Tu m'apprendras… ?
Nous entrons dans la dernière partie de cette fiction (eh oui !) et maintenant que j'ai pour ainsi dire terminé de l'écrire (et presque terminé de la traduire) je voulais vous demander si vous aimeriez que je publie les 9 prochains (et derniers chapitres) chaque semaine, comme je le faisais pour le Trèfle et le Tartan ? Ou si vous préférez rester sur un rythme de 1 chapitre toutes les 3 semaines ? Dites-le moi en commentaire !
Merci à Wizzette et Macki pour les reviews !
Macki : ahahah tu pourrais être surprise par la suite des événements. Je n'en dis pas plus. J'espère que tu apprécieras malgré tout la douceur de ce chapitre (et sa fin… un peu moins douce). Bonne lecture !
~o~
26. Burning Books
Octobre 1774.
En attendant que Brianna prenne sa décision d'utiliser le carnet, Phèdre avait demandé l'autorisation à Stephen de se rendre à Wilmington pour la foire aux textiles, et elles avaient convenu que Brianna lui signifierait avant son départ si oui ou non elle devait passer chez l'apothicaire. Trois semaines… Vingt-et-un jours de réflexion, avant de décider si elle lançait l'offensive contre Stephen Bonnet et William Tryon. Vingt-et-un jours de « test » au cours desquels elle évaluerait dans quelle mesure l'Irlandais était digne de son pardon.
Une partie d'elle-même était confiante : pour autant qu'elle sache, Stephen s'était montré parfaitement irréprochable à son égard depuis le mois de mars et s'il continuait sur sa lancée, il n'y avait aucune raison pour que cela change. Son choix serait donc simple. Elle garderait le carnet jusqu'au jour où suffisamment de temps se serait écoulé pour qu'elle décide de s'en débarrasser définitivement. Mais dans le cas contraire, où il ferait une bêtise encore plus grosse que lui… elle n'aurait aucune pitié.
Bon, tout dépendrait de la bêtise en question, évidemment…, pensa-t-elle en remuant mécaniquement son café matinal.
« OUIIIIIIIII ! »
Brianna sursauta si violemment qu'elle faillit en lâcher sa petite cuillère et renverser sa tasse. Jeremiah venait de hurler de joie quelque part dans la maison et elle entendit bientôt ses petits pieds cavalcader dans le hall d'entrée jusqu'à la salle à manger, où il surgit en bondissant jusqu'à elle.
« Maman, maman ! On va dormir dehors ! »
Brianna fronça les sourcils, sans comprendre. « D-dormir dehors ? C'est-à-dire ? »
Jeremiah s'apprêtait à répondre lorsque Stephen entra à son tour dans la pièce et fit le tour de la table pour venir embrasser le sommet du crâne de sa femme.
« Je dois m'absenter plusieurs jours à la fin de la semaine, mais avant ça il y a un dernier lopin de terre que je voudrais vendre. C'est le plus éloigné de la maison, sur les bords de la Cape Fear River. Mais il semblerait que les mesures sur l'ancien acte de propriété soient erronées, alors je dois aller les vérifier avant que la vente soit effective… Et je me suis dit… », il se tut, tournant la tête vers son fils qui trépignait d'impatience. « Que me suis-je dit, Jeremiah ? »
« Qu'on pourrait y aller tous les trois et camper là-bas ! », répondit l'enfant avec enthousiasme et Stephen opina du chef.
« C'est ça ! Mais encore ? »
Jem se renfrogna légèrement et regarda sa mère par en-dessous. « Qu'il fallait d'abord demander à Maman… »
Brianna avala la gorgée de café qu'elle venait de prendre et écarquilla les yeux. « Pourquoi est-ce que tu fais cette tête ? »
« Parce que tu vas dire 'non'. Tu dis tout le temps 'non'… », marmonna le garçonnet.
« Je ne dis pas tout le temps 'non', Jeremiah… »
« Alors, c'est oui dans ce cas ? », renchérit Stephen avec un rictus triomphant. Brianna regarda tour à tour l'air goguenard de son mari, puis les yeux pleins d'espoir de Jeremiah, et eut la soudaine impression de s'être fait avoir comme une débutante. Si elle refusait, Jeremiah aurait une raison de plus de la considérer comme une rabat-joie. De plus, elle devait passer un peu de temps avec Stephen avant de prendre sa décision. A fortiori s'il devait s'absenter.
« D'accord », soupira-t-elle, grimaçant lorsqu'un nouveau hurlement de joie lui vrilla le tympan, avant de lever les yeux vers Stephen. « Où pars-tu ensuite ? »
« Je fais partie de l'escorte du convoi contenant l'argent des taxes jusqu'à New Bern. Les Catobas sont hors de contrôle en ce moment. Ils attaquent tout : les convois postaux, les marchandises, tout ce qui ressemble de près ou de loin à des Anglais… Lord Tryon ne veut prendre aucun risque. »
« Quand rentreras-tu ? »
« Une grosse semaine avant le départ de Phèdre pour la foire, je pense… », répondit Stephen avant d'esquisser un petit sourire. « Pourquoi ? Je vais te manquer ? »
Brianna gloussa bruyamment et roula des yeux. « Oh oui, beaucoup », assura-t-elle sur un ton qui laissait comprendre tout le contraire, mais loin de s'en offusquer, Stephen secoua la tête d'un air amusé tout en coupant un morceau de pain en deux dans son assiette.
