Note de l'autrice : Bonjour à tou•te•s,

Après cette courte pause et notre détour par le Noël de George et Hannah, revenons à nos moutons et intéressons-nous, sans plus tarder, à Théo !

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J'en profite pour préciser que ce chapitre est inspiré d'un texte que j'avais écrit lors d'une participation à une nuit HPF, celle du 19 novembre 2022. Si vous ne connaissez pas, une "nuit" c'est 2 thèmes au choix (un mot ou une image) et une heure pour écrire sur le thème sélectionné. Pas une minute de plus.

Le texte concerné est celui de 21h, avec comme thème un "russian cover" par Daniela (qui m'était inconnue au bataillon avant ça… j'avoue) du morceau "Dernière danse" d'Indila (pour les plus curieux, le lien youtube, sans les espaces : https (deux point slash slash) www (point) youtube (point) com (slash) watch (point d'interrogation) v (égal) ITK77biMj48 (esperluette) feature (égal) youtu (point) be

La version originale du texte que j'ai écrit, qui n'a pas grand-chose à voir avec ce chapitre même s'il m'a servi d'inspiration, peut être lue sur le forum « Héros de papier froissé » ou sur mon profil sur hpfanfiction, pour les vraiment très curieux…

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Sur ce, je vous propose de continuer nos aventures !

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Dans les épisodes précédents : "Après plusieurs mois d'enfermement et de mutisme, Théodore commence à voir une lueur au bout du tunnel. Bien qu'il vive toujours enfermé au CRS, une nouvelle potion, de la création de Terence Higgs, lui permet de communiquer une heure par jour. Cette nouvelle condition a, par ailleurs, été accompagnée d'un certain nombre de révélations qu'il est bien décidé à exploiter pour améliorer sa situation."

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Bonne lecture et à bientôt !

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Chapitre 97 – Théodore

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Théodore ouvrit le journal que Bryan lui avait ramené le matin même, avant qu'ils filent au Ministère, et ne put retenir un ricanement en lisant la Une. "La Génération Sacrifiée". L'article qui s'y étalait valait son pesant d'or.

"Pas besoin d'attendre dix ans après la Victoire pour voir révélées au grand jour les turpitudes de la génération de la Terreur."

Force était de constater que la promotion dans laquelle il avait évolué à Poudlard ne montrait pas particulièrement le bon exemple. Le nombre d'anciens étudiants actuellement en procès pour détournements de fond, extorsion, Magie Noire, meurtres et autres exactions diverses et variées était plutôt impressionnant.

"De mémoire de journaliste, nous n'avions plus vu une telle déchéance depuis plusieurs décennies".

Il ne faisait d'ailleurs pas exception. Aucune des quatre Maisons n'était épargnée, ce qui était plutôt rassurant du point de vue du Serpentard mais, ils n'en restaient pas moins bien trop nombreux à être en délicatesse avec le Ministère et le Magenmagot.

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Un claquement régulier de talons résonna de plus en plus fort dans le couloir. Théo referma immédiatement la feuille de chou et se redressa. Pansy. Il connaissait le son de ses pas par coeur, quel qu'en soit le rythme.

Il n'avait pas besoin de se retourner. Il l'imaginait parfaitement, sa robe de sorcière entrouverte sur une tenue stricte. Sans même la voir, il n'en savait pas moins qu'elle serait élégante et resterait la poupée parfaite qu'elle avait toujours été.

Elle ne le déçut pas, évidemment. Elle avait dit adieu à la reine des glaces mais elle n'en restait pas moins femme et désirable, ses lèvres toujours aussi rouges et ses pommettes rehaussées par son fard à joues.

Elle portait une jupe cloche, plus adaptée à ses deux grossesses que les crayons qu'elle affectionnait tant. En dépit des circonstances, il suffisait de ces quelques formes plus généreuses sur ses hanches et son ventre pour rendre son apparence plus chaleureuse.

Théo sentait son visage se durcir, au fur et à mesure de l'ascension de son regard sur elle. Quand il atteignit enfin ses yeux, ils se dévisagèrent avec une hargne mal contenue. Elle n'était ni surprise, ni déstabilisée de le trouver dans cette salle d'audience.

Il la savait interrogée et surveillée depuis de nombreuses semaines et il attendait cette rencontre avec impatience. Il ne pouvait toujours pas communiquer plus d'une heure par jour, à son grand dam, et le Magenmagot avait dû s'adapter à cette contrainte.

Le concernant, il abordait sa huitième journée d'audience, sessions qui s'étaient réparties au compte-goutte tout au long du mois de janvier de cette année 2005. Il jubilait. Le timing était parfait.

Il n'avait rien prévu lui-même. Il n'était pas en mesure de l'anticiper mais il se réjouissait que Pansy entame ce mois de février ici, convoquée et accusée. Elle n'oublierait jamais son quart de siècle. Jamais.

