Note de l'auteur : Bonjour à tout•e•s,
Oh, là, là ! Comment je suis trop impatiente de vous présenter ce chapitre !... Je sais, je me répète…
Si ça ne s'était pas senti avant (j'en doute mais, sait-on jamais), j'adoooooore écrire sur la trame de George. Et… Et là… Cette partie… Bon, quand je l'ai écrit, j'y voyais une évidence alors… Vivement vos retours ! J'espère que ça vous plaira !
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Avant toute chose, je réponds à deux petites RàR ici : ici https (deux points slash slash) www (point) fanfiction (point) net (slash) topic (slash) 237726 (slash) 186030960 (slash) 1 (slash dièse) 186030960 (Guest et Abeille)
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Dans les épisodes précédents : "Une dizaine de mois plus tôt, George écrivait une lettre édifiante à Hannah et dans la foulée, crachait le nom de la blonde au visage de sa mère qui en profitait pour se précipiter à la rencontre de cet extraordinaire être capable d'amener son fils à se sentir à nouveau vivant. Vivant oui, mais débordant pourtant toujours de désespoir. A force de se gaver de potions de Sommeil Sans Rêve, celles-ci n'avaient plus aucun effet sur George qui se trouvait de nouveau débordé par ses cauchemars. Dernièrement, il décidait donc de supplier Neville de l'aider à fermer les vannes de sa souffrance".
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Bonne lecture et à bientôt !
Chapitre 85 – George
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- "Oui ! C'est oui, Luna ! Je le veux !"
George, un genou à terre, s'était exclamé au beau milieu du Puffapod's dans un éclat de rire, amenant de nombreuses têtes à se tourner vers ce duo étonnant. Les yeux rieurs, la blonde avait porté ses mains à son visage, pour masquer sa surprise.
Quelques secondes de plus avaient suffi pour amener des larmes de joie aux coins de ses yeux. Elle avait alors enlacé son vis-à-vis maladroitement, son ventre prenant bien trop de place à moins d'un mois de son terme.
Luna était rentrée en Grande Bretagne depuis un trimestre à peine et n'avait eu de cesse de surprendre George. Dès l'instant où Neville avait accepté d'aider le rouquin à trouver une solution à ses troubles du sommeil, le rouquin s'était fait un devoir de lui faire des rapports complets sur les plants, onguents et diverses substances proposées.
A n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, il venait sonner à la porte du pavillon que le couple atypique louait à Pré-au-Lard et jamais ses visites n'étaient remises en question. Pourtant, il n'en savait pas moins qu'il exagérait en débarquant souvent tard dans la nuit.
Généralement, Neville lui ouvrait la porte et Luna surgissait à son tour, une longue natte tressée lui tombant sur l'épaule, une épaisse robe de chambre nouée autour de son imposante taille.
Ils n'avaient jamais l'air surpris et, de manière immuable, elle le dévisageait et filait à la cuisine. Les soirs de grands désespoir, George s'engouffrait dans le salon qu'il parcourait de long en large à en donner le tournis. Il ne s'arrêtait que lorsque Luna réapparaissait, un plateau lévitant face à elle.
Le plus souvent, dans le silence ambiant, elle le déposait sur la table basse et, d'un mouvement souple du poignet, leur versait un thé aux herbes dans trois tasses dépareillées.
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Un de ses soirs où George s'était senti particulièrement mal, hanté par le fantôme de Fred, elle était venue lui mettre la main sur l'épaule et il avait instinctivement fermé les yeux, refusant de soutenir son regard.
- "Quand je te vois comme ça, ça me fait vraiment peur" avait doucement annoncé Luna.
Neville avait ravalé la boule qui se formait dans sa gorge et dévisagé sa blonde en tentant de reprendre contenance. Il n'imaginait pas ce que le jumeau survivant pouvait ressentir, c'était un fait, mais il n'en éprouvait pas moins d'empathie.
Il n'y avait aucun mur érigé entre eux. Aucun rempart. Juste la souffrance que vomissaient ses yeux. Une souffrance dense, intense. Elle s'était caressée le ventre, perdue dans ses pensées.
- "Je ne veux pas que Lysandre et Lorcan subissent la même chose". Avait-elle ajouté subitement.
