Hey ! Me revoilà ! J'ai enfin du temps pour me reposer et écrire grâce au chômage partiel. Je ne pensais pas un jour être contente de subir un chômage. Enfin bref je vous adore pour vos reviews qui me motivent et pour votre soutien. Je ne vais portant ne pas donner de date de publication puisque je suis tranquille que pour une semaine.
Gros bisous,
Aki.
Chapitre 10 : la panthère, le rat et l'artefact. Partie 1
Un soupir s'échappa de ses lèvres recouvertes d'un rouge vif alors qu'elle s'étirait élégamment. La jeune femme remit une mèche noire à sa place et sourit à la personne face à elle.
- Baguette et vos papiers madame, dit l'employé.
- Mademoiselle s'il vous plaît, susurra-t-elle dans un ronronnement en lui tendant les affaires demandées.
L'homme loucha sur les formes féminines avec un air un peu bovin. Cette étrangère était particulière, elle portait des vêtements étranges qui recouvraient bien peu de peau, des chaussures à talons d'une hauteur affriolante et surtout un comportement ouvertement enjôleur. Elle se démarquait sans aucun doute des sorcières anglaises plus puritaines.
Il réussit à détourner le regard pour examiner le passeport, ah ! Une française. Cela expliquait tout. Apparemment elles étaient plus dévergondées et libres.
- Bienvenue en Angleterre mademoiselle Laurel !
- Merci, répondit-elle avec un clin d'œil en reprenant passeport et baguette.
La mercenaire se fit la remarque que cela demeurait toujours aussi facile de rentrer dans ce pays, du moins si on accomplissait un rituel sombre pour dissimuler sa véritable nature. La seule difficulté résidait dans les quelques runes gravées dans la pièce qui alertaient lorsqu'une créature entrait.
Le seul réel obstacle fut de trouver un incantateur, ces sorciers spécialisés dans la magie des rituels. Celui qu'elle connaissait était mort, un client un peu trop gourmand ne voulant pas payer. Ensuite elle dût acquérir une baguette sur le marché noir, une de celles qui possédaient l'illusion parfaite de pratiquer de la magie. Alyssa était une non-maj' avant sa transformation en vampire, elle ne pouvait donc pas lancer de sorts comme un sorcier. Cet artéfact permettait de faire bouger des objets ou encore allumer la lumière. Rien de bien extraordinaire en soi mais d'une grande aide pour un jeu d'acteur.
La voilà donc en retard, elle qui se donnait une semaine pour rejoindre son partenaire. Maintenant il était mi-aout. Elle espérait n'avoir rien raté de la fête.
La vampire quitta donc la salle. En se dirigeant vers l'atrium elle croisa quelques personnes qui la détaillèrent grossièrement. Elle restait cependant fière en toute circonstance et tous ses regards ne provoquaient qu'un sourire goguenard.
Cet endroit n'a pas changé d'un poil en deux siècles, se fît elle la réflexion.
Alyssa rejoignit donc l'atrium et les cheminettes, elle demanda tout de même à une passante où elle pouvait se loger durant son séjour, et surprise pour elle, le Leaky Cauldron existait toujours. Incroyable !
Direction cette auberge miteuse. Lorsqu'elle sortit gracieusement de la cheminette, elle tomba sur une pièce presque vide, peu étonnant à quinze heure de l'après-midi. Elle se dirigea vers le tenancier au comptoir, un homme chauve et âgé.
- Bonjour, une chambre pour une semaine s'il vous plaît.
- Bienvenue miss, cela fera un gallion, répondit le commerçant.
La mercenaire sortit de la poche discrète de sa robe une bourse en cuir allégée magiquement d'où elle tira la pièce en or, puis elle aperçut derrière le tenancier l'ardoise recouverte de craie indiquant le prix des boissons. Elle rajouta quelques mornilles.
- Et un whisky pur feu.
Le verre arriva rapidement et la frêle jeune femme l'avala d'un trait comme si c'était du petit lait, récoltant quelques sifflements. Elle claqua la langue contre son palais en reposant le verre sur le bois au verni écaillé.
- Pas mal du tout !
Elle récupéra la clef de sa chambre et quitta la pièce, ayant gagné le respect des ivrognes chevronnés.
