Tu m'apprendras… ?
Bon, je ne sais pas si le changement de rythme de publication vous a perturbés, mais le précédent chapitre n'a pas soulevé beaucoup de réactions. Peut-être que je n'aurais pas dû accélérer les publications…
Enfin bon, Brianna et Stephen sont à présent en amoureux sur leur petite île et on peut dire que cette parenthèse loin de leur routine et de leurs problèmes va leur faire le plus grand bien. Nous allons également faire la connaissance d'un nouveau personnage, entre autres surprises…. J'espère que le chapitre vous plaira !
Merci à Macki et Wizzette pour leurs reviews.
Macki : ahahah Brianna a baissé les armes et toi aussi, bien bien bien (* se frotte les mains d'un air machiavélique *). Bonne lecture alors !
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29. New Beginnings
Tout était parfait. Absolument parfait.
Le chant des goélands argentés qui planaient au-dessus de l'île, les senteurs iodées qui parfumaient naturellement l'espace, le bruit apaisant des vagues qui s'écrasaient sur le sable en contrebas de la maison… La bâtisse elle-même avait séduit Brianna dès qu'elle y avait mis les pieds. Moins vaste que River Run, plus intime et plus chaleureuse aussi, avec ses éléments de décoration orangés et vert profond, on s'y sentait rapidement à l'aise. Et Bree ne se lassait pas d'admirer la baie à chaque fois qu'elle ouvrait une fenêtre, inhalant à pleins poumons l'air vivifiant de l'océan.
Stephen avait eu raison. Encore quelques mois plus tôt, elle aurait détesté l'admettre mais pour une fois, elle était totalement en phase avec la dernière lubie de son époux. Cette maison était ce qu'il leur fallait. Un nouveau départ, un nouvel environnement, un endroit rien qu'à eux pour se découvrir et s'apprivoiser – loin des obligations, des souvenirs, de la culpabilité. Phèdre aurait aussi beaucoup aimé cet endroit et alors que Brianna achevait de ranger ses affaires dans son armoire, l'idée qu'elles auraient pu le faire ensemble en papotant avant d'aller prendre le goûter sur la plage avec Jeremiah avait menacé de faire couler quelques larmes.
N'ayant pas préparé ses affaires elle-même à River Run, Brianna se rendit compte que plusieurs choses jugées « inutiles » par Hennessy avaient été laissées sur place. Le majordome avait bien emporté du matériel de dessin, mais par exemple ses croquis terminés – et notamment ceux où elle glissait discrètement le suivi de ses cycles menstruels – n'avaient pas fait le voyage. Toutefois, cela ne paniqua pas Brianna outre mesure après la mort de Phèdre, elle avait manqué de noter plusieurs jours d'affilée et avait progressivement perdu le fil. À quoi bon, de toute façon ? Si elle rendait les armes, comme elle se l'était promis, elle n'avait plus aucune bonne raison de refuser un deuxième enfant à Stephen. Et l'idée ne lui était d'ailleurs pas désagréable. Cela marquerait réellement le début d'une nouvelle vie…
Une fois son armoire organisée selon ses goûts, Brianna se releva et jeta un œil par la fenêtre, d'où l'on distinguait Jeremiah et Blue courant sur la plage à quelques mètres de l'écume des vagues – sous le regard attentif de Stephen, assis à même le sable sur la pente douce de la dune. Saisissant un épais châle en laine, elle se couvrit les épaules et quitta la chambre conjugale pour les rejoindre. Mais alors qu'elle arrivait près des cuisines, un grognement de colère lui parvint et elle s'arrêta devant la porte entrebâillée. À l'intérieur, Fitzpatrick se tenait au milieu d'un véritable capharnaüm de caisses, de casseroles et de vaisselle en tout genre, tournant sur lui-même, visiblement à la recherche de quelque chose.
« Tout va bien, Mr. Fitzpatrick ? », demanda Brianna en levant un sourcil inquisiteur.
Le cuisinier se retourna d'un bond et secoua la tête. « Non, rien ne va. J'ai peur d'avoir oublié ma pierre d'Arkansas à River Run, celle qui me sert à aiguiser mes couteaux. »
Brianna réprima un sourire. « Je suis sûre qu'on pourra vous la faire venir d'ici quelque temps… ou vous trouver une autre pierre. »
« Mais cela prendra du temps. Certains ingrédients sont délicats, Madame. Les couper avec des couteaux mal aiguisés peut les écraser et transformer un joli plat en désastre sans nom… »
« Je pense que nous survivrons à quelques plats esthétiquement discutables, Mr. Fitzpatrick », assura Brianna d'une voix apaisante. « Mais… merci de vous en soucier. »
Le cuisinier hocha la tête solennellement. « Je ne fais que mon travail, Madame. »
Pour toute réponse, Brianna lui sourit et s'éloigna en secouant la tête. Chacun gérait le deuil comme il pouvait, après tout. Et si s'énerver pour une pierre égarée lui faisait du bien… qui était-elle pour le juger ? Elle-même avait trouvé un moyen des plus étranges d'apaiser sa peine, et elle allait d'ailleurs de ce pas s'y abandonner. Traversant le petit jardin pour gagner la dune, elle descendit précautionneusement dans le sable jusqu'à s'arrêter à la hauteur de Stephen. Instinctivement, celui-ci se redressa et écarta les genoux pour qu'elle vienne s'asseoir entre ses jambes, et lorsque ce fut fait, il entoura le châle et ses épaules de ses bras.
