Chapitre 9 : Tensions et Responsabilités
Dire que l'ambiance était électrique était un euphémisme… Cette constatation titillait l'esprit de la jeune sorcière Hermione Granger un peu trop fréquemment. Elle soupira tristement alors qu'elle refermait un ancien livre de cours, elle le connaissait déjà par cœur et n'arrivait plus à s'évader avec lui. Elle aurait bien aimé plonger dans un ouvrage de la demeure ancestrale des Black mais… la bibliothèque était devenue un lieu interdit.
Elle se souvenait encore de la puissante dispute qui avait éclaté le matin même.
Hermione regardait le dos des épais livres reposants sur les immenses étagères, parcourant avidement les titres. Sirius se reposait sur un des canapés en cuir confortable, la surveillant tranquillement. Ce petit instant paisible fut brusquement interrompu par l'entrée de Molly Weasley en « tenue de combat » : un tablier, des gants de nettoyage et une queue de cheval.
- Hermione ? Que fais-tu ici ?! s'exclama la matriarche
Le regard de Sirius se durcit immédiatement alors que l'adolescente répondait d'un air déstabilisé par ce ton accusateur.
- Hum… Sirius m'a autorisée à jeter un œil à la bibliothèque.
- Cet endroit est dangereux, je suis désolée Hermione mais tu devras attendre qu'on est nettoyé la pièce, fit Molly d'une voix plus douce avant de se tourner vers l'autre adulte de la pièce. Le parrain de son meilleur ami s'était levé, bien droit et le menton haut et digne.
- Sirius ! C'est complètement irresponsable ! Avec tous ces livres de magie noire c'-
- Il n'y a pas que des livres de magie noire et je suis là pour contrôler ! Hermione est une jeune fille intelligente, on se doit en tant qu'adulte à développer son potentiel !
Elle avait déjà aidé son filleul à de nombreuses reprises et il voyait bien tous ce potentiel pour le bien d'Harry. Quant à l'adolescente, elle avait reculé, un peu craintive face à ces éclats de voix.
- Et tu as pensé à contrôler la présence de malédiction ?! Tu as complètement perdu la tête de faire entrer une née moldue sans penser une seconde à ce qu'aurait pu laisser tes ancêtres contre elle ! J'ai demandé à Albus et on a décidé de condamner l'endroit afin de vider les lieux de toutes traces de magie noire !
Le ton montait inexorablement entre les deux adultes et cela perturbait Hermione de voir deux figures d'autorités importantes s'écharper vocalement.
- Alors comme ça on prend des décisions importantes concernant ma propriété sans mon consentement ?! hurla le maraudeur
Les cris commençaient à attirer les autres résidants de la demeure des Black. Des bruits de pas pressés se faisaient entendre, se rapprochant de la source de la dispute. Hermione se décida à intervenir, ne voulant plus être la spectatrice de ce genre d'évènement devenu monnaie courante.
- S'il vous plait, gémit-elle.
Les deux adultes se tournèrent vers elle, se rappelant brusquement de sa présence. Sirius fut le premier à lui répondre, coupant Molly dans sa propre tentative.
- Hermione, est-ce que tu peux nous attendre dehors s'il te plait ? Lui répondit-il d'une voix plus douce mais toute de même ferme.
L'adolescente se mordit la lèvre inférieure, hocha la tête et obéit. A peine eût elle posé un pied dans le couloir que la voix de Ron résonna à ses oreille, l'appelant. Elle tourna la tête et le vit, accompagné des jumeaux et de Ginny. Un peu plus loin le professeur Lupin et Harry s'approchaient à grand pas.
- Mais qu'est-ce qu'il se passe ?! s'écria Ronald.
L'un des jumeaux se pencha vers la porte entrouverte et déclara.
