Bonjour à tous et à toutes,

Bien. Après la montée en pression de la semaine dernière, tentons de reprendre nos esprits… Aujourd'hui, nous retrouvons une de nos journalistes préférées et un homme politique dont nous n'en savions jusqu'ici pas assez…

Et si cela ne suffisait pas, vous pouvez également allez lire la suite de l'histoire de George et Hannah, avec le premier chapitre de la nouvelle saison du concours HPF : Avril fait la fleur, Mai en a l'honneur (Hannah 6 ½) qui fait, en réalité, directement suite au chapitre 99.

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Dans un autre registre, j'attends aussi toujours vos propositions et pronostic pour l'intégration d'Albus Severus à l'histoire ^^

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Dans les épisodes précédents : "Depuis la fin de la guerre contre Voldemort, Kingsley Shacklebolt est Premier Ministre mais son mandat touche à sa fin et il n'a aucun espoir d'être réélu. Plusieurs partis sont en lice et notamment :

- le Push-It-Up, le Parti d'Union Sorcière Harmonieuse-Intérêt Territorial d'Un Peuple dont l'objectif est d'asseoir la puissance sorcière "pacifiquement", en limitant l'accès des nés-moldus aux enseignements sorciers et aux postes importants

- et Ordre et Justice, qui milite pour redonner la priorité aux sorciers en prônant les mariages métissés entre mages et moldus pour augmenter la natalité sorcière et en appliquant une politique de Tolérance Zéro pour les sorciers ayant frayé avec la magie noire pendant la guerre.

Entre politique et manigances, l'avenir des Sorciers est encore bien incertain."

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Bonne lecture et à bientôt !

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Chapitre 103 – Mathilda & Edgar

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début mai 2005

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Edgar Portarol [1], nouvellement élu Premier Ministre de la Magie par le Magenmagot, transplana tout au fond du passage Vandon, vêtu de son plus beau costume en tweed.

Il l'avait acquis en 1983 où, alors qu'il n'était encore qu'un jeune homme, il avait dû faire ses premiers pas chez les Moldus, pour une sombre affaire d'évier broyeur de mains. Il débutait alors sa carrière d'Oubliator au Département des accidents et catastrophes magiques, fraîchement recalé par les Aurors après un examen approfondi de sa personnalité.

Il marcha pendant pratiquement un quart d'heure pour rejoindre la… permanence ? Oui. C'était le terme que Robb [2] avait utilisé. Il accéléra le pas à proximité de la permanence de McCall [3] où plusieurs centaines de personnes se pressaient déjà avec enthousiasme.

Edgar regretta un instant de ne pas avoir sollicité en amont son conseiller concernant la tenue à adopter. Tous les jeunes hommes présents portaient des pantalons en toile de jean avec des chemises ou des polos mais aucun n'était aussi guindé que lui.

A tous les coups, on allait encore lui demander s'il n'était pas le père de McCall. Il ravala son soupir et alla se servir un verre de soda à la longue table qui avait été installée au fond de la pièce pour l'occasion.

Une petite musique retentit et tout le monde se tourna, en attente, vers la… télévision ? Oui, c'était le bon terme. Vers la télévision. Une journaliste prit la parole dans la lucarne pour présenter les candidats à l'élection de Premier Ministre moldu.

Un léger toussotement attira l'attention de Edgar qui tomba nez-à-nez avec une femme charmante, une quarantenaire aux cheveux artificiellement d'un blanc immaculé et vêtue d'un tailleur crème parfaitement ajusté.

- Mathilda ! s'exclama-t-il ravi. Que faites-vous ici ?

- La même chose que vous, Edgar, la même chose que vous ! Je viens suivre les élections aux premières loges !

- C'est un moment historique, Mathilda, his-to-ri-que !

- Je peux vous citer, bien sûr ? minauda-t-elle en écrivant furieusement sur un petit carnet rose, avec un stylo de la même couleur customisé d'un petit plumeau qui en surplombait l'extrémité.

- Naturellement.

Edgar lança un Assurdiato avant de reprendre la parole.