Brianna ferma les yeux, appréciant le contraste agréable entre la fraîcheur du vent sur son visage et la douce chaleur que Stephen créait tout autour d'elle. Quelques instants plus tard, lorsqu'elle rouvrit les paupières et tourna la tête pour dévisager l'Irlandais, elle fut une nouvelle fois frappée par la douceur et l'apaisement qui régnaient sur ses traits. Une expression qu'il arborait souvent depuis leur départ de River Run et elle devait avouer qu'elle ne s'en lassait pas. Et ce n'était pas la seule chose fascinante qu'elle avait récemment découvert…
« Nous serons vraiment bien ici, merci… », murmura-t-elle avec douceur et sans la regarder, il sourit imperceptiblement au moment où elle reprenait la parole. « … Je t'aime. »
Comme elle l'avait prévu, Stephen sursauta légèrement et tourna vers elle un regard d'abord décontenancé, puis… infiniment reconnaissant. Depuis sa première déclaration quelques semaines plus tôt, Brianna avait développé une obsession malsaine pour cette réaction. Elle ne savait pas encore réellement si elle pensait ces deux mots de la même manière qu'elle les avait pensés autrefois pour Roger, mais une chose était sûre : elle aimait l'effet qu'ils avaient sur Stephen. Et de temps en temps, elle les lui glissait sans prévenir pour le simple plaisir de le voir d'abord s'en étonner, puis s'en réjouir.
Stephen dût interpréter le silence qui suivit comme de la déception, car il laissa échapper un rire nerveux. « Je t'aime aussi, mon cœur… Pardonne-moi pour le temps que j'ai mis à répondre. Je n'y suis pas encore habitué… et je tressaille systématiquement, comme si c'était la première fois. »
Brianna gloussa et reporta son attention sur Jeremiah. Le garçonnet s'était arrêté un instant pour les observer de loin avec un grand sourire, avant de se baisser pour ramasser un bâton et le jeter à quelques mètres pour que Blue aille le chercher. La vue de son fils heureux comme un Pape lui serra la poitrine et elle se mordit la lèvre.
« Moi aussi, j'aimerais m'excuser… », commença-t-elle et Stephen fronça les sourcils, comme si l'idée même qu'elle ait quoi que ce soit à se reprocher était inenvisageable. « Je me rends compte que mon ressentiment… envers toi… m'a fait rater énormément de choses avec Jeremiah. J'étais prisonnière de ma haine et je… je ne me suis pas occupée de lui comme je l'aurais dû. »
« Ne sois pas ridicule… », fit Stephen d'une voix douce. « Je m'en suis occupé. Toutes les fois où… mon mauvais comportement et autres drames te plongeaient dans l'affliction, j'ai pris le relais. Avant notre mariage, tu ne pouvais pas flancher car il n'avait que toi, mais ce n'est plus le cas. Il m'a moi. » Les yeux de Brianna s'agrandirent légèrement en l'entendant admettre qu'il n'avait pas exactement été un enfant de chœur avec elle, mais elle ne fit aucune remarque. « Et d'ailleurs, je suis certain que Jeremiah ne t'en veut pas. Votre amour l'un pour l'autre est inconditionnel. Je dois dire que je l'envie un peu… »
« Tu peux être jaloux… », plaisanta Brianna avec une petite moue moqueuse. « Le véritable grand amour de ma vie, c'est lui. Personne ne peut faire mieux. »
Stephen étouffa un rire. « J'ai dit que je l'enviais, pas que j'étais jaloux. Il est peut-être le seul homme en ce monde avec lequel je ne me sens pas en compétition… » Il déposa un baiser sur le haut du crâne de Bree et reprit : « Je sais d'avance que je perdrais. »
Le silence retomba entre eux, tandis que des aboiements joyeux retentissaient sur la plage, et Stephen resserra ses bras autour de Bree en sentant le vent forcir.
« Je me suis souvent demandé si ma mère m'aimait de cette manière… », murmura-t-il quelques minutes plus tard et Brianna fronça les sourcils, son esprit visualisant l'image floue de cette femme de Sligo, déposant un nouveau-né sur le parvis d'une cathédrale.
