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Chapitre 3 : Little Whinging
Une chaleur étouffante et un soleil brûlant régnaient sur le quartier si tranquille des non maj', c'était un troisième jour de canicule accablante d'après les journaux et un décret empêchait les personnes respectables d'utiliser l'eau pour arroser leurs jardins qui se desséchaient et pour nettoyer leurs voitures poussiéreuses. Pour un albinos tel qu'Alexander c'était une véritable malédiction. Sans la lotion magique et les lentilles qu'il mettait chaque matin, il aurait fini avec un cancer de la peau et quasiment aveugle.
Et lui qui avait pensé naïvement qu'en Angleterre le temps aurait été plus clément…
Il était habillé d'un simple jeans clair, d'un t-shirt blanc et portait des lunettes de soleil style aviateur pour passer inaperçu. Cependant la population s'était réfugiée dans leur maison à la quête d'un peu de fraîcheur. Alex, pour sa première journée d'observation, avait trouvé tôt le matin un excellent point de vue pour analyser l'ensemble de la situation de son protégé, son mode de vie, ses habitudes et son entourage. Là tout en haut d'un arbre plusieurs fois centenaires entre Privet Drive et Magnolia Crescent, dissimulé par un épais feuillage qui ne gênait pas sa tâche effectuée par des multiplettes il remarqua rapidement un point important à retenir sur Harry Potter. L'adolescent servait d'homme à tout faire pour sa famille et était sous-alimenté.
Sa longue journée fut ponctuée par des sorts de rafraichissement et par une pause repas en haut de son perchoir. Béni sois les poches magiquement agrandies et les sorts de conservation alimentaire !
Le mercenaire avait bien sûr remarqué la présence peu discrète de Modingus Fletcher, le surveillant du moment mais contrairement à lui le membre de l'ordre abandonnait souvent son rôle, disparaissant parfois pendant plus d'une heure. Sans doute pour accomplir quelques-unes de ses frauduleuses activités. Kingsley avait été catégorique : on ne pouvait pas faire confiance en cet homme.
Pourquoi Dumbledore confiait-il ce genre de mission à cet être ? Cela laissait perplexe Alexander…
Même le gamin avait remarqué quelque chose de louche, en même temps cet idiot venait de transplaner à quelques mètres de lui !
Alex retira ses lunettes à cause du crépuscule et reprit son observation avec un froncement imperceptible des sourcils, une altercation entre les non-maj' et son protégé ne lui plaisait guère. Le jeune Potter, surpris par le bruit du transplanage, avait sorti sa baguette et ses tuteurs, attirés par ce même son, s'étaient laissé emporter par une forte colère en voyant l'instrument de magie. Le fait que les adultes réagissent ainsi en voyant le secret facilement éventé par un jeune sorcier ne le choquait pas en soi. Cependant la violence avec laquelle l'oncle essayait d'agripper le bras trop maigre d'Harry – en vain cependant grâce à sa magie- associée à la longue liste des travaux qui lui incombaient sous un soleil de plomb, de la maigreur, et des vêtements trop grands ressemblants plus à des loques qu'à de véritables habits lui faisait penser en plus de la négligence à une maltraitance physique.
Pas de précipitation, pensa-t-il, si un adolescent tel que Harry Potter était maltraité ça se saurait non ?
Après tout, le monde anglais avait les yeux rivés sur lui et le tutorat magique appartenait en ce jour à Albus Dumbledore, il imaginait mal cet homme, qui connaissait les risques, laisser un enfant dans un environnement pouvant le transformer en obscurus.
Il fit soudain une supposition plutôt sombre, bien loin des théories farfelues qu'il montait pour s'amuser entre amis.
Et si c'était intentionnel ? Créer une arme, une puissante vague de destruction. Souhaitait-il recréer le cas Credence Berebonne ? Le seul Obscurial atteignant l'âge adulte. Se souvenant de l'ancienne relation qu'avait entretenu Dumbledore et Grindelwald ce n'était pas complètement insensé.
Harry, las d'esquiver la poigne de son oncle, s'éloigna de sa famille nocive en se dirigeant vers ce qui semblait être le parc du quartier. Alex descendit de son perchoir dès que son protégé quitta son angle de vue et fit un petit détour pour atteindre le parc sans se faire repérer. Il se dissimula dans la flore environnante. Sa position était bien plus idéale, il pouvait maintenant tout entendre.
Le jeune Potter resta calme sur une vielle balançoire, semblant ruminer une sombre pensée, alors que la nuit tombait. Une pénombre bienvenue pour tout travail d'espionnage. De loin, grâce à un éclairage vétuste, le mercenaire aperçut un groupe d'adolescents menés par le cousin d'Harry, Dudley Dursley, qui ressemblait à un porc obèse affublé d'une perruque blonde et Harry hésita sur la conduite à tenir. Le Survivant bougea lorsque le groupe se sépara à l'entrée du parc, interpellant le leader maintenant seul.