« Ingrate… Je devrais t'attacher sur une chaise à chaque fois que je m'absente. Tu apprécierais peut-être un peu plus les moments où je suis là. »
Plissant les yeux et tapotant son menton du doigt, la jeune femme fit mine de réfléchir et le sourire de Stephen s'agrandit tandis qu'il se demandait quelle répartie elle pourrait bien trouver à cela.
« Eh bien, j'imagine… que ça dépend de la chaise… ? »
Une boulette de mie de pain atteignit Brianna en plein sur la narine, mais elle la renvoya aussitôt à son expéditeur avec sourire mutin. Stephen s'apprêtait à la lancer de nouveau lorsqu'une petite voix moralisatrice s'éleva entre eux.
« On joue pas avec la nourriture ! »
Brianna se racla la gorge et reprit aussitôt un air sérieux. « Tu as raison, Jeremiah. Nous arrêtons immédiatement », promit-elle, alors que Stephen jetait cette fois la boule de mie sur son fils. Fort heureusement le projectile manqua sa cible et Jeremiah alla s'asseoir sur sa chaise pendant que Bree articulait « ça suffit » à l'attention de Stephen, qui dissimula son sourire dans sa tasse de thé.
« Il est si loin que ça, ce terrain, pour que nous devions dormir sur place ? », demanda-t-elle en aidant Jeremiah à étaler de la confiture sur ses tartines.
« Trois ou quatre bonnes heures en charrette… » Brianna leva les sourcils tellement haut que Stephen se sentit forcé de lui donner une explication. « De ce que j'ai compris en me plongeant dans la paperasse de ta tante, feu Mr. Cameron l'avait acheté pour une bouchée de pain en espérant pouvoir acheter plus tard toutes les terres environnantes jusqu'à rejoindre la plantation. Mais à sa mort, ta tante a cessé d'étendre le domaine et ce terrain est resté isolé et inexploité depuis. Il ne nous rapportera rien en l'état et j'ai besoin d'un peu de liquidités… », acheva-t-il avec un sourire en coin.
« Pourquoi faire ? Est-ce que tout va bien ? »
Les lèvres de l'Irlandais s'étirèrent un peu plus et il hocha la tête. « Oui, ne t'en fais pas. C'est pour une surprise… »
Comprenant à son air énigmatique qu'elle n'en tirerait rien de plus, Brianna acheva son petit-déjeuner dans le silence, essayant d'ignorer la sensation étrange qui lui tordait les entrailles à l'idée d'être livrée à elle-même pendant une grosse semaine pile au moment où elle aurait justement voulu côtoyer Stephen le plus possible. Comment prendre une décision éclairée s'il était absent la moitié du temps ? Si elle envoyait Phèdre livrer le carnet, ne le regretterait-elle pas ensuite si son mari ne faisait plus aucun faux pas ? Ou au contraire, si elle choisissait de le garder, ne le regretterait-elle pas amèrement la prochaine fois que Stephen ferait quelque chose de mal ? Non… Après tout, elle avait déjà attendu plus d'un an pour dénicher des informations et les phases les plus difficiles de leur cohabitation semblaient bel et bien derrière eux. Elle saurait se montrer patiente, si une autre occasion devait se présenter…
Deux petites heures plus tard, confortablement installés dans une simple charrette, les trois Bonnet quittèrent la propriété pour rejoindre le terrain où ils passeraient les prochaines vingt-quatre heures. L'endroit était une grande étendue de forêt clairsemée bordant la Cape Fear, et Brianna s'y sentit aussitôt en paix. Le murmure du vent dans les feuilles, le bruit assourdissant de l'eau ruisselant entre les rochers qui peuplaient le lit de la rivière et formaient de petits rapides, les cris des centaines d'oiseaux au-dessus de leurs têtes lui rappelaient en de nombreux points Fraser's Ridge, au tout début de son séjour lorsqu'elle était enceinte et couchait dans une cabane improvisée près de la maison encore en construction. Un paysage vierge, naturel, encore jamais touché par la main de l'Homme. Du moins jusqu'à maintenant : Stephen venait en effet de cueillir délicatement une fleur d'azalée sauvage pour la lui glisser derrière l'oreille.