Quelle que soit sa raison d'abandonner son bébé, elle avait sa part de responsabilité dans tout ce qui s'était produit ensuite. L'enfance sans amour dans un orphelinat sordide, la pauvreté, le vol et le crime pour tout moyen de subsistance, jusqu'à sa carrière de contrebandier et enfin… leur rencontre et toute la violence qu'elle avait engendrée. Les choses se seraient-elles passées différemment si Stephen avait grandi dans une famille aimante ? Serait-il devenu le même homme ou quelqu'un d'entièrement différent, avec un réel respect pour autrui, de l'empathie et un goût moins prononcé pour le brigandage ? Brianna aimait à croire que oui. Qu'on ne pouvait pas devenir un Stephen Bonnet sans une bonne raison. Mais surtout elle voulait croire que quoi que le manque d'amour ait pu détraquer en lui, elle pourrait petit à petit le réparer en lui donnant ce dont il avait toujours eu besoin. Il lui avait partiellement prouvé que c'était possible, au fil des mois, et peut-être qu'avec les années ils parviendraient ensemble à une forme d'apaisement et de pardon mutuel.
« Je l'ai souvent imaginée en train de m'abandonner… », reprit Stephen, tirant Brianna de ses pensées et la jeune femme fronça les sourcils. « J'espère que ça lui a brisé le cœur. »
« Quelle drôle d'idée. Pourquoi ça ? »
Stephen pinça les lèvres et son regard se perdit dans les eaux de la baie et en direction de la côte de Caroline du Nord que l'on distinguait à peine à l'horizon.
« Parce qu'au moins cela voudrait dire que j'ai compté pour elle. Ne serait-ce qu'un instant. »
Brianna se retourna – non sans difficulté – entre les bras de l'Irlandais et lui adressa son plus doux sourire. Peu importait ce qui avait poussé cette femme à se séparer de son enfant. Brianna ne connaissait pas son histoire et ne la connaîtrait jamais. Mais elle savait une chose : qu'il soit né ou encore à l'état de cellule, qu'il soit désiré ou non, il n'était jamais facile de se séparer d'un enfant.
« J'en suis sûre… », murmura-t-elle tristement et alors que les yeux verts du pirate semblaient devenir légèrement humides et brillants, Bree s'empara de ses lèvres pour l'embrasser avec tendresse.
~o~
Les hennissements de douleur d'un cheval agonisant déchiraient l'atmosphère déjà appesantie par l'odeur âcre de la poudre, la poussière soulevée par les dizaines de sabots et par la voiture renversée. À cela s'ajoutaient les hurlements triomphants de leurs assaillants, le tintement des sacs d'or qu'ils chargeaient sur leurs chevaux et le sifflement assourdissant qui avait envahi ses oreilles au moment où son crâne avait heurté une grosse pierre dans sa chute. Le paysage était flou, les sons parfois étouffés ou plus violents lorsqu'elle semblait reprendre ses esprits, avant que la douleur atroce dans sa boîte crânienne ne la fasse retomber dans un état de semi-conscience où plus rien ne l'atteignait. Pas même la panique qu'elle avait ressenti l'espace d'un instant en réalisant qu'elle ne parvenait plus à bouger d'un millimètre.
Sous sa joue gauche, la terre grumeleuse sentait la pluie, l'humus et l'argile. De petits cailloux s'enfonçaient désagréablement dans sa tempe mais elle ne pouvait pas faire un geste pour les dégager. Le sabot du second cheval passa dangereusement près de son front lorsque l'animal se débattit sur le sol pour se relever, et elle pensa vaguement que ses souffrances auraient pu s'arrêter là, avec un simple petit coup de fers pour achever d'éclater sa cervelle, mais le Seigneur ne semblait pas décidé à avoir pitié d'elle aujourd'hui.
Elle essaya de crier, mais le faible son qui s'échappa de sa bouche ne suffisait pas à couvrir le vacarme environnant. Elle essaya de ramper, mais son corps ne lui répondait plus et la moindre tentative de mouvement déclenchait de violentes décharges électriques dans sa nuque, paralysant son cerveau et anéantissant toute volonté de fuir. Toutefois, la vue de deux chaussures en peau s'arrêtant à un ou deux mètres d'elle lui indiqua qu'il était trop tard. Leurs assaillants allaient achever leur travail, piller ce qu'il restait de leur cargaison, les scalper et les laisser pourrir au milieu des bois, pour finir grignotés par les loups et les asticots.
C'est à ce moment-là que Phèdre de River Run se mit à prier. En pensée. La seule fonction de son cerveau qui ne lui provoquait encore aucune douleur.
Je vous salue Marie, pleine de grâce ; Le Seigneur est avec vous.
Si elle devait quitter ce monde aujourd'hui, loin de sa maison, loin de son petit Jeremiah et de son amie, sans prêtre pour lui accorder l'absolution, alors autant essayer de l'obtenir elle-même. Et entrer dans le Royaume de Dieu en toute confiance, après une dernière prière.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Les deux chaussures en peau devinrent des genoux, lorsque l'Indien se baissa pour toucher son visage et Phèdre ne put s'empêcher de hoqueter à son contact. C'était la fin. Avec un peu de chance, il ferait cela rapidement et elle serait bientôt en paix. L'Indien cria quelque chose dans sa langue avant de se redresser. Ses genoux quittèrent le champ de vision de la jeune servante, puis ses pieds à leur tour. Derrière lui, elle discernait à présent ses congénères qui s'affairaient autour de la charrette renversée, probablement pour en faire un gigantesque brasier. A l'intérieur, le corps d'O'Donnell – aisément identifiable à son long manteau de cuir – attira son regard mais il n'y avait plus qu'un grand vide en lieu et place de sa tête, et elle hoqueta de nouveau.