- C'est déjà une joie en soi que le parti qui a permis mon élection au poste de Premier Ministre soit arrivé aussi loin dans l'élection du Premier Ministre moldu. Aucun sorcier n'a participé à la gouvernance moldue depuis la Guerre des Deux-Roses [4]. Rendez-vous compte, Mathilda !

Elle hocha la tête en écrivant frénétiquement, les yeux pétillants.

- Vous vous doutez bien que, si McCall s'avérait être élu, notre collaboration ne pourra qu'être fructueuse !

- Edgar, en tant que dirigeant du Push-It-Up, la politique n'a aucun secret pour vous ?

Il hocha la tête à cette question rhétorique.

- Depuis quand saviez-vous que McCall était membre d'Ordre et Justice ?

- Je ne saurais dire, Mathilda, minauda-t-il d'une voix qui laissait entendre son mensonge. Je peux toutefois vous confirmer que c'est mon prédécesseur lui-même qui m'en a officiellement informé le mois dernier.

- Vraiment ? s'étonna la journaliste, sincèrement surprise. Monsieur Shacklebolt était donc au courant ?

Il lui sourit d'un air entendu.

Mathilda, toujours gracieuse, posa son stylo clinquant et osa une main sur l'épaule de l'homme.

- Pourrait-on discuter du FLS [5] ?

- Je ne vois pas de quoi vous parlez, Mathilda, affirma Portarol avec aplomb.

- En off ? Je vous le demande par intérêt personnel...

- Il ne me semble pas que ce soit le lieu, ma chère. Peut-être pourrait-on se retrouver plus tard dans la nuit ?

- Imprécation Silencieuse ?

- Évidemment Mathilda, évidemment ! s'amusa le politique.

Il avait beau la connaître depuis quinze ans et régulièrement se perdre entre ses cuisses, elle restait une journaliste qui appréciait un peu trop la Presse à Scandale pour ne pas prendre quelques précautions.

Elle lui adressa un sourire entendu, jeta un oeil à l'écran de télévision qui déblatérait sur les positions de chaque parti en lice et saisit de nouveau son stylo en se tournant vers Edgar.

- Saviez-vous que McCall était un proche de Monsieur Parkinson ?

- Vraiment ? s'étonna faussement l'homme politique, bien rodé à ce jeu. J'en tombe des nues.

Mathilda ne put retenir un léger ricanement.

- Avez-vous un avis concernant les accusations à son encontre ? Une déclaration, Monsieur le Premier Ministre ?

- Je connais bien Lord Parkinson depuis… Et bien, quasiment depuis toujours. J'ai fait mes classes à Poudlard à la même époque, voyez-vous.

- Oh, s'enthousiasma Mathilda.

- Oui. J'étais d'ailleurs en cours avec son épouse, Daisy, et ai assisté à la naissance de leur idylle. Oh, rien d'outrageant, ma chère. Vous savez qu'il vient d'Inverness…

Ils ricanèrent de concert. Nul n'ignorait que les familles du Nord de l'Ecosse faisaient partie des plus rigoristes.

- Ils ont parfaitement suivi les préceptes de la Tradition mais, soyez sûre que, comme tous ceux qui les ont connus à cette époque, nous n'avions aucun doute sur la force de leurs sentiments.

Mathilda ne put empêcher un soupir d'envie de franchir ses lèvres et eut un sourire complice avec Edgar.

- Il n'a jamais pu être prouvée la moindre accointance de Lord Parkinson avec celui qu'on appelle… Voldemort, souffla-t-il un ton plus bas.

- Mais, il.

- Il me semble qu'il a eu un procès équitable, Mathilda, et que le Magenmagot a pris une décision…

- Une mise à l'épreuve, affirma-t-elle un ton plus haut.

- En effet, une mise à l'épreuve, par principe de précaution. Au vu du manque de preuves, justement. Il me semble qu'il s'agit là d'un jugement suffisamment sévère. Il a été obligé de rendre son siège au Magenmagot et ne pourra plus jamais y accéder de nouveau. Il a perdu ses titres et paye déjà un lourd tribut...

- … Avez-vous un avis concernant sa fille.