Avec un peu de chance, elle serait ici, avec lui, quand son bâtard allait fêter son propre anniversaire [1]. Théo calcula, un sourire amusé aux lèvres. Cinq ans. Le petit allait avoir cinq ans. Il n'aurait aucun mal à se souvenir de l'absence de sa mère.

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La révélation de Terence n'avait pas nécessairement été évidente à avaler mais, quelque part, Théo s'était senti rassuré qu'elle se soit fourvoyée avec lui. Un pur produit de Serpentard, un Sang-Pur, un homme aussi intelligent que charismatique.

Il avait déjà eu l'occasion d'imaginer des dizaines, des centaines de fois les pères possibles pour ce pauvre môme. Terence était indubitablement une des meilleures options possibles.

Pansy avait toujours été fière et, même en fautant dans les grandes largeurs, elle avait réussi à perpétuer la dynastie des Sang-Purs et à ajouter le nom de son fils au Registre. Elle était restée dans la droite lignée qui la caractérisait.

Il aurait presque pu la féliciter. Presque. S'il n'y avait pas eu Potter. Il avait beau retourner la question dans tous les sens, Théo ne comprenait pas ce couple. Il aurait aimé pouvoir se demander comment une femme comme elle avait pu tomber amoureuse d'un type comme lui mais, avec du recul, il n'était même pas surpris.

Elle avait toujours ressenti une profonde fascination pour lui. Il l'impressionnait, même déjà à l'époque où elle se moquait de lui en classe. Potter - cet hypocrite qui se faisait passer pour l'innocence personnifiée - n'avait probablement pas eu besoin de grand-chose, de son côté, pour tomber dans les filets de la brune.

Cette garce incarnait un fantasme. Elle avait toujours minaudé avec Théo, en se refusant à lui quand ils étaient fiancés. Finalement, avec le recul, il se rendait bien compte qu'elle n'avait pas tant de difficultés à écarter les cuisses.

Même pas 25 ans et déjà deux gosses… Comment avait-il pu se laisser abuser toutes ces années ? Il n'en avait pas la moindre idée.

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Théo, qui s'était égaré dans ses pensées, regarda un Auror saisir vivement le bras de Pansy pour la diriger sans douceur vers le fauteuil central de la salle d'audience. Perchée sur ses talons comme à son habitude, elle maintint comme elle put son équilibre.

Il s'amusa de la voir se dégager de sa poigne d'un coup d'épaule en arrivant à destination. Elle redressa la tête avec une moue dédaigneuse et frotta difficilement ses poignets ceint d'Admoniteurs qui semblaient peser une tonne.

Elle croisa ses longues jambes avec dignité et laissa ses bras reposer sur les accoudoirs, se forçant à regarder droit devant elle, le nez et le menton relevés. Elle devait redouter que des chaînes apparaissent, accentuant encore son infortune.

Il n'en fut rien. Le Magenmagot ne la considérait probablement pas suffisamment dangereuse ou plutôt avait envie de lui trouver des circonstances atténuantes. Ils n'avaient pas suffisamment anticipé ce point, avec Terence.

Elle était opposée à un Mangemort et ce simple fait lui attirait de la sympathie. Certes, Lord Parkinson avait bien été mis à l'épreuve pour ses accointances avec la Magie Noire mais il n'avait jamais été condamné.

Cette femme restait plus respectable que lui aux yeux des bonnes gens. Même reniée par sa propre famille… Peut-être même d'autant plus parce qu'elle avait été reniée par sa propre famille. Elle suscitait une compassion que ni lui ni Terence n'étaient en capacité de comprendre.

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- Monsieur Nott, effacez ce sourire immédiatement, chuchota vivement la femme qui se tenait à sa droite. Vous desservez votre cause, en agissant ainsi !

Il se retint de lever les yeux au ciel et de l'exécuter du regard, les deux options se disputant parts égales en réaction au rappel à l'ordre de son Conseil. A la place, il obéit et fixa un point devant lui.

Il tenta de reprendre une expression suffisamment neutre, ce qui dû la satisfaire puisqu'elle souffla un petit "Parfait" en retour. Les membres du Magenmagot arrivaient au compte-goutte. Ils n'étaient qu'une petite dizaine à siéger.

Une telle affaire ne méritait pas de mobiliser l'assemblée dans son entièreté. Il ne s'agissait que d'une embarrassante accusation mêlant deux parias de la société. Quand bien même ces parias étaient de ceux qui faisaient tourner le monde seulement quelques années plus tôt.

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Des petits groupes discutaient doucement, laissant planer un brouhaha dont aucun son ne permettait de distinguer clairement les conversations. Une petite vieille sirotait encore son thé, ayant l'air de se brûler les lèvres à chaque tentative.