- Lysandre et Lorcan ?" avait demandé George d'une voix éteinte.
- Les jumeaux" avait renchérit Neville en pointant le ventre de Luna.
Le roux n'avait rien trouvé à répondre.
- "Tu accepterais d'être le parrain de Lorcan ?" l'avait-elle coupé dans ses pensées confuses.
- "Le ? Pourquoi ? Pourquoi moi ?
- Neville n'est pas complètement d'accord avec ce choix de prénom...
- Ça signifie 'peu féroce' Luna !" s'était amusé le brun. "Je ne suis pas sûr que ce soit le meilleur qualificatif pour démarrer dans la vie.
- Justement, c'est une invitation à la tendresse, Nev'. Et tu as lu le livre que je t'ai montré. C'est un prénom qui implique de la force et de la ténacité... Mais tu as raison, je ne voudrais pas qu'il se sente bridé par le bagage de son prénom et c'est pour ça qu'il aurait besoin de George comme parrain !"
Neville avait souri, les yeux pétillants. Il devait se dire que l'idée n'était pas mauvaise. C'était souvent le cas avec Luna. Elle était décalée, directe et impertinente.
- "Qu'est-ce que tu en penses ? Dean a déjà accepté d'être le parrain de Lysandre.
- Je ne sais pas. Je ne crois pas.
- De quoi as-tu peur ? C'est toi qui brûle la chandelle par les deux bouts, pas nous" s'était exclamée Luna en riant. "Je ne te demande pas d'assumer son éducation. Juste de l'aider à être aussi fort que toi.
- Pourquoi vous ne demandez pas à Dean d'être parrain pour les deux ? Ce serait beaucoup plus
- Tu sais bien pourquoi !" Luna avait penché la tête sur le côté avec un sourire triste. "Ils vont vouloir être une seule et même personne. C'est à nous de leur rappeler leur singularité. Ils méritent d'être chacun reconnu comme un. Un à part entière."
George savait qu'elle s'était abstenue d'ajouter "Comme toi" et il l'en remerciait encore. Il était suffisamment perturbé sans en rajouter davantage.
- "Prend le temps d'y réfléchir tranquillement, George. Les garçons n'arriveront que dans neuf semaines. J'aimerais beaucoup que tu acceptes mais je préfèrerais que tu sois sûr de ta décision".
Il avait hoché la tête tristement en regardant le tapis. Neville avait difficilement retenu un bâillement, attirant un léger rire de sa compagne.
- "Tu devrais aller te coucher, Nev'. Toi" avait-elle assené, ajoutant tout aussi vite en pointant George du doigt un sourire aux lèvres. "Viens avec moi".
Il avait secoué la tête, ramassé les tasses qui trainaient et l'avait suivie docilement jusqu'à la cuisine.
- "Je suis désolé Luna, de débarquer comme ça. Tu n'as pas besoin de ça maintenant. Tu dois.
- Tais-toi, George" l'avait-elle contredit en souriant. "Il n'y a jamais de mauvais moment pour demander de l'aide."
Elle avait tourné le poignet et regardé la vaisselle finir de sécher et se ranger d'elle-même dans les placards tandis que le roux avait déposé les tasses qu'ils venaient d'utiliser dans l'évier.
- "Je préfère que tu viennes à n'importe quelle heure plutôt que tu restes seul chez toi." Elle s'était rapprochée de lui. "Tu as acheté la Pensine ?
- Oui
- Et ?
- Et rien. Ginny m'avait déjà prévenu. Au lieu des souvenirs qui font mal, tu te retrouves juste avec un trou béant. Du vide qui a besoin d'être rempli mais que tu ne sais pas comment remplir."
Luna l'avait dévisagé longuement. N'arrivant pas à soutenir son regard, George s'était détourné vers la fenêtre au-dessus de l'évier, essayant vainement de distinguer quelque chose, n'importe quoi, qui pouvait distraire son attention en se détachant dans le noir d'encre de la nuit.
- "Tu sais ce qui pourrait remplir ce vide" Avait-elle enfin chuchoté, provoquant un soupir agacé du jeune homme.
- "Non. Arrête avec ça Luna. Ce n'est pas son rôle. Et de toute façon….
- De toute façon ?
- Ça ne fonctionne pas. Elle et moi. Je ne fais que la décevoir.