Sainte Marie, Mère de Dieu, Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l'heure de notre mort.
Deux mains puissantes la soulevèrent sans ménagement et la douleur fut telle que Phèdre eut à peine le temps de réaliser que c'était fini avant de sombrer dans l'obscurité la plus totale. Avec une grimace de douleur sur les lèvres et le souvenir des petits bras de Jeremiah qui la serraient pour la dernière fois.
Amen.
Phèdre se réveilla en sursaut, s'asseyant sur sa couchette comme un diable sortant de sa boîte. Sous sa blouse ample qui lui servait de chemise de nuit, sa peau était entièrement recouverte d'une épaisse pellicule de sueur, et elle frissonna à cause du contraste désagréable entre la chaleur étouffante de son corps et un courant d'air frais qui en glaçait la surface trempée à travers le tissu. Avec une grimace de douleur, elle porta une main à son crâne, palpant de ses doigts tremblants les cicatrices qui barraient son cuir chevelu sous la couche de cheveux noir corbeau. Les mouvements brusques avaient toujours tendance à provoquer des tiraillements dans sa tête, mais le processus de guérison touchait à sa fin. Le geste n'était à présent plus qu'un réflexe comme si après plusieurs semaines elle craignait encore que les blessures ne se rouvrent. Elle en était à fermer les yeux pour reprendre le contrôle de sa respiration lorsqu'une voix douce de femme s'éleva sous les peaux du tipi plongé dans une semi-obscurité.
« Cauchemar ? »
Phèdre se tourna vers l'endroit où se trouvait la couche d'Angeni et même si la jeune Indienne ne pouvait probablement pas la voir malgré les premiers rayons du soleil matinal qui filtraient à travers le toit de leur tente, elle hocha la tête.
« Oui. Désolée de t'avoir réveillée… », marmonna-t-elle avant de se laisser retomber sur son lit de fortune, fait de feuillages, d'herbes sèches et de peaux.
« Je ne dormais pas. Je pensais à Onacona… », gloussa la jeune fille en se retournant sur sa couche. Mais un « chhhh » s'éleva d'une autre couchette et la força à baisser d'un ton et à se rapprocher de son interlocutrice. Leur tipi était l'un de ceux réservés aux femmes célibataires, veuves ou trop jeunes pour convoler. Il était donc toujours difficile d'avoir une réelle conversation nocturne sans déranger les trois autres dormeuses. Mais ce n'était pas le genre de détail qui arrêtait Angeni.
Phèdre esquissa un bref sourire, mais elle était encore trop secouée par son rêve pour se prendre au jeu d'une énième discussion à propos du jeune homme de la tribu qu'Angeni convoitait. Malgré tout ce qu'il s'était passé depuis cette fin d'octobre fatidique, le souvenir de l'attaque continuait de la hanter. Elle avait vu la mort en face, avait fait ses dernières prières, si bien que lorsqu'elle s'était réveillée de longues heures plus tard, nue et entourée d'Indiennes qui appliquaient des onguents divers sur ses plaies et ses hématomes, elle avait d'abord cru être dans les limbes, préparée par quelques êtres célestes à son entrée imminente au Paradis ou en Enfer. Avant de réaliser qu'elle était bel et bien en vie. Brisée, lacérée, sanguinolente, mais vivante.
Comme le lui avait expliqué Angeni, l'une des rares de cette tribu Catoba à parler l'anglais, les guerriers l'avaient ramenée avec eux après l'attaque, mais pas par bonté de cœur. Ils l'avaient recueillie, soignée, hydratée et nourrie, mais une fois sur pieds alors qu'elle avait émis le souhait de les quitter pour retrouver la famille de sa maîtresse, les Catobas ne l'avaient pas laissée partir. Pis encore, le chef l'avait vivement admonestée, lui faisant comprendre qu'elle appartenait désormais à leur tribu et qu'elle devrait travailler dur pour les « remercier »** de leurs bons soins.
Phèdre n'avait donc plus abordé le sujet de son départ, gardant secrets tous les détails concernant le carnet – fort heureusement toujours en sa possession – et avait décidé d'attendre patiemment une occasion de leur fausser compagnie pour filer à Fraser's Ridge.
Plus facile à dire qu'à faire, cependant. Les choses s'étaient vite compliquées lorsque la tribu avait commencé à migrer en direction de la Virginie, ne voulant pas s'éterniser dans les alentours de Lumberton trop longtemps, et changeait de site tous les deux ou trois jours. Les premiers voyages s'étaient faits pour Phèdre à dos de cheval, tant qu'elle était trop faible pour suivre à pied, mais n'ayant jamais monté de toute sa vie, on lui avait attribué un cavalier. Et c'était là qu'elle avait rencontré…
« ….-li te regardait ? », fit la voix d'Angeni près de son oreille.