Il se passa encore de longues minutes avant qu'Edgar Caxton entre à son tour, suivi d'une femme d'une quarantaine d'années au nez et au menton pointus. Elle faisait léviter un bloc-notes et une plume à transcription automatique devant elle.

Le silence se fit, chacun regagnant lentement sa place, prêts à commencer cette nouvelle audience. La secrétaire de séance annonça le jour et l'heure et le Président-sorcier Caxton se racla la gorge avant d'intervenir.

- Zelda ? Pouvez-vous récapituler les faits ?

Elle hocha la tête, les lèvres pincées.

- Monsieur Théodore Nott nous a confirmé lundi 24 janvier dernier que ses fiançailles avec Miss Pansy Parkinson ont été rompues en 1999 après qu'elle ait entretenu une relation charnelle avec Lord Terence Higgs, dont elle est tombée enceinte.

Bien malgré lui, Théo ne put retenir un sourire en entendant le hoquet de surprise de la brune.

- Après l'obtention de son diplôme, Monsieur Nott a purgé une peine de six mois d'emprisonnement dans l'Aile des Dévoyés à Azkaban où il a suivi une instruction Civimagique et a participé à l'alphabétisation de certains sorciers également condamnés, activité qu'il a continué d'exercer de manière hebdomadaire dans le cadre du programme de Rédemption Pénitentiaire depuis sa libération jusqu'à la perte de sa capacité d'élocution.

Edgar Caxton approuva d'un mouvement de gorge et hocha la tête pour inviter Zelda à continuer.

- Monsieur Nott nous a précisé avoir eu le temps de réfléchir, au cours de son incarcération, et avoir proposé à Miss Parkinson de l'aider et de la soutenir - au moins financièrement - lors de sa libération. Il a précisé à la cour, je cite ses propos qui ont clôturé notre dernière séance : "Je ne voulais pas l'abandonner mais elle n'a rien voulu savoir. Elle m'a écarté de sa vie et a mis les Aurors à mes trousses. Elle ne voulait pas que son nom soit à nouveau associé aux Mangemorts. Elle a préféré se racheter une conduite en se rapprochant de Potter".

- Vous pouvez baisser la main, Miss Parkinson. Nous vous donnerons la parole le moment venu… Vous n'avez pas de Conseil à ce que je vois. C'est regrettable. Il vous aurait épargné ce type de déconvenue, soupira le Président-sorcier Caxton.

Pansy hocha la tête avec raideur et reposa délicatement sa main sur l'accoudoir de son fauteuil, regrettant probablement de ne rien avoir pour prendre des notes. Zelda se racla la gorge et reprit.

- Monsieur Nott accuse Miss Parkinson de l'avoir attaqué la nuit du 28 juin 2003.

- Ce que nous avons encore des difficultés à comprendre dans cette affaire est le mobile justifiant cette attaque. Avez-vous une hypothèse à nous faire partager, Monsieur Nott ?

Il regarda son Conseil qui d'un large geste du bras embrassa l'assemblée, l'invitant à s'adresser à eux.

- Je ne saurais que vous répondre. Cette nuit-là, Pansy m'a attaqué. Ce n'est pas une intime conviction. Je l'ai vue et je suis prêt à partager mes souvenirs avec vous, si telle est votre volonté. Sa raison ? Je ne la connais pas. Elle seule est en mesure de vous répondre. Je crois savoir, ajouta-t-il en jetant un oeil à son Conseil qui hocha discrètement la tête, lui donnant son assentiment, qu'elle a porté des accusations à mon encontre lors de ses audiences préliminaires.

Théo inspira longuement et afficha un air las.

- Il semblerait qu'elle tente de convaincre ses interlocuteurs que j'ai moi-même attaqué Potter le mois précédent mon agression.

Il ménagea un nouveau silence pour observer les réactions des différents membres, présentement pendus à ses lèvres.

- Je ne sais pas quelles sont ses élucubrations mais, si je ne m'abuse - et n'hésitez pas à me contredire le cas échéant, Monsieur le Président-sorcier Caxton - il semblerait que ni les Aurors ni l'hôpital de Sainte-Mangouste n'ont eu vent d'une attaque à l'encontre de Monsieur Potter.

Il retint un nouveau sourire en voyant les ongles de Pansy s'enfoncer dans les accoudoirs de son fauteuil. Oui, rien n'assurait qu'il arriverait à la faire condamner mais, le simple plaisir de la voir perdre tous ses moyens valait bien de jouer cette mascarade jusqu'au bout.

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[1] anniversaire de Pansy / de Ashley : 29/02 et 10/02

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Alors, verdict ? Qu'en pensez-vous ? Et après, vers où se dirige-t-on ?