- Mais tu n'essayes même pas, George." Avait-elle encore affirmé, sans une once de reproche dans la voix. Elle reprit après quelques instants. "Tu sais ce qu'il en est. Tant que tu n'accepteras pas d'embrasser la vie, tu continueras à souffrir. Hannah est.
- Hannah n'a rien à voir avec ça.
- Hannah à tout à voir avec ça." avait encore affirmé la blonde. "Elle t'a ouvert sa porte et ses bras. Elle te prend et t'accepte comme tu es. Toi. Mais tant que tu ne laisseras pas Fred partir…"
Elle avait gardé le silence un instant. Ses mots continuaient à résonner en lui comme si elle les lui prononçait incessamment au creux de l'oreille.
- "Fred est mort. Pas toi. Pas toi, George. Tu as la vie devant toi. Tu n'as pas choisi de rester vivant mais c'est comme ça. Tu ne peux pas t'en vouloir éternellement d'avoir survécu."
Une larme avait coulée sur la joue du jeune homme.
- "C'est facile à dire, Luna. Tu ne sais pas ce que c'est, de perdre un bout de soi-même."
Elle n'avait pas répondu et avait préféré le serrer dans ses bras, tentant de lui insuffler toute la force qu'elle pouvait.
- "Non. Non, je ne sais pas ce que c'est de perdre un bout de soi-même. Mais la mort, la perte, le deuil, je connais. Je sais. Et il est hors de question que tu ne t'en remettes pas. Foi de Luna."
George avait écarquillé les yeux avant de rire à s'en faire mal au ventre. Il s'était dit qu'elle était folle. Complètement folle. Ce qui la rendait foutrement attachante. Il lui avait alors promis d'essayer. D'essayer d'avancer.
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Il avait presque aussitôt oublié sa promesse. Pire encore, il avait mis sa vie et celle de tout son peuple en danger, en tentant de changer le passé, au mépris de toutes les lois magiques, de l'éthique, et au risque de voir disparaître le monde tel qu'il était.
Bates, un de ses contacts peu recommandable, avait déniché, il ne savait comment, un Retourneur de Temps [1]. Probablement récupéré au cours d'un larcin quelconque. George n'avait pas hésité longtemps avant de l'acheter à prix d'or. Il n'en avait eu aucune honte, aucune gêne et avait senti son coeur se gonfler d'espoir.
Il avait hésité près de quinze jours avant de l'utiliser, réfléchissant au meilleur moment, à la manière la plus sécure de mettre son plan en branle. Puis, il y avait eu l'anniversaire de Victoire.
Ce jour-là, il ne lui avait pas fallu une heure avant de s'isoler dans la petite chambre à l'étage de la Chaumière aux Coquillages, un verre de Whisky Pur Feu à la main, rongé par l'aigreur de ses pensées.
Comme à chaque réunion de famille, il ne supportait plus les démonstrations de joie et d'affection de sa fratrie. Comme à chaque réunion de famille, il avait envie de leur hurler dessus, à en avoir la nausée.
En rentrant chez lui, en début de soirée, George avait fait tourner le sablier pour se retrouver au soir du deux mai 1998. Il avait beau y avoir longuement réfléchi depuis plusieurs jours, il ne s'était pas rendu compte des implications de son geste. Il n'y avait que son souhait viscéral de sauver Fred.
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En atterrissant à Pré-au-Lard ces quelques années en arrière, il s'était jeté un sort de Désillusion puis avait rejoint le pub d'Abelforth, déjà vidé de tout occupant. Il avait suivi le passage secret jusqu'à la Salle-Sur-Demande.
Là, il était sorti aussi vite que possible, fuyant sa petite soeur restée en arrière. A l'instant où il était entré, elle avait tourné la tête dans tous les sens, sentant probablement sa présence. Il avait rejoint aussi vite que possible le passage secret que Fred était parti défendre, six ans plus tôt.
George était resté stupidement les bras ballant en retrouvant son frère. Pas tant de le revoir, après tant de temps, faire une blague minable à Harry, mais parce qu'elle était là. Hannah.
Déjà lumineuse en combattante aux côtés de Fred et de Lee, elle levait sa baguette prête au combat. Elle irradiait et aveuglait George qui avait du mal à détourner les yeux.