- C'est là une histoire complexe, Mathilda, et je me garderais bien d'une quelconque opinion personnelle à cet égard. Vous connaissez la Tradition. Elle est, certes, difficile à suivre mais… Il est tout aussi difficile de condamner Lord Parkinson pour avoir suivi les valeurs dans lesquelles il a été éduqué.

La journaliste buvait littéralement ses paroles. Il reprit.

- Vous savez que, au sein du Push-It-Up, nous soutenons l'harmonie et la paix.

Elle hocha la tête, convaincue.

- Je ne me prononcerais pas sur la dignité de cette jeune fille qui a grandi trop vite, pendant la guerre, encore moins maintenant qu'elle partage la vie de notre Sauveur mais, je dois reconnaître qu'il est probablement dommage que Lord Parkinson ait renié sa fille. L'inscription de son petit-fils au Registre risque d'être bien plus difficile…

- Lord Higgs…

- Devrait pouvoir arranger cela, c'est certain. Mais trêve de bavardage, Mathilda ! Je n'ai pas l'impression de garder mon rôle, en tenant de tels propos.

- Promis, je tairais cet intermède concernant les Parkinson. Il me semblerait vraiment déplacé d'aborder un tel sujet dans un papier sur les élections moldues !

La télévision n'annonçait toujours rien d'intéressant et Mathilda donna un léger coup d'épaule à Edgar qui se tenait tout contre elle.

- Oh, Monsieur le Premier Ministre ! Que pensez-vous des derniers amendements déposés par la MADNESS [6] ?

- Ces extrémistes font du tort à la politique, s'exclama-t-il après un soupir agacé. Ce ne sont que des agitateurs. Rien de plus… Ce n'est pas pour rien qu'aucun d'entre eux n'a encore pu entrer au Magenmagot.

- Là encore, m'autorisez-vous à vous citer ?

- J'aimerais avoir un droit de regard sur les formulations que vous utiliserez les concernant.

- J'imagine que nous devrions trouver un arrangement mais, vous savez bien que ce sera mon rédacteur en chef qui aura le dernier mot.

- Comme toujours, Mathilda…

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Le nombre de notes est impressionnant mais, je me doute que tout ce qui concerne la politique a dû vous sortir de la tête, ces questions n'étant abordées que sporadiquement…

Edgar Portarol [1] apparaît pour la première fois au chapitre 13. Dirige le Push-It-Up.

Robb [2] : Premier conseiller de Portarol, apparaît pour la première fois au chapitre 30.

McCall [3] apparaît pour la première fois au chapitre 71. McCall a réussi à convaincre Kingsley Shacklebolt, alors Premier Ministre de la Magie, de la nécessité à ce que les sorciers participent à la gouvernance moldue pour calmer la situation liée aux actions du FLS (cf note 5).

Guerre des Deux-Roses [4] : Wikipédia est votre ami, mais en gros, il s'agit d'une série d'affrontements entre les maisons de Lancastre et de York concernant les droits de succession à la couronne, au XVème siècle, et qui conduit (grosso-modo), à la dynastie des Tudor.

FLS [5] : Le Front de Libération des Sorciers est un mouvement secret qui découle de la frange la plus radicale de Push-It-Up (v. chap 30). Pour rappel, Théodore Nott a participé à l'émergence du FLS avec Robb, en sous-marin, tirant les ficelles des militants activistes. Ils participent notamment à l'envahissement de promoteurs sorciers dans l'espace moldu, engendrant, de facto, la visibilisation des sorciers et mettant en péril le Secret.

MADNESS [6] : apparaît pour la première fois au chapitre 56. La MADNESS est un regroupement de Militants Aux Droits des Natifs Exempts de Sang Sorcier. Bref, des nés moldus (ou des Sangs-De-Bourbe selon le point de vue) qui se lancent en politique… ! (Pour rappel, c'est aussi une récupération de « Égrène les jours »)

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Alors, qu'avez-vous pensé de cette incursion en politique ? Est-ce que tout était clair ? Vous croyez qu'il y aura des implications à l'avenir ?

Et pour notre prochain chapitre ? On prend rendez-vous avec qui, à votre avis ? Un pronostic ?