- Maman est entré…
-…en guerre
Ils échangèrent un regard de connivence alors qu'un fin sourire malicieux se dessinait sur leurs lèvres respectives, cette guérilla les arrangeait bien. Quand la matriarche avait pris en grippe Sirius ils avaient eu champs libre pour leurs expérimentations. Lupin, voyant ça, se prit d'un court instant de nostalgie, ils étaient dignes des maraudeurs… mais il sortit très vite de ses pensées pour calmer son ami.
Cependant Sirius Black mit fin de lui-même à cette altercation d'une étrange manière. D'un port altier digne d'un puissant maître de maison il dédaigna Molly Weasley puis imposa sa sentence d'une voix froide.
- Moi, Lord Sirius Orion Black, maître de la demeure ancestrale des Black, interdit l'accès de la bibliothèque. Y auront droit Remus John Lupin, Harry James Potter et moi-même. Ainsi soit-il.
Un flash de lumière et la maison trembla jusqu'à ses fondations. La porte de la bibliothèque s'ouvrit entièrement dans un claquement sec puis Molly fut comprimée par une force inconnue qui l'éjecta littéralement de la pièce. Les témoins eurent juste le réflexe de l'éviter alors que son dos percutait douloureusement le mur. Le choc et la douleur lui coupèrent le souffle.
- Maman, s'écrièrent en cœur Ron et Ginny en accourant à ses côtés.
Sur le pas de la porte, la posture impérieuse de Sirius était digne des Black…
Remus rejoignit son ami et les deux maraudeurs s'isolèrent dans la bibliothèque pour une importante discussion. Les jumeaux aidèrent leur mère à se relever et celle-ci se mit à hurler à la porte qui resterait maintenant éternellement close pour elle. Harry grimaça et chercha à s'esquiver mais Ron le prit à partie. Très mauvaise idée… Ron n'était pas vraiment dans ses petits papiers en ce moment…
Le soupir de la jeune fille tira un certain roux d'une partie d'échec contre sa sœur, levant la tête vers son amie.
- Qu'est qu'y a Mione ? demanda-t-il bêtement.
Elle le fusilla du regard, n'avait-il pas remarqué les tensions ? N'avait-il pas compris la raison de la colère d'Harry ? Par Merlin, encore une fois Ron pataugeait complètement dans sa bêtise ! Lorsque Harry était revenu parmi eux, en froid et le regard dur en ne se contentant pas de vulgaires excuses Ron avait pris la mouche.
Hermione fut la seule à insister pour réparer son tort et finalement les deux amis purent avoir une discussion à cœur ouvert. Les cauchemars hantaient Harry, la mort de Cédric, Voldemort revenant à la vie ou encore la mort de ses parents. Puis la solitude, ne pas recevoir de soutien de ceux qu'il considérait comme sa famille fut de trop.
- Ben quoi ? s'interrogea-t-il face au regard noir de Mione en regardant sa partenaire d'échec.
Ginny haussa des épaules, se concentrant plus sur son coup à venir, les problèmes de son frère restaient les siens, qu'il ne la mêle pas à ses histoires.
- Tu me le demandes vraiment Ronald Bilius Weasley ? siffla-t-elle de rage contenue.
Finalement l'ambiance l'avait bien atteinte, le roux recula sur son lit où se jouait la partie en réflexe et l'enfer se déversa sur lui.
- Peux-tu m'expliquer ce que tu fais là à jouer ?! Tu dois t'excuser auprès d'Harry ! Qu'est-ce que tu attends encore ?! Qu'il frôle la mort comme la dernière fois ?! TON EGOÏSME N'A AUCUNE LIMITE ! IL A VU LE MEUTRIER DE SES PARENTS RENAÎTRE, TUER ET TORTURER ! EST-CE QUE TU PEUX TE METTRE A SA PLACE POUR UNE FOIS !
Ron pâlit puis rougit furieusement, les poings serrés de colère avant de se lever brusquement faisant voler le plateau et attirer les injures des pièces mouvantes. Ginny décida de se retirer pour l'instant, il valait mieux ne pas se mettre entre les deux.
- C'EST LUI QUI S'ELOIGNE DE NOUS ! JE NE SUIS PAS DEVIN, beugla-t-il.
