Note de l'auteur : Bonjour à tout•e•s,
Aaaaah ! On arrive vers les chapitres que j'ai trèèèèèès envie de présenter (et, cela va sans dire, pour lesquelles j'aimerais avoir des retours de lecteurs ^^) mais… ce n'est que le premier de la série !
Pour donner des nouvelles de l'avancée, à ce jour, CQAS, c'est 728 pages word, 90 chapitres rédigés, 8 autres en cours d'écriture et de finalisation et… un nombre indéterminé de chapitres à suivre !
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Dans les épisodes précédents : "Les histoires d'amours se suivent et ne se ressemblent pas. Si Ginny et Terence organisent leur mariage grandiose, Harry et Pansy concrétisent leur amour en ayant un enfant, tout comme Neville et Luna, dans une configuration légèrement différente. Pour autant, tout n'est pas rose chez les sorciers. Blaise et Seamus, notamment, se trouvent séparés depuis leur rapatriement depuis Vancouver où ils s'étaient enfuis. De quoi réjouir la presse, non ?"
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Bonne lecture et à bientôt !
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Chapitre 82 – Un scarabée
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La cinquantenaire se regarda une dernière fois dans le miroir des toilettes de l'Atrium du Ministère. Elle était parfaite. Comme d'habitude. Ses boucles blondes et son rouge à lèvres n'avaient pas bougé d'un millimètre.
Elle réajusta son sac à main sur son épaule et découvrit ses trois dents en or en souriant à son reflet. Elle tourna alors sur elle-même et les toilettes semblèrent aussitôt vidées de toute présence.
Seul un gros scarabée, avec des marques semblables à des lunettes autour de ses antennes, s'échappa vivement en passant l'interstice entre la porte d'entrée et le sol en vinyle. Longeant la plinthe pour ne pas se faire bêtement écraser, le coléoptère fila à travers les couloirs jusqu'aux ascenseurs.
Attentif à ne pas se faire repérer, l'insecte se fraya un chemin dans la cabine entre les membres du Ministère et attendit que les portes s'ouvrent à nouveau pour descendre. Niveau deux. Parfait. Le Département de la Justice Magique !
Première étape, les services administratifs du Magenmagot. Une secrétaire était justement en train d'amener un café fumant dans le bureau habituellement calfeutré du Président-Sorcier, Edgar Caxton.
Le scarabée déploya ses courtes ailes pour accélérer sa cadence et s'installa sur un cadre à l'effigie d'Ulick Gamp [1]. S'agrippant de ses six pattes, il porta toute son attention à la conversation en cours.
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- "Zabini Contre Davenporth, Zabini Contre Mccarthy, Zabini Contre Johnson, Zabini Contre Patel… Dois-je continuer ?" soupira Edgar Caxton. " Nous avons déjà passé la moitié de la semaine à traiter vos dossiers, Lord Zabini. Combien de temps cette mascarade va-t-elle durer ?
- Autant de temps que vous en mettrez à traiter le dossier Zabini Contre Zabini qui, vous le savez, est le seul qui m'intéresse réellement, Monsieur le Président-Sorcier.
- Vous plaisantez ?
- Jamais sur ce type de sujet. Jamais avec le Magenmagot.
- Vous savez bien que j'ai les mains liées, Monsi. Hum. Lord Zabini. La justice ne peut se permettre d'être hâtive."
Tranquillement assis dans un fauteuil Chesterfield qui semblait particulièrement confortable, le jeune homme acquiesça, impassible. Caxton soupira en s'asseyant à son tour.
- "Notre enquête est toujours en cours.
- Vous continuerez donc à me voir régulièrement. Vous comprendrez que je ne peux accepter de me voir calomnier par Lady Zabini.
- Mais.
- Je n'aurais donc de cesse de poursuivre chaque personne qui se permettra de la suivre et de me diffamer, de me déshonorer ou ne serait-ce que de commérer." Le jeune homme se leva, arpentant le bureau de long en large, dans une chorégraphie qui semblait parfaitement calculée. "Chaque médisance, chaque vilipendage, chaque dénigrement vous sera soumis. Je ne ferais aucune exception.
- Monsieur." Edgar Caxton avala de nouveau sa salive de travers et une goutte de sueur traça un sillon sur son front. "Hum. Lord Zabini, j'entends votre besoin de défendre votre honneur mais.
- Je ne peux accepter de 'mais', Monsieur le Président-Sorcier.
- Pourtant, je vous répète que le dossier Zabini Contre Zabini ne sera pas traité avant plusieurs mois."
Le jeune Lord prit le temps de se rasseoir avec toute la dignité qui le caractérisait. Baissant les yeux sur le tapis angora qui le séparait du bureau de Caxton, il reprit en tentant de s'empêcher de sourire.
- "Je pourrais peut-être revoir ma position si…
- Si ?