Alyssa entra dans sa chambre en ayant l'idée de ne pas s'y éterniser. Elle comptait bien louer un appartement ou trouver une personne chez qui squatter. Tout semblait vieux et grisâtre. Le parquet grinçait sous ses pieds, les rideaux étaient troués et défraîchis, la commode fermait mal et le lit était tout juste correct. Au moins la crasse ou la poussière n'envahissaient pas les lieux.
Elle posa sa valise sur le lit et libéra son fléreur de sa caisse de transport en osier, puis quitta la pièce dans l'idée de faire un tour pour glaner des informations. Dans le couloir elle remarqua cependant une silhouette surplombée d'une chevelure blanche, reconnaissable entre mille. Un grand sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'elle s'élançait à son encontre. Elle sauta sur son dos, ses bras se refermant autour de son cou.
- Coucou trésor ! Tes réflexes laissent à désirer, dit-elle d'une voix taquine et joueuse.
En effet il n'avait pas bronché lors de cette « agression ».
- J'ai reconnu le son de tes pas, répondit tout simplement l'albinos.
Son acolyte le relâcha et Alex se tourna vers elle.
- Je t'attendais plus tôt, j'ai fini par croire que tu m'avais lâchement abandonné.
Alyssa leva les yeux au ciel.
- Oh ne m'en parle pas, une véritable galère ! Si ce n'était pas toi je t'aurais envoyé te faire foutre.
Alex leva un sourcil, un peu moqueur et Alyssa donna une légère claque sur son torse en réponse. Ils redevinrent sérieux et se réfugièrent dans la chambre de l'albinos, plus proche. Le sorcier blinda la chambre de sort d'intimité et de protection alors que l'invitée était accueillie affectueusement par une chouette effraie. Alyssa caressa le doux plumage, récoltant des cris de plaisir.
- Ma petite Artémis, cela fait si longtemps ! Tu es toujours aussi belle, roucoula-t-elle.
Le rapace retourna sur son perchoir rassasié d'attentions et Alyssa s'assit sur le lit alors qu'Alex s'adossait à la table juste en face, mi assis.
- Alors ? Qu'ai-je raté ? demanda son acolyte.
- Les premiers jours je suis rentré en contact avec notre protégé et sa famille non-maj', j'ai noté plusieurs problèmes importants. Je soupçonne fortement un cas de maltraitance, au point où c'est un miracle qu'il ne soit pas devenu un obscurus.
Le regard de la jeune femme devint glacial, le souvenir de la petite fille qu'elle a dû achever encore frais.
- Et son tuteur magique ne fait rien ? Dumbledore connait pourtant les risques, dit-elle en montrant presque les dents.
Alex fronça des sourcils, se demandant qu'elle mouche l'avait piquée pour démontrer autant de hargne mais ne fit aucun commentaire. Si Alyssa ne voulait pas se confier autant parler à un mur.
- Justement, c'est suspect. De plus Dumbledore laisse Harry dans l'ignorance. Le tabou sur le nom de Voldy, la politique du ministère… Et je ne parle même pas des incompétents assignés à sa surveillance !
- Qu'ont donc encore inventé les grandes pontes du gouvernement ? demanda la vampire blasée.
- Rien d'autre que retourner la population contre le Survivant tant adulé et le grand messie Albus Dumbledore. Il y a aussi cette attaque de Dementor à Little Whinging, dernière nouvelle, ils sont encore aux ordres du ministère. Kings' enquête justement sur ça.
-Kings' ?... Ah Kingsley Shacklebolt ! Notre contact. Je vois que tu lui donnes déjà un petit nom. Il est comment ?… Susurra-t-elle
Alex ignora le sous-entendu facilement, tellement habitué à ce genre de taquinerie.
- Compétant et sérieux, rétorqua-t-il, lançant une pique à sa comparse qui tomba dans le vide.
- Bon, ben ! alors pourquoi tu as besoin de moi ? tu m'as l'air de bien te débrouiller, demanda Alyssa avec un sourire en coin.
- J'ai besoin de quelqu'un qui peut agir impunément dans l'ombre, ici, il faut partir du principe que tout se sait, se dit, s'amplifie et se transforme. Pire qu'à la guilde. J'ai été engagé en tant que professeur à Hogwarts et je compte me servir de ça pour veiller sur Harry Potter de près mais pour garder mon poste, je dois montrer patte blanche.
