Note de l'auteur : Bonjour à tout•e•s,

J'aimerais bien dire que je suis contente de vous proposer ce nouveau chapitre mais… je ne l'aime pas trop ! J'espère quand même que sa lecture vous plaira ;-) … et que vous m'en ferez un petit retour ! (c'est trooooop tristoune de pas savoir ce que vous pensez des nouveaux chapitres !)

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Dans les épisodes précédents : "Hermione est allée se réfugier à Poudlard, lassée de l'hôpital Sainte Mangouste et des restrictions qui n'empêchent en rien la survenue de nouveaux symptômes bien contraignants. Même sans le Grand Albus Dumbledore, le château reste une forteresse protectrice efficace"

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Bonne lecture et à bientôt !

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Chapitre 82 – Hermione (VIII)

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- "Alors ?

- Londubat est dans les serres, comme d'habitude" s'exclama Draco d'un ton dédaigneux en refermant la carte des Maraudeurs.

Hermione leva les yeux au ciel en souriant. Il ne cesserait donc jamais de jouer à ce jeu du Serpentard dédaigneux !

- "On y va ?

- Je suis obligé de venir ?

- Malefoy… C'est toi qui veut reprendre des cours de conduite !"

Il grommela pour la forme, en retenant son propre sourire et enfila sa robe noire. Celle qui le rendait tellement impressionnant aux yeux des élèves de Poudlard. Hermione l'imita puis, se rapprochant, enleva une poussière imaginaire de l'épaule de Draco qui, lui, en profita pour ravir ses lèvres.

Elle retint un rire joyeux et le poussa délicatement. S'il commençait comme ça, ils n'allaient pas décoller de leurs appartements privés et elle n'avait aucune envie de rester enfermée une minute de plus, pas même pour la bagatelle.

Elle se tourna vivement vers le moly qui trônait sur la commode demi-lune du mur ouest. Neville le lui avait offert dès qu'il avait su qu'elle avait aménagé au château. Évidemment, Rockfeller avait immédiatement tenu à analyser le plant et le pot.

Une fois certain que les jolies fleurs blanches à tiges noires ne représentaient aucun danger, il avait invité Hermione à en mâcher quelques feuilles chaque matin, au cours de son petit déjeuner.

Avant, elle en prenait distillées dans une des potions qu'elle ingérait mais finalement, le Guérisseur considérait que son effet neutralisant les enchantements était d'autant plus efficace en ingestion directe vu la qualité du plant dont elle disposait. Définitivement, elle n'envisageait pas de se plaindre d'avoir pu supprimer une de ses trop nombreuses décoctions quotidiennes.

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Hermione hocha la tête. Oui, elle avait bien pensé à en prendre ce matin. Elle redressa les épaules et son port de tête, comme elle l'avait appris à force d'observer Draco et franchit le seuil de ses appartements un sourire malicieux aux lèvres, le jeune homme à sa suite. Elle était définitivement heureuse de retrouver un semblant de normalité.

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Après son arrivée à Poudlard trois mois plus tôt et les visites trop régulières de Draco, les élèves avaient rapidement tenté d'envahir l'Infirmerie du premier étage, subitement atteints de maladies étranges et de blessures extraordinaires.

La pauvre Minerva McGonagall s'était crue, un temps, revenue à cette année honnie où les jumeaux Weasley avaient fait naître leur florissante affaire de Farces et Attrapes en utilisant des premières années comme cobayes. Sauf qu'il n'y avait aucun coupable désigné cette fois, hormis la présence de célébrités entre les murs du château !

En réalité, la Directrice n'avait pas eu à réfléchir très longtemps avant d'installer son ancienne élève au quatrième étage, non loin de la bibliothèque et du passage secret impraticable depuis l'éboulement de l'hiver 1992.

Poppy Pomfresh avait été à deux doigts de s'arracher les cheveux et, dans l'unique but d'apaiser son infirmière préférée et de retrouver sa tranquillité, Minerva avait chargé une escouade d'elfes de réhabiliter les anciens appartements de Septima Vector qui avait aménagé à Pré-au-Lard dès qu'elle était devenue mère de famille.