« Une fleur parmi les fleurs… », déclama-t-il pompeusement avec un geste théâtral de la main qui la fit s'esclaffer. « Tu aimes cet endroit, je me trompe ? Un seul mot de toi et je renoncerai à le vendre… »
Brianna secoua la tête. « Non, ça me rappelle simplement… Fraser's Ridge. » Elle avait failli dire « la maison », mais s'était ravisée de peur qu'il ne se vexe.
« Un seul mot, Brianna… », ronronna-t-il en effleurant la fleur du doigt.
« Non, vends-le… Il est tellement loin de tout. Nous n'en ferons rien, à moins que tu n'aies décidé d'installer toute une colonie dans le coin… »
« Maman, on peut jouer à cache-cache ? », fit la voix excitée de Jeremiah derrière eux.
« Si tu veux, mais après le déjeuner ! Je crois que Monsieur Fitzpatrick a glissé une délicieuse tourte à la viande dans notre panier… », annonça-t-elle avec un sourire gourmand. Jeremiah adorait la tourte à la viande et se précipita vers la charrette pour décharger le lourd panier qui contenait un peu de vaisselle, leurs deux repas de la journée et quelques en-cas pour le lendemain matin. Stephen se précipita pour l'aider et après que Brianna ait étendu une couverture sur la rive de la Cape Fear, ils s'installèrent à même le sol pour déguster leur déjeuner.
« Il a même pensé au vin… », fit Stephen en sortant une bouteille du panier et deux verres soigneusement protégés dans une boîte en bois tapissée de velours.
« Je peux goûter ? », demanda Jeremiah en regardant le liquide rouge couler dans les verres.
Brianna esquissa une grimace. « Non, Jeremiah, c'est hors de question. »
« Mais pourquoi ? », geignit l'enfant. Elle s'apprêtait à hausser le ton, mais Stephen la devança et tendit son vin à l'enfant.
« Et pourquoi pas ? » Jeremiah saisit le verre avec empressement et le porta à sa bouche, tandis que son père continuait. « Si tu aimes ça, alors tu seras officiellement un homme. »
À peine sa gorgée avalée, Jemmy grimaça et dévisagea son père comme s'il venait de le trahir en lui faisant boire le breuvage le plus immonde sur Terre.
« Ah… On dirait que tu es encore un petit garçon, mon fils… », fit Stephen d'un air désolé. « Et que font les petits garçons ? Ils écoutent leur maman. Alors quand Maman dit non… c'est non. Allez, donne-moi ton assiette. »
Sous le regard amusé de Brianna, il servit une part de tourte à Jemmy avant de faire de même avec elle. « Et moi qui ai cru un instant que tu voulais réellement lui faire boire du vin… »
« Pour qui me prends-tu, femme de peu de foi ? », plaisanta-t-il, avant de sourire en la voyant pouffer. « S'il tient de moi, il en boira bien assez tôt. Autant profiter de son jeune âge pour le dégoûter un peu… »
Si quelqu'un avait dit à Brianna quelques années plus tôt qu'elle se retrouverait un jour à pique-niquer en famille avec Stephen Bonnet – et à passer un bon moment, de surcroît – elle ne l'aurait pas cru et aurait même sérieusement remis en question la santé mentale de son interlocuteur. Pourtant, il lui fallait le reconnaître : cet instant loin de leur maison dans un cadre idyllique, lui était non seulement agréable mais aussi bénéfique. Elle respirait, au sens propre comme au sens figuré. Comme lorsqu'elle libérait sa cage thoracique de son corset après une longue soirée mondaine et qu'elle pouvait enfin se retirer au calme dans un lit douillet, une main chaude posée sur son sein. Non pas une main… 'sa' main, corrigea-t-elle intérieurement, les joues en feu. Son trouble ne passa pas inaperçu et elle termina prestement son assiette de tourte et son verre pour mettre ce changement de teint sur le dos de l'alcool.
« Un peu plus de vin ? », demanda Stephen en saisissant la bouteille.
« Non, merci… et tu ne devrais pas en abuser non plus, ou bien on risquerait d'avoir des surprises lorsque tu mesureras le terrain. »
Stephen gloussa et reboucha sagement la bouteille, qu'il rangea dans le panier. « Tu as probablement raison… Mais avant ça, il me semble que nous ayons promis une partie de cache-cache à un petit garçon… »
« Moi, moi ! », rugit Jeremiah en déposant son assiette vide sur la couverture pour sauter sur le dos de son père. Celui-ci se leva tant bien que mal avec l'enfant perché sur ses épaules, tandis que Brianna rangeait leurs restes dans le panier et rassemblait la vaisselle pour aller la rincer dans la rivière. Mais Stephen leva les yeux au ciel.
« On s'en occupera plus tard… Ferme les yeux, bouche-toi les oreilles et compte jusqu'à vingt, Jeremiah et moi allons nous cacher. »
Brianna poussa un soupir et les regarda s'éloigner avant de se retourner et de lancer par-dessus son épaule. « Jeremiah, tu ne t'approches pas de la rivière ! »
« Oui, oui ! », répondit l'enfant et Brianna se boucha les oreilles, en toute confiance. Elle l'avait rappelé à l'ordre pour la forme, mais depuis sa chute dans l'étang, Jeremiah n'avait plus jamais consenti à mettre un orteil dans l'eau ailleurs que dans la baignoire et elle doutait que Stephen le laisse s'aventurer à moins de trois mètres du bord de toute façon.
