Note de l'autrice : Bonjour à tou•te•s,
Bienvenue sur ce nouveau chapitre ! Pas de grand blabla aujourd'hui, retrouvons plutôt directement Pansy et Harry.
Ah, si, juste avant,Sionprenait…, j'ai répondu à ta review ici : https (deux points slash slash) www (point) fanfiction (point) net (slash) topic (slash) 237726 (slash) 186030960 (slash) 1 (slash dièse) 186030960
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Dans les épisodes précédents : "Lily-Rose Parkinson-Potter est née le 13 octobre 2004 au beau milieu du salon de ses parents à Birmingham. A peine un mois plus tard, Pansy se voit auditionnée par des Aurors, limitée dans ses droits et ses libertés individuelles jusqu'au procès l'opposant à Théodore Nott qui, lui, débute en février 2005. Retrouvons-là deux mois plus tard…"
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Bonne lecture et à bientôt !
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Chapitre 100 – Pansy
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Pansy regarda Ashley s'éloigner en pleurant à chaudes larmes. Elle même avait du mal à retenir les siennes, comme à chaque fois qu'ils étaient séparés depuis le jugement du Magenmagot.
Elle pouvait s'estimer heureuse. Elle évitait Azkaban et avait même récupéré le plein usage de ses pouvoirs mais le prix restait cher payé. Les cours Civimagiques sur les mésusages de la Magie Noire étaient un moindre mal.
Devoir passer les neufs prochains mois au service des Gobelins pour combler les heures de LARD [1] auxquelles elle avait été condamnée passait encore. Faire une croix sur l'obtention du deuxième niveau en Magizoologie commençait à l'atteindre.
Mais le plus insupportable était indéniablement de devoir partager la garde de son fils avec Terence. Le Magenmagot s'était montré intraitable et aucune discussion n'avait été envisageable.
Elle n'avait, de toute façon, aucun argument à opposer quant à sa requête. Il avait tous les droits de voir son fils régulièrement. De participer à son éducation. C'est elle qui lui avait caché son existence.
Enfin. Elle ne lui avait pas tant caché qu'omis de l'en informer officiellement. Elle ne savait ni quand, ni comment il avait pu découvrir qu'Ashley était son fils mais… sa requête était légitime, tout comme sa volonté d'assumer sa paternité. Quant à elle, elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même.
Elle devait d'ailleurs s'estimer heureuse, selon Edgar Caxton, de ne pas s'être totalement vue retirer ses droits sur son fils. Elle ne devait cette clémence qu'à Harry qui, alors qu'elle s'obstinait à le tenir éloigné, avait bravé son interdiction et s'était imposé comme son Conseil dès son deuxième jour d'audience.
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La première prestation de l'Élu devant le Magenmagot avait été risible. Harry n'était absolument pas préparé et n'avait aucune connaissance en droit sorcier. Il était venu comme il le faisait toujours, les mains dans les poches et seulement paré de son sourire innocent.
Il avait tout juste réussi à obtenir un report d'audience. Les heures suivantes, il avait fallu que Pansy le convainque de ne pas se dénoncer pour elle. Elle savait parfaitement qu'une telle démarche était contre-productive et elle s'était déjà engagée à protéger Harry.
Il était hors de question qu'il se condamne davantage. Il avait plus à perdre qu'elle. Elle en était intimement persuadée et elle refusait obstinément que leur fille grandisse sans lui. Elle s'en était tenue à son rôle de Banshee, inflexible, et il avait cédé.
Harry avait alors passé la moitié de la semaine la tête plongée dans la cheminée, en communication directe avec Granger qui, elle, écumait la bibliothèque de Poudlard de fond en comble.
Il avait passé des heures à engranger des informations qu'il comprenait à peine. A peine mais suffisamment pour arriver à la défendre mieux qu'elle ne l'avait fait elle-même.
Le plus admirable était probablement la manière dont il avait réussi à réellement la tirer d'affaires. Ce devait être à son quatrième ou cinquième jour d'audience qu'une Langue-de-Plomb avait insisté pour requérir une Pensine, accédant aux demandes récurrentes de Théo.
Quand Pansy avait vu défiler les images au centre de la pièce, elle n'en avait pas cru ses yeux. Elle s'était vu suivre son ex-fiancé, l'interpeller vertement, le menacer de sa baguette et lui lancer un sort informulé qui l'avait projeté en arrière.
Le souvenir se terminait abruptement, avec la perte de connaissance de son porteur. Si il ne s'était pas agi d'elle-même, Pansy n'aurait eu aucun doute quant à la culpabilité pleine et entière de cette femme, cruelle et déterminée.
En voyant ces images, elle avait surtout senti ses boyaux se tordre et les larmes lui étaient montées aux yeux. Et, si cette douleur qui s'insinuait en elle et commençait à la déchirer ne suffisait pas, Harry lui avait mis le coup de grâce.
Il avait demandé à revoir les images, ce qui lui avait été accordé. Alors que le souvenir de Théo se déroulait une nouvelle fois devant leurs yeux, des chuchotements émergeaient déjà de toute la salle.
Elle avait eu l'impression d'être poignardée par Harry et elle s'était sentie encore plus mal quand il avait demandé un troisième visionnage qui lui avait été refusé cette fois. Totalement amorphe, muette de stupeur, elle l'avait regardé convaincre Caxton d'accepter une énième suspension d'audience.
