Note de l'autrice : Bonsoir !

Vous vous rappeliez que le jour officiel de postage de CQAS était le lundi ? Non ? Bon, j'avoue, je ne suis pas très étonnée parce que 98 % du temps, je poste le dimanche et pas le lundi mais passons…

Nous voici donc de retour pour ce 94ème chapitre. Déjà ! Ou enfin ? Je ne sais pas trop ! Comme d'hab, n'hésitez pas à m'en donner des nouvelles !

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Dans les épisodes précédents : "Harry et Pansy se préparent à accueillir leur petite-fille qui, bien qu'issue d'une conception surprise, n'en est pas moins particulièrement désirée." (résumé ultra-court, je le concède…^^)

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Bonne lecture et à bientôt !


Chapitre 94 – Harry

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Après la naissance de Lily-Rose, Harry avait pleuré comme une madeleine. Il s'était senti totalement bouleversé par l'arrivée de cette petite chose rose qui l'avait pris de court. Il n'avait même pas essayé de se retenir ou de paraître fort.

Avec Pansy, ils pensaient pourtant s'être préparés au fil des mois. Il n'en avait rien été. Elle avait perdu les eaux au beau milieu de la nuit et avait tout juste réussi à se traîner sur le canapé. Elle avait accouché là, dans le salon, laissant des traces bien peu ragoutantes sur le tapis.

Résistant au sentiment d'affolement qui avait pointé le bout de son nez, Harry avait réussi à joindre Sainte-Mangouste par Cheminette et à faire venir la Médicomage attitrée de la brune et une escouade d'infirmiers.

Lui, il était resté à moitié les bras ballants, en regardant tout le monde s'agiter, se congratuler, claquer les fesses de son bébé en l'ignorant superbement. Il avait bien réussi à s'occuper d'Ashley pour que le petit garçon, réveillé par la folie ambiante, ne s'affole pas, lui, de toute cette agitation mais, pas beaucoup plus.

Il s'était senti bien démuni, tout Élu qu'il était, et une fois le travail de son compagne terminé, il avait tout juste été bon à servir une tournée d'Hydromel pour que chacun se remette de ses émotions.

Une fois que le staff médical s'était assuré que mère et fille se portaient comme un charme et après les avoir accompagnées dans la chambre parentale, l'équipe était partie aussi vite qu'elle était venue, les laissant seuls.

Ils n'avaient même pas eu à aller à l'hôpital. Harry s'était senti abandonné. Extatique. Heureux. Terrorisé. Sa compagne s'était endormie rapidement, il n'avait pas fermé l'oeil de la nuit. Le bébé n'arrêtait pas de faire des bruits étranges. Et quand il n'en faisait pas, il paniquait et s'inquiétait de ne plus l'entendre.

Avec Ashley - qui avait eu du mal à se rendormir - ils avaient guetté Lily-Rose, n'osant qu'à peine la toucher, de peur de la réveiller. Harry avait transpiré. De chaud. De froid. Il avait eu envie de la serrer contre sa peau et de croquer ses pieds. Il n'avait pas osé.

Pansy l'avait guidé pour toutes ses premières fois. S'occuper des enfants des autres n'avait définitivement rien à voir avec le fait de prendre soin de sa propre fille. De la chair de sa chair.

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Ces dernières semaines, il avait expérimenté les premiers pleurs, le premier bain, la première sortie, le premier voyage en Cheminette pour la cérémonie de parrainage de sa fille, ses premières rencontres avec les amis, toutes ces grandes premières, fortes, perturbantes, exaltantes.

Encore aujourd'hui, l'intensité de son regard continuait à lui donner les larmes aux yeux. Il trouvait que c'était trop beau pour être vrai, cet amour inconditionnel. Il savait qu'il allait le ressentir, cet attachement. Il s'y était attendu. Pourtant, l'idée qu'il s'en était faite n'était rien à côté de ce qu'il éprouvait réellement.

Harry avait appris beaucoup, très vite. A tenir la grosse tête de sa fille aux cheveux noirs de jais, à reconnaître ses petits coups de poings en l'air ou l'impatience de ses petites jambes potelées, les signes de contentement et ceux de gêne du fond de sa couche.

