Note de l'autrice : Aaaah… Enfin ! On retrouve Blaise ! Ça faisait un bail, non ?
Alors, à un moment, j'étais un peu bloquée sur ce chapitre et, ce qui a permis un déclic a été une participation à La Nuit HPF du 19 novembre 2022. Une nuit, c'est 2 thèmes au choix (un mot ou une image) et une heure pour écrire sur le thème sélectionné. Pas une minute de plus.
Une partie de ce chapitre découle donc de cette nuit d'écriture, plus précisément le défi de 22h avec le thème « Réconciliation ». La version originale peut être lue sur le forum « Héros de papier froisé » ou sur mon profil sur hpfanfiction, pour les plus curieux...
Sur ce, il est encore temps de vous souhaiter une très belle année 2023 avant de reprendre la suite de nos aventures !
Edit : Si ce n'est pas encore fait, je vous invite à aller sur mon profil lire "Noël à Poudlard en trois mesures (George 2 ½)"
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Dans les épisodes précédents : "Après être rentré en Grande-Bretagne, Blaise a révélé au monde Sorcier sa relation avec Seamus Finnigan, alors qu'il était retenu contre son gré au Centre de Rétention Sorcière de Canary Wharf. Loin de se laisser abattre malgré la frustration de ne pouvoir être en contact avec son amant, Blaise a continué d'avancer et de lancer de nouveaux projets. A la fin de l'été, Bobby, le petit orphelin violet, hospitalisé depuis plusieurs années salle Janus Thickey où Draco – son meilleur ami – fait son Lard, devient la pupille du jeune Lord."
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Bonne lecture et à bientôt !
Chapitre 92 – Blaise
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Le coeur de Blaise fit une embardée quand il tomba nez à nez avec Seamus, en sortant de Gringotts.
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L'audience de l'irlandais, au mois de septembre n'avait été qu'une formalité. En trente minutes, montre en main, il avait retrouvé sa liberté. Ou tout comme. Le métis avait presque eu l'espoir de pouvoir fêter les 25 ans de son amant le mois suivant en grande pompe. Presque.
Le Magenmagot avait signé la décharge mais l'assemblée avait également imposé ses règles. La Haute Cour avait interdit qu'il parte vivre avec Blaise et l'avait obligé à pointer chaque soir chez ses parents jusqu'aux procès qui devaient opposer les deux hommes à Lady Zabini.
Dean Thomas avait bien tenté de proposer son propre logement comme alternative au foyer Finnigan mais le Magenmagot n'avait rien voulu entendre. Une Trace assortie d'une RAPT [1] avait été appliquée à Seamus, pour s'assurer qu'il ne s'approchait ni d'Ornicar Inc., ni du loft du métis.
Ils n'avaient pas été interdits de se voir mais les parents de l'irlandais avaient eu gain de cause et récupéraient enfin leur fils courant septembre. Au fil des mois de détention du blond, ils s'étaient montrés très clairs face au monde sorcier. Il était hors de question que ce Lord dépravé continue à approcher de la chair de leur chair.
Ils n'avaient pas même accepté une rencontre avec lui pour accélérer la sortie de Seamus ! A la place, ils s'étaient escrimés à accuser Blaise de diffamation, la Presse se repaissant de ce roman grotesque. Ils n'avaient évidemment pas tenté d'aller en justice, ils savaient trop bien qu'il leur en coûterait, sans la moindre preuve de leurs dires.
Le métis trouvait leur démarche ridicule. Au lieu de faire taire les foules, ils n'avaient fait qu'attiser les braises qu'il avait lui-même créées. Le couple Finnigan avait probablement prolongé inutilement la rétention de leur fils mais, en toute honnêteté, Blaise se satisfaisait de mieux connaître - grâce à leur étroitesse d'esprit - ses alliés et les atouts dont il disposait.
Les soutiens s'étaient plus farouches et la rage plus intense, attisant les réactions extrêmes, d'un bord à l'autre de l'échiquier politique. L'opinion publique s'y était mêlée, chacun apportant son petit commentaire puis le spectre de nouvelles manigances avait vu jour ici ou là.