Il avait passé la demi-heure suivante à persuader le Président-Sorcier de le laisser disposer des souvenirs et de la Pensine. L'Élu - qu'elle méprisait profondément à ce moment-là - lui avait imposé de regarder ces images en boucle, encore et encore, jusqu'à la nausée.
Murée dans le silence, de consternation et de dégoût, les yeux fixés sur les souvenirs sans arriver à les voir vraiment, elle lui en avait voulu du fond de ses tripes. Elle actait déjà la fin ferme et définitive de leur histoire, rongée par l'amertume.
Puis, finalement, peut-être à la septième projection, il s'était exclamé "Là !". Au ralenti, elle s'était tournée vers Harry, le regard vide, écoeurée de voir son grand sourire plaqué à ses lèvres. Elle le détestait.
Jusqu'à ce qu'elle comprenne ce qu'il essayait de lui dire. Une faille. Minuscule. A peine visible. Juste un petit, tout petit reflet qui se répercutait autour de sa silhouette. Un éclat tellement subtil qu'il fallait presque plisser les yeux pour le voir. Un artefact suffisant pour insinuer un doute raisonnable quant à la crédibilité des souvenirs de Théo.
La cour avait été difficile à convaincre mais, entre le trouble établi autour de ce souvenir et l'absence totale de preuve que la baguette de Pansy ait jamais pu lancer de sort noir, elle ne pouvait être condamnée à la peine maximale.
Pour autant, le Magenmagot, désormais majoritairement représenté par des membres d'Ordre et Justice [2], avait refusé une simple mise à l'épreuve. Une courte majorité avait réclamé sa condamnation et se satisfaisait du verdict.
Ces audiences avaient rapidement été suivies d'un autre procès, bien plus douloureux. Celui pour la garde d'Ashley. Pansy n'en gardait quasiment aucun souvenir. Elle l'avait vécu à côté d'elle-même, sans réellement s'en rendre compte. Trop sidérée.
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Depuis un long, long mois désormais, elle n'avait d'autre choix que de confier Ashley à Terence et Ginny chaque week-end. Depuis, son fils alternait entre phases de désespoir et de reproches.
Il la blâmait, l'accusant de l'abandonner. Tout aussi souvent, il la suppliait de le garder avec elle à Birmingham. Il voulait qu'elle l'empêche de partir. Et avec Harry, ce n'était pas mieux.
Moins de dix jours plus tôt, Ashley lui avait demandé si Terence était son père parce qu'il ne voulait pas l'être, lui, son père. Pansy avait vu son amant devenir plus pâle qu'un vampire.
Livide, Harry qui, une seconde avant, changeait la couche de Lily-Rose, lui avait confié la petite pour le serrer contre lui avec fébrilité. "Jamais. Tu entends ? Ne pense jamais ça".
Il était tellement difficile de lui expliquer que, s'ils avaient eu le choix, jamais il n'aurait eu à découvrir ses origines de cette manière-là. Jamais Ashley n'aurait eu à vivre ainsi, entre deux familles, deux logements, deux modes d'éducation.
Il était si compliqué de devoir lui prouver, constamment, la force de leur amour. Évidemment qu'il n'était pas difficile de l'aimer mais, le réassurer était ce qui était vraiment délicat.
Pansy et Harry avaient l'impression d'être deux funambules qui tentaient vainement de garder l'équilibre sur un fil d'Acromentule. Ashley rejetait d'office Terence et Ginny.
Le moindre mot de travers et ils prenaient le risque de le braquer encore davantage contre eux. Elle ne voulait pas être ce genre de mère. Ils ne pouvaient pas se permettre d'en rajouter.
La situation était déjà suffisamment tendue et ne promettait que de s'envenimer, maintenant que Terence demandait avec insistance à ce qu'un Précepteur privé s'occupe d'Ashley. Elle, elle avait préféré commencer à lui apprendre les bases.
Il savait déjà lire, ou à peu près, il commençait à écrire et elle tenait à ce que son fils intègre l'École Élémentaire du Ministère [3] le moment venu. Elle n'avait pas envie qu'il vive ce qu'elle avait vécu, elle, avec son Précepteur.
Elle ne voulait pas qu'on lui inculque des valeurs dépassées. Son fils n'avait pas besoin d'être éduqué comme un aristocrate. Ils ne faisaient plus partie de cette caste et que Terence soit son père n'y changeait rien.
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[1] LARD : Labeur d'accompagnement à la réinsertion diplomatique.
[2] Ordre et Justice : ça fait un bail qu'on n'a pas causé politique, non ? Ordre et Justice est un parti qui prône la domination des sorciers sur les autres espèces. Pour ce faire, ils vantent notamment le bénéfice des mariages métissés entre mages et moldus, en vue d'augmenter la natalité sorcière. Ils ont, également, une politique extrêmement sévère contre les sorciers ayant frayé avec la magie noire pendant la(les) guerre(s) contre Voldemort.
[3] l'École Élémentaire du Ministère : on la découvrait dans le chapitre 41, si vous vous souvenez (lol, non ?!). École pour les petits sorciers qui, dès l'âge de huit ans, peuvent intégrer des cours pour se perfectionner dans l'art de la lecture, de l'écriture, du calcul, etc. Tout ce qui leur permettra ensuite de suivre les cours de Poudlard ! Ron et Draco se sont d'ailleurs rencontrés à l'École Élémentaire du Ministère et s'y battaient comme des chiffonniers.