- Hey Big D !
Dudley se retourna et se renfrogna en reconnaissant son cousin.
- Ah c'est toi.
- Depuis quand tu te fais appeler Big D ? demanda Harry.
- Ferme la, grogna le Dursley.
- C'est cool comme nom…
Mais que cherche-t-il à accomplir, pensa le mercenaire en regardant l'attitude ouvertement provocatrice.
- Mais pour moi, tu seras toujours le Duddlynouchet adoré, rajouta Harry avec le sourire.
- Je t'ai dit de LA FERMER !
Alex retint un juron, son protégé était-il suicidaire ?! Bordel on ne provoquait pas une personne qui avait l'envie et la possibilité de t'arracher la tête. La rage monta rapidement et alors que le non maj' allait passer à l'acte, le sorcier dégaina sa baguette acculant le champion de boxe. Mauvais, très mauvais…
Le mercenaire ne réfléchit pas une seconde de plus, il intervint. Il sortit de sa cachette et en quelques secondes il se trouva derrière les deux adolescents qui n'avait pas remarqué sa présence.
- Que se passe-t-il ici ? les interpela-t-il sur un ton sévère.
Les plus jeunes sursautèrent en se tournant vers lui, Alex nota instantanément la baguette le menaçant et le regard de méfiance.
- Tu crois me faire peur avec une brindille, gamin ? Je vous entends depuis l'autre bout de la rue, vous avez intérêt à retourner chez vous ou je n'hésite pas une seconde à appeler les flics.
Un froid pénétrant apparut soudainement. Très bizarre pour la saison. Alex dépassa ses interlocuteurs, se mettant dans une position protectrice et l'obscurité totale envahit les lieux, provoquant l'inquiétude et la panique des deux adolescents.
- Restez calme, ordonna Alex avec confiance.
Une présence néfaste effleura ses barrières d'occlumencie et agacé il arracha des mains la baguette d'Harry avant de sortir la sienne. En pointant droit devant lui il visualisa un souvenir heureux particulièrement significatif.
« Une main douce se posa sur sa joue tuméfiée, de long doigts effaçant des sillons de larmes, et un doux sourire se forma sur les lèvres d'une jeune femme magnifique.
- Tes yeux ont la teinte des rubis et tes cheveux me rappellent la neige fraichement tombé. Tu es magnifique.
Son cœur d'enfant se gonfla d'un sentiment doux et chaud.
- Viens avec moi trésor, tu ne mérites pas de vivre ici ! »
- Expecto patronum, prononça-t-il.
Une panthère argentée sortit de sa baguette en chêne rouge, le protecteur illumina la rue de son éclat lunaire et d'un puissant sentiment de bonheur. Il entendit vaguement un soupir de soulagement derrière lui mais il se concentra sur ses adversaires. Le félin de sa démarche gracieuse et puissante bondit, toutes griffes sorties, sur le premier détraqueur qui approchait. Elle semblait jouer avec sa proie, l'acculant et cherchant le bon moment pour atteindre la gorge, cependant le détraqueur réussit à s'enfuir.
- Occupe-toi du deuxième, ordonna-t-il à la panthère.
En effet, il y en avait deux et Alex soupçonnait grandement un passage à l'acte du ministère pour faire taire définitivement Harry. Le dernier ne fit pas long feu face au prédateur fait de magie bénéfique. La menace écartée il se retourna pour examiner les deux adolescents derrière lui, le non-maj' était prostré au sol sous le choc d'une première rencontre, surtout que son esprit était bien plus sensible à ce genre d'attaque car ne possédant aucune magie. Le sorcier était lui un peu plus pâle mais ses yeux d'un vert flamboyant le fusillaient du regard, Alex remarqua la mâchoire et les poings serrés et se prépara à la colère ridicule d'un gamin de 15/16 ans.
- Qui êtes-vous ?! Et pourquoi avez-vous pris ma baguette ?! Je pouvais très bien invoquer un patronus ! Rendez-la-moi ! dit effrontément Harry en élevant la voix.
- Je vous la rendrais quand vous serez calme et disposé à m'écouter. Je répondrai à toutes vos questions et… commença le mercenaire imperturbable avant de se faire couper par une nouvelle venue hystérique.
- Des détraqueurs ici ?! Par merlin que se passe-t-il ?! Et qui êtes-vous ?! Vous ne faîtes pas parti de l'Ordre et…
- Madame Figg ?! prononça Harry.
Légèrement agacé Alex décida d'en finir le plus vite possible, il lança un oubliviate puis il usa de légilimencie pour implanter un nouveau souvenir et il termina par un somnus, le tout en informulé. Ainsi la vielle cracmol se souviendrait à son réveil que pendant une simple balade elle s'était sentie mal et avait fini par perdre connaissance.
