Chapitre 4 : Mise au point
Un fait avéré chez Alexander Lowell : il était complètement inapte à annoncer les mauvaises nouvelles avec tact. Une faiblesse qu'il ne cherchait pas vraiment à corriger car tourner autour du pot pendant un long moment l'agaçait plus qu'autre chose. D'ailleurs cela faisait toujours rire sa partenaire…
- Depuis sa résurrection Voldy n'a pas fait parler de lui, silence radio complet. Le ministère déjà fort peu convaincu de vos propos sur le grand retour du grand méchant se conforte dans sa politique de l'autruche. En plus de ne pas y croire ils ont décidé de vous discréditer, une véritable propagande circule dans le monde magique contre vous.
Harry James Potter se sentit pâlir, impossible… Cela ne pouvait être vrai… Son état de choc ne dura guère longtemps car sa colère typique d'adolescent trop téméraire explosa. Il se leva brusquement de sa chaise, les poings serrés, sa magie crépitante autour de lui.
- VOUS MENTEZ !
Alexander, peu impressionné par cet éclat, sortit de la petite poche magique de son jeans un journal qu'il balança sur la table, dévoilant un titre et une photo d'Harry prise lors du tournoi.
Les problèmes mentaux du Survivant !
Mensonge ou hallucination d'un esprit malade ?
Par Rita Skeeter.
Page 2 : Témoignage de ses camarades de classe.
Page 3 : Interview de son psychomage.
Page 4 : Qui a donc tué Cédric Diggory ?
Le jeune homme ne pouvait en lire plus, il déchira le torchon médiatique et s'affala sur sa chaise, soudain défait. Cela faisait bien des semaines qu'il était isolé, qu'il demandait sans résultat des nouvelles de son monde et… Une sourde colère l'envahit, bien plus froide et pernicieuse. Envers le ministère incompétent, envers la presse corrompue, envers ses amis et le professeur Dumbledore qui l'avait abandonné…
Son côté slytherin trop longtemps endormi s'éveilla lentement et l'idée de se servir de l'homme envoyé par son parrain lui vint naturellement.
Alex finit son verre et continua sa tirade, remarquant que son protégé l'écoutait maintenant avec attention.
- Et maintenant je crains qu'ils ne soient passés à l'acte, les dementors sont connus pour être sous les ordres du ministère. Si tu avais invoqué un patronus lors de l'attaque le ministère se serait fait une joie de t'envoyer devant le tribunal et à t'octroyer une lourde peine.
Harry eut un frisson très désagréable, comme si Voldemort et ses Death Eaters ne suffisaient pas… Condamné encore et toujours à regarder par-dessus son épaule craignant des tentatives d'assassinats. Hors de question ! L'odeur tentatrice de la vengeance le titilla, s'aurait été si facile de succomber, de basculer vers un univers bien sombre. Après tout pourquoi pas détruire ceux qui sont motivés de faire de même ?
Non, c'est un raisonnement de slytherin et de Death Eater, pensa Harry.
- Mais qu'est-ce que je peux faire alors ? questionna le jeune sorcier à lunettes.
- Pour l'instant rien, juste faire profil bas pour ne pas donner l'occasion de t'atteindre à tes ennemis. Je m'occupe de tout mais je te promets de ne pas pour autant te laisser à l'écart. Tu dois connaître tous les dangers qui t'entourent, pour ta sécurité.
- Mais j'ai déjà affronté Volde-
La main du mercenaire fusa rapidement pour recouvrir la bouche du Survivant.
- Voldy a posé un tabou sur son nom lors de la première guerre, un sortilège complexe et puissant, si on prononce son nom complètement alors il saura qui et où. Je n'ai pas spécialement envie de précipiter un combat contre ses minions sans stratégie. Tu comprends ?
Le plus jeune écarquilla des yeux, il comprenait maintenant pourquoi les gens avaient si peur d'un nom bien que ce soit ridicule. Il hocha la tête et la main blanche se retira.
- Mais pourquoi Dumbledore ne me l'a jamais dit ?
- Il doit avoir ses raisons… murmura gravement Alex insufflant un peu plus le doute dans le jeune esprit.
Le mercenaire agita sa main en l'air en murmurant vaguement un Tempus et l'heure ainsi que la date s'éleva dans une écriture lumineuse. Ce geste était poussé par la faim.
- Il est l'heure de manger, tu veux bien m'aider à préparer le repas ? On continuera notre discussion après.