Phèdre sursauta, honteuse de ne pas avoir écouté un traître mot de ce que lui racontait sa colocataire. « Qu'as-tu dit ? Désolée, je suis encore un peu endormie… »
Angeni soupira bruyamment et un murmure agacé s'éleva quelque part dans le tipi.
« Je disais… tu as vu hier soir comment Wohali te regardait ? »
Phèdre sentit ses joues devenir encore plus chaudes qu'elles ne l'étaient déjà, au point qu'elle se demanda soudain si elle ne couvait pas une petite grippe. « Non, je n'ai pas vu… »
Elle mentait, évidemment. Wohali était le jeune homme qui l'avait transportée sur son cheval lorsqu'elle était encore en convalescence et la seule évocation de son nom, le seul souvenir de son torse massif contre son dos, de son sourire doux, de ses yeux noirs légèrement en amande et de ses longs cheveux noirs tressés et noués par des ficelles agrémentées de perles en os… la rendaient toute chose. Malheureusement, la barrière de la langue ne leur avait pas vraiment permis de faire correctement connaissance et Phèdre ne s'imaginait pas solliciter les services d'interprétariat d'Angeni pour conter fleurette. Sans compter le fait qu'elle ne se sentait pas franchement à son avantage avec sa tête couverte de bandages et ses cicatrices. Mais cela ne semblait pas déranger l'Indien outre mesure et celui-ci n'avait cessé de la dévisager et de lui sourire à chaque occasion qui se présentait.
« Je ne sais vraiment pas ce que tu attends… Moi, si Onacona me regardait comme ça… Cela fait longtemps que j'aurais trouvé le courage de lui faire un collier… », se lamenta la jeune fille, ignorant les grognements qui s'élevaient d'une autre couchette.
« Un collier ? », chuchota Phèdre en tournant la tête vers son amie.
« Ici quand un homme plaît à une femme et qu'elle veut le lui faire comprendre, elle lui fait un collier comme ceux que portent nos guerriers… » Angeni baissa d'un ton, mais même sans discerner ses traits, Phèdre savait qu'elle gloussait en silence. « …Ensuite, les familles se mettent d'accord et alors ils peuvent avoir leur propre tipi et faire des enfants. »
Phèdre prit une grande inspiration, convaincue que si sa peau avait été plus claire, elle aurait rougi comme une tomate. Ainsi donc, c'était aussi simple que ça. Quelques perles sur un fil, un pendentif taillé dans le bois… Était-ce donc tout ce qu'il fallait pour se retrouver à nouveau dans les bras de Wohali ? La jeune métisse secoua la tête pour chasser toute pensée impure de son cerveau.
« Cela me paraît fort rapide et audacieux… », marmonna-t-elle, comme pour se convaincre que c'était une mauvaise chose.
« Ah ? Comment ça se passe chez vous ? »
Phèdre réfléchit une minute. Chez elle, dans la terre de ses ancêtres, elle n'en savait rien étant donné qu'elle était née et avait grandi dans la maison des Cameron à River Run et qu'elle avait toujours vécu à l'écart des autres esclaves. Mais « chez elle », parmi la haute société de Caroline du Nord, les choses étaient un peu plus compliquées.
« Eh bien, c'est normalement à l'homme de courtiser une femme qui lui plaît. Puis il demande sa main à sa famille… et ce n'est qu'après une cour en bonne et due forme, puis un mariage qu'il sera alors question…. d'avoir un tipi et des enfants », acheva-t-elle avec un demi-sourire.
Angeni laissa échapper un grognement. « Cela me paraît fort long et ennuyeux », rétorqua-t-elle, détournant avec humour les propres mots de Phèdre. « Moi, j'ai hâte d'avoir mon propre tipi. En plus, je suis à peu près sûre qu'il est bien plus plaisant de dormir avec un homme… qu'avec ces vieilles rombières… », ajouta-t-elle au moment où l'une des deux veuves qui partageait leur tente commençait à s'impatienter et leur siffla quelque chose dans leur dialecte que Phèdre ne comprit pas, mais dont le sens n'était pas difficile à deviner.
Les deux jeunes femmes se turent de nouveau, retenant leurs rires.
« Ça ne peut certainement pas être pire… », pouffa Phèdre une minute plus tard et cette fois, le rire d'Angeni secoua l'intégralité de la tente, marquant une bonne fois pour toutes la fin de leur nuit de repos.