Il avait joué à la chatouiller, à la bisouiller, et ne se lassait toujours pas de tripoter ses minuscules orteils. Il lui parlait aussi, tout le temps. Parce qu'elle ouvrait grand ses yeux à chaque fois qu'elle entendait sa voix. Il ne savait pas trop ce qu'elle comprenait mais, il s'en fichait. Il lui disait tout, lui expliquait tout, lui décrivait tout.

Pansy lui avait appris à la masser et à jouer avec elle. De lui-même, il se sentait encore comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Il avait trop peur de la casser mais elle, elle savait déjà, elle ne craignait rien. Alors il la suivait, sans hésitation. Sa confiance était inébranlable.

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Lorsqu'il avait présenté sa fille à Teddy, Harry s'était senti fier comme un paon. Son filleul, ravi, s'était extasié un instant pour, la minute suivante, se détourner aussi vite de Lily-Rose. Du haut de ses six ans, un nourrisson n'avait aucun autre intérêt que d'être joli à regarder. Et ce qui était joli n'était pas non plus bien passionnant. Rien à voir avec les dragons, les loups-garous et autres créatures fantastiques.

Ashley, quant à lui, une fois la panique des premiers instants passée, s'était réjoui de rencontrer sa sœur. Jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'elle passait beaucoup trop de temps à brailler à son goût. Il essayait parfois de la consoler mais, en réalité, il se lassait tout aussi facilement.

Le petit avait d'ailleurs eu ses premières manifestations de magie un soir où Lily-Rose, qui n'avait pas encore un mois, s'était époumonée alors qu'il avait enfin sa mère pour lui tout seul.

Quand elle s'était mise à pleurer, Pansy avait interrompu sa lecture au beau milieu d'une phrase et, vert de jalousie, Ashley avait tendu sa petite main vers la porte de sa chambre qui s'était claquée avec violence.

Passée la surprise, sa mère avait réprimé son sourire de fierté d'avoir la confirmation que son fils était un vrai sorcier et l'avait tiré par l'oreille vers sa soeur pour lui imposer de lui présenter des excuses dignes de ce nom.

Ashley s'était exécuté avec mauvaise grâce et la petite lui avait montré son indifférence la plus totale. Elle était bien plus intéressée par l'épaule réconfortante de son père sur laquelle sa tête reposait.

Harry, lui, était resté bouche bée, le regard éberlué face à l'intransigeance de Pansy. Plus tard, quand il avait compris, il s'était amusé à raconter au petit ses plus exceptionnelles manifestations de magie spontanée et une nouvelle complicité était née entre eux.

Après cette épisode, Pansy s'était rappelé qu'elle aussi avait des choses à apprendre vite, très vite. En premier lieu, Ashley avait besoin de sa mère alors que Lily-Rose avait un père pour s'occuper d'elle lorsqu'elle-même n'était pas disponible.

Elle découvrait ce que signifiait être deux. Vraiment deux. Une fois qu'elle avait compris ne plus avoir à endosser tous les rôles, elle s'était montrée plus prompte à partager son attention et à consacrer du temps à chacun.

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Harry était heureux. Très heureux. Il ne s'était pas attendu à être un jour aussi heureux de la vie qu'il menait. Il osait à peine imaginer ce qu'il aurait ressenti s'il n'avait pas eu la mauvaise idée de noircir son âme mais, force était de constater qu'il avait fait de sacrés dégâts en s'en prenant à Théodore Nott.

Ce n'était que peu de temps après la naissance de sa fille qu'il s'était rendu compte que, en dépit de ses sentiments particulièrement beaux et profonds, il n'arrivait plus à produire de Patronus corporel.

Il ne faisait pas beaucoup de doutes qu'il s'agissait d'un contrecoup de son attaque Noire mais, il n'avait pas vraiment pris le temps de s'en préoccuper outre mesure. Il préférait cultiver son bonheur en se concentrant sur sa nouvelle famille.

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De toute sa courte vie, Harry ne s'était jamais imaginé père au foyer. Naturellement, il fallait surtout reconnaître qu'il ne s'était jamais imaginé vivre aussi longtemps non plus.

Évidemment, il avait vaguement envisagé une carrière d'Auror, lorsqu'il était étudiant. Cette envie s'était tout aussi vite tarie et plus les années passaient, plus il s'était convaincu devoir mourir avant d'avoir vingt ans.

Pourtant, contre toute attente, il avait survécu et il s'était fait un devoir de ne pas réfléchir à l'avenir. Depuis la fin de la Guerre, il était incapable d'envisager à longtemps terme. Pas au-delà de quelques mois.

