Note de l'autrice : Bonjour à toutes et tous,
Oh, la, la… On approche doucement mais sûrement des cent chapitres, dites donc… Chapitre dont je sais déjà à quel personnage il sera dédié mais donc je n'ai pas encore commencé à écrire une ligne… C'est un peu flippant !
Après toutes les révélations que nous a proposé Terence, retournons aujourd'hui auprès de ceux qui étaient censés être les stars de ma saga, avant d'être totalement détrônés par une tripotée d'autres personnages tout aussi hauts en couleurs… Enfin, j'espère. Quoi de mieux qu'un Malefoy pour clore le week-end ?...
Comme toujours, n'hésitez pas à m'en donner des nouvelles ! (Ah, et si jamais vous ne lisez jamais les notes de fin, essayez d'y penser cette fois-ci ! J'ai un ou deux petits trucs à vous dire après ce chapitre…)
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Dans les épisodes précédents : "Après le décès d'Astoria, début aout 2004, Draco apprend l'existence de son fils, Scorpius Greengrass. Très rapidement, Narcissa Malefoy saisit le Ministère pour en réclamer l'autorité parentale. Une bataille juridique s'enclenche entre les deux Malefoy et les parents d'Astoria pour obtenir la garde exclusive du petit."
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Bonne lecture et à bientôt !
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Chapitre 96 – Draco
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- Melamar.
Draco entra dans les appartements qu'il partageait avec Hermione à Poudlard et eut un sourire attendri en voyant son fils assis entre les jambes de la brune, directement sur le tapis, face à la cheminée.
Il était en train de tourner les pages d'un livre de contes et s'arrêtait pour en caresser les feuillets poilus illustrant un chat botté. Sa femme - le Magenmagot leur avait effectivement imposé l'officialisation de leur union sorcière - moins focalisée sur l'ouvrage que le petit, se retourna en entendant la porte se refermer.
Elle murmura à l'oreille de Scorpius qui lâcha son livre et se leva maladroitement. Il avait fait ses premiers pas dix jours plus tôt, dans la petite pièce attenante à la Grande Salle où Draco avait pris l'habitude - quand il travaillait auprès de Poppy [1] - d'amener son fils pour clore la pause méridienne autour d'un thé avec l'ensemble du corps professoral.
La démarche de Scorpius était pataude mais le blond sentait son coeur fondre à chaque fois qu'il le voyait faire et avancer vers lui en chancelant. Il alla à sa rencontre et lui offrit un câlin digne de ce nom, respirant ses cheveux fins à pleins poumons.
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Le procès pour sa garde avait été un enfer. Non content de voir sa vie privée étalée en première page de tous les journaux, Draco avait dû supporter les railleries et les attaques qui s'étaient multipliées au fil des semaines.
Une demi-douzaine d'audiences avait été requise pour que le Magenmagot statue. Jusqu'au bout, il avait craint un revirement mais il avait finalement obtenu la garde exclusive de Scorpius.
Un tiers de la Haute Cour avait demandé à ce qu'il soit mis à l'épreuve pour s'assurer de la stabilité nécessaire au bon développement de son fils. Ils n'avaient pas eu gain de cause.
A l'issue des débats, bien que doutant du bien-fondé de cette requête, le jeune homme avait demandé qu'un droit de visites soit octroyé aux grands-parents de Scorpius, tant maternels que paternels.
Ils ne devaient cette faveur qu'à Hermione et à son indécrottable besoin d'humanisme. Ils avaient fait en sorte de rester discrets mais, ce débat avait momentanément semé la discorde entre eux. Comme souvent, la brune avait eu gain de cause. Draco finissait toujours par lui céder ce type d'élégance. Elle savait bien mieux que lui gérer les relations interpersonnelles.
De vieilles rombières du Magenmagot s'étaient montrées émues de cette attention qui avait pu faire pencher la balance en sa faveur toutefois, il continuait à avoir la peur au ventre.
Lorsqu'il avait fallu confier son fils à sa mère puis aux Greengrass, la semaine passée, il avait eu les boyaux tordus sans répit jusqu'au moment de le récupérer. Et Hermione n'avait pas été plus sereine.