La française ne releva pas le détail cocasse : Alex, professeur ? Le connaissant cela semblait totalement invraisemblable.
- Je vois, tu dois avoir une idée derrière la tête.
Alex hocha gravement de la tête.
- Dans ton domaine de prédilection d'ailleurs, Peter Pettigrow.
La vampire était une experte en traque : elle attrapait les criminels les plus coriaces en peu de temps. Elle prenait en général les missions de ce genre qui lui permettait de ramasser facilement un joli petit pactole. La seule fois où elle avait proposé son aide gratuitement concernait un certain violeur et tueur en série qui avait peuplé bon nombre de cauchemars à l'albinos. Malheureusement, son ami refusait encore et toujours son coup de main, considérant que ce devait être la mission personnelle de sa vie. L'américain pensait toujours à cet homme lors de ses voyages et enquêtait en parallèle.
Elle réfléchit sur la raison pour laquelle le rat était sa première cible et la conclusion tomba rapidement.
- Pour innocenter Sirius Black et ainsi récupérer la garde de notre protégé. C'est vrai que ça nous faciliterait un minimum le travail si le client retrouvait sa liberté.
- C'est aussi pour protéger Harry de l'emprise de son oncle et sa tante, ces personnes sont… écœurantes.
La mercenaire hocha vaguement la tête, mettant déjà en place un de ces fameux plans tordus. Elle frétillait d'avance à l'idée de la chasse au nuisible. Alex en profita pour lui glisser un dossier complémentaire sur la cible provenant de Kingsley.
Celui-ci, d'ailleurs, venait tout juste de sortir de la cuisine des Black où se déroulait la réunion de l'Ordre. Il chercha à capter le regard argenté du propriétaire des lieux alors que Sirius faisait de même. Les deux hommes s'éclipsèrent discrètement. Plus tôt l'auror avait glissé un mot à Black lui signalant qu'ils devaient parler en privé.
Leur manège fut remarqué par un espion aguerri mais Severus ne put les suivre car Dumbledore l'interpella sur un sujet futile à ses yeux. Le maître des potions se méfiait comme de la peste de Black et de ses manigances, pour lui rien de bon pouvait sortir de sa Némésis.
Kingsley suivit son interlocuteur jusqu'à un boudoir où ils s'enfermèrent. Le maraudeur n'eut pas besoin de lancer de sort car la maison obéissait à chacun de ses désirs, personne ne pouvait donc les interrompre ou les entendre.
Depuis qu'il avait passé l'anneau de Lord au doigt, plus le temps passait plus son lien avec la demeure ancestrale des Black s'intensifiait
- Alors ? De quoi veux-tu me parler ? demanda Sirius extrêmement curieux.
- Nous allons sortir d'ici.
Sous le choc, le maraudeur ouvrit la bouche de surprise. Depuis le début tout le monde lui rabâchait de ne surtout pas quitter sa demeure - à sa plus grande frustration-, qu'est-ce qu'il lui chantait tout d'un coup ? Puis un sourire malicieux se dessina sur ses lèvres et son regard devint sérieux.
- Oooh alors notre petit auror en chef se rebelle, qu'en pense notre grand manitou barbu ?
- Avant d'être auror je suis un mercenaire, mes faits et gestes ne le concernent pas, répondit du tac-o-tac Kingsley avec un certain orgueil.
Cela eut le mérite de couper la chique à l'intenable Black.
- Mon collègue souhaite te rencontrer, j'ai choisi ma demeure qui est suffisamment sécurisée. Nous devons juste trouver le moyen de partir sans alerter personne, continua donc le mercenaire.
Le maraudeur reprit contenance.
- En tant que Lord Black je peux transplaner directement d'ici, et ce privilège…
Padfoot ne put s'empêcher de faire durer le suspense et l'auror soupira d'agacement, provoquant l'amusement de son interlocuteur.
- Je peux le céder à une personne de mon choix temporairement, termina-t-il théâtralement.
- Bien, on peut commencer ? coupa Kingsley en pressentant qu'il n'était pas sorti de l'auberge à ce rythme
Knockturn Alley, rue commerçante miteuse aux magasins et clients peu recommandables pour les honnêtes gens. La magie noire y régnait au détriment de la loi. Le réseau de criminalité bien installé demeurait un roc face aux aurors qui évitaient cet endroit comme la dragoncelle.