Désormais, il avait comme l'impression de voir un rêve s'exaucer à n'avoir rien de plus urgent à faire que de s'occuper de Lily-Rose. Un doux songe tellement enfoui en lui qu'il n'avait jamais osé ne serait-ce que commencer à le formuler en pensées.

Il bénissait sa position privilégiée. Entre son héritage et sa pension de Héros de Guerre, aucune contrainte pécuniaire ne venait contrevenir à son envie d'oisiveté. Il n'avait pas à se soucier de travailler alors que Pansy, quant à elle, s'était déjà organisée.

Elle souhaitait reprendre sa formation de Magizoologie d'ici quelques mois afin d'acquérir le niveau deux et avait commencé à prospecter pour trouver une alternance à la mesure de ses ambitions, d'autant plus qu'elle se refusait de dépendre de lui.

Le bonheur de Harry était quasi complet. Sa seule contrariété, après la naissance de sa fille, avait finalement été la volonté farouche qu'avait eu sa compagne d'allaiter Lily-Rose.

En toute honnêteté, il s'était senti jaloux de ce rapport exclusif qu'elles développaient par ce biais. Il aurait aimé, lui aussi, pouvoir être le sein nourricier. Il s'était vite consolé en arrivant à dormir d'une traite certaines nuits même si, en réalité, il se réveillait bien souvent avec sa compagne, la soutenant dans sa fatigue, entre deux bâillements. Tout avait changé ces quinze derniers jours.

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Depuis, il regrettait d'avoir eu ces pensées. Deux Aurors déguisés en moldus avaient débarqué à Birmingham en milieu de matinée, demandant à Pansy de prendre ses dispositions pour la journée. Aucune discussion n'avait été possible et il avait fallu trouver une solution pour assurer les besoins primaires de Lily-Rose.

Un détour par Sainte-Mangouste avait été nécessaire pour se procurer de quoi biberonner, trouver le bon lait et les bonnes potions de digestion. Le brun avait prié pour que sa fille apprivoise la tétine et il avait dû accepter qu'elle n'ait presque rien avalé ce jour-là.

Harry avait, depuis, appris à accompagner les refus de Lily-Rose de cet objet étranger. Il avait vu son bébé prendre progressivement ses aises dans ses bras pour téter tout son saoul, ce qui ne s'était pas fait en un jour. Ni en une nuit.

Depuis cette première visite des Aurors, Pansy était déjà retourné quatre fois au Ministère et s'était vu apposer des Admoniteurs. Le brun désespérait de comprendre ce qu'il se passait, malheureusement, à chaque fois qu'elle tentait de lui expliquer la situation ou qu'il essayait de l'interroger, elle subissait une sorte de sortilège de Bloclang qui l'empêchait de parler.

Harry rongeait son frein et tentait vainement d'aider et soutenir sa compagne au quotidien. Ses déplacements au Ministère étaient tout aussi inutiles et, plus le temps passait, plus il se sentait persona non grata, tant auprès du Magenmagot que du bureau des Aurors. Quant à Kingsley, il semblait le fuir comme l'Éclabouille.

Il était inquiet. Très inquiet. Et Pansy n'était pas sa seule source d'inquiétude. La Haute Cour était toujours en train de statuer sur le devenir du petit Scorpius, cet enfant né du philtre ingurgité par Malefoy pendant de trop nombreuses semaines.

Le Survivant ne pouvait s'empêcher de penser que le seul autre enfant né d'un philtre d'amour qu'il connaissait était, un jour, devenu Voldemort. Et qu'avant d'être un Mage Noir, il s'était avéré être un enfant froid, antipathique et manipulateur.

Il redoutait de savoir ce que deviendrait ce bébé qu'il n'avait pas encore eu l'occasion de rencontrer et se sentait privilégié d'élever sa fille, née, sans conteste, d'un amour sincère.

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Alors, verdict ? Que pensez-vous de la paternité de l'Élu ? Et pour Pansy, il se passe quoi ? A votre avis, ça a un rapport avec ce qu'on apprenait au chapitre 87 (la présence de « Vous-Savez-Qui » auprès du Premier Ministre) ? Et cette fin concernant Scorpius ? Brrrrr ! Et la prochaine fois ? C'est qui qui ? A très vite !