« 18… 19… 20 ! Cachés ou pas, j'arrive ! »
Brianna décolla ses paumes de ses oreilles et rouvrit les yeux, un instant éblouie par la clarté du soleil automnal. Tournant sur elle-même, elle constata qu'aucun des deux garçons n'était visible et se dirigea tout d'abord vers un énorme chêne probablement arraché par une tempête et dont le tronc massif était couché en travers de la forêt. Mais personne n'était caché derrière. Un gros rocher, un tronc creux, de hautes herbes, autant de cachettes envisageables mais qui ne recelaient rien d'autres que quelques sauterelles indignées d'avoir été dérangées et un merle qui s'envola sur un arbre voisin.
Le bruit caractéristique d'une branche cassée la fit se retourner, et elle avisa un peu plus loin d'épais fourrés assez hauts pour dissimuler un homme adulte. Approchant à pas de loup, elle contourna le buisson pour surgir de l'autre côté avec un « ah-ah ! » victorieux… mais il n'y avait rien. Étrange… J'aurais pourtant juré-
Deux mains puissantes la saisirent par la taille et elle pivota avec un petit cri, avant de pousser un soupir de soulagement en reconnaissant son mari. « Tu m'as fait une peur bleue ! », protesta-t-elle, avant de sentir les mains de Stephen retrousser sa jupe. « Qu'est-ce que tu fais ? »
« J'ai envie de toi, mo fhíorghra… », haleta-t-il contre son oreille et Brianna sentit son cœur s'accélérer, malgré sa ferme intention de mettre la main sur son fils évanoui dans la nature.
« Je n'ai pas trouvé Jeremiah… »
Stephen se redressa pour lui décocher un regard plein de malice. « Je l'ai caché sous les couvertures dans la charrette. Et je lui ai dit de ne pas bouger jusqu'à ce qu'on le trouve. Ce qui nous laisse un peu de temps… »
Brianna ouvrit la bouche pour refuser, mais un agréable frisson remontant depuis son bas-ventre lui fit reconsidérer la question tandis que Stephen enfouissait son visage dans le creux de son cou. En d'autres circonstances, elle aurait certainement trouvé une excuse, mais ici loin de River Run, de ses contraintes et dans ce cadre parfaitement idyllique, aucune ne lui venait à l'esprit. Et c'est toute haletante, cramponnée aux épaules de l'Irlandais qu'elle souffla : « D'accord, mais faisons vite. »
Stephen ne se le fit pas dire deux fois. Empoignant ses cuisses nues sous sa robe, il la souleva brusquement, avant de faire quelques pas pour l'adosser à un tronc d'arbre voisin. Brianna saisit une grosse branche pour le soulager d'un peu de son poids et après avoir délacé ses braies, il entra en elle sans préparation aucune. Elle poussa un gémissement sonore avant de se rappeler que Jeremiah ne se trouvait qu'à quelques dizaines de mètres et pinça les lèvres pour plus de discrétion. Il y avait quelque chose d'étrangement excitant dans cet acte bestial, en pleine nature, où n'importe quel bateau voguant sur la Cape Fear pourrait les surprendre en plein ébats et Bree se surprit à aimer ça. Pendant quelques minutes, Stephen exécuta de rapides et puissants va-et-vient entre ses cuisses et même si ce ne fut pas suffisant pour que Brianna jouisse véritablement, elle n'en ressortit pas frustrée – concluant même l'étreinte par un langoureux baiser après que Stephen se fut répandu en elle. Baiser que Stephen réitéra lorsqu'ils sortirent enfin de leur cachette pour partir à la recherche de Jeremiah.
Mais en soulevant la couverture, il n'y eut pas de petit garçon surgissant comme un diable hors de sa boîte en lui demandant s'il était bien caché. Jeremiah était bien là, mais lové entre les toiles de tente et un gros sac, il dormait à poings fermés, son petit corps se soulevant et s'abaissant au rythme régulier de sa respiration.
« Pauvre enfant », chuchota Brianna avec un sourire attendri. « Nous l'avons fait attendre si longtemps qu'il s'est assoupi. Je m'en veux… »
Dans son dos, Stephen empoigna ses hanches avant de faire glisser ses mains autour de sa taille pour l'étreindre tendrement, un regard attendri posé sur leur fils. « Étrangement, pas moi… »
~o~
Le lendemain, alors qu'ils reprenaient la route de River Run, une teinte résolument rosée ne semblait pas vouloir quitter les joues de Brianna Bonnet. Après leur petite partie de jambes en l'air contre un arbre, Stephen s'était éclipsé pour prendre ses mesures et elle avait dressé le camp pour la nuit, avant de faire du feu. Jeremiah avait ensuite élu domicile dans la charrette, bien calé au chaud entre sacs et couvertures, tandis que Stephen et elle s'étaient étendus sous la tente. Où ils avaient fait l'amour. Encore.