Ces appartements étaient composés d'un vestiaire d'entrée suivi d'une vaste pièce dotée de deux fenêtres, d'un sofa, d'une table basse et d'une cheminée. Une salle d'eau contenant tout juste suffisamment d'espace pour tourner sur soi-même prenait place sur le mur nord et une petite chambre lui faisait face, donnant sur un balcon.

La cheminée était restée fermée trop longtemps au goût de Hermione et il avait fallu l'effraction de Harry pour que Minerva cède à nouveau aux caprices de ses anciens élèves. Elle leur avait lancé un regard désabusé en marmonnant qu'elle était trop vieille pour ces bêtises.

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Le coup d'éclat du survivant datait de six semaines en amont. Avec Pansy, ils s'étaient infiltrés dans la cave de Honeydukes, avaient descendu les marches et arpenté le chemin de terre battue avant de remonter le toboggan jusqu'à la statue de la Sorcière Borgne.

Côté château, Neville et Luna s'étaient escrimés à faire sauter les verrous que Minerva et le concierge de l'école avaient apposés pour en condamner l'entrée depuis que Hermione avait elle-même débarqué par-là, au vu et au su des deuxièmes années de Poufsouffle et de Serdaigle.

Quelques bruyants sorts plus tard, la moitié des Professeurs, la totalité des Préfets qui faisaient leurs rondes du soir et la majorité des fantômes du château avaient accueilli les anciens élèves, baguettes crépitantes pointées sur eux.

Minerva avait grondé un "Poootteeeeer !" dont il n'avait eu que faire puisqu'il avait repéré Hermione, qui s'était précipitée voir ce qui causait un tel raffut, et qu'ils s'étaient courus dans les bras sans dignité aucune.

Pansy, les bras croisés sur la poitrine, avait levé les yeux au ciel et Draco, qui dix minutes plus tôt sirotait un Hydromel avec la Directrice, justement, avait ricané de l'ensemble du tableau qui lui faisait face.

Peeves avait commencé à caqueter, Nick Quasi-Sans-Tête à déclamer sa joie en alexandrins, le Professeur Trelawney s'était exclamée qu'elle l'avait toujours su, Rusard s'était étranglé et Minerva - elle - avait craqué.

Elle avait hurlé à tout le monde de filer hors de sa vue tout en saucissonnant ses anciens élèves. Tous. Même son professeur adjoint de botanique et sa concubine enceinte jusqu'aux yeux. Elle les avait fait léviter jusqu'à son bureau et après les avoir libérés, leur avait fait la morale sans s'arrêter pendant plus de trente minutes.

Aucun des jeunes gens n'en avait eu cure. Elle était trop vieille et ils avaient trop vécu pour être impressionnés. Ils n'avaient pas même fait semblant d'être contrit, chacun un sourire plus ou moins grand plaqué au visage. Même Pansy qui, dès qu'elle s'était assise, avait attrapé la main de Draco et ne l'avait plus lâché n'avait pu s'empêcher de sourire d'un air bienheureux.

Quand la Directrice avait fini par se calmer, elle n'avait même pas tenté de mettre les intrus dehors. Ils s'étaient enfuis de son bureau sans demander leur reste et, arrivés au bas des escaliers, face à la gargouille, ils s'étaient tous regardés incrédules.

- "Cuisine ?" Avait demandé Hermione en s'adressant à Harry.

- "Cachots ?" Avait proposé Draco à Pansy en écho.

Neville et Luna étaient simplement partis rejoindre leur pavillon à Pré-au-Lard, dans un éclat de rire. Sans plus de cérémonie, ils s'étaient séparés et avaient, chacun de leur côté, passé des heures à rattraper le temps perdu.