Fort heureusement, les grands-parents qu'ils étaient semblaient - pour le moment - respecter les décisions judiciaires et le petit ne paraissait pas avoir été plus perturbé que cela par ces premières visites supervisées.
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Le verdict final avait été prononcé le dix décembre et une Gardinfan - ces sorcières chargées de la garde des enfants en "situation particulière", comme le disait pudiquement le Ministère - était venue lui fourrer Scorpius dans les bras à la sortie de l'audience, déposant à ses pieds une malle en cuir aux poignées de laiton brossé.
Le petit avait hurlé de désespoir de se trouver dans ces bras inconnus ou tout comme. Jusqu'à cette minute-là, Scorpius continuait à habiter chez les Greengrass et Draco n'avait eu qu'un malheureux droit de visite hebdomadaire.
Une fois par semaine, une Gardinfan supervisait les deux heures qu'il était autorisé à passer avec son fils. Ces rencontres étaient aussi tristes que catastrophiques. Le jeune Malefoy se sentait parfaitement ampoulé face à ce bambin qui n'avait plus aucun repère.
Si ces temps n'avaient fait qu'asseoir sa conviction de l'absolue nécessité de récupérer son fils, Draco savait tout autant que ces quelques heures étaient tout à fait insuffisantes pour créer un attachement suffisant entre lui et Scorpius.
La confrontation au réel, à la sortie de la dernière audience, était d'une violence infinie. Tout autant pour le père que pour le fils. Et, bien évidemment, pour compléter le tableau, journalistes et photographes étaient présents pour illustrer ce moment qui confinait au tragique.
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Avec autant de dignité que possible, Draco les avait ignorés. Il avait repositionné Scorpius sur sa hanche, agrippé la vieille malle, et s'était rendu le dos raide jusqu'aux ascenseurs puis à l'Atrium du Ministère.
S'exhortant au calme et maîtrisant sa respiration, il avait récupéré sa baguette puis avait filé sans demander son reste. Il avait voyagé jusqu'au bureau de Minerva, faisant redoubler les pleurs de Scorpius qui n'avait encore jamais navigué par Cheminette.
Là, dans le bureau de la Directrice, il avait retrouvé Hermione, plus échevelée que jamais, s'attaquant minutieusement à ses cuticules pour combler son angoisse. Il s'était enfin autorisé à souffler et s'était vite aperçu que ni lui ni la brune n'arrivaient à calmer le bébé.
La Directrice avait elle-même dû prendre la tête des opérations, collant la tête de Scorpius au creux de son cou, bien calé sur son épaule anguleuse. Elle l'avait bercé jusqu'à ce qu'il s'endorme.
Draco et Hermione, quant à eux, s'étaient trouvés pour la première fois à se demander comment ils allaient gérer la situation. Ils avaient l'impression de n'être que deux gamins, tout juste capables de s'occuper d'eux-mêmes. Ils ne se sentaient absolument pas prêt à élever un bébé.
Ils avaient mis un peu de temps à regagner les appartements du quatrième étage. Là, ils avaient transformé un fauteuil en lit à barreaux, se rendant compte qu'ils n'avaient encore rien préparé pour accueillir Scorpius, de peur de s'attirer une mauvaise fortune.
Alors que le petit dormait du sommeil du Juste, ils avaient trouvé dans la malle de magnifiques jouets en bois, du linge brodé aux armoiries des Greengrass et de jolis vêtements.
Une courte note était accrochée à une vieille peluche animée en forme d'hirondelle [2], demandant à ce que Scorpius puisse conserver le compagnon préféré de sa mère, vestige qui portait encore des bribes de son odeur enfermée en son coeur.
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Au fil des jours, Draco et Hermione avaient vite été rassurés en constatant que Scorpius était un bébé joyeux et sociable, qui aimait peut-être juste un peu trop entendre sa propre voix.
Il babillait constamment, prononçant tout un tas de sons qui, souvent, le faisaient rire aux éclats. Il ne rechignait jamais à goûter les nouvelles surprises que lui préparaient les Elfes de Maison à chaque repas et dormait d'une traite jusqu'au petit matin.