En bref, un merveilleux point de départ pour la mercenaire dans sa recherche d'un Death Eater. Elle possédait deux techniques infaillibles pour la traque : soit remonter toute la vie et actions de sa cible soit se rendre intéressante et l'attirer à elle. Elle avait sa petite idée…
Alyssa semblait complètement détonner avec son environnement, telle une fleur fragile et délicate parmi les ronces. Une cible parfaite pour les badauds du coin. Pas très longtemps après son entrée elle se sentit suivie. Elle repéra une petite ruelle terminant en cul de sac qui ferait l'affaire. Elle s'y dirigea.
Un rire gras retentit derrière elle et la vampire se retourna jouant l'innocente égarée. Deux hommes lui faisaient face, l'un malingre aux cheveux grisonnant et l'autre imposant en taille et poids portant une vielle casquette d'ouvrier élimée cachant son crâne chauve. Les deux hommes possédaient le même sourire malsain.
- Et ben chérie, tu t'es perdue ? commença celui de gauche, l'homme à la casquette.
- Tu ne devrais pas te balader dans ce coin, c'est dangereux… Mais on peut t'aider, continua l'autre.
- M'aider… fit pensivement Alyssa.
Une idée venait de s'illuminer dans son esprit.
- Ouais, contre rémunération.
Elle s'avança tranquillement vers eux, un sourire naissant sur ses lèvres alors qu'un frisson d'anticipation remontait le long de son échine.
- Je crois que la rémunération n'est pas nécessaire.
Le sorcier de gauche tira sa baguette pour la mettre en joue alors que le deuxième serrait la sienne compulsivement, sentant que quelque chose clochait.
- Désolé chérie mais ce n'est pas négociable, prononça-t-il.
Vive, sa jambe se leva et son pied frappa la main la menaçant. C'était si rapide… L'homme ne sentit que la douleur, sa main être projetée sur le côté et sa baguette lui échapper.
- La salope !, beugla le deuxième en jetant un Depulso.
La vampire sauta sur le côté, évitant le sort qui échoua sur un mur de briques et tira une de ses dagues de sous son jupon. Elle s'élança vers le deuxième encore armé en évitant un autre sort d'une facilité déconcertante. D'un geste vif elle lui trancha la gorge. Une gerbe de sang s'échappa de la plaie béante dans un affreux gargouillis alors que la victime avait le réflexe de poser la main sur sa plaie pour arrêter l'écoulement mais il s'effondra tandis que la mercenaire s'occupait du premier. Il avait entretemps récupéré sa baguette et la mettait en joue, elle lisait la peur dans son regard et la haine déformait son visage.
Alyssa lui saisit le bras tendu et faucha son appui d'une balayette, le voyou tomba au sol lourdement dans un gémissement étouffé. Elle s'assit sur son dos et glissa sa lame sous la gorge.
- Doucement, il serait dommage que tu finisses comme ton ami, très cher, roucoula la mercenaire.
- Qu'est-ce que tu veux, cracha-t-il, de la panique transpirant dans sa voix.
- Ta vie et ton âme, chuchota-t-elle tel un secret capital.
La vampire porta son pouce à sa bouche et perça sa peau de sa canine tranchante, faisant perler son sang épais et sombre puis elle dessina avec celui-ci un dessin circulaire étrange sur le front de l'homme. Elle psalmodia ensuite des mots dans une langue archaïque, dont seul le sens était connu par les êtres vampiriques.
« Par la Mère de la Nuit et par mon sang, cet humain devient mon serviteur, son esprit, sa volonté, son corps sont miens. Ainsi soit-il »
Le sceau d'esclavage vampirique s'illumina d'une lueur ocre lugubre et son serviteur hurla d'une puissante souffrance jusqu'à s'en casser la voix, son âme chauffée à blanc. Une sombre rumeur commença à se répandre entre les habitués de Knockturn Alley, pourtant familiers à la criminalité à l'entente de ce funeste cri.
La plainte s'estompa ainsi que la lueur, laissant un tatouage seulement visible des autres vampires. Le regard hagard et absent fixait les briques crasseuses du mur face à lui, en profond état de choc. Alyssa se redressa et donna son premier ordre.