Brianna tourna discrètement la tête pour observer son mari, qui tenait les rênes des chevaux et ses joues s'enflammèrent de nouveau lorsqu'il sourit imperceptiblement. Même en étant concentré sur la route, il sentait ses yeux bleus sur lui, et Brianna devint carrément cramoisie. Et encore une fois à l'aube…, pensa-t-elle en achevant son débriefing intérieur. Après deux jours presque irréels tant ils avaient été parfaits, l'idée de rentrer à la maison pour y passer ensuite plus d'une semaine sans mari lui était presque désagréable et elle se retint de lever les yeux au ciel. Après des mois passés à le fuir et à limiter tout contact, voilà qu'elle en voulait toujours plus. Qu'était-elle devenue ? Une adolescente tiraillée par ses hormones ? Non, fit une voix pragmatique dans sa tête. Simplement une femme attirée par son époux. Quoi de plus normal ?
Quoi de plus normal, en effet. Sauf peut-être lorsque le mariage n'était pas un mariage d'amour et que le marié avait plus d'un crime à son actif ? Brianna n'avait pas la réponse à cette question. Bien d'autres femmes avant elle avaient certainement convolé avec des hommes qu'elles n'aimaient pas ou ne connaissaient pas, et de l'affection était née avec le temps, les enfants, les drames et les moments heureux. Pourquoi ferait-elle exception ?
Le lendemain, Stephen avait enfourché son cheval et quitté la propriété, ses besaces remplies de vivres et de quelques vêtements de rechange pour le voyage. Brianna l'avait regardé partir, le cœur étonnamment serré, puis avait décidé de se changer les idées en emmenant Jeremiah se promener à Cross Creek, avec Hennessy pour les chaperonner. L'anniversaire de sa mère approchait et elle comptait bien trouver un petit quelque chose à lui envoyer pour l'occasion.
Une fiole retint son attention chez l'apothicaire local : de la « Liqueur de Frobénius », un produit chimique utilisé pour les teintures en Europe mais dont certains curieux avaient découvert les propriétés analgésiques et surtout récréatives. Un produit qui serait plus connu à l'avenir sous un autre nom…
« De l'éther… », murmura Brianna avec un sourire victorieux. Aussitôt, son esprit se mit en branle et elle se mit à imaginer comment elle pourrait confectionner un masque et offrir le système complet à Claire, afin de lui permettre d'anesthésier ses patients et de réaliser des interventions plus complexes. Toujours souriante, Bree se saisit de la fiole, d'éponges naturelles exposées sur un autre rayonnage, et après avoir fait régler ses achats par Hennessy, ils passèrent chez le menuisier acheter une jolie boîte en bois, puis une garniture en velours et du tissu très épais dans une autre boutique.
« Pourrais-je savoir à quoi vous destinez tout cela, Madame ? », demanda enfin Hennessy, les bras chargés de ses emplettes, tandis que Jeremiah s'élançait vers un troupeau de pigeons, les faisant s'envoler dans un vacarme d'ailes et de roucoulements furieux.
« Je compte envoyer un cadeau à ma mère pour son anniversaire… »
Le majordome se renfrogna aussitôt et secoua la tête. « Je ne sais pas si je peux vous laisser envoyer quoi que ce soit sans l'accord de Mr. Bonnet… »
« Il m'a bien laissée offrir quelque chose à mon père », protesta la jeune femme et voyant que Hennessy semblait inflexible, elle ajouta d'une voix enfantine : « Vous pourrez contrôler le colis et la lettre que je lui écrirai, si c'est cela qui vous ennuie. S'il-vous-plaît… »
Hennessy ouvrit la bouche, sourcils froncés, mais n'eut pas le temps de prendre la parole.
« S'il-vous-plaît-s'il-vous-plaît-s'il-vous-plaît-s'il-vous-plaît-s'il-vous-p- »
Autour d'eux, quelques regards curieux furent lancés dans leur direction et Hennessy poussa un grognement. « C'est d'accord, Madame… » Comme Brianna poussait une exclamation triomphante, il s'empressa d'ajouter : « Mais si cela déplaît à Mr. Bonnet… »
« Je plaiderai en votre faveur à votre procès, c'est promis », railla la jeune femme en levant les yeux au ciel, avant de courir après Jeremiah.
« Oh, il n'y aura pas de procès… », marmonna Hennessy en les suivant de loin. « Il me traînera par les pieds jusqu'en Caroline du Sud et me servira en pâture aux alligators… »
« Qu'avez-vous dit ? », demanda Brianna à quelques mètres de là, mais seul un grognement bourru lui répondit.