- Mais qu'avez-vous fait ?! s'exclama Harry de plus en plus revêche en voyant sa voisine s'endormir.
Un acte pleinement réfléchi, pensa en réponse Alex. Arabella Figg de sa voix perchée allait rameuter tout le quartier, puis Fltecher et pour finir par parler de cet accident à Dumbledore. Or l'américain souhaitait se faire discret pour l'instant.
- Je fais ce qu'un certain Sniffle m'a ordonné de faire.
Le nom statufia le jeune sorcier et l'albinos en profita pour s'occuper de l'état inquiétant du non-maj'. Il posa un genou à terre face à lui et l'appela d'une voix rassurante, sans résultat… Il soupira et lança un sortilège d'allégresse, plus efficace qu'un chocolat qu'il ne possédait même pas. Dudley eut un sourire béat et reprit rapidement quelques couleurs alors qu'Harry lui posait une question.
- Comment le connaissez-vous ?
- Il m'a engagé mais nous en parlerons quand nous serons au calme et à l'abri d'oreilles indiscrètes, répondit distraitement Alex.
Harry rongea son frein, après tout c'était peut-être sa seule chance d'avoir des nouvelles du monde magique. Depuis la mort de Cédric et son retour parmi les moldus il avait envoyé des lettres à ses amis pour savoir si Voldemort était passé à l'action en vain, ne recevant que des réponses très vagues sans intérêt et avait fini par se rabattre sur les journaux télévisés pour détecter des morts suspectes sans grand résultat non plu.
Sa frustration était telle qu'il était capable de suivre cette personne qui lui avait pourtant pris sa baguette.
Dudley finit par se lever et le trio arpenta les rues jusqu'à Privet Drive silencieusement. Bien sûr le plus âgé avait préalablement rangé sa baguette dans le holster et celle d'Harry dans une de ses poches de pantalon extensibles, ne souhaitant pas éveiller la curiosité malsaine des non-maj'.
Le numéro 4 était comme les autres maisons, des copies conformes qui filaient un frisson de dégoût à Alex. Il aurait largement préféré affronter une armée de détraqueurs… Il jeta un coup d'œil à la brute épaisse et fils chéri. Mouais… Il est complètement hagard, comme drogué…,pensa le mercenaire qui se préparait mentalement à la réaction première des parents.
Déterminé il gravit le chemin menant au trottoir, à la porte d'entrée et sonna. Il n'eut pas à attendre longtemps. Une femme blonde au long cou lui ouvrit, son regard dédaigneux glissa sur lui avant de se poser sur son fils. La mère remarqua instantanément que quelque chose clochait chez son fils et une colère sans nom la posséda.
- Vous ! Qu'avez-vous fait à mon fils ! Je…
- Un problème Pet', questionna une voix masculine qui provenait de l'intérieur.
- Madame Dursley, votre fils et neveu ont été attaqués par des détraqueurs et je suis intervenu avant que, commença le mercenaire espérant apaiser légèrement la mère hystérique.
Il entendait des lourds pas qui faisait couiner le parquet et un homme à la corpulence imposante, aussi haut que large, apparut à la porte. Le visage rougi de colère laissait présager une discussion fortement pénible.
- Des QUOI ?! beugla Monsieur Dursley
- Des détraqueurs, des créatures magiques qui se nourrissent des souvenirs heureux et ne laissent que les plus pénibles mais je pense qu'on devrait en parler à l'intérieur avant d'ameuter du monde, fit Alex avec des trésors de patience.
Vernon n'en devint que plus rouge alors que sa femme pâlissait, phénomène fascinant aux yeux du mercenaire. Je me demande s'il va me faire une apoplexie, pensa-t-il avec une curiosité morbide.
- VOUS ! Vous êtes comme EUX ! Vous n'êtes pas le bienvenu chez moi ! PARTEZ !
Pétunia avait rejoint son fils et encadrait son visage de ses mains, tendrement en murmurant des mots rassurants, en vain. Dudley avait toujours son sourire béat et ne semblait réagir à rien.
L'ire du père de famille se répercuta aussi sur son neveu.
- Et toi garçon, je suis sûr que cette attaque de déta-chose est de ta faute !, continua-t-il, la moustache frémissante, en agrippant de ses doigts boudinés le poignet d'Harry.
Le jeune Potter essaya de s'extirper de la prise douloureuse, hélas il se fit tirer à l'intérieur. Il chancelait sous cette violence.
Trop… C'était trop !
Vif, le mercenaire saisit le poignet de Vernon puis effectua une torsion du bras, le forçant à lâcher son protégé, puis il frappa de son coude la jonction entre l'avant-bras et le reste du membre.
