Note de l'autrice : Bonjour à tou•te•s,

Oh, là, là, ça fait longtemps qu'on n'a pas parlé de Seamus, non ? Ou de Ginny ?... Pfff… c'est pas encore leur tour mais, je suis assez impatiente qu'on y revienne ! M'enfin, ce n'est pas pour tout de suite, tout de suite.

D'abord, on retourne du côté de Hannah. Bon, je sais… Entre CQAS et le concours des 4 saisons, on frôle l'overdose, non ? Mais, en vrai, le dernier chapitre de Hannah, c'était le 77 et le der' de George, le 85 donc ça remonte un peu en fait !

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Après, en réalité, il n'y a pas que les chapitres de Seamus ou de Ginny que j'ai envie de vous présenter ! Mais on verra ça en temps et en heure… D'ici-là, je travaille en ce moment aux chapitres 105 (quasi fini) à 107 (je sais juste qui et quand) et je suis à nouveau en plein doute sur la direction à prendre après les gros morceaux traités sur les chapitres 95 à 105… en tout cas, ça carbure ! ^^

Allez, trêve de bavardage !

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Dans les épisodes précédents : "Hannah est en couple avec Keith depuis un peu moins d'un an. Pourtant, tout n'est pas au beau fixe. Seulement après quelques mois de relations, ils envisagent d'emménager ensemble et s'organisent jusqu'à… ce qu'elle fasse marche arrière, à la surprise de tous. Heureusement, leur histoire survit à ces rebondissements qui n'en perturbent pas moins la blonde."

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Bonne lecture et à bientôt !

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Chapitre 99 – Hannah

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Jour 1_26 janvier 2005.

Un soupir.

- Hannah ! Tu as faim ? Je suis passé chez les Frères Zhang.

- Hmm.

- Oh là ! Ta journée a été longue, ma belle ?

- …

- …

- Je suis juste fatiguée, Keith. Je vais me coucher.

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Jour 4_1 février 2005.

Un chuchotement.

- Chut. Rendors-toi, Keith. Je file, je suis en retard ! Oh, et ne m'attends pas ce soir, c'est l'anniversaire de Mandy !

- Mhmm… Tu m'embrasses pas ?

- Je vais me gêner !

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Jour 6_3 février 2005.

Un hibou.

"Je passerais chez Neville après la fermeture. Tu pourrais en profiter pour passer voir ta mère ? On se rattrapera demain ! Hannah".

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Jour 11_8 février 2005.

Un soir.

- Encore ? Ce club aura ta peau ! Tu dois bien pouvoir déléguer certaines soirées !

- …

- On peut en toucher un mot à Mandy, ça ne coûte

- Non !

- Quoi, non ? Respire, Hannah. Tu es tellement tendue en ce moment !

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Jour 13_10 février 2005.

Un oubli.

- Ah. Tu ne dors pas ?

- Non. Je t'ai attendue. Vous avez encore eu un souci au club ?

- …

- Hannah ? Tu étais où ?

- Dehors…

- …

- Que veux-tu que je te dise, Keith ?

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Jour 15_12 février 2005.

Une note.

"Aurais-je l'honneur de ta présence ce soir, où resteras-tu "dehors" ?"

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Jour 19_16 février 2005.

Un doute.

- Mandy !

- Keith ?! Comment vas-tu ?

- Très bien ! Hannah est dans le coin ?

- Oh, non, elle a pris son après-midi ! Ça fait un moment qu'elle est partie. Elle ne t'a rien dit ?

- Ah… Peut-être… J'ai dû oublier…

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Jour 21_18 février 2005.

Une question.

- Qu'est-ce qu'il se passe Hannah ? Tu me regardes à peine, tu ne m'embrasses plus quand tu t'en vas, tu me repousses dès que je te touche... Qu'est-ce qui ne va pas ?

- Rien.

- Je.

- Laisse tomber, Keith. Je sors.

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Jour 22_20 février 2005.

Une affirmation.

- C'est George, c'est ça ?

- Que. Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes ?

- C'est à cause de George ? Il t'a encore fait une déclaration ?

- Ne soit pas stupide.

- Ne m'insulte pas. Je ne suis ni un Veracrasse, ni un Boursouflet.

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Jour 23_21 février 2005.

Une autre note.

"Je reste chez mes parents ce week-end. Profites-en pour réfléchir. Je t'aime. Keith."

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Jour 26_24 février 2005.

Une nuit.

- Hannah, tu es sûre de.

- Mandy… Je n'ai pas envie d'en parler. Tu me laisses dormir ici où je me trouve un autre canapé ?

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Jour 30_28 février 2005

Une autre.

- On ne peut pas continuer comme ça.

- …

- Si au moins

- Tu as raison Keith. Je ne peux pas. Je ne peux plus. J'ai essayé de t'aimer. Je n'y arrive pas.

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Hannah avait beau retourner la chose dans tous les sens, elle en était là, à vingt-cinq ans, à vivre la première rupture de sa vie. Avec Neville, des siècles en arrière, ils s'étaient éloignés par la force des événements et la vie avait suivi son cours.

Avec George, elle ne pouvait pas réellement parler de rupture. Ils n'avaient jamais vraiment formé un couple. Ils avaient parfois fait semblant. Et, à chacun de leurs allers-retours, leur séparation avait été soit bruyante, soit douloureuse mais cela n'avait rien à voir avec ce qu'elle vivait aujourd'hui.

A part eux, elle n'avait jamais eu de vraie histoire d'amour. Keith était et resterait le premier homme avec lequel elle avait tenté de partager un bout de chemin. Y mettre fin était infiniment difficile. Jusqu'au bout, elle avait tenté de se raccrocher à leur histoire.