Curieux, il écoutait passionnément les histoires qui lui étaient contées et aimait tout autant agripper tout ce qui lui passait à portée de main. Tout n'était pas rose tous les jours mais le quotidien restait doux.
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Au cours des vacances de Noël, Scorpius était devenu la mascotte du corps enseignant resté au Château. Chacun voulait lui apporter un cadeau, lui apprendre un tour ou simplement profiter de cette joie simple de le voir faire de nouvelles découvertes à chaque instant.
Il avait été étrange de passer ces fêtes à Poudlard. Hermione et Draco avaient été envahis de sentiments contradictoires faits autant de joie que de tristesse. D'abord, il y avait eu l'officialisation de leur mariage qui n'avait été qu'une formalité.
Ils s'étaient rendus au Magenmagot dans de strictes robes de cérémonie et avaient fait la queue au guichet des Unions Sorcières. Ils avaient signé plusieurs parchemins, échangé des voeux particulièrement sobres devant le Maître de Cérémonie et deux agents faisant office de témoins et ils étaient partis comme ils étaient venus.
Une fois rentrés au Château, ils s'étaient échangés les anneaux qu'ils gardaient en pendentif autour du cou depuis deux ans maintenant et avaient rédigé un faire-part qu'ils avaient envoyé à la Presse. Une pure paperasse de convenance.
Pour autant, à l'instant où ils s'étaient retrouvés dans leur salon, au pied d'un sapin mal décoré par la brune et Scorpius, ils s'étaient sentis plus complets que jamais. Ils avaient eu l'impression d'être une famille. Une vraie famille.
Draco ne ressentait plus le besoin de trouver un sens aux événements. Il ne se sentait plus frustré d'être enfermé à Poudlard. Il se fichait même royalement d'avoir vu sa Trace prolongée pour six mois supplémentaires. Il était là où il devait être et se sentait comblé.
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Pour la nouvelle année, Blaise et Bobby s'étaient joint à eux au Château mais le petit garçon violet avait rallié ses camarades de Serdaigle dès son dessert englouti et la soirée n'avait pas été aussi joyeuse que les adultes l'avaient espéré.
Seamus était toujours bloqué chez ses parents. Pansy et Harry ne quittaient quasiment plus Birmingham et, leur silence était plutôt inquiétant. Draco et Hermione comprenaient mieux que personne que ces phases de repli étaient généralement de mauvais augure.
Ils n'en savaient pas moins qu'ils n'y pouvaient rien et n'avaient pas les moyens de leur tirer les vers du nez, tant qu'ils n'étaient pas prêts à partager leurs aventures. Ils regrettaient toutefois que Scorpius n'ait toujours pas pu rencontrer Lily-Rose et Ashley.
Malheureusement, l'occasion ne s'était pas encore présentée. Eux-mêmes n'avaient vu la petite boule rose aux cheveux si bruns qu'une seule et unique fois, fin octobre, lors de sa cérémonie de parrainage qui avait été toute une aventure.
A cette époque, Minerva tentait encore de tenir strictement son école. "Poudlard n'est pas une garderie, par Circé !". Dissimuler la présence du couple Potter-Parkinson, du petit Ashley et de leur bébé alors à peine âgée de quelques semaines n'avait pas été une mince affaire.
La petite troupe avait dû user une fois de plus de la carte du Maraudeur pour se faufiler de passages secrets en passages secrets et se rendre dans la plus grande discrétion tout en haut de la Tour d'Astronomie.
Ils avaient eu des difficultés à retenir leur surprise quand des filaments gris avaient enveloppé Lily-Rose. Ils étaient tellement rares qu'ils en avaient oublié le sens et avaient dû filer le chercher à la Bibliothèque. Équilibre et neutralité [3].
Depuis, ils ne s'étaient plus revus et ne s'étaient qu'à peine donné des nouvelles. En contrepartie, Scorpius avait eu l'occasion de rencontrer Lorcan et Lysandre qui passaient régulièrement au Château, accompagnés de leur mère.