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Draco avait réussi à obtenir l'appui de Rockefeller pour terminer son internat à Poudlard. Sans la prestance et la réputation du Guérisseur en chef, il n'aurait jamais pu convaincre le bureau des Aurors et le Magenmagot de lui laisser cette chance.

Madame Pomfresh, non plus, ne s'était initialement pas montrée particulièrement enthousiaste. Ils étaient tous dubitatifs et inquiets de l'influence qu'un Malefoy pouvait avoir sur de jeunes esprits malléables.

Finalement, Poppy, comme toutes ces femmes d'âge mûr, s'était rapidement laissée charmée par Draco et ne cessait désormais de s'extasier sur sa capacité à imposer le silence aux étudiants hospitalisés tout en leur apportant des soins appropriés.

Elle en venait - presque - à regretter ses absences, les jours où il s'éclipsait pour faire son LARD à Sainte-Mangouste.

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Hermione, de son côté, avait bien tenté de cacher sa présence à Poudlard, au tout début de son séjour mais avait tout aussi rapidement échoué. Il avait d'ailleurs fallu moins de quinze jours à Filius Flitwick pour tomber nez-à-nez avec elle alors qu'elle tentait de se glisser discrètement jusqu'aux cuisines.

Elle s'était fait surprendre à chatouiller l'énorme poire verte et, depuis, il ne l'avait plus lâchée. Il lui avait souvent rendu visite à l'heure du thé, d'abord dans sa suite à l'Infirmerie puis dans ses appartements privés.

Le vieux Professeur tentait désormais de la convaincre de lui succéder. En effet, âgé de plus de 90 ans, il venait de se voir proposer une Chaire au Département des Mystères qu'il envisageait fortement d'accepter.

Hermione avait tenté de refuser ses invitations, au début. Elle était trop incertaine quant à son avenir, trop dubitative quant à ses pouvoirs qui continuait à faire des leurs. Puis elle s'était laissé convaincre de venir assister à un, puis deux, puis trop de cours.

Elle avait rapidement constaté qu'elle restait crédible, en dépit de sa capacité aléatoire à réaliser certains sorts les plus simples. Filius le lui avait dit. Il suffisait qu'elle ait l'air sûre d'elle et les étudiants ne la remettaient jamais en question.

Elle le constatait à chaque fois. Quand un élève qui ne comprenait pas comment réaliser un sortilège lui demandait une démonstration, elle s'exécutait, dans une diction et un mouvement du poignet parfait.

Quand le sort fonctionnait, l'élève la regardait des étoiles dans les yeux. Quand le sort échouait, elle arborait son léger sourire hautain de Miss-Je-Sais-Tout et lui lançait un "A vous maintenant !" et les regards qui lui étaient adressés n'étaient pas moins impressionnés.

Elle n'était pas bien sûre que ce stratagème fonctionnerait éternellement mais elle appréciait de pouvoir transmettre son savoir. Peut-être qu'il était là, désormais, son destin. Une retraite à Poudlard, l'enseignement, une vie simple et sans vague.

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Hermione appréciait réellement la tranquillité qu'elle avait retrouvée en intégrant les murs du château, protégée par le Fidelitas porté par Minerva et Rockfeller. Les élèves et les professeurs pouvaient la voir, interagir avec elle mais, en dehors des murs du château, ils ne pouvaient aucunement révéler sa présence.

Elle se sentait plus sereine, n'était plus surprise par de nouveaux symptômes, en voyait certains disparaître. Tout n'était pas parfait, loin de là, mais elle recouvrait un certain équilibre.

Elle continuait, par contre, à craindre un retour de bâton. Draco restait notamment convaincu que la seule responsable de son état était Astoria. Hermione, de son côté, était très loin d'être du même avis.

La jeune femme ne faisait plus parler d'elle depuis plusieurs mois et, quand bien même elle aurait été concernée, l'ex Gryfondor redoutait surtout qu'elle n'ait été que le bras armé d'une autre femme.