- Informe moi des moindres allées et venues des Death Eaters, confirmés ou juste soupçonnés.
Puis elle l'abandonna là, et s'aventura dans l'affreuse rue commerçante. Quelques heures après, la « jeune » femme retourna dans sa chambre avec un livre sur la magie rituelle en norrois et, dans son sac à main, des ingrédients de potion interdits. Elle y retrouva son comparse qui sirotait un cappuccino.
Alyssa pinça des lèvres.
- Un souci ? demanda-t-elle
Lorsque Alex prenait un café sucré c'était que quelque chose le tracassait, bien sûr cela allait crescendo. Si un jour elle le voyait avec un Latte-Macchiatto… la fin du monde était à leurs portes.
- Je reviens d'un entretien avec notre client pour mon premier rapport.
Mentor insistait pour un service irréprochable et tenir informé le client des diverses avancées en faisait partie.
- Et ?
- Il a eu une sorte de crise de démence, rien de dangereux pour nous. Je veux dire qu'il n'était pas violent mais…
Alex soupira et but de grosses gorgées de son café jusqu'à terminer sa tasse. Artémis, perchée sur son épaule, frotta son adorable tête contre sa joue.
- Cela pourrait devenir gênant pour notre mission.
- Il n'y a pas que ça, n'est-ce pas ? Sinon tu te serais contenté d'un sucre ou deux, voire au pire du lait mais là de la mousse de lait et de la poudre de cacao ? Franchement…
L'albinos hésita une seconde avant de répondre.
- Je crois que j'ai quelque peu provoqué cette crise, on parlait à ce moment-là des membres de l'Ordre lorsque le sujet Severus Snape est venu. Il l'appelait Snivellus, comme quoi on ne pouvait pas lui faire confiance, qu'il était abject et depuis sa répartition à Slytherin. Bien entendu j'ai fait preuve de franchise en oubliant la diplomatie.
Alyssa eut un sourire compatissant, sentant que la taquinerie habituelle dans ce genre de situation n'était pour une fois par la bienvenue.
- Tu n'y es pas allé de main morte.
- Je lui ai dit ce que je pensais de la discrimination et des harceleurs en général.
Ouch… Alex, de par ses gênes, connaissait ces fléaux depuis au moins l'orphelinat et les subissait encore aujourd'hui.
- La crise a débuté à partir de là, il suppliait des fantômes de lui pardonner, un certain Reg', James et Lily Potter, puis il revivait des moments, semblait dialoguer avec sa mère, son père dans un désordre complet.
Il termina son anecdote et un silence pesant s'installa. Alyssa retint un soupir et se pencha vers lui pour lui déposer un baiser sur le front et lui caressant du bout des doigts la mèche folle qui s'y échouait inlassablement.
- Notre client est allé à Azkaban, son esprit a dû être profondément blessé par ce séjour en présence de Dementor. Ce n'est pas de ta faute, il est même bon de mettre les gens en face de leurs erreurs pour qu'ils puissent évoluer dans le bon sens.
Le silence envahit de nouveau la chambre, plus confortable cette fois-ci. Alex osa le briser.
- Alors, ta sortie ?
Alyssa sourit.
- J'ai semé quelques graines.
L'une des graines germa un peu par hasard le soir même lors d'une sinistre réunion. Un homme à l'apparence reptilienne murmurait dans un sifflement à sa compagne serpent des mots incompréhensibles pour l'oreille humaine. Les personnes présentes assises autour de la même table réprimaient un frisson désagréable. Puis l'échange cessa et Voldemort parcourut de son regard rougeoyant ses sujets dans un silence glacé.
- Nott, as-tu récupéré mon artefact ?
Le dénommé Nott baissa les yeux dans un geste instinctif de soumission.
- Maître, notre contact Maxwell Ewing est mort aujourd'hui même avant notre rencontre, répondit-il.
Maxwell Ewing était l'employé d'un trafiquant d'objet magique interdit du monde entier, corrompu il traitait contre certains privilèges avec le Seigneur des Ténèbres et ses hommes.
Voldemort se redressa et glissa jusqu'à son minions. Nott sentit une sueur froide s'écouler le long de son dos.