La claque fusa et résonna dans la pièce.
- Et en tant qu'amis, on pouvait le deviner, le voir pour lui apporter notre soutien. Tu as échoué, j'ai échoué, dit Hermione les larmes aux yeux.
Bien loin de la dispute, ou plutôt à l'autre bout de la demeure le concerné se dirigeait vers la bibliothèque des Black. Sirius lui avait promis de lui parler de sa famille et pas que de ses parents mais les Potter en général. Apparemment sa famille, et maintenant lui, possédait une influence politique et économique. Sirius avait promis de lui apprendre à s'intégrer dans les différentes sphères. Pour ce dernier point Harry en grimaçait d'avance, il ne souhaitait pas, pour le moins du monde, se transformer en archétype de sang-pur tel que Malfoy. L'adolescent en frissonnait de dégoût.
Le Survivant pénétra dans la bibliothèque se trouvant dans la pénombre, son parrain assis sur un des larges fauteuils fixait la mince ouverture des rideaux de l'immense fenêtre qui déversait les rares rayons de soleil dans la pièce.
- Sirius ? demanda Harry prudemment.
Aucune réponse. Le plus jeune s'avança et posa une main sur l'épaule du plus vieux. Celui-ci tourna brusquement la tête dans un craquement de nuque. Harry fronça des sourcils, inquiet. Ce comportement demeurait étrange.
- James ? prononça Sirius en regardant juste au-dessus de la tête de son filleul.
Harry se gela et n'arriva pas à formuler une réponse.
- Hey tu as vu la tête de Hepkins ! Absolument génial ! J'ai une idée pour la prochaine blague ! Faut en parler à Moony et Wormtail.
Puis soudainement il changea de ton, passant d'enjoué à froid. Son expression devint dure.
- Je ne suivrais pas vos principes mère. Vous pouvez me gifler, me lancer des sorts autant que vous le souhaitez je ne cèderai pas.
Le filleul, perdu, secoua l'épaule de son parrain.
- Siri ! C'est moi ! Harry ! Ton filleul ! s'écria-t-il.
Une main ferme sur son épaule le fit sursauter, il regarda par-dessus celle-ci et vit Remus, les lèvres pincées d'inquiétudes mais pas surpris. Il ne l'avait même pas entendu entrer.
- Harry, sors d'ici il ne doit pas te voir quand il reviendra à lui. Il ne supporterait que tu l'aies aperçu dans cet état.
- Mais !
- Non, s'il te plaît je m'en occupe, attends-moi dehors. Je t'expliquerai tout, d'accord ?
La gorge nouée, Harry regarda son parrain une dernière fois avant de quitter la pièce.
Remus s'agenouilla pour être à sa hauteur, lui prit la main, plongea dans son regard et lui parla d'aujourd'hui, des derniers évènements, du temps qu'il faisait tout en glissant des paroles d'encouragements et réconfortantes. Peu à peu Sirius reprit pied avec la réalité, immergeant du confins de son esprit.
- Moony ? ça a… recommencé ? prononça-t-il les mains tremblantes et la peau pâle et moite.
Le loup garou serra la main qu'il tenait en signe de soutien. Sirius ne se souvenait jamais de ses crises alors Remus n'avait pas eu d'autre choix que de lui montrer un souvenir. Il considérait que Padfoot devait en avoir conscience.
- Oui mais rassure-toi j'ai pu t'aider à temps.
L'animagus fronça des sourcils, perdu, puis pâlit drastiquement dans un sursaut.
- Harry ! Il est quelle heure ?! Notre leçon…
Remus posa ses mains sur ses épaules.
- Calme toi ! Ne t'inquiète pas, tu peux largement te préparer. Je m'occuperai de le retarder. Tu as après tout devant toi Moony dont la grande mission était de faire diversion.