Harry hocha la tête et les deux sorciers se mirent au travail. En entrée une sale de tomates et concombre, ensuite en plat un morceau de bœuf à la poêle accompagné d'haricots verts et de pâtes et pour le dessert la glace qui se trouvait dans le congélateur. Bref un repas équilibré , bon pour le corps.
Cependant ce moment de détente fut légèrement contrarié pour Harry lorsqu'il vit un troisième couvert sur la table.
- Ton cousin devrait normalement sortir de sa léthargie sous peu, dit Alex le plus naturellement au monde.
Harry serra la mâchoire, furieux, lui qui avait été tant de fois privé de repas il espérait que les Dursley connaissent la faim dévorante, insoutenable…
- Un problème ? demanda le mercenaire qui le testait.
- Non… rien…
Le repas fut très étrange. Déjà le mercenaire mit un petit moment pour rassurer Dudley qui ne se souvenait de pas grand-chose des derniers évènements puis à table régna un silence de mort pesant et le jeune homme obèse qui d'habitude ne perdait jamais une occasion de se bâfrer picora craintivement dans son assiette.
A la fin du repas Alex nettoya la table et les couverts avec sa magie faisant définitivement fuir Dudley jusqu'à sa chambre alors qu'Harry se posait une question qu'il formula à voix haute.
- Mais pourquoi je ne reçois pas de lettre du ministère ?
Alex le regarda avec surprise, quelque peu confus.
- Et pourquoi tu devrais en recevoir ?!
- Hum… Quand Dobby a fait léviter un gâteau j'ai reçu une lettre me rappelant que je n'avais pas le droit d'utiliser la magie en dehors de l'école.
- Qui est Dobby, demanda le mercenaire.
- Un House-elf.
Alex fronça des sourcils.
- Les Elves s'accordent avec la magie du sorcier, c'est normalement avec celle de son maître, c'est comme rentrer en résonnance mais normalement la Trace ne devrait pas s'activer dans ces cas-là réfléchit Alex à voix haute.
Les House-elves étaient des créatures particulières, puissants mais avec une magie instable. Ils avaient besoin de créer un lien avec un sorcier ou autre hybride pour se stabiliser, de pratiquer la magie sans danger et éviter de mourir jeune de surcroit. Le lien se brisait quand le maître remettait un vêtement à son serviteur.
- Comment ça ? demanda Harry un peu perdu.
- On dit souvent que la Trace est lancée sur les sorciers mineurs mais c'est un abus de langage. Elle est posée en réalité sur la baguette et le sortilège s'annule de lui-même aux 17 ans du sorcier. Si tu ne te sers pas de ta baguette alors c'est impossible que… A moins que… Un sortilège de surveillance… Il en existe tellement… Je n'aime pas ça…
Un sortilège de surveillance basé sur la magie d'Harry Potter, si le sorcier utilise sa magie, baguette ou non alors le ministère est au courant. Peu importe si c'était accidentel, peu importe l'endroit ou les conditions, le ministère était au courant de chaque sort utilisé. Il ne voyait que cette réponse logique dans la situation qu'avait affronté Harry avec l'elf : la créature rentre en résonnance avec le garçon, utilise un sort de lévitation et le sort de surveillance ne fait pas la différence.
Alex n'aimait vraiment pas quand la politique d'un pays abusait de son pouvoir, en général c'était la marque de fabrique des dictatures.
Le jeune sorcier se sentit nauséeux avec cette dernière révélation, on l'espionnait ? Le privait de son intimité ? Cela venait du gouvernement ? Il voulait s'en débarrasser ! Tout de suite !
- Enlevez le moi, s'écria Harry.
Le mercenaire retint un soupir, sale petit… non non c'était son protégé et juste un gosse qui paniquait. Il ne pouvait le comparer à tous ses anciens clients qui le traitait toujours avec respect et lui parlait avec politesse.
- Cela n'est pas si facile, il ne suffit pas d'agiter sa baguette avec un Finite incantatem…
- Alors quoi ? coupa brutalement Harry.
Oh par Magia donne-moi la force, pensa Alexander. Il traitait pour la première fois avec un adolescent lors d'une mission.
-Un rituel de purification, prononça Alex lentement avec des trésors de patience.
Remarquant le regard excédé de son protégé il explicita un peu plus son propos.
- Il permet de purger la cible de toute magie étrangère nuisible, par exemple sort de surveillance, scellement, contrôle, voire de quelques potions indésirables. Les gobelins peuvent le pratiquer contre rémunération cependant, commença Alex en voyant Harry motivé à le subir ici et maintenant.