- Si vous libérez Monsieur Finnigan" Assena-t-il en croisant ses mains sur son torse.
- "Lord ! Je ne peux libérer quelqu'un qui n'est pas emprisonné !". Edgard le dévisageait d'un air ahuri.
- "Emprisonné, non. Certes. Mais il reste enfermé au CRS, sans la moindre raison logique.
- Vous savez aussi bien que moi que cette décision a été prise par le Premier Ministre et le Directeur de la Justice Magique pour sa propre sécurité. Vous connaissez les menaces qui pèsent sur lui.
- Evidemment. Ce sont les mêmes qui pèsent sur moi et qui m'amènent à déposer ces dossiers que vous vous lassez de traiter !
- En effet. Et vous n'avez pas les mêmes moyens que Monsieur Finnigan pour vous défendre.
- Je peux le protéger.
- Il ne fait pas partie de votre famille. La Justice Magique et le Ministère ne peuvent se contenter de votre assurance."
Si un scarabée en avait eu la faculté, il était certain que celui perché sur le portrait d'Ulick Gamp aurait eu un sourire le traversant d'une antenne à l'autre. Le Centre de Rétention Sorcière ! C'était donc là qu'était caché le jeune irlandais !
L'insecte en connaissait, du monde, prêt à payer à prix d'or ce type d'information. Notamment une certaine Lady qui n'aurait aucun mal à y introduire une décoction de sa production. Toutefois, ces réflexions furent interrompues par le battement d'ailes d'un corbeau convoqué par le Président-Sorcier.
Il s'agissait évidemment là du signal de départ pour le scarabée qui n'avait aucune envie de se voir dévoré tout cru par le grand volatile. Il atteignait tout juste la porte, lorsqu'elle fut de nouveau ouverte pour laisser partir le corbeau, désormais porteur d'un message quelconque attaché à la patte.
Le coléoptère se faufila jusqu'au bureau de la secrétaire et réfléchit à sa prochaine étape. Le bureau des Aurors n'était pas très loin. Il pouvait peut-être y glaner de nouvelles informations. Bien entendu, il lui fallait être particulièrement discret pour ne pas se faire repérer dans cet espace ouvert rempli de l'élite parmi les élites du Ministère.
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- "Banks, prenez Stevenson avec vous et partez voir ce qu'il se passe à Holborn. Les moldus parlent d'un problème à Inns of Co."
Le scarabée n'en écouta pas davantage. Aujourd'hui, les histoires de moldus ne l'intéressaient vraiment pas ! Il parcourut quelques mètres de plus.
- "Hey, Charity ! Ton Scrutoscope fait encore des siennes !" S'exclama un Auror aux cheveux poivre et sel.
L'insecte courait désormais pour s'éloigner de cet engin de malheur.
- "... toujours rien obtenu. J'ai l'impression que son esprit est une coquille vide, Bryan.
- Tu ferais peut-être mieux d'arrêter alors, Livia.
- Peut-être. Je ne sais pas. C'est bien la première fois que je n'arrive pas à faire craquer quelqu'un.
- Et Merlin sait que tes atouts sont indéniables" s'amusa le jeune Auror en adressant un clin d'oeil appuyée à la gamine qui lui faisait face et qui s'en agaça.
- "Ne plaisante pas avec ça. Mon corps est peut-être un outil mais tu lui dois le respect.
- Oui. Et Circé m'en soit témoin, nous ne te remercieront jamais assez d'avoir accepté de te détacher du Département des Mystères pour cette enquête."
Ils gardèrent le silence, concentrés sur leurs propres pensées, jusqu'à ce que l'Auror reprenne.
- "Tu sais Livia, tu as vraiment le droit d'arrêter. Tu t'occupes de Nott depuis bientôt 4 mois.
- Je pensais qu'il finirait par suffisamment se détendre pour ouvrir son esprit." souffla-t-elle pour elle-même, un léger pli se dessinant entre ses fins sourcils en accents circonflexes. "Je n'ai pas dit mon dernier mot, Bryan. Vous vous êtes adressés à une Langue-de-Plomb, tu imagines bien que j'ai d'autres atouts que mes aptitudes en fellation et en Legilimancie ?"
Il eut un rire qui lui donna plus encore un air d'adolescent.
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L'insecte frotta ses antennes. Une Langue-de-Plomb. Une vraie. Elle avait pourtant à peine l'air d'être majeure. Comment était-il possible qu'une si jeune fille occupe un poste aussi important ? Et lui ? L'Auror. Il n'avait pas l'air beaucoup plus vieux.
Peut-être avaient-ils trouvé la localisation de la fontaine de jouvence ! En dépit des apparences, pourtant, leurs échanges ne laissaient pas à penser qu'ils étaient des louveteaux. Aucune fille à peine majeure ne pouvait accepter de vendre son corps pour les besoins d'une enquête, le scarabée en était convaincu.