Son compagnon n'était définitivement pas prêt à envisager que Narcissa Malefoy ait été la réelle responsable de l'état de Hermione. Lorsqu'elle avait suggéré cette possibilité, il lui avait envoyé une fin de non-recevoir.

Sa mère était inflexible, manipulatrice et tout un tas d'autres qualificatifs mais selon lui, elle n'était pas cruelle et ne pouvait envisager de nuire à un autre être humain. La brune n'y croyait pas mais n'avait aucune preuve à lui apporter. Elle ne pouvait que garder ses doutes pour elle et accepter ce nouveau non-dit qui s'était installé entre eux.

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Pas loin de deux heures avaient dû s'écouler quand était venu le tour d'Harry de donner des nouvelles. Il lui avait soufflé souhaiter changer de lieu, de crainte d'être entendu par des oreilles indiscrètes.

Elle avait ri de lui. Les elfes avaient - à raison - la réputation d'être des tombes. Levant les yeux au ciel, elle lui avait toutefois proposé de rejoindre ses appartements du quatrième étage.

En arrivant devant les fées follettes qui babillaient à l'entrée du logement, Hermione les avait figées dans le tableau qui les accueillaient en murmurant le mot de passe.

- "Mélamar [1]." Elle avait repris plus fort. "Elles sont agaçantes. Si tu ne les y forces pas, elles ne t'écoutent pas et ne t'ouvrent jamais la porte ! A se demander l'utilité d'avoir un mot de passe !"

Elle avait fait un clin d'oeil à Harry en ouvrant la porte et le rire de Draco les avait accueillis. Rire qui s'était aussitôt éteint, les yeux du blond, posé sur le brun, s'étant réduit à deux fentes en une toute petite seconde.

Il avait alors fait une remarque acerbe sur la propension du Survivant à s'accaparer les femmes de sa vie et Hermione n'avait rien compris, fronçant les sourcils et entrouvrant stupidement la bouche.

Harry s'était alors escrimé à lui raconter ces derniers mois par le menu, feignant d'ignorer les commentaires caustiques de Draco que Pansy faisait elle-même taire régulièrement d'un claquement de langue.

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Si Hermione avait soutenu Harry dès qu'il s'était amouraché de Pansy, elle avait été surprise de l'évolution de leur relation et du nombre de wagons qu'elle avait eu à raccrocher depuis le début de ses hospitalisations.

Dernièrement, elle s'était étonnée de découvrir l'officialisation de leur couple par voie de presse mais ce n'était rien à côté du choc de cette nouvelle étape qu'ils s'apprêtaient à franchir en concevant un enfant.

Elle avait toujours des difficultés à concevoir que ce soit réel. Que Harry allait vraiment devenir père. Qu'il allait avoir un enfant avec cette femme-là. Elle ne s'était jamais imaginé qu'ils iraient aussi loin.

Pourtant, elle n'arrivait pas non plus à s'empêcher d'y voir une évidence. Leur couple lui paraissait tellement normal qu'elle continuait encore à en être déconcertée.

Draco avait étrangement réagi. Il s'était à la fois montré réjoui et désespéré. Il n'avait pas pu, non plus, s'empêcher de menacer Harry. Très sérieusement. Trop sérieusement.

Hermione imaginait, sans se tromper, qu'il cherchait surtout à préserver sa meilleure amie. Tout comme elle, voulait protéger Harry. Sauf qu'elle, elle n'avait pas peur pour eux.

Ils ne savaient peut-être pas ce qu'ils faisaient en ayant un enfant, mais ils le faisaient ensemble. Ils ne savaient pas où ils allaient mais ils suivaient la même route. Elle était convaincue que c'était bien la seule chose importante.

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Alors, verdict ? Vous aussi vous trouvez ce chapitre de transition trop plan-plan ? Dans quinze jours, on s'intéressera à un animal… Enfin… Je crois…

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[1] Mélamar : se traduit par "Maison" ou "Foyer" (dans un sens émotionnel) en Quenya, qui est une langue en Haut-elfique créée par J.J.R. Tolkien.