Il lui avait tant apporté. C'était bien lui qui lui avait donné l'envie d'essayer de s'aimer. Elle avait espéré, idéalisé, tenté de surmonter mais rien n'y faisait. Elle ne pouvait plus continuer.

Depuis qu'elle avait acté sa décision, elle avait l'impression de chavirer dans un ascenseur émotionnel. Keith n'avait pas semblé tellement dévasté sur le moment mais, depuis, il lui avait largement fait comprendre à quel point il était accablé.

Elle même, de temps à autre, se sentait anéantie. En rentrant, parfois, elle cherchait sa présence. Elle la trouvait dingue, cette dépendance qu'ils avaient développée. A chaque coup de mou, il lui prenait l'envie d'un baiser ou d'être serrée dans ses bras. Dans des bras aurait été plus juste mais, elle pensait aux siens par habitude.

Parfois, ses pas la menaient près de chez lui. De ce qui avait presque été chez eux. Elle se retenait, certains soirs, de lui envoyer un hibou. D'autres nuits, elle tentait coûte que coûte d'éviter de compenser le manque en se raccrochant au premier type qui ferait mine d'être intéressé.

Elle n'y croyait pas elle-même. Elle n'avait rien à leur reprocher mais, elle n'était pas de ce genre de fille. Elle était incapable d'envisager s'offrir au premier venu. En réalité, elle fuyait surtout George comme l'Éclabouille…

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Sa rupture avec Keith s'était répandue comme une traînée de poudre et quand elle avait croisé le rouquin, quatre jours plus tard, elle n'avait pas pu rater cette petite lueur dans ses yeux.

Elle avait pris peur et s'était remise à l'esquiver. George la chamboulait trop et elle avait besoin de prendre du recul. De digérer sa peine. De comprendre où elle en était. De faire le tri dans ses sentiments.

Sans ça, elle savait qu'elle allait replonger pour les mauvaises raisons. Parce que George s'escrimait à être parfait. Ou quelque chose du genre… Il avait beau être égal à lui-même, il lui disait toujours ce qu'elle avait besoin d'entendre.

Il ne l'épargnait pas, il ne la laissait ni se complaire, ni se satisfaire d'elle-même mais il prononçait toujours LE mot qu'il fallait. Comme à Noël. Il lui disait des trucs profonds sans même s'en rendre compte et elle, elle sortait juste heureuse et apaisée par chacun de leurs échanges.

Si les choses avaient été différentes... Mais non. Elle ne pouvait pas se le permettre. Pas comme ça, pas déjà. Alors, elle prenait sur elle et faisait en sorte de ne jamais se trouver en tête à tête avec lui. Et il le respectait. A peu près.

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Hannah en était là de ses réflexions, les yeux fixés sur l'enveloppe reçue quelques minutes plus tôt. Presque à contrecoeur, un sourire franchit ses lèvres. Aux quatre coins de l'enveloppe, trônaient des lettres calligraphiées.

Un G en haut à gauche, un F qui lui faisait face sur la droite, un R juste au niveau du coin inférieur gauche et un W de l'autre côté [1]. La marque Weasley dont George était si fier.

Ces quatre lettres, il en estampillait tout ce qu'il partageait depuis plusieurs années. Courriers, sacs en toile, boîtes d'emballages… Et pour ses correspondances, il utilisait ce beau papier crème, bien plus doux que le parchemin, sur lequel les plumes glissaient à une vitesse folle.

Hannah trouvait émouvant qu'il continue à l'utiliser. Même si Ron avait fini par quitter la franchise Weasley pour se consacrer à sa formation de potionniste, son petit frère n'en restait pas moins un pilier pour lui. Solide, il l'avait aidé à tenir l'affaire dans les moments les plus durs.

Il avait aussi, et surtout, permis à George de ne pas s'effondrer. Il lui en était fondamentalement reconnaissant et, discrètement, il n'avait de cesse de rappeler à qui voulait l'entendre leur collaboration. Hannah trouvait cet engagement totalement désarmant.

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La blonde soupira et déplia lentement la lettre, ne pouvant s'empêcher de caresser le papier et l'écriture appliquée. Au quotidien, George formait des lettres nerveuses, des cursives aux traits courts, aussi peu ascendants que descendants.

Il était difficile à lire, d'ordinaire. Là, son effort était palpable. Il avait tenté de rendre son écriture élégante, plus ronde. Chaque lettre avait été précisément formée. Les traits n'étaient ni aussi nets, ni aussi assurés qu'habituellement. Encore une fois, cette fragilité le rendait touchant.

Hannah secoua la tête. Si la simple vue de ces quelques mots, qu'elle n'avait même pas commencé à lire, l'ébranlait déjà, elle ne donnait pas cher de sa peau. Elle posa la lettre sur sa table et se servit un Gnamakoudjiin [2] qu'elle but à petites gorgées.

Une lampée de courage plus tard, elle inspira profondément, retint le tremblement de ses doigts et laissa ses yeux courir de gauche à droite avant de laisser un rire clair franchir ses lèvres. Il n'y avait bien que George pour adresser une demande aussi formelle seulement pour pouvoir privatiser le Puffapod's pour son anniversaire.

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[1] La marque de fabrique _ voir chapitre 6

[2] Gnamakoudjiin : version sorcière du gnamakoudji, qui est un jus de gingembre (pour faire simple), avec du sucre, sucre vanillé, du citron et quelques feuilles de menthe. Miam !

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Alors, verdict ? Vous n'avez pas été trop perturbé•e•s par le début du chapitre qui est un peu… particulier ? Qu'avez-vous pensé de cette petite respiration ? Enfin… respiration… Y'a quand même une rupture au coeur de l'histoire… Mais, à part ça, c'est quand même plutôt léger, non ? Qu'est-ce que ça nous présage pour la suite, à votre avis ?