Padfoot sourit au souvenir, même fortement réduit les maraudeurs n'étaient pas en reste. Remus, le voyant aller mieux le relâcha et celui-ci se leva en tirant sa baguette. D'un mouvement il ouvrit les rideaux en entier et alluma le chandelier. En le voyant attirer à lui divers livres tels que Les grandes familles, Etiquette et coutume : guide du parfait sorcier, Organisation du ministère : assoir son influence ou encore Gestion de son patrimoine Moony quitta son ami pour rejoindre Harry.
L'adolescent se trouvait adossé entre deux tableaux endormi, le visage tordu par l'angoisse. Le regard d'un vert émeraude si ressemblant à celui de Lily semblait presque terni par la scène qui s'était jouée devant lui.
- Professeur Lupin… prononça-t-il difficilement.
L'ancien professeur n'eut pas la force de le corriger, pour se faire appeler par son prénom… Il possédait tant de regrets et l'un d'entre eux se trouvait devant lui. Pourquoi n'avait-il pas insisté pour garder un lien avec le fils de son ami ? Pourquoi n'était-il pas resté pour veiller sur lui ? La réponse demeurait simple : la lâcheté. Maintenant l'adorable bambin qui l'appelait Onc' Mo-ny était devenu un adolescent ne se permettant pas d'être trop familier.
Désormais il s'efforçait de rattraper ses erreurs et d'être le soutien infaillible… Il ne laisserait plus la douleur ou la peur prendre les décisions à sa place.
- Suis moi, je n'ai pas envie qu'on nous entende, dit Remus en le guidant vers une des pièces proches.
Ils entrèrent dans un des petits salons qui avaient été nettoyés de doxys par Molly et ses mignons des heures plutôt. Le maraudeur insonorisa la pièce d'un sort et dans l'instant Harry l'assomma d'une avalanche de questions.
Il va bien ? Pourquoi ? Comment ? Que se passe-t-il ?
Et plus il posait ses questions et plus l'impatience le prenait, donnant un certain agacement dans sa voix.
Cela lui arrive souvent ? Que dois-je faire ? Comment l'aider ?
Remus cligna des yeux, décontenancé, c'était la première fois que le jeune Potter se lâchait ainsi devant lui. Dans une autre occasion il en serait ravi mais là…
- Attends, Harry, calme toi, je vais tout te dire, riposta l'ancien professeur.
Ces derniers mots possédaient un effet presque magique sur le jeune homme. On l'avait tellement laissé dans l'ignorance à de très nombreuses reprises que cette promesse de réponse insufflait une vague de calme dans son esprit, c'était pratiquement miraculeux pour cette boule de nerfs.
- Je dois… pouvoir faire quelque chose, articula Harry, les poings serrés.
Il se retrouvait encore frustré par une situation.
Moony retint un soupir.
- Tu n'as pas à porter ce poids, reste juste à ses côtés… Tu n'imagines pas à quel point cela lui fait énormément de bien de s'occuper de toi, de prendre ses responsabilités de parrain.
- Mais ! commença l'adolescent.
- Il a besoin d'un psychomage, le coupa son interlocuteur d'une voix ferme.
- Un psychomage ? C'est comme un psychiatre c'est ça ?
Heureusement que le loup garou connaissait la culture moldu pour y avoir vécu pour comprendre la référence.
- Oui, avec la magie en plus. Sirius n'est pas revenu indemne d'Azkaban. Son esprit est fractionné, expliqua-t-il avec tristesse
- Mais alors il suffit de lui trou-
L'adolescent s'arrêta net, la réalité le rattrapant brusquement. Comment avait-il pu oublier l'évidence ?
- Tant que Pettigrow est en liberté…
Tant que Sirius demeure fugitif…
- Son statut est connu dans toute l'Europe, un criminel recherché ne peut aller voir un spécialiste, confirma-t-il avec lassitude.
Une idée s'alluma dans l'esprit du filleul et une vague d'excitation le parcourut.
- Et les Etats-Unis ?
S'il n'avait pas rencontré le mercenaire américain il n'aurait jamais pensé à ce pays. Remus secoua la tête.