~o~
Huit jours passèrent plus rapidement que Brianna ne l'avait imaginé. Elle avait d'abord réalisé quelques dessins et patrons pour coudre le masque, confectionné un compartiment pour l'éponge et le produit afin qu'ils ne soient pas en contact direct avec les voies respiratoires des patients et arrangé joliment la boîte pour y caler le précieux liquide et son cadeau avant d'empaqueter le tout dans un beau sac en velours bleu. Elle avait ensuite rédigé quelques mots classiques et absolument pas suspects, fait vérifier la missive à Hennessy, qui l'avait approuvée et fait expédier par messager avec le colis. Brianna était convaincue que sa mère allait adorer ce nouvel outil et cette seule idée rendu les journées moins pesantes.
Mais Stephen ne rentrait toujours pas. Le neuvième jour, une lettre était parvenue à River Run, où il expliquait que le trajet allait être plus long que prévu mais qu'il rentrerait dès qu'il le pourrait et Brianna commença à trouver le temps long. Son excuse de devoir passer du temps avec lui pour prendre sa décision ne tenait plus. La vérité, c'était que son quotidien entre ces murs perdait son sens lorsqu'il s'absentait. Elle n'avait rien à attendre de ses journées, aucune activité à part s'occuper de Jeremiah, et aucun corps pour réchauffer le sien à la nuit tombée.
Le dixième jour, ses carnets de dessin – habituellement noircis de portraits et de paysages où se cachaient toujours les petits traits et les points de ses cycles menstruels – avaient commencé à se couvrir de schémas techniques, de notes et autres inventions qu'elle avait toujours rêvé de mettre au point ici, au dix-huitième siècle pour simplifier la vie de ses parents. Une roue à aubes, des allumettes, un rouet, une lampe tempête, prirent peu à peu forme sur les pages et l'envie d'aller fouiller dans les réserves d'outils et de matériaux au fin fond de la propriété commençait à la titiller sérieusement.
L'aube du onzième jour, en revanche, mit un terme à ses envies créatives lorsque des maux de ventre la terrassèrent avec l'arrivée imminente de ses menstruations et elle se retrouva de nouveau au lit, désœuvrée, avec rien d'autre à penser que la place vide et froide à côté de la sienne. Une place sans torse massif contre lequel se blottir, sans mains pour la caresser, sans jambes à entremêler aux siennes, sans regard ardent pour l'admirer. Brianna poussa un soupir lorsque sa main droite se glissa inconsciemment entre ses cuisses, pressée de soulager la douleur des contractions de son utérus mais aussi le manque cruel causé par l'absence du pirate.
L'orgasme vint rapidement sous sa main experte mais loin de la satisfaire, elle n'en ressortit que plus frustrée. Par les premières gouttes de sang qui maculaient désormais le bout de ses doigts, signant la fin de sa grasse matinée si elle ne voulait pas tacher la literie, mais aussi par la faiblesse dont ses lèvres avaient fait preuve en laissant échapper les deux syllabes du prénom de son époux. Un prénom qu'elle avait tant haï, craint même, et qu'elle soupirait maintenant dans ses moments les plus intimes. Et merde…
Enfin, au terme du quinzième jour de son périple, soit trois jours avant le départ de Phèdre pour Wilmington, le cheval de Stephen avait refait son apparition à River Run, pour le plus grand plaisir de Jeremiah et celui – plus inavoué – de sa mère. Tous deux jouaient dans la chambre de l'enfant lorsque la voix de Stephen avait retenti dans le hall d'entrée et Jeremiah avait aussitôt poussé un cri strident, vrillant les tympans de Brianna, avant de détaler dans les escaliers.
« Papaaaaaaaaaaaaa ! »
Brianna resta un instant assise sur le sol, essayant de décider quel sentiment lui inspirait le retour de Stephen, mais ne trouvant pas de réponse, elle décida de le découvrir par elle-même et se leva pour rejoindre Jeremiah. Depuis le rez-de-chaussée lui parvenaient les cris ravis de son fils et lorsqu'elle s'engagea dans l'escalier, la vue du garçonnet flottant dans les airs pour retomber dans les bras de son père la fit sourire. Mais les cris s'arrêtèrent très vite lorsque Stephen reposa son fils à terre pour que Lloyd lui retire son manteau de voyage et qu'il posa enfin les yeux sur celle qui avait hanté ses pensées tout au long de l'expédition.
« Brianna… », souffla-t-il lorsqu'elle atteignit le rez-de-chaussée, lui faisant lever le nez.
L'intensité du regard de l'Irlandais la frappa de plein fouet et elle eut un instant l'impression d'avoir en face d'elle Jamie lorsqu'il posait ses yeux pour la première fois sur Claire après une longue séparation. Son cœur s'emballa et lorsqu'une seconde plus tard il fondit dans ses bras pour l'emporter dans un baiser passionné, elle s'y abandonna corps et âme sans même une seconde d'hésitation.