Davenport, membre du comité exécutif d'Ordre et Justice [2], avait notamment été aperçu à plusieurs reprises dans le comté de Cocks [3]. Nul ne savait ce qu'il venait faire dans ces contrées reculées mais Blaise ne se faisait aucune illusion, il y avait de la récupération dans l'air.
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Le métis avait rapidement perdu tout espoir de pouvoir s'approcher lui-même du domaine des Finnigan. Il bouillait littéralement de frustration. A la seconde où la sentence avait été énoncée, son regard avait happé celui de Seamus et les deux jeunes hommes s'étaient décomposés.
Ils n'avaient plus été aussi proches depuis si longtemps et ils ne pouvaient même pas se toucher. Blaise aurait voulu pouvoir ne serait-ce que sentir sa peau. Il voulait retrouver cette odeur familière dont il n'arrivait plus à se souvenir clairement mais qui lui manquait tant.
Ignorant du mieux possible ses entrailles qui se tordaient d'appréhension et de stress, le jeune Lord avait tenté de prendre Caxton à part mais il s'était montré inflexible et lui avait refusé tout passe-droit. Il s'était senti hors de lui et avait eu envie de détruire le tribunal. Il s'était retenu et était resté digne. Il se savait surveillé de près et la moindre incartade risquait de lui voir retirer la garde de Bobby.
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Blaise avait cru qu'il lui serait difficile de convaincre ses interlocuteurs de lui confier l'enfant. Il avait eu peur qu'on lui rétorque qu'il était hors de question de laisser un jeune garçon traumatisé avec un homme qui revendiquait entretenir des relations intimes avec d'autres hommes. Enfin, avec un autre homme.
Il n'en avait rien été. Sa sexualité n'avait pas été abordée un seul instant. Peut-être parce qu'il avait passé les six derniers mois à l'étaler publiquement. Il n'en était pas bien sûr.
Ce qui avait refroidi ses interlocuteurs était plutôt la perspective du procès Zabini contre Zabini. Il continuait à risquer une condamnation et, s'il avait la certitude qu'il n'avait aucune raison d'être enfermé à Azkaban - au contraire de Seamus - nul ne savait de quoi serait fait le lendemain.
Pour autant et, bien qu'il ait vu ses revenus suspendus en même temps que ses fonctions de Président du Conseil d'Administration d'Ornicar Inc., ses avoirs restaient suffisamment importants pour ne pas s'inquiéter de l'avenir et, surtout, pour s'occuper d'un pupille.
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Quand la Reine Mère avait appris qu'il s'échinait à récupérer Bobby, elle avait dû en faire une syncope… Ce qui n'allait pas sans réjouir Blaise. Il fallait reconnaître que sa démarche n'était pas seulement née d'un élan altruiste.
D'aussi loin qu'il se souvienne, le métis ne se connaissait l'âme ni pure, ni charitable. Il se savait honnête et droit - du moins le croyait-il - mais la générosité ne faisait pas particulièrement partie de ses traits de caractère.
Il avait beau apprécier ce garçon violet qui était aussi vif qu'innocent, si Lady Zabini n'avait pas cherché par tous les moyens à détruire son bonheur, jamais il n'aurait eu l'idée d'anticiper sa succession.
Pourtant, récupérer Bobby désignait, de facto, le jeune garçon comme légataire des biens patrimoniaux de Blaise. Dès lors, ni sa mère, ni le Magenmagot, ne pouvait totalement priver l'enfant de l'héritage familial, à moins qu'il ne soit lui-même sous le coup d'une condamnation. Ce qui n'était pas près d'arriver. Pas sous la garde de Blaise.
La validation de la tutelle de Bobby avait été un soulagement. Depuis, le métis ne craignait plus de se voir expulser du loft du Chemin de Traverse dont il n'avait jusque-là que l'usufruit. Il en avait retrouvé la pleine et entière propriété et avait pu y apposer des charmes de son cru.
Il avait également été autorisé à créer de nouveaux comptes à Gringotts, qui n'étaient plus susceptibles d'être ponctionnés par sa mère. Il y avait transféré ses biens et Luigi avait à nouveau arrêté de marmonner des prédictions funestes. Il retrouvait la joie de vivre toute relative qui caractérisait ce vieil elfe qu'il affectionnait tant.