- J'ai déjà pensé à lui faire traverser l'Atlantique ou encore l'envoyer en Asie cependant passer la frontière anglaise en cette période est très complexe.
Une impasse mais une faible lueur d'espoir brillait dans le regard d'émeraude. Il connaissait un américain qui possédait une certaine immunité diplomatique de surcroit. Il ne perdait rien à lui demander.
Une poignée de minutes plus tard, c'était donc un Harry légèrement plus calme qui se fit accueillir par un parrain guilleret. La pièce avait retrouvé une luminosité normale. Aucune trace de ce qui s'était passé, rien du tout.
- Très cher élève, bienvenue à notre première leçon, déclara pompeusement Sirius.
Il fit un geste dramatique pour désigner le bureau où reposait des livres plus ou moins épais et son filleul ne put retenir un sourire amusé en s'y installant.
- En ces lieux où demeure le savoir ancestral de la pure et grande famille des Black tu apprendras l'art et la manière de faire honneur à ton nom, continua-t-il en ponctuant certains de ses mots avec des grimaces ridicules faisant pouffer Harry.
Sirius arrêta ses singeries, fier de lui et fit un clin d'œil.
- Bon je vais arrêter de parodier ma chère et tendre mère sinon on ne va jamais commencer.
Cela jeta un froid. Comme un écho Harry se rappela désagréablement des mots de son parrain lors de sa crise. Un frisson glacé remonta son échine et son regard se perdit dans le vague, quel genre de mère était-ce ? Qu'avait-elle fait à Sirius ? Etait-elle du même acabit que les Dursley ?
Le plus âgé cligna des yeux, surpris par cette réaction et frotta avec affection la chevelure rebelle du plus jeune.
- Et ben déjà perdu ?! Et pourtant on n' a pas encore commencé ! s'exclama Sirius sur un ton taquin.
Au moins cela tira Harry de ses sombres pensées et comme à chaque fois qu'il recevait ce genre d'attention de la part d'une figure familiale son cœur se réchauffa.
- Non, ça m'a juste choqué de te voir un instant sérieux, rétorqua Harry les yeux pétillants et le sourire en coin.
- Mais je suis toujours sérieux !
Ils profitèrent un court moment de ce moment de légèreté et complicité avant de rentrer dans le vif du sujet.
- Les livres que tu as devant toi, je les ai étudiés dans mon enfance et je sais pertinemment que c'est ennuyeux mais ils sont utiles.
Harry se pinça les lèvres en les regardant avec circonspection.
- Je n'en vois pas vraiment… l'intérêt, je ne suis pas un sang pur comme Malfoy et la politique ne m'intéresse pas.
- Détrompe toi ! Tu es un Potter et ta famille a un poids énorme dans notre société, depuis la fondation de notre régime actuel. Par exemple dans ce livre tu as un chapitre entier sur les Potter accompagné de ton arbre généalogique, annonça le professeur improvisé en prenant Les grandes familles pour lui tendre.
Harry le saisit avec une certaine excitation, à part James et Lily il ne connaissait pas grand-chose de sa famille.
- Comment ça ?
- Lorsque tu prendras ton titre de Lord tu hériteras d'une place de choix au Wizengamot ! Mais tout d'abord qu'est-ce que tu sais du Wizengamot ?
- Hum, il vote les lois et fait office de tribunal. Il y a des postes permanents et d'autres non, d'après ce que le professeur Lupin m'a dit il y a les six familles fondatrices qui y siègent. Mais alors, la famille Potter ?
- Oui c'est ça, à vrai dire ce sont les Peverell mais les Potter sont leurs descendants. Alors les six familles sont donc les Potter, les Prince, les Nott, les Black, les Longbottom et les Bones. Ensuite le ministre de la magie qui est élu tous les sept ans environ puis vient les six autres membres qui sont élus tous les trois ans. Ces derniers doivent prouver qu'ils sont purs, Le Registre des Sangs purs ressort assez souvent.
- Il y a un registre des sangs purs, s'indigna Harry dégoûté.