Quel était le nom qu'ils avaient prononcé ? Nott ? Theignous était mort pendant la bataille finale [2]. Il ne pouvait s'agir que de son fils. Un beau garçon, longiligne, aux yeux et aux cheveux sombres.
Quelles étaient les dernières nouvelles de ce jeune homme ? La mémoire de Rita sous sa forme coléoptère faisait parfois des siennes. Il fallait qu'elle inscrive dans un coin de sa tête d'aller vérifier ce qu'était devenu l'unique survivant de la famille Nott.
Elle voulut raccrocher la conversation qu'elle avait quitté, en s'égarant dans ses pensées mais ne put que voir le dos de l'Auror accompagner le dos de cette Livia qu'il ne fallait perdre sous aucun prétexte.
Glissant ses ailes de sous ses élytres, Rita s'envola à nouveau et suivi la jeune femme qui se glissa dans un ascenseur. Constatant être seule dans la cabine, elle but au goulot d'une fiole avec une grimace.
Posée dans un creux du bois, l'Animagus vit alors la jeune fille blonde prendre une nouvelle apparence. Elle n'avait pas fondamentalement changé. Ses cheveux restaient couleur blé, peut-être seulement légèrement plus terne mais, sa carrure s'était étoffée et sa peau distendue.
Son visage s'était ridé d'une multitude de stries qui lui donnait l'air mature d'une femme d'une soixantaine d'années. Elle n'avait plus rien de fragile. Elle respirait la force et l'assurance.
Il n'était aucunement étonnant que cette femme-là soit une Langue-de-Plomb. Elle était suffisamment exceptionnelle pour endosser le rôle tout en étant assez quelconque pour qu'on n'y prenne pas réellement garde.
Rita s'accrocha aux pans de sa robe en sentant l'ascenseur atteindre le niveau neuf. Au Département des Mystères, mieux valait ne prendre aucun risque de se perdre ou de se voir bloquée devant les trop innombrables portes.
Déjà, à peine l'entrée franchie, une pièce circulaire contenant une douzaine de portes s'était mise à tourner sur elle-même, la désorientant totalement. Livie, absolument pas déstabilisée pour un sou, se dirigea vers une porte identique à toutes les autres d'un pas sûr d'elle.
Elle en franchit le pas vivement mais un éclair d'un blanc vif transperça l'air. La seconde suivante, Rita, ayant repris sa forme humaine, se retrouvait les fesses au sol et complètement sonnée, à l'entrée même du Département.
Elle n'eut besoin que d'une demi-seconde pour se relever sans élégance et s'enfuir le plus rapidement que ses hauts talons le lui permettaient sans se retourner. Il était hors de question qu'elle se fasse surprendre là !
Elle ne s'autorisa à respirer que deux étages en dessous, n'entendant que le grattement de plumes sur des parchemins aux alentours. Une main sur le coeur, elle respira profondément pour retrouver le souffle qu'elle venait d'égarer.
Elle épousseta sa veste, et regarda autour d'elle. Le Département des Transports Magiques. Oh. Elle pouvait toujours essayer d'aller voir Spudmore. Après avoir tenté de créer une édition spéciale en l'honneur de Potter et y avoir échoué dans les grandes largeurs, il semblait avoir changé de cible.
Il s'escrimait, désormais, à surfer sur la popularité de la jeune Ginevra Weasley qui venait d'accepter d'entamer une collaboration. Depuis peu, toutes les Harpies de Hollyhead étaient équipées des accessoires de la nouvelle collection de Spudmore.
Ce n'était pas forcément le type d'article et d'interview que Rita préférait mais, si cette primeur lui permettait de damer le pion à ce petit Billywig de Dennis Crivey, elle aurait définitivement vécu une des meilleures journées de l'année.
Il était vraiment dommage que Bozo [3] n'ai pas pu la suivre dans les couloirs du Ministère. Elle aurait aimé pouvoir prendre de belles photos. Il était peut-être encore temps de siffler une chouette pour le faire venir.
Rita se regarda dans le chambranle métallique de la porte qui lui faisait face. Elle était parfaite. Comme d'habitude. Ses boucles blondes et son rouge à lèvres n'avaient toujours pas bougé d'un millimètre.
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Alors, verdict ? Ce safari animalier vous a inspiré ?
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[1] Ulick Gamp : Premier Ministre de la Magie qui, avant de tenir ce poste, était Président-Sorcier du Magenmagot.
[2] Theignous Nott : Rien n'assure que Theignous soit le père de Théodore mais, j'ai envie de dire que si… Il est aussi possible que Theignous soit l'auteur du Registre des Sangs Purs.
[3] Bozo : Photographe de la Gazette du Sorcier, qui suit également Rita lors du Tournoi des Trois Sorciers.