Outre cette nouvelle liberté qui lui permettait de récupérer partiellement son train de vie, il fallait également reconnaître que la présence du gamin à ses côtés, dès la fin de l'été, avait été particulièrement rassérénante.
Bobby avait déboulé dans sa vie comme sorti d'un canon. Il avait amené un nouveau vent de fraîcheur fait de rires et de joie. Blaise en venait d'ailleurs à se réjouir de le récupérer, d'ici quelques semaines, pour les fêtes de Noël qu'il espérait bien célébrer dignement avec sapin, fées, et guirlandes de houx !
Pour autant, il n'était pas bien sûr de ce qu'il ressentait à l'égard de cet enfant. Il avait beau être certain de l'apprécier, il ne se sentait pas vraiment capable de l'aimer un jour comme son propre fils.
Pas qu'il n'ait jamais eu la moindre idée de ce à quoi pouvait bien ressembler l'amour paternel… L'exemple que lui avaient offert ses parents ne permettait pas à Blaise de réellement se forger une opinion objective.
Il pensait également que ce n'était pas ce qui avait le plus d'importance. Il essayait, du mieux possible, de combler ses besoins. Son idée générale était de faire en sorte que Bobby se sente suffisamment en sécurité et choyé pour avancer dans la vie.
Il était prêt à l'aider à découvrir sa magie et à l'accompagner pour rencontrer tout un tas d'êtres aussi extraordinaires qu'il le deviendrait lui-même en grandissant. De ça, le jeune Lord en était à peu près certain, tout comme il était à peu près sûr d'arriver à le lui offrir.
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Blaise s'était posé la question de contrevenir aux règles du Magenmagot, il avait tout aussi vite abandonné l'idée. Il était inutile de risquer encore davantage de faire fondre leur chaudron, en faisant n'importe quoi. Il y avait trop en jeu.
Ni lui, ni Seamus ne prenaient la peine d'essayer de s'écrire. A quoi bon ? Ils savaient parfaitement qu'aucun d'entre eux ne saurait où commencer ni comment transmettre tout ce qu'ils ne pouvaient plus se dire depuis de trop longs mois.
Et, quand bien même. Ils n'avaient aucune envie que leurs courriers soient interceptés et interprétés. Ils n'avaient pas besoin de cette complication supplémentaire.
Leurs seules éclaircies étaient ces trop rares fois où l'irlandais se déplaçait jusqu'à Londres. Alors, ils se croisaient avec plaisir. Ils arrivaient même parfois à se frôler mais rarement plus. Ils n'anticipaient aucun rendez-vous et n'en prenaient même pas la peine. Le croiser, ici et maintenant, était inespéré.
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Un entrechat suffit à ce que Blaise rejoigne Seamus et s'empare de son poignet pour l'attirer plus loin. Le puissant frisson qui parcouru le blond fit naître un sourire au coin des lèvres du métis.
Dans cette rue déserte, à l'écart, il le plaqua au mur, murmura une salutation sommaire à laquelle l'irlandais répondit seulement d'un baiser. Enfin. Ils pouvaient s'enivrer l'un de l'autre.
Ce n'était que la deuxième fois qu'ils arrivaient réellement à se toucher depuis qu'il avait été libéré. Les mains de Blaise coururent sous le lourd manteau du blond qui pesta tout autant que lui de ces accumulations de couches de vêtements qui les entravaient.
Ils se retinrent de rire de leur empressement. S'éloignant d'un pas, Blaise reprit son souffle et détailla le visage qui lui faisait face. Seamus était plus aminci par sa détention. Sa mâchoire plus marquée. Et cette cicatrice qui traversait désormais son sourcil gauche était définitivement sexy.
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Un animal quelconque s'agita au fond de la rue, attirant leur attention. Ils étaient encore trop à découvert. N'importe qui pouvait surgir d'un moment à l'autre. Seamus se racla la gorge.
- On marche un peu ?
Blaise acquiesça et tourna le dos au Chemin de Traverse, s'enfonçant davantage dans les ruelles tortueuses tandis que son amant lui expliquait d'une voix morne être à la recherche d'un travail. Il le laissa parler. Suffisamment pour ne plus arriver à se retenir.