- Ecrit probablement par Teignous Nott dans les années 30. Il regroupe vingt-sept familles, grimaça Sirius.
- Mais alors les nés-moldus ? Comment peuvent-ils… être représentés ?
- C'est plus compliqué que ça, de nombreuses familles les soutiennent suite à l'appauvrissement de la population sorcière. Il y a des lois qui ont été créées pour faciliter leur intégration mais les voir dans des postes importants du ministère est encore mal vu. Déjà que les puristes se sont opposés à ces changements...
Harry ne pensait pas que toutes ses informations allaient le stimuler autant, plus du tout réfractaire il réfléchissait à chaque facette.
- Pourquoi les puristes s'y sont opposés si le monde magique a autant besoin de citoyens ? Ou plutôt je me suis toujours demandé pourquoi les sangs-purs détestent autant les nés-moldus ? Qu'elle est l'origine du conflit ? C'est juste du racisme ?
Sirius le regarda avec un léger sourire, comme s'il s'attendait à cette question.
- Au XIXe siècle un sorcier né-moldu s'appelant Aedan Brad a regroupé une communauté de nés-moldus et de sangs mêlés réfractaires à la culture sorcière. Il faut que tu saches que nous avons eu des rites et des fêtes propres enseignés oralement de parents à enfants. Alors quand ils sont arrivés dans le monde magique ils se sont senti rejetés, à l'écart. Au début leurs récriminations ont donné lieu à des cours leur permettant de s'intégrer. Cependant ils ont trouvé nos fêtes… barbares, à la limite de la magie noire et il y a eu une grande désertion. Les nés-moldus ne voulaient plus entendre parler du monde magique et une fois leur diplôme en main ils retournaient dans le monde moldu. Tu imagines bien qu'une fois qu'ils ont eu des enfants à leur tour ils ont refusé qu'ils aillent à Hogwarts. Cela a provoqué un véritable scandale ! Le fait que les enfants soient dispensés d'une véritable éducation dans un lieu encadré amenèrent des problèmes plus grave. Des accidents magiques à répétition provoquant la presque révélation du Secret. Le ministère n'avait plus le choix pour régler la situation de manière pacifique.
Le plus jeune devina la solution mis en place.
- Les fêtes et rites sorciers ont été interdits, termina Harry.
- Exactement, par exemple Halloween a remplacé Samain. Et Imbolc, Beltaine et Lugnasad ont complètement disparus de nos calendriers.
Pour une fois Harry vit le monde différemment, il n'y avait plus les infâmes sangs-purs d'un côté et les gentils nés-moldus de l'autre, le noir et le blanc. C'était plus complexe, une infinité de nuance de gris. Ce nouveau constat le bousculait et le terrifiait presque.
Son regard flamboyant embrassait la pièce qu'il venait de pénétrer. Des murs de pierre ornés de tableaux mouvant, une table ronde en bois massif regroupant des sorciers et des sorcières qui le fixaient et Albus Dumbledore surplombant cette assemblée, encore debout devant son siège bien plus imposant que les autres.
- Bonsoir, je ne suis pas en retard j'espère ? prononça le nouveau venu
- Ah Alexander ! Non bien sûr que non, venez installez-vous entre Severus et Septima, dit Albus les yeux pétillants en faisant un geste de la main.
L'américain y consentit tout en saluant d'un mouvement de tête ses voisins, reconnaissant le maître des potions mais la femme ? non. A vrai dire il avait juste survolé le portrait des professeurs du dossier. Sa voisine était une femme d'une quarantaine d'années vêtu d'une robe de sorcière rouge bordeaux, des longs cheveux noirs lisses encadraient son visage aux traits stricts. Il remarqua une place libre à côté d'elle, il manquait donc une autre personne.
La porte s'ouvrit, révélant une femme à l'allure de bohème et portant des énormes lunettes déformant son visage.
- Mon troisième œil m'a informée que nous allons accueillir un nouveau professeur de défense, déclara-t-elle sur un ton vaporeux.