- Quoi encore ?
Le ton était agacé, exaspéré et pressant, un joli cocktail pour tester les limites de la patience d'Alex.
- Premièrement dès que le sort sera supprimé le lanceur le saura et je préfère préparer une contre-attaque avant. Ensuite des sorciers sous les ordres de Dumbledore te surveillent, si j'ai réussi à tromper leur vigilance jusqu'à là, ce n'est pas pour tout foutre par terre maintenant. Pour finir j'aimerai qu'on évite de foncer tête baissée en ne pensant pas à toute les alternatives, c'est le meilleur moyen de se mettre en danger. Compris ? dit le mercenaire en se redressant de toute sa hauteur
Le corps entier de son interlocuteur était visiblement tendu, signe d'un rejet bien adolescent devant l'autorité mais l'adulte décida de ne pas se prendre la tête avec ça pour le moment, Harry finirait bien par écouter la voix de la raison.
- Oui, lâcha-t-il avec répugnance.
Normalement Alex devait mettre des règles de sécurité avec son protégé mais ce n'était vraiment pas le bon moment, il risquait tout simplement de le braquer définitivement. Et s'il lui offrait quelque chose qui pourrait l'intéresser ?
- Si ça peut te rassurer je t'apprendrai à te défendre sans magie, c'est efficace aussi bien contre les sorciers que les non- les moldus.
Harry se détendit légèrement mais pas totalement et une lueur d'intérêt brilla dans son regard.
- Comme avec oncle Vernon ?
- Exact, mais ça sera dur. Je vais t'apprendre quelques gestes de self défense puis, si nous avons le temps approfondir, les arts martiaux et améliorer tes réflexes, ton endurance et ta force.
- On commence quand ?
- Demain matin, ce soir je vais m'installer ici.
Satisfait, Harry hocha la tête et proposa au mercenaire de s'installer dans la chambre d'ami, là où séjournait tante Marge quand elle était de visite. Alex osa lui rendre la baguette en houx qu'Harry récupéra précieusement puis celui-ci le guida à l'étage, jusqu'à la chambre où il laissa le mercenaire seul pour se réfugier dans sa propre chambre au calme. Il avait besoin de réfléchir.
L'albinos sortit de sa poche son bagage miniaturisé et allégé puis d'un Finite Incantatem lui redonna sa forme d'origine avant de le poser sur le lit. Il détailla sommairement la chambre, la tapisserie fleurie de pétunia, la lourde armoire en face du lit double, les deux tables de chevet du chaque côté du lit avec une lampe chacune.
Soudain fatigué par cette journée, il s'assit sur le matelas et ferma les yeux, se concentrant sur sa magie. Rapidement il la ressentit pulser dans chaque particule de son corps, vivante et puissante puis il perçut le lien de familier qu'il effleura de son esprit, appelant son adorable chouette.
Alex sortit de sa transe et alla à la fenêtre. Il le vit, là derrière une clôture, Modingus Fletcher était de retour et fixait la chambre de son protégé. Heureusement le mercenaire était dissimulé par les rideaux en dentelle et la chambre d'ami était un peu plus éloignée. Il se permit donc d'ouvrir la fenêtre pour sa chouette puis se décala. Maintenant il veillerait à rester loin des fenêtres.
La Dame blanche ne mit pas très longtemps à rejoindre son maître, elle se posa sur son épaule et frotta son visage contre la joue glabre.
- Artémis ma belle, il faut que tu sois discrète quand tu chasseras cette nuit, murmura-t-il avec affection.
Il observa très vite une réaction plutôt particulière : le plumage se gonfla et elle lui tira une mèche de cheveux brutalement avant de tourner la tête de l'autre côté. La voilà vexée maintenant…
- Oh Artémis, tu es la meilleure chasseuse, aussi silencieuse qu'une ombre mais la maison est surveillée. Sois prudente, d'accord ?
Dès que les petits yeux noirs si expressif croisèrent son regard, il sut qu'il avait gagné le pardon de son familier.
Dans une autre chambre, bien petite, se trouvait le jeune Potter assis derrière un petit bureau regardant la cage vide d'Hedwig. Il hésita encore quelques minutes avant de prendre un morceau de parchemin et une plume avec son encrier.