- Quelles sont les circonstances de son regrettable décès ? demanda-t-il avec une once de menace mortelle dans sa voix.
- Une femme inconnue l'aurait égorgé dans une ruelle. Au moment de l'attaque il était accompagné d'un de ses collègues, elle l'a épargné mais on aurait entendu ses hurlements dans tous Knockturn Alley.
- Endoloris.
Le corps de Nott se tétanisa sous la douleur, ses dents grincèrent et des spasmes le secouèrent puis Voldemort le libéra du sortilège interdit.
- En définitif tu ne sais rien et tu oses te présenter devant moi ? Je te donne trois jours pour récupérer ce qui m'est dû. Lucius, tu enquêteras sur cette femme, décida le Lord.
Loin de là, un adolescent se réveilla dans un sursaut. Son front brulant et douloureux, il agrippa compulsivement sa cicatrice, puis la douleur reflua. Le jeune homme retomba lourdement dans son lit, profitant un instant du silence offert par la nuit. Harry se redressa, mit ses lunettes et quitta la chambre – sans colocataire, merci Sirius- à la recherche de son parrain pour lui raconter sa vision. Ce n'était pas encore cette nuit-là qu'il pourrait dormir d'un sommeil réparateur.
Le petit germe grandit le lendemain, alors que Lucius Malfoy commençait son enquête à Borgin and Burkes. Il entra dans la boutique la tête haute comme si cet endroit lui appartenait. Le blond se dirigea vers le comptoir et tira sur la clochette puis attendit un court instant avant l'arrivée de Monsieur Borgin. Il semblait terriblement agité mais reprit contenance en voyant son client.
- Bonjour monsieur Malfoy, que puis-je pour vous ?
Il leva élégamment un sourcil.
- Je viens découvrir vos nouveautés, déclara Monsieur Malfoy.
- Malheureusement la livraison prévue hier soir a été annulée suite à l'assassinat d'un employé de mon fournisseur et la torture d'un autre. Un désastre ! Et la meurtrière a visité ma boutique…
- Juste après son méfait ?
Comme le lord ne semblait pas prendre ombrage du manque d'articles, le commerçant devint plus volubile.
- Oui, elle est entrée encore tâchée de sang, lorsqu'elle s'est vue dans la glace elle s'est essuyée avec un mouchoir en soie. Je peux vous le dire, je reconnais la richesse d'un produit d'un coup d'œil. Elle semblait jeune et fragile mais c'est une erreur de la sous-estimer, elle m'a pris un livre sur une magie presque disparue. Elle s'intéresse à la force des rituels, ce n'était pas un livre pour débutant. Cette étrangère a dû l'apprendre dans son pays d'origine.
- Elle n'est pas d'ici ?
- ça non ! Son accent est très discret mais j'ai pu le percevoir, je suis sûr qu'elle n'est pas anglophone.
Lucius hocha la tête et sortit sa montre à gousset pour y lire l'heure fugacement.
- La discussion est fort instructive mais il est temps pour moi de partir, le Ministère ne peut se passer de moi.
Ainsi il quitta la boutique avec une piste intéressante à exploiter. Le département de la coopération magique internationale contenait un petit bureau qui regroupait les registres d'entrées et de sorties du territoire. Le nom de cette étrangère devait donc s'y trouver. A l'aide d'une note de service mystérieuse il éloigna l'employé puis se mit à fouiller. Lucius trouva rapidement : Alyssa Laurel, sorcière française de 21 ans. Baguette de 22,5 cm en châtaigner, cœur inconnu.
Il ne restait plus que trouver où elle logeait et il pourrait satisfaire son maître. Il soupçonnait fortement le Leaky Cauldron et une fois dans son propre bureau il envoya un elf en vérification avec l'ordre de ne pas se faire remarquer.
Le retour apporta une réponse positive.
Ainsi le serviteur fit son rapport le soir même à son maître. L'homme reptilien caressait pensivement la tête de Nagini.
- Une incantatrice… Bon travail Lucius, cette Alyssa Laurel pourrait nous servir. Transmets lui mon invitation à rejoindre notre cause.
- Bien, maître, dit-il avec une pointe de fierté.