Il s'était demandé fugacement comment il n'avait pas pu s'en apercevoir à l'époque. De son incandescence. Pourtant, il ne pouvait la manquer, désormais. Il n'arrivait même plus à réfléchir à un plan pour sauver Fred. Il ne pouvait que les voir eux, plaisanter, rire doucement, tandis que les murs tremblaient de tous les côtés.
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Les premiers Mangemorts n'avaient pas tardé à arriver, Percy avait rejoint la joyeuse troupe en trottinant et les combats avaient fait rage. George n'avait plus eu de mal, finalement, à arracher ses yeux d'Hannah.
Elle allait vivre, elle. Il le savait. Elle allait forcément ressortir entière du combat. Il voulait, il devait sauver Fred. Il était alors resté derrière lui, toujours Désillusionné, l'aidant à neutraliser ses ennemis et il avait eu l'impression de redevenir complet.
George avait envie de rire avec lui et de s'enthousiasmer de la vie, quelles que soient les épreuves. Puis Percy avait annoncé sa démission à Thicknesse. Hannah était aux prises avec Jugson qui venait de lui lancer un sortilège mortel.
George avait instinctivement lancé un Expulso sur la blonde qui l'avait épargnée en la faisant valser de plusieurs mètres. Aussitôt, il avait dégluti bruyamment. Il n'avait plus le temps d'agir. Déjà l'explosion retentissait. Déjà Fred s'effondrait.
Il avait tenté une deuxième et une troisième fois de revivre le passé. Multipliant les sorts et ses interventions. Il avait beau retourner la situation dans tous les sens, le paradoxe était là. Il ne pouvait qu'échouer à sauver Fred, avant même d'avoir essayé.
Hannah ne pouvait pas se sortir de l'Avada Kedavra sans son intervention. C'était elle ou son frère. Et si George avait bien une certitude, c'était que Fred ne lui aurait jamais pardonné ce sacrifice.
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Depuis ? Depuis il se sentait plus apaisé. La mort de Fred avait un sens, finalement. Un sens cruel mais, quand même un sens. George aurait souhaité en vouloir à Hannah mais il n'y arrivait même pas.
Elle n'avait rien provoqué, elle n'avait rien cherché, le hasard avait simplement voulu qu'elle soit là, à ce moment. Ç'aurait pu être Lee, Harry ou Percy, ou n'importe qui d'autre présent dans ce satané couloir. Il n'aurait pas eu davantage le choix. Foutu paradoxe.
Depuis, George se sentait grandi. Jamais il n'avouerait à qui que ce soit avoir utilisé un Retourneur de Temps au mépris de la loi et en dépit des risques. Jamais il n'admettrait avoir tenté de sauver Fred ni même avoir déjà essayé tant de fois de le ramener à la vie artificiellement.
Il ne voulait pas voir la peur et la déception dans les yeux de ses proches. Il les avait trop vues, ces dernières années, quand il n'arrivait plus gérer, obsédé par sa souffrance et sa volonté de faire revenir son frère d'entre les morts.
Désormais, il voulait se montrer fort. Il était prêt à devenir le parrain de Lorcan. Depuis, il était prêt à embrasser l'âme vive et lumineuse de Hannah. Il ne voulait plus lui offrir seulement un souffle glacial, au risque d'éteindre sa flamme.
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Alors ! Verdict ?! Sérieusement ? Qu'en pensez-vous ?
Pour ceux qui se poseraient la question, oui, oui, Hannah est REELLEMENT au même endroit que Fred dans le tome 7, à ce moment-là ! Ce n'est point une invention de ma part… Pour le reste… Allez savoir ?! Mais dans tous les cas, j'ai bien envie de savoir ce que vous pensez de cette évolution !
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[1] Retourneur de temps : Le fonctionnement décrit ici est celui du canon d'origine et non pas celui de l'Enfant Maudit dont… j'exclue totalement toute référence dans cette fic ! À part, peut-être, qu'il n'est pas impossible que Bates l'ait volé chez Théodore Nott (puisque vous savez tous que le pauvre jeune homme est enfermé au CRS sans avoir pu protéger son logement !) ;-) Bref, en tout cas, niveau voyage spatio-temporel, on est donc sur une timeline linéaire…