~o~
Tant bien que mal, une nouvelle routine s'installait à Ocracoke, et même si Brianna avait un peu de mal à trouver ses repères dans sa nouvelle maison, la vie en bord de mer lui seyait parfaitement. Aucune responsabilité, aucun impératif Stephen, Jeremiah et elle pouvaient passer des heures blottis dans leur lit le matin à lire, parler ou simplement faire des câlins plus ou moins agités lorsque l'enfant prenait l'espace pour un terrain de jeux. Puis ils partaient à la découverte de l'île, des quelques voisins, jouaient dans les dunes, trempaient les pieds dans les eaux de la baie avant qu'elles ne deviennent trop froides. Stephen les avait emmenés explorer les ruines de l'antre du célèbre Edward Teach, plus connu sous le nom de Barbe Noire – que l'armée de Virginie avait tué ici-même au terme d'une sanglante bataille en novembre 1718 – régalant Jeremiah des plus grands exploits du pirate.
Pour les longues soirées d'hiver ou les jours de pluie, Stephen avait également investi dans un nombre respectable de jeux en tous genres, et notamment un magnifique plateau d'échecs et ses pièces en ivoire et bois d'ébène importé d'Angleterre. L'entendre parler plusieurs mois auparavant des parties qu'elle disputait avec Frank durant son adolescence avait titillé sa curiosité et Brianna, agréablement surprise qu'il ait retenu ce genre de détails, lui avait promis de lui apprendre à jouer.
Loin des dîners, de l'influence de Tryon et de leurs trafics divers et variés, Stephen renaissait littéralement. Brianna découvrait un homme détendu, rajeuni, qui se fichait pas mal de ce que l'on pensait de lui et dont l'univers tout entier tournait autour d'elle et de leur fils. Quand bien d'autres hommes se seraient lassés de passer leurs journées à pouponner, Stephen ne lâchait plus Jeremiah d'une semelle et l'enfant le lui rendait bien, le suivant partout comme un petit poussin et posant dix questions à la minute. Sur les bateaux, la mer, la jeunesse de Stephen – un sujet qui l'obsédait depuis que son père lui avait raconté avoir été Capitaine de navire, lors de leur traversée vers Ocracoke. L'Irlandais se faisait un plaisir de lui répondre sans aucun filtre, jusqu'à ce que Brianna intervienne pour passer sous silence les détails un peu trop limites de sa vie de pirate.
Une fois par semaine, un bateau venu de New Bern amenait aux habitants de l'île de quoi subsister et pour quelques heures, un marché s'improvisait au petit port de Silver Lake, où Fitzpatrick et Lloyd s'empressaient de remplir leur charrette de vivres, de bougies et autres objets nécessaires à leur survie. C'était d'ailleurs de là qu'ils revenaient, longeant tous les trois la plage à pied avec Blue trottinant à leurs côtés, après que Fitzpatrick soit reparti à la maison avec tout son attirail.
Si Brianna avait eu peur au début de vite se sentir à l'étroit sur cette fine bande de terre de vingt-quatre kilomètres carrés, le bien-être qu'elle retrouvait chaque jour un peu plus avait bientôt balayé ses doutes. L'île était une parenthèse bienvenue dans leur quotidien sur le continent, tout en étant bien moins isolée qu'elle le pensait au départ, et elle espérait pouvoir y venir aussi souvent que possible. Pourquoi pas avec ses parents, d'ailleurs ? Stephen avait bien accepté de les recevoir en mai dernier, il serait probablement d'accord pour réitérer l'expérience dans quelques mois… Elle avait également hâte d'y passer du temps en été, lorsqu'elle pourrait réellement profiter de l'océan et de ses courants chauds. La vision surréaliste d'un Stephen sidéré en la voyant entrer dans l'eau vêtue d'un bikini – dans le style de ceux qu'elle portait à la plage – la fit sourire et elle sursauta lorsque la voix de son mari lui rappela qu'elle n'était ni seule ni dans les années 60.
« À quoi penses-tu ? »
« Rien de particulier », mentit-elle, en resserrant son bras autour du sien. « Je me disais juste à quel point j'aime être ici. Je suis certaine que mes parents aussi apprécieraient l'endroit… »
Stephen exagéra une grimace et secoua la tête. « Hmm… j'en étais sûr, j'aurais dû acheter l'autre maison… Ocracoke est encore beaucoup trop près… Aïe ! », protesta-t-il lorsque Brianna lui pinça le bras à travers son épais manteau. « Voilà que tu fais usage de la violence, maintenant ? »
« J'ai été à bonne école », rétorqua-t-elle du tac-au-tac. « Quelle autre maison ? »
« Je plaisantais, mon cœur, il n'y a pas d'autre maison… » Stephen poussa un soupir et son regard se déporta légèrement vers la droite, en direction de l'embouchure de la Neuse River et de New Bern, de l'autre côté de la baie. « Ma zone de recherche était quelque peu limitée… »
Le silence retomba entre eux, Brianna comprenant qu'il parlait de Tryon et de l'impossibilité de quitter la Caroline ainsi que leur partenariat fructueux. Un froncement de sourcils imperceptible ramena un instant sur les traits de Stephen ses préoccupations du continent et Bree s'en voulut presque d'avoir amené le sujet. Forçant un sourire enthousiaste sur ses lèvres, elle pencha la tête sur le côté.