Chaque entrevue de cette escouade de bébés était une expérience où les deux plus jeunes semblaient particulièrement stimulés par la présence du petit blondinet. Ils tentaient, eux aussi, de se relever mais il fallait bien reconnaître qu'ils n'étaient pas encore tout à fait prêts à s'asseoir tout seuls du haut de leurs quatre mois.
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La première fois que Luna avait débarqué à Poudlard jumeaux sous le bras, ce devait être au début du mois de novembre. A cette époque, la santé d'Augusta Londubat avait commencé à décliner et la vieille dame ne sortait plus de chez elle que pour rendre visite à Franck et Alice à Sainte-Mangouste.
A peu près au même moment, le père de Luna avait repris une publication plus régulière de son journal qu'il avait temporairement mis en pause avec l'arrivée des jumeaux.
Il n'était plus constamment présent à Pré-Au-Lard pour aider les jeunes parents. Neville aussi s'absentait, ayant repris les cours à Poudlard et quelques conférences à la BESOS [4]. Quant à Rolf, il continuait à parcourir le monde, entre deux visites.
La plupart du temps, la blonde n'avait aucune difficulté à s'occuper de ses fils lorsqu'elle était seule mais, quand elle se sentait dépassée, elle finissait toujours par convaincre la gargouille à l'entrée du Château de lui ouvrir les grilles.
Minerva avait évidemment tenté de protester. Elle avait rapidement abdiqué après s'être vue fourrée un des jumeaux dans les bras. Il s'avérait que cette technique était imparable pour adoucir la vieille écossaise.
Il fallait bien reconnaître, également, que l'ensemble des professeurs accueillaient les jumeaux et Scorpius à bras ouverts à chaque fois qu'ils envahissaient leur salle de repos.
La vie à Poudlard était douce. Bien loin de ce que n'avait jamais pu envisager Draco mais, c'était peut-être bien ce qui lui plaisait le plus. Cette vie simple, sans vagues, sans drame, faite de petits rien du quotidien.
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[1] Poppy : Madame Pomfresh (prénom de la VO).
[2] hirondelle : Tiens, tiens, une hirondelle ? Ça ne vous rappelle rien ?
[3] Équilibre et neutralité : pour un rappel du déroulement des cérémonies de parrainage et de ces histoires de filaments, rendez-vous au chapitre 88.
[4] BESOS : Neville donne des conférences à La Botanical Ecological School of Sorcery depuis 2002 et profite du labo de cette école pour faire de la recherche (ce qui l'amène à faire des recherches avec Ron, et Terence, tout ça, tout ça…)
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Alors, verdict ? Cette petite « pause » vous a fait du bien ? Qu'est-ce qui nous attend pour la suite ?
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De mon côté, petite info qui a son importance pour les assidus… Il n'y aura pas de publication de CQAS pour les trois prochaines semaines. Guaoooo ? s'exclame la foule en délire !
Et oui… Malheureusement, la prochaine publication de CQAS n'aura lieu que le 2 avril. Mais ! Parce qu'il faut toujours un mais ! Les trois prochaines semaines seront surtout l'occasion de publier, pour moi, et découvrir, pour vous, la suite de ma réponse au concours HPF des quatre saisons auquel je participe… Pour ceux•elles qui auraient raté ça, j'ai publié « Quart de siècle (Hannah 5 ½) », qui correspond à l'automne, il y a quelques temps. Je vais vous proposer ma réponse pour l'hiver à partir de la semaine prochaine et pour les trois semaines à venir… Un mal pour un bien, j'espère :-)
Dans tous les cas, même si ce n'est pas CQAS, ça reste quand même CQAS puisqu'il s'agit d'histoires « bonus » qui s'inscrivent directement dans le canon de mon histoire mais qui peuvent aussi se lire indépendamment (ou pas du tout mais, pas du tout les lire, ce serait quand même dommage !).
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On se retrouve donc début avril pour le prochain chapitre, et sur une autre fic d'ici-là, j'espère ! A très bientôt, Dahrma.