Un craquement sinistre suivit de deux cris, un d'orfraie et l'autre de douleur. Harry regardait la scène tétannisé, ne comprenant pas vraiment ce qu'il se jouait devant lui.
Le mercenaire lâcha sa victime qui s'effondra en tenant précautionneusement son bras brisé contre lui, et son regard dur se posa sur Pétunia, la faisant reculer, serrant son fils contre elle.
- Je vais être très clair, mon rôle est de protéger Harry Potter, essayer de lui faire du mal et je briserai chacun de vos membres. Maintenant rentrez et ne me faites pas répéter !
La douleur cuisante empêchait Vernon de réagir à ce… monstre. Sa respiration était lourde et il luttait pour rester conscient. Si seulement il pouvait se redresser et chasser la pourriture qui prenait les commandes ainsi que son monstre de neveu. Il n'aurait jamais dû accueillir l'anormal chez lui ! Tout d'abord toutes ces choses bizarres dans l'enfance du garçon puis la queue de cochon de leur Dudley et maintenant ça ! Il se sentit tiré par le col de la chemise et il ne put que ramper avec un bras et ses genoux jusqu'au salon où ils furent tous réunis.
Alexander les dominait par sa prestance et Harry commençait à jubiler de ce retournement de situation.
- A partir de maintenant monsieur Potter sera nourri normalement et ne sera plus esclave personnel. Je suis là et je veillerai personnellement à son bien-être. Madame Dursley ? déclara-t-il avec autorité.
Elle sursauta, tremblante et n'osa pas le regarder dans les yeux.
- Vous pouvez emmener votre cher et tendre époux à l'hôpital, bien sûr ne pensez même pas à prévenir les flics car je peux manipuler leurs esprits avec ma magie et ça me mettrait terriblement en colère… Compris ?
Elle hocha précipitamment la tête, complètement soumise.
- Je vous ai posé une question, veuillez me répondre verbalement.
Elle couina un oui puis aida son mari à se lever avant de regarder son fils avachi sur le canapé, cependant Alex devança son idée.
- Il restera là, dans son état c'est plus prudent.
Elle dut le prendre comme une menace car ses yeux se remplirent de larmes et d'une posture résignée elle guida le blessé vers la sortie.
Lorsque le couple quitta la maison, Alex lâcha un soupir et se tourna vers Harry.
- Désolé pour tout ce cirque mais certaines personnes ne comprennent que la menace.
Le plus jeune secoua la tête et se mordilla la lèvre.
- Ils l'avaient mérité et… merci.
- Je ne fais que mon travail, rétorqua Alex en allumant la télévision et en montant le son.
Les yeux verts brillèrent de curiosité et le mercenaire l'invita à s'installer dans la cuisine, autour d'un verre de jus d'orange piqué dans le réfrigérateur. Maintenant ils pouvaient parler sans être inquiétés.
- Je me nomme Alexander Lowell et comme tu l'as sans doute compris ton parrain m'a engagé pour te protéger. Personne ne doit le savoir, avec la politique du ministère cette mission me mettrait dans une situation dangereuse et précaire si ça se savait.
Harry fronça des sourcils, ne comprenant pas pourquoi. Le ministère ne chercherait pas plutôt à l'aider ? Surtout avec le retour de Voldemort !
- J'ai entièrement confiance en mes amis et au professeur Dumbledore. Et quelle politique ?
- Regarde-moi dans les yeux et assure-moi que tes amis ne parleront jamais à une tierce personne.
Buté, Harry allait défendre l'honneur de ses amis avec ardeur puis il se souvint désagréablement de quelques épisodes fâcheux. Par exemple la première année où Ron avait parlé à qui voulait l'entendre -ou pas -du combat contre le troll malgré sa gêne mais aussi la trahison, guidée par la jalousie lors du Tournoi. Ou encore Hermione et sa fâcheuse tendance à aller voir n'importe quelle autorité au moindre problème, de préférence un professeur et de plus derrière son dos. Comme la fois où Harry avait reçu son Firebolt, Hermione avait juste foncé directement chez le professeur McGonagall sans le prévenir.
Il avala difficilement sa salive sentant une boule au fond de sa gorge.
- Et le professeur Dumbledore ?
- J'aimerai juger par moi-même, s'il est de confiance je n'hésiterai pas à aller le voir, le rassura Alex.
Albus Dumbledore était comme une figure emblématique en Angleterre. Pour le moment il ne voulait pas le contrarier mais il n'avait aucunement l'intention de révéler son statut au vieil homme.
- Bon maintenant je vais t'expliquer la situation globale dans le monde de la magie britannique.
Comment va réagir Harry face à toutes ces révélations ? Comment va se passer la cohabitation ? Je vous dis à la prochaine, dans 15 jours !
Aki.