« Où nous aurais-tu emmenés s'il n'y avait pas eu Tryon pour nous retenir ? », demanda-t-elle d'un air mutin. « Aurions-nous voyagé aux quatre coins du monde, comme… tu le faisais autrefois ? »
« Tu veux dire comme de vulgaires pirates ? »
« Ce sont tes mots… », railla-t-elle, mais Stephen gloussa et secoua la tête.
« Non, je n'aurais pas voulu de cette vie pour Jeremiah. L'océan est beaucoup trop dangereux pour un enfant de quatre ans… L'idée que vous puissiez périr tous les deux dans un naufrage me soulève le cœur. »
« Où, alors ? », le pressa Brianna, mais Stephen semblait réticent.
« À quoi bon parler de quelque chose qui n'arrivera jamais ? »
Brianna haussa les épaules. « Ça ne fait pas de mal de rêver… »
Les deux époux échangèrent un regard et Stephen soupira en voyant qu'elle ne semblait pas décider à lâcher l'affaire. Devant eux, Jeremiah faisait mine de chercher un bâton à lancer à Blue, mais son pas traînant et ses fréquents coups d'œil en arrière lui indiquaient qu'il ne perdait pas une miette de la conversation de ses parents.
« Eh bien, pour commencer… je choisirais une colonie espagnole ou bien néerlandaise. Et j'insiste sur ce point. J'en ai ma claque des Anglais ! », acheva-t-il d'une voix forte, attirant les regards désapprobateurs de deux de leurs voisins qui marchaient dans l'autre sens en direction du marché. Brianna gloussa et jeta un regard tout autour d'elle, mais heureusement à part le couple qui les jugeait en silence depuis l'autre côté du chemin, il n'y avait personne.
« D'accord, pas d'Anglais. Autre chose ? »
« Un endroit où le temps est plus clément. Avec de plus belles plages. Celles-ci sont déplorables… » Il fit un signe de main méprisant en direction du sable immaculé et Brianna redoubla d'éclats de rire en voyant qu'il arborait un faux-air de bourgeois blasé. « Des palmiers. Des eaux chaudes toute l'année… » Il se pencha vers son oreille avec un sourire chargé de sous-entendus. « … des vêtements plus légers. »
« Évidemment… », railla Brianna en repoussant son visage du plat de la main. « Pour les palmiers, je ne peux pas faire de miracles, mais pour le reste il nous suffira de revenir en été... »
« J'ai hâte… »
« …avec mes parents », acheva la jeune femme en riant, se délectant du long soupir résigné de son époux.
« Je suppose que je n'ai pas le choix… »
Brianna lui sourit de toutes ses dents, consciente qu'elle avait remporté une nouvelle bataille. Peut-être même la guerre ? Elle n'était pas sûre qu'il y ait encore un quelconque conflit en cours. Alors certes, elle n'avait pas gagné la partie comme elle l'avait imaginé, mais sa vie n'en était pas moins agréable. Simplement différente.
« J'aimerais que tout le monde fasse la paix avec le passé et qu'on avance. Le procès, la séparation, tout cela a été très violent pour eux aussi. La famille ne pourra pas être réunie tant qu'ils n'auront pas compris que j'ai… » Baissé les bras ?, pensa-t-elle avant de se raviser. Le choix des mots n'était pas le bon et ne traduisait pas exactement ce qu'elle ressentait. « … décidé de nous donner une chance. Et je veux que d'autres te la donnent aussi. »
Stephen ralentit le pas, jusqu'à s'arrêter en plein milieu du chemin, et il se tourna vers Brianna. Son regard doux était empreint d'une telle reconnaissance que les joues de la jeune femme se mirent à rosir.
« Je t'ai déjà dit que bien qu'étant désolé d'avoir eu recours à de telles méthodes, je ne regrettais rien car tu étais enfin à moi. Mais c'est faux. Mon seul regret est de ne pas avoir pu te rencontrer et t'aimer plus tôt. » Il replaça une mèche de cheveux roux derrière son oreille et reprit. « Quand je vois l'homme que tu as fait de moi… Le bonheur et l'apaisement que m'apportent chaque jour passé avec toi et Jeremiah… », il esquissa un rictus narquois, « … j'aurais attaqué et pillé beaucoup moins de navires dans mon existence. »
« Hmm… Grâce à moi, les marins de l'Atlantique Nord peuvent maintenant dormir sur leurs deux oreilles. Je mériterais une médaille pour t'avoir domestiqué », plaisanta Brianna en posant une main humble sur sa poitrine et Stephen s'esclaffa.
« Je peux toujours en toucher un mot à Tryon, mais je pense qu'il préfèrerait être pendu que t'accorder une quelconque récompense. »
« La pendaison serait ma récompense », gloussa-t-elle et Stephen lui sourit longuement, jusqu'à ce que Brianna cesse de ricaner à sa propre blague et se perde dans ses yeux d'émeraude.