- Tu passes beaucoup de temps avec ce Bryan, souffla-t-il doucement et sans préavis.
- On s'est connu au CRS, répondit simplement le blond sans cesser de marcher et lui tournant le dos.
- Il t'apprécie. Beaucoup.
Les épaules de Seamus tressaillirent. Blaise savait ce que le blond voulait lui dire. Ce qu'il devait lui dire. Ce qu'il ne pouvait éternellement lui cacher. Le métis n'était pas stupide.
Il savait que, pendant neuf mois, Bryan avait quasiment été son seul interlocuteur. Il se doutait qu'ils avaient parlé. Qu'ils avaient flirté. Peut-être davantage encore. Il savait qu'ils ne pouvaient pas faire comme si rien ne s'était passé. Pas après tout ce qu'ils avaient vécu.
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Blaise combla les quelques mètres qui les séparaient et se colla au dos de Seamus. Il sentait ses doigts trembler et son cœur s'affolait. Il l'aimait, cet imbécile de Gryffondor. Il l'aimait comme il n'avait jamais aimé personne avant lui.
Fermant les yeux, il inspira à pleins poumons, son nez frôlant sa nuque qui sentait le soleil. Il sourit en le sentant frémir et ne put manquer la chair de poule qui courut sur sa peau.
Les réactions du blond lui faisaient toujours le même effet. Elles le grisaient et il en voulait plus. Toujours plus. Il posa ses lèvres juste derrière son oreille, embrassant le carré juste à la lisière de son lobe qui l'appelait, tandis que Seamus penchait la tête lui offrant un meilleur chemin vers son cou.
- Blaise.
- Hmm ?
- … At. Attends.
- Non.
Il n'avait pas besoin de dons de divination pour comprendre que quelque chose le torturait et, réellement, il n'avait aucune envie de savoir ce qu'il avait à lui dire. Il était certain que ce Bryan était en cause. Et si Bryan était en cause, il savait qu'il allait en souffrir. Il n'avait aucune envie de souffrir.
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Il n'avait jamais été amoureux avant Seamus. Et, par Circé, il n'avait jamais imaginé qu'être amoureux puisse être aussi difficile. Il le subissait, souvent. Souvent, mais pas tout le temps. En réalité, la plupart du temps, il était juste heureux.
Sa mère, son presque mariage avec Sally-Anne, la perte de son travail. Tout était accessoire quand il pouvait sentir la peau de Seamus sous ses lèvres. Sa chair de poule sous ses doigts. Son souffle sur son corps.
Non. Il ne voulait pas savoir, alors il obligea son amant à le regarder et l'embrassa avant que le moindre son ne franchisse ses lèvres. Quand il l'entendit gémir, il glissa sa langue dans sa bouche, le goûtant, savourant ce baiser. Seamus voulait avouer, lui voulait se réconcilier. Le reste pouvait attendre.
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[1] RAPT : Restrictions d'Accès aux Porteurs de Trace, protection pour certains sorciers, empêchant des sorciers qui ont la Trace d'approcher de certaines personnes définies.
[2] Ordre et Justice : parti politique qui milite pour redonner la priorité aux sorciers au dépend de toutes les autres espèces vivantes, humaines ou non. Pour ce faire, ils vantent notamment le bénéfice des mariages métissés entre mages et moldus, et prônent une politique de tolérance zéro pour les sorciers ayant frayé avec la magie noire pendant la guerre. Ils acquièrent rapidement un certain poids politique, arrivant même à obtenir 3 sièges au Magenmagot lors des élections partielles de 2003.
[3] Le comté de Cocks : Là où vivent Abigail et Camall Finnigan, les parents de Seamus.
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Alors ? Verdict ?
Dans quinze jours, on se retrouve avec... Hermione. Non, je ne laisse pas de suspens, pour une fois mais, fallait quand même se douter qu'elle n'allait pas tarder, on ne l'a pas vue depuis le chapitre 82 quand même ! Et je dois vous dire que je suis pressée de partager ses aventures ! Mais, une chose à la fois... Qu'avez-vous pensez de ce détour par chez Blaise ?