Cher Padfoot,
Aujourd'hui, il s'est passé plusieurs événements étranges et j'aimerai des éclaircissements. Deux Dementors m'ont attaqué à Little Whinging, est-ce qu'ils sont maintenant à son service ? Je n'ai pas eu le temps de lancer un patronus car un sorcier inconnu s'est interposé et les a fait fuir. Il dit s'appeler Alexander Lowell et que tu l'as engagé pour me protéger.
Est-ce vrai ?
J'attends avec impatience ta réponse.
Harry
Son harfang des neiges revint de sa chasse, une grenouille dans le bec.
- Hedwig j'ai besoin de toi ! Laisse tomber ce que tu as apporté, il faut livrer une lettre à Sirius, c'est urgent !
Un regard doré et rond plein de reproches se posa sur le jeune sorcier et celui-ci se démena pour convaincre sa chouette d'abandonner son repas pour un moment. Finalement elle s'envola avec le précieux courrier.
Ainsi une chouette de bien mauvaise humeur arriva à Londres retrouver le parrain de son maître. Peu importe la protection magique autour de la maison, les familiers étaient bien au-dessus de ça ! Elle pénétra donc dans la demeure sinistre sans aucun problème et suivit son instinct jusqu'à une chambre où un homme était plongé dans une lecture. Le son du bruissement des plumes lui fit lever le visage de son livre.
Les yeux gris typiques des Black s'écarquillèrent de surprise en reconnaissant la chouette puis il fronça des sourcils. Hedwig balança la lettre sur le livre encore ouvert et se posa sur l'épaule avant de donner un puissant coup de bec, entaillant la joue.
C'était sa vengeance… La priver de son repas, mais quelle honte ! Le cri de douleur la remplit d'une puissante satisfaction.
Sirius chassa le volatile en agitant des bras en grommelant sur les chouettes caractérielles. Elle se posa en haut d'une armoire, le dardant d'un regard furieux que Sirius ignora superbement.
Le destinataire ouvrit la lettre et parcourut les mots qui s'alignaientt devant lui dans une écriture empressée. Très vite, une tension dans ses épaules disparut.
- Ma demande a été acceptée…
On frappa à la porte et le grand Albus Dumbeldore apparut sans attendre de réponse. Ce qui agaça le Lord, même s'il n'aimait pas cette maison il était le maitre des lieux que diable !
- J'ai remarqué la chouette du jeune Harry, un problème ? demanda le directeur avec son regard d'un bleu pétillant.
Sirius referma la lettre en baissant des yeux, n'ayant pas confiance en son occlumentie, et en soupirant.
- Non, il s'impatiente. Il souhaite des réponses Albus, je ne suis pas sûr que le couper du monde magique soit une bonne idée. Sa chouette vient même de me molester, dit-il contrit.
Albus regarda la petite entaille qui l'amusa quelque peu mais il prit un ton désolé. Un véritable jeu d'acteur entre les deux hommes.
- C'est pour le protéger, la situation est plus que complexe et j'espère qu'il profite de ses vacances le plus possible avant d'affronter cette lourde tension. Mais si ça vous rassure je pense qu'Harry peut nous rejoindre à Grimmauld Place, nous organiserons un transfert pour après-demain.
Un soupir de soulagement de la part de Sirius et il le remercia tout en pensant qu'il devait envoyer une lettre de toute urgence à Harry, le rassurer et le prévenir de garder la présence du mercenaire secrète.
Le vénérable directeur quitta sa chambre et Padfoot détruit d'un coup de baguette le courrier incriminant avant de s'installer à son propre bureau où il rédigea sa réponse avec ferveur.
Harry,
J'ai le regret de te dire que les Dementors sont toujours sous les ordres du ministère, c'est de plus en plus inquiétant. Je vais donc te demander de bien suivre les indications de monsieur Lowell. C'est la guilde des mercenaires qui l'envoie et je me sens soulagé qu'il soit à tes côtés.
Fais lui confiance, la guilde est respectée et ce n'est pas pour rien. Une fois une mission commencée il la termine peu importe les dangers. Je t'expliquerai tout ça en détail quand tu nous rejoindras, dans deux jours. Tiens-toi prêt et préviens ton garde du corps, il doit se cacher et garder sa présence secrète.
Sniffle.
Salut mes chers lecteurs et lectrice, je vous remercie pour votre soutien. Je m'excuse pour le retard, j'étais en plein déménagement, me noyant sous les cartons. Bref j'espère que le chapitre fut à la hauteur de vos espérances.
A la prochaine,
Aki.