La concernée sirotait un excellant vin – Vieux château Certan, Pomerol, 1983- dans l'intimité de sa chambre. Elle lisait la note de son cher petit esclave. Il lui avait envoyée par hibou. Avec une certaine satisfaction elle constata que les Death Eater ne restaient pas inactifs, le plus notable était la visite de Lord Nott dont l' intérêt se portait sur un artefact que son patron vendait aux enchères prochainement. Un médaillon ayant appartenu à la comtesse Elisabeth Báthory. Le Lord s'était aussi renseigné sur son collègue décédé.
Son sang vampirique se glaça dans ses veines en lisant cette information. Alyssa posa le parchemin à plat sur la table et son regard se perdit dans le vide. Son fléreur, Bastet, sentant son trouble monta sur ses genoux dans un ronronnement apaisant. Elle la serra contre elle tout en enfonçant son visage dans le pelage épais.
Elisabeth Báthory connue pour être la comtesse sanglante et une grande tueuse en série pour les non-maj' était pour la communauté magique une sorcière aux multiples talents puis une vampire obsédée par sa beauté et par le pouvoir. Elle abusait sans aucune honte des sceaux d'esclavages pour forcer les servantes à s'ouvrir les veines et pour ses rituels. Maîtresse des rituels, des runes, de la magie noire elle avait travaillé durement pour créer un artefact digne d'elle.
Son médaillon permettait à celui ou celle qui le portait de contrôler les vampires. Pour ce faire la comtesse avait sacrifié bon nombre de ses congénères. Une véritable abomination. Lorsque la cour vampirique eut vent de ces machinations elle fut condamnée. Emmurée vivante, les crocs arrachés et ses pouvoirs scellés, elle ne pouvait que subir la pire humiliation et mort pour un vampire.
Sa terrible création fut malheureusement perdue. Une épée de Damoclès au-dessus de ce peuple si fier.
Elle pourrait informer la royauté, envoyer un message en Transylvanie mais ça serait compromettre sa mission. Autant se savoir si proche de ce bijou maudit créait un sentiment d'insécurité et de vulnérabilité autant les répercussions d'un possible message d'alerte sur sa mission étaient insupportables.
Elle devait la jouer fine. Le moindre échec pourrait avoir des conséquences irrémédiables.
Alyssa relâcha son familier mais Bastet resta sur son perchoir. Elle reprit la note et continua sa lecture. Lucius Malfoy s'était aventuré à Borgin and Burkes sans rien acheter ou vendre. Intéressant… Elle devina peut-être la raison.
- Ma belle, je pense qu'on peut se préparer à une visite prochaine.
Bastet répondit avec un miaulement moqueur.
- Je ne sais pas si je vais lui faciliter la tâche. Mais avant ça je dois empêcher le Lord Nott d'accomplir sa mission.
Bastet descendit des genoux de sa maîtresse et alla se coucher dans le lit. Alyssa se leva, termina son verre avec délectation et rangea la bouteille précieusement. Elle marcha dans une ombre qui l'engloutit et réapparut dans le petit appartement de son esclave qui sursauta brusquement avant de s'incliner respectueusement.
- Madame, que puis-je pour vous ?
- Où puis-je trouver ton employeur ? demanda-t-elle.
Dorian Garden frémit, se doutant que sa réponse n'allait guère satisfaire sa maîtresse. Depuis la création de la marque, il sentait dans une certaine mesure ce qu'il devait accomplir pour la vampire. Lorsqu'il résistait le sceau le tiraillait, envoyant des décharges de douleur dans son corps et son âme. Il avait essayé… Prendre un parchemin et conter les divers évènements à son employeur mais… La souffrance l'avait stoppé.
- Malheureusement il ne reste jamais à un endroit bien longtemps et c'est toujours lui qui impose les rencontres. Je peux toujours lui envoyer une lettre mais il est extrêmement prudent. Rien ne garantit le résultat.
Elle jura fortement puis inspira pour se calmer. Elle fronça les sourcils alors qu'elle regardait dans le vide.
- Nott cherche le médaillon de la comtesse… pour son maître… il s'est approché de mon esclave… il s'est renseigné sur l'artefact mais aussi sur le gars que j'ai tué… Pourquoi… A moins que… marmonna-t-elle en alignant ses idées.
Alyssa se tourna vers Dorian.
- Guide moi à la demeure de Maxwell Ewing.