Alex entendit parfaitement un reniflement dédaigneux à côté et le marmonnement qui suivit.
- Comme chaque année, ce n'est plus une surprise maintenant mais une constance, prononça la voix grave et profonde.
- Voyons Severus, c'est la rare prédiction exacte de l'année, rétorqua une femme aux allures strictes siégeant entre le directeur et le potionniste dans un murmure moqueur.
Alex leur lança une œillade amusée pendant que le directeur accueillait l'extravagante.
- Sybille, on n'attendait plus que vous, prenez place je vous prie. Bon maintenant commençons la réunion des professeurs !
Il claqua des mains et des boissons chaudes apparurent devant eux, des tasses de thé principalement avec une exception pour le nouveau professeur et le maître des potions qui eurent du café.
- Tout d'abord on va se présenter pour notre nouveau professeur de défense contre les forces du mal. Alexander vous pouvez commencer.
Alex retint un soupir.
- Alexander Lowell, 26 ans, je viens des États-Unis mais j'ai voyagé aux quatre coins du monde. En général je m'installe dans un pays durant une année en trouvant un travail qui est le plus souvent enseignant. Ainsi j'ai été professeur privé pour de nombreuses familles.
Un léger silence recueillit sa présentation atypique et il aperçut une femme d'une trentaine d'année à la chevelure auburn tressée se pencher vers sa voisine à la peau noire et aux traits fins et crut entendre les mots « une année… la malédiction du poste… ».
- Au moins il a de l'expérience cette fois-ci, prononça un homme possédant des traits de gobelins à sa voisine, une femme à l'apparence rondelette et joviale.
- Tant qu'on a pas à supporter un Lockhart bis, je suis prête à accepter n'importe qui, rétorqua-t-elle.
Albus laissait faire les perturbateurs, avec ces éternels yeux bleus pétillants et Alex, peu vexé par les multiples réflexions, admira ce joyeux bordel. Quel spectacle !
Finalement la réunion reprit son cours et l'albinos put enfin mettre un nom à tous ces visages. La femme à la droite du directeur était Minerva Macgonagall, professeur de métamorphose et directrice de la maison Gryffindor, le demi gobelin était Filius Flitwick, professeur de sortilège et directeur de la maison Ravenclaw et sa voisine de table Pomona Chourave, professeur de botanique et directrice de la main Huffflepuff. Les deux femmes parlant de malédiction se trouvaient être Bathsheba Babbling, professeur de rune, et Aurora Sinistra, professeur d'astronomie. Ensuite l'extravagante Sibylle Trelawney, professeur de divination puis Charity Burbage, étude des moldus, Rolanda Bibine, vol et Wilhelmina Grubbly-Plank, professeur suppléante de soin aux créatures magiques.
- Il n'y a pas de professeur d'histoire de la magie ? demanda l'américain.
Minerva se pinça les lèvres, comme si les mots qu'elle allait prononcer lui déplaisaient.
- Si, le professeur Cuthbert Binns, il ne vient jamais à ce genre de réunion et c'est rare qu'il quitte sa salle de classe.
Devant son regard d'incompréhension, Septima Vector, se pencha vers lui pour donner une petite précision.
- C'est un fantôme et à part hanter sa salle de classe pour donner ses cours il ne fait pas grand-chose.
Après ce tour de table, qui permit au mercenaire de se rafraîchir la mémoire, ils rentrèrent dans le vif du sujet. Tout d'abord le programme scolaire de l'année, les sujets abordés en passant par les livres qu'ils allaient inscrire sur la liste de fourniture et…
La porte s'ouvrit de nouveau dans un grincement sinistre et laissa passer une femme tout de rose bonbon vêtue, son visage ressemblant à s'y méprendre à un crapaud. Elle s'éclaircit la gorge dans un son agaçant.
- Bonsoir monsieur le directeur et très chers professeurs, je suis Dolores Umbridge. Notre bien aimé ministre, tenant à cœur l'éducation de la nouvelle génération, m'a nommée inspectrice dans votre merveilleuse école.
