrielle lors du Tournoi des Trois Sorcier.

Les deux femmes, quant à elles, s'étaient acoquinées dans un parc du Chemin de Traverse. Elles avaient eu un coup de foudre amical. Fleur ne s'était évidemment jamais embarrassée d'étaler leur relation. A quoi bon ?

Ginny, de son côté, n'y avait pas prêté garde, avant. Mais, avant, elle ne fréquentait que peu sa belle-soeur. Force était pourtant de constater qu'ils faisaient tous deux partie des proches de Fleur et, qu'il était absolument certain qu'ils seraient présents aux anniversaires des filles.

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Teddy, Victoire, Ashley et Dominique s'étaient suivis de près, au fil de leurs naissances respectives, et ils formaient un quatuor infernal. Harry ne pouvait pas manquer les fêtes réunissant ces bouilles d'amour, lui qui aimait tant la présence bruyante des enfants.

Ginny n'avait aucun doute que Parkinson aussi serait de la partie. Son seul espoir était peut-être que la Serpentard se soit sentie suffisamment refroidie par la menace de revoir Terence à nouveau.

La rousse n'avait, en effet, pas raté le frémissement de la brune quand elle avait aperçu son fiancé. Elle avait rapidement repris contenance et Harry ne semblait s'être aperçu de rien mais, il était certain que sa présence l'avait fait réagir.

Lui, il était resté impassible, comme souvent, et Ginny avait été impressionnée par son flegme à toute épreuve. S'il ne lui avait pas déjà révélé ses secrets, elle n'aurait jamais pu deviner qu'ils avaient eu une aventure et encore moins que Terence se trouvait dans la même pièce que son fils !

Elle en avait été profondément perturbée, d'ailleurs. Il n'avait pas eu le moindre geste envers Ashley, tout juste un ou deux regards un peu plus appuyés que ne le voulaient les convenances.

Ginny s'était dit que, à sa place, elle n'aurait pu s'empêcher d'approcher son enfant. Pas lui. Il n'était pas comme ça. Bien plus pragmatique, il lui avait sobrement expliqué, quelques heures plus tard, sur le pas de la porte de sa petite maison à Tynypysill Wood, qu'il refusait d'avoir le moindre geste envers l'enfant tant qu'ils n'avaient pris aucune décision.

Pour Terence, tout était simple. Limpide. Tout ce qui l'intéressait, à cet instant, était de construire leur foyer. Leur mariage et leur future demeure, voilà quelles étaient ses priorités.

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Le jeune homme avait repéré un cottage à Flagley-le-Haut, dans le Yorkshire [4]. La grande bâtisse était typiquement vernaculaire, sur deux étages, construite en pierres blanchies à la chaux, avec une silhouette ronde, chaleureuse et accueillante.

Si, en comparaison avec le Terrier, elle avait l'air d'un palais, Ginny s'était d'abord étonnée qu'il s'intéresse à un lieu si modeste, au regard de son patrimoine. Il avait seulement rit affectueusement.

Son hérédité lui permettait, justement, d'envisager de commencer leur vie humblement. Avec elle, il n'avait ni besoin d'apparats ni de faste. Ils pouvaient parfaitement se suffire à eux-mêmes.

Relativement isolé du village sorcier, le cottage était entouré d'un jardin de deux hectares où trônait en son centre un saule pleureur dont les pieds frôlaient un petit étang d'eau verte. Cet espace était un véritable écrin et Ginny envisageait déjà d'y ajouter un kiosque où ils pourraient se prélasser de l'aube au crépuscule avec Cleftail, le Croup [5] de Terence

Oui, actuellement, construire leur foyer était bien le seul objectif de son futur mari. Après, disait-il, il serait toujours temps de s'intéresser à Ashley. S'ils n'arrivaient pas à avoir leur propre enfant, il se révèlerait à lui.

"D'ici-là, Ginevra, toi et moi, nous avons mieux à faire !" Il lui avait soufflé cette simple phrase avec autorité, collant leur front entre eux et elle n'avait pu qu'ânonner de la tête, toujours aussi impressionnée par cet homme si affirmé.

Il avait toujours le dernier mot et Ginny continuait à être perturbée à chaque fois qu'il lui tenait ces discours terre-à-terre. Elle n'arrivait pas à s'habituer à sa franchise farouche mais ne voulait pour rien au monde qu'il arrête de l'ébranler.

Quoi qu'il dise, quoi qu'il fasse, Terence finissait toujours par la convaincre. Il aurait voulu faire de la politique, elle était convaincue qu'il aurait fait un fantastique prédicateur. Elle, elle était persuadée qu'à jamais, elle le suivrait n'importe où. Absolument n'importe où.

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- "Miss Weasley ? Vous toujours pas concentrée. Molodoy Devushla [6], si vous toujours ailleurs, nous jamais fini dans les temps !

- Pardonnez-moi Nastasia ! Je me concentre !" s'exclama Ginny en se redressant comme un piquet, en faisant claquer ses mains sur ses cuisses en riant.

- "Trop tard. Nous fini pour aujourd'hui. Si vous d'accord avec ce modèle, nous reprendre semaine prochaine sur cette base."

Ginny sourit. Sa manche droite s'était totalement volatilisée, tandis que la gauche s'était transformée en manche chauve-souris, le tissu se resserrant sur une large bande à hauteur du coude.

Le décolleté plongeant avait disparu au profit d'un col bateau, s'étendant d'une épaule à l'autre et les perles s'étaient éclipsées, remplacées par des broderies argentées, formant des entrelacs compliqués.

La jupe avait subi moins de transformations. Toutefois, Ginny s'était vue affublée d'un tatouage blanc, une sorte d'arabesque filant de sa cheville à son genou. Elle se trouvait magnifique mais n'en redoutait pas moins les six cent soixante-quinze séances qu'allait - à coup sûr - lui infliger Nastasia dans les semaines et les mois à venir !

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Alors, verdict ? Ginny et Terence ? Harry et Pansy ? Et tout ça, tout ça ?

Si il y a de vrais russophones de passage, j'espère que ça reste crédible ;-)

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[1] l'anniversaire de Teddy : Il est né en avril 1998 ; je l'ai fait naître le 13 !

[2] Blini : Interjection russe type "Zut" ou "Mince !" ou "Putain"... De quoi exprimer son mécontentement ;-)

[3] Mojna : Interjection russe pour demander la permission. Une sorte de "Je peux ?"

[4] Flagley-le-Haut, dans le Yorkshire : Village semi-sorcier dans lequel Tom Jedusor pourrait avoir vécu (selon Ron… Dans le livre 7…).

[5] Cleftail, le Croup de Terence : Le Croup est une sorte de chien magique qui ressemble à un fox-terrier à la queue fourchue. C'est un charognard, très fidèle aux sorciers et pouvant être agressif avec les moldus. Son nom Cleftail vient de "cleft" (fendue) et "tail" (queue).

[6] Molodoy Devushla ! Interjection russe, qui signifie à peu près : "Jeune fille !".