« Tu m'as manqué, mo fíorghrá… », souffla-t-il en pressant ses lèvres contre son front, tandis que Brianna chuchotait un timide « moi aussi » qui le fit sourire. « Je n'ai pensé qu'à toi à chaque minute… J'ai cru devenir fou… »
Un raclement de gorge discret en provenance du corridor qui menait aux cuisines attira l'attention de Stephen. « Monsieur ? », fit simplement Hennessy avec un signe de tête, avant de se détourner en direction des cuisines.
« J'arrive, Mr. Hennessy… » Stephen baissa de nouveau les yeux vers Brianna, pensant très certainement déjà au moment béni où il pourrait la dénuder et satisfaire deux semaines d'insupportable frustration. « Je reviens dans un instant. »
Bree hocha la tête avec un sourire crispé, et il l'embrassa de nouveau avant de suivre leur majordome dans le couloir. Qu'est-ce qu'il peut bien avoir de si important à lui dire ?, pensa Brianna en le regardant s'éloigner. S'il veut cafter pour le cadeau de ma mère, il pourrait au moins le faire en ma présence, pour que je puisse me défendre… Je n'ai rien à me reprocher, après tout !
Confiant Jeremiah à Lloyd, Brianna s'éclipsa à la suite des deux hommes, aussi silencieusement qu'un chat et remonta le couloir de l'office jusqu'à la cuisine dont la porte était entrouverte. Tapie dans l'ombre, Brianna glissa un œil à l'intérieur de la pièce et vit Hennessy saisir quelque chose dans un tiroir. Quelque chose qui ressemblait à un livre à reliure en cuir.
« Un nouveau livre est arrivé de Fraser's Ridge, Monsieur… », maugréa Hennessy en tendant l'ouvrage à Stephen qui s'en empara, le visage sombre. « Voulez-vous que je le brûle, comme les autres ? »
Le cœur de Brianna manqua un battement et elle parvint par miracle à retenir un cri de surprise. Pour plus de sécurité, elle plaqua une main sur sa bouche pour éviter que le bruit de sa respiration de plus en plus saccadée ne révèle sa présence. Voulez-vous que je le brûle, comme les autres ? Comme les autres… Les autres… Les mots de Hennessy se répétaient en boucle dans sa tête, comme si son cerveau avait besoin de ça pour analyser l'information et tout ce qu'elle impliquait. Il y avait eu d'autres livres, d'autres tentatives de ses parents de communiquer. Mais ils avaient été détruits, sans même qu'elle soit mise au courant de leur existence. Quand ? Combien de fois ? Pourquoi ? Stephen avait-il découvert le message caché dans Hamlet ? Ou soupçonnait-il seulement quelque chose ? Les larmes commencèrent à lui piquer les yeux et sa vue se brouilla, tandis qu'elle dévisageait à présent Stephen, analysait son mutisme et son expression impassible. Et elle se surprit à supplier.
Ne fais pas ça… Pas maintenant… Je t'en supplie, Stephen, sois honnête et donne-moi ce livre… Je te pardonnerai pour tous les autres, mais seulement si tu me donnes celui-ci…
Stephen retourna le livre entre ses mains, l'examinant sous toutes les coutures avant de souffler longuement par le nez. Pendant ce temps, l'esprit de Brianna hurlait littéralement et la jeune femme se demandait d'ailleurs comment il pouvait ne pas l'entendre.
Prouve-moi que tu as réellement changé… Prouve-moi que tu me fais confiance… Prouve-moi que tu m'aimes… Prouve-moi que j'ai tort d'envoyer ce foutu carnet… STEPHEN !
« Vous n'êtes même pas certain qu'il y ait quoi que ce soit de dissimulé à l'intérieur, Monsieur… », reprit Hennessy, d'une voix apaisante. « Ce ne sont peut-être que des livres depuis le début… »
La lenteur avec laquelle Stephen prenait sa décision menaçait de la rendre folle et la main qui maintenait sa bouche close se mit à trembler de manière incontrôlable, si bien qu'elle plaqua la seconde par-dessus et serra. De toutes ses forces.
Je t'en supplie, Stephen, ne fais pas ça… Je ne veux pas… Je ne VEUX PAS… Stephen, donne-moi le livre, par pitié, mon amou-
« Brûlez-le… », lâcha abruptement Bonnet en tendant le volume à son majordome, qui retint un soupir de désapprobation.
Dans le corridor, Brianna sentit son cœur se briser en mille morceaux et elle sut qu'elle devait à tout prix quitter sa cachette avant d'exploser de colère, de tristesse et de déception. Sur la pointe des pieds, elle remonta le couloir aussi vite et silencieusement que possible, grimpa les escaliers quatre à quatre et s'enferma dans la petite pièce où Phèdre rangeait le linge de maison. Haletante, elle se laissa tomber contre le mur le plus proche et prit une longue inspiration entrecoupée de sanglots. Il fallait qu'elle se calme, qu'elle reprenne le contrôle d'elle-même. Stephen ne devait pas savoir qu'elle les avait espionnés, il ne devait pas suspecter son trouble. Mais c'était plus facile à dire qu'à faire et pendant une ou deux minutes, elle s'autorisa à laisser libre cours à ses larmes avant de saisir sur une étagère un mouchoir brodé pour sécher ses joues et ses lèvres humides.