Sa voix nasillarde vrillait les tympans et donnait un mal de crâne au mercenaire. Tous les professeurs se crispèrent, imaginant parfaitement les ennuis qu'amenait cette femme. Seul Albus Dumbledore ne semblait pas surpris par cette arrivée inopportune.
- Permettez-moi donc de vous rejoindre pour cette réunion, termina-t-elle.
Hors de question, pensa le nouveau professeur.
De nombreux regards migrèrent vers lui et il récolta l'air purement scandalisé de l'envoyée du ministère. Ah ! Ce n'était pas en pensée alors… Bon à force de se contenir cela devait bien arriver un jour. Lui et sa foutu franchise brut de décoffrage. Chasser le naturel il revient au galop….
- Qui êtes-vous pour… commença l'offusquée.
- Etes-vous idiote, aveugle ou complètement ignorante de vos fonctions, la coupa le mercenaire en se redressant de toute sa hauteur et le regard acéré.
Bouche bée par tant d'impertinence, Dolores ne put répliquer et Albus essaya d'intervenir pour calmer les esprits, en vain. Une fois lancé on n'arrêtait pas Alexander.
- Rappelez-moi le rôle d'une inspectrice mademoiselle Umbrigde.
Pas de réponse de sa part mais la voix grave du professeur de potion s'éleva.
- Contrôler dans une situation réelle d'enseignement les professeurs pour une évaluation et ainsi leur donner des conseils le cas échéant.
- Merci maître Snape.
Une étincelle de surprise brilla fugacement dans ses yeux sombres, peu de personne se référait à lui par sa maîtrise or convention de potionniste.
- Mademoiselle Umbridge, voyez-vous une salle de classe devant vous, des élèves ? Est-ce que nous avons fait un saut dans le temps en septembre sans que je ne le remarque ?
- Comment osez- vous ?! Je vais en référer au ministre, éructa la dame en rose.
- Ben allez-y ! Je vous y invite mais rappelez-vous que vous outrepassez votre fonction. Votre présence ici prouve que vous n'avez pas la moindre once de respect pour notre travail. Quand vous irez vous « référer au ministre » rapportez donc ces paroles, dit l'albinos avec un grand sourire.
Albus se leva, le spectacle était terminé.
- Alexander asseyez-vous, Dolores je suis au regret de vous informer que votre présence est quelque peu incongrue. Je suis sincèrement désolé que vous vous soyez déplacée pour rien mais rassurez-vous on vous accueillera comme il se doit à la rentrée.
Alex y concéda pour cette fois et se rassit. Dolores hocha sèchement la tête puis se racla la gorge dans ce même bruit irritant.
- Bien, je reviendrai et je sais déjà par où je vais commencer. Messieurs, dames, je vous souhaite une bonne soirée.
Lorsqu'elle quitta la pièce la tension pesant sur leurs épaules s'allégea.
- J'ai failli vous applaudir, cette femme est une véritable plaie, fit Aurora au mercenaire.
- Vous le pouvez toujours, rétorqua avec humour l'albinos en faisant un clin d'œil.
Ainsi la réunion reprit son cours. Cependant des questionnements troublaient le mercenaire, comment l'envoyée du ministère avait su pour ce rassemblement ? Allait-il regretter son éclat ?
Hello mes petits lecteurs et lectrices ! Enfin je sors ce chapitre après le syndrome de la page blanche qui m'a possédé pendant de longs mois. Je vous remercie encore pour votre soutien.
Pour ce chapitre je n'ai pas pu m'empêcher de faire un petit bashing Ron, en même temps j'ai du mal à le piffer, surtout depuis le tome 4. S'il y a bien une chose que je déteste c'est la trahison entre amis.
Et en écrivant je me suis demandée RemusxSirius ? Ou RemusxTonks ? Arg mon cœur balance... Je vais réfléchir sérieusement à la question !
J'espère que ce chapitre vous a plu, à la prochaine.
Aki.