« Si tout ce dont tu as besoin pour être heureuse, c'est que tes parents fassent partie de notre vie… alors je ne saurais te le refuser. Tu m'as donné tout ce que je désirais le plus au monde, je serais le dernier des ingrats si je ne faisais pas de même pour toi. » Il la vit esquisser un sourire mais avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit, il reprit : « Et moi aussi, j'ai envie de tirer un trait sur le passé. Stephen Bonnet l'orphelin, le vagabond, le contrebandier, le pirate, le criminel,… le nouveau riche aux méthodes peu recommandables… », ajouta-t-il avec une grimace, « je ne veux plus être ces hommes-là. Je ne veux qu'être l'homme que tu as fait de moi : Stephen Bonnet, l'époux et père de famille comblé. »
Les larmes étaient peu à peu montées dans les yeux de Brianna, mais elle parvint malgré tout à les refouler suffisamment longtemps pour répondre à sa déclaration, d'une voix légèrement enrouée.
« Ça tombe bien, car c'est avec lui que je veux être. »
Le baiser qu'ils échangèrent fut long, d'abord doux et timide, avant de gagner en passion et en fougue au fur et à mesure qu'ils se pressaient un peu plus l'un contre l'autre. Les mains de Stephen, sagement posées sur sa taille au départ, avaient ensuite parcouru son dos, de haut en bas (et surtout en bas), avant de s'aventurer en direction de ses fesses. Et plus les doigts glissaient le long de son corset, plus elle sentait son désir monter, lui faisant oublier où ils étaient, mais aussi avec qui…
« Beeêêêeeeh… dégoûtant », fit la voix de Jeremiah, et Stephen gloussa contre la bouche de Bree, mettant fin à leur étreinte. L'enfant avait récemment posé de nombreuses questions sur les baisers et à quoi ils servaient, et malgré les explications de Brianna sur l'intérêt romantique de la procédure, tout ce qu'il en retenait était un échange de salive franchement peu appétissant.
« Merci, Jeremiah, pour cette analyse hautement scientifique… », railla Brianna en s'essuyant discrètement les lèvres, tandis que Stephen passait son bras autour de sa taille pour reprendre leur route.
« Il est simplement jaloux parce que je suis le préféré de Maman », fit l'Irlandais avec un clin d'œil narquois à l'attention de son fils.
« Non, c'est pas vrai ! C'est moi le préféré de Maman ! »
« Non, c'est moi ! »
« Non, c'est moi ! »
Brianna leva les yeux au ciel et les deux « enfants » se chamaillèrent quelques dizaines de seconde avant que Jeremiah ne décide de trancher une bonne fois pour toutes. « Maman, c'est qui ton préféré ? »
« C'est toi, mon ange », répondit-elle sans une once d'hésitation, et Stephen prit une mine outrée.
« À ta place, je réfléchirais un peu mieux à ta réponse, mon cœur… les nuits sont fraîches sur la plage en cette saison… »
Brianna plaqua ses mains sur sa bouche, les yeux agrandis par une terreur feinte. « Oh, Papa me menace ! Désolée, Jeremiah, mais je vais devoir changer de préféré ! »
L'enfant éclata de rire. « C'est rien, je sais que c'est quand même moi, en vrai. » Et pour conclure leur amusante dispute, il tira la langue à Stephen qui plissa les yeux, essayant d'avoir l'air menaçant. Mais il n'obtint pour tout résultat qu'un grand éclat de rire de la part de Jeremiah.
L'époque du sanguinaire pirate qui terrorisait l'Atlantique était bel et bien révolue.
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Ne sont-ils pas adorables ? C'est un plaisir de voir enfin Brianna apaisée et Stephen en père et mari comblé… Pourvu que ça dure !
**Allez soyez honnêtes : combien parmi vous ont RÉELLEMENT cru que j'avais tué Phèdre ? ahahahah Comme vous l'avez vu, notre nounou préférée se porte bien et a été recueillie par la tribu Catoba. En effet, au cours de mes recherches sur ces Natifs, j'ai appris que ceux-ci avaient en quelque sorte « intégré » le concept de l'esclavage (en prenant exemple sur les colons) et il n'était donc pas rare de trouver des esclaves pour les travaux difficiles ou tout simplement pour grossir les rangs de la tribu. Mais d'après les rares écrits que j'ai lus à ce sujet, les Natifs traitaient leurs esclaves un peu plus comme des membres à part entière de leur société. Quelques mariages ont même lieu entre Natifs et esclaves Africains (bien qu'ils ne soient pas vraiment reconnus par les autorités Anglaises).
En tous cas j'espère que vous êtes rassurés de savoir Phèdre en vie. Mais cette nouvelle s'accompagne aussi d'une grande question : que pensez-vous qu'elle va faire du carnet (qui est toujours en sa possession)… ? J'espère aussi que vous appréciez les moments de bonheur entre Stephen, Brianna et Jeremiah. C'est reposant, n'est-ce pas ? Eh bah profitez-en ! ahahah
Le prochain chapitre sera publié le 28 mai (le weekend prochain étant consacré à l'anniversaire de mon chéri) ! D'ici là, j'ai hâte de lire vos commentaires et je vous fais de gros bisous !
Xérès