Finalement, peut-être était-ce mieux ainsi. En tous cas, cela rendrait les choses plus faciles. Cela rendrait sa décision plus facile. Il ne changerait jamais vraiment. Même s'il faisait d'elle la plus heureuse des épouses, il aurait toujours cette peur, cette méfiance, ce besoin maladif de la garder pour lui et rien que pour lui, de l'enfermer, de l'isoler, de lui mentir… Et il venait de le lui prouver encore une fois. Tout aurait pu être différent. Il aurait pu sortir de cette fichue cuisine, le livre à la main et le lui donner. Il aurait pu choisir le camp de la confiance et elle aurait sans hésiter choisi celui du pardon. Elle aurait écrit à ses parents pour leur dire qu'elle renonçait à se venger, qu'elle souhaitait donner une chance à leur couple. Ils auraient pu continuer d'être réellement heureux, comme ils l'avaient été dernièrement, mais-
Brûlez-le.
Deux mots. Une énième décision merdique. Une dernière chance gâchée. Brianna s'essuya une dernière fois les yeux, inspira profondément et agita ses mains devant son visage pour le ventiler d'un peu d'air frais et apaiser la rougeur qui devait s'être installée sur son nez et le contour de ses yeux. Et lorsqu'elle se sentit prête, elle quitta sa cachette, tombant nez à nez avec Phèdre qui remontait le couloir du premier étage à sa gauche et Stephen qui venait d'apparaître sur le palier à sa droite.
Brianna se composa aussitôt un sourire de circonstance, tentant d'ignorer la douleur dans son cœur lorsque Stephen lui sourit à son tour, aussi naturellement que d'habitude. Sans même une micro-expression qui aurait pu indiquer qu'il se sentait coupable d'un quelconque mensonge.
« Que faisais-tu là-dedans ? », demanda-t-il avec un froncement de sourcil amusé.
« Je… », Brianna se racla la gorge, brandissant le carré de tissu mouillé entre ses doigts, « je cherchais un mouchoir. Je crois que j'ai attrapé froid… » Et pour donner un peu de poids à son diagnostic, elle renifla légèrement.
« Hmm… Voilà ce qui arrive quand je ne suis pas là pour te réchauffer… », plaisanta-t-il en tendant la main vers elle.
Elle la prit mécaniquement, pensant avec une pointe d'amertume qu'elle y aurait mis beaucoup plus d'entrain s'il avait simplement décidé de lui donner ce putain de livre, nom de Dieu.
« Viens, je vais m'occuper de ce petit corps glacé… », murmura Stephen avec un sourire charmeur et Brianna se laissa emporter vers leur chambre, ne se retournant vers Phèdre que lorsqu'ils atteignirent la porte.
« Oh, Phèdre… », dit-elle sur un ton parfaitement détaché, « j'ai oublié de vous dire… Quand vous irez à Wilmington, pourrez-vous s'il-vous-plaît passer prendre de la camomille chez l'apothicaire ? J'aimerais refaire de l'onguent pour les cheveux de Jeremiah… »
Phèdre cligna des yeux, légèrement surprise par ce revirement de situation, mais Brianna se chargerait de lui révéler la raison plus tard, elle en était persuadée. C'est pourquoi la jeune servante plia légèrement les genoux en une brève courbette et hocha la tête. « Oui, Madame. »
L'instant d'après, Brianna avait disparu à l'intérieur de la chambre, s'abandonnant – probablement pour l'une des dernières fois – aux bras de Stephen Bonnet.
Du moins le pensait-elle…
oOoOoOoOoOoOoOoOo
JE SAIS, je sais ce que vous allez dire. Mais comment, après toutes ces scènes si douces et pleines d'amour, peut-elle terminer le chapitre ainsi ? Eh bien non seulement je peux, mais en plus je peux aussi vous dire que le prochain chapitre va en surprendre plus d'un·e ! Quoi que vous imaginiez pour la suite, vous vous trompez…
Malgré cette fin déchirante pour cette pauvre Brianna, avez-vous apprécié ce chapitre et les touchants instants en famille ? Le pique-nique et le camping improvisé ? J'aime beaucoup la façon dont Stephen a évolué et va continuer d'évoluer dans les prochains chapitres. Certes, il n'est toujours pas parfait, mais il peut encore vous surprendre (et dans le bon sens du terme, hein, j'insiste).
Le chapitre 27 arrivera le 23 avril et d'ici là je vous souhaite à tous un joyeux mois d'avril !
Xérès
