Coucou mes très chers lecteurs et lectrices ! Me revoilà pour, je crois bien, le plus gros chapitre que j'ai écris. Encore un très gros merci pour votre soutien inébranlable. Donc réponses aux reviews ( quand je ne peux pas vous envoyer un message en privée) :
Katymyny: Ton enthousiasme me fait chaud au cœur ! Je suis ravie que la nature de la relation d'Alex et Alyssa plaise. Pour ta suggestion j'accepte mais je mettrai que les oc apparaissant dans le chapitre. Je ne considère pas Kingsley comme réellement ooc puisque il est décrit comme un sorcier puissant et on ne connait pas les détails de sa vie, ça me laisse une marge de manœuvre pour combler selon mes désirs. Voici donc cette nouvelle liste :
Alexander Lowell : sorcier américain de 26 ans appartenant à la guilde des mercenaires. Albinos. 1m80. Baguette de chêne rouge avec une plume d'oiseau-tonnerre en son cœur. Beretta 92FS. Dague se transformant en épée.
Voici les traductions du chapitre :
Grimmauld Place : Square Grimmaurd
Wizengamot : Magenmagot
Moony : Lunard
Daily Prophet : Gazette du Sorcier
Hogwarts : Poudlard
Slytherin : Serpentard
Gryffindor : Gryffondor
Hufflepuff : Poufsouffle
St Mungo : Sainte Mangouste
Snape : Rogue
Goshawk : Fauconnette
Diagon Alley : Chemin de traverse
Twilfitt and Tatting's : Tissard et Brodette
Flourish and Blotts : Fleury et Boots
Bonne lecture,
Aki.
Chapitre 12 : Rentrée imminente.
La morosité habituelle du 12 Grimmauld Place disparut à la rentrée triomphante de Sirius Black. Le propriétaire des lieux hurla un « Je suis libre » à la cantonade et la cacophonie commença. Les jumeaux faisaient des bruits de gorge, Ginny et Ron sifflaient et les autres applaudissaient. Harry se posta devant son parrain et ils échangèrent une étreinte.
Le jeune Potter avait la gorge nouée par l'émotion. Maintenant cela ne pouvait que s'arranger…
Ils se séparèrent et Sirius posa ses mains sur les épaules de son filleul.
- Ce n'est qu'une question de temps, je vais voir un psychomage jusqu'à être jugé apte pour avoir ta garde.
Hermione eut les larmes aux yeux et Ron hocha la tête avec un grand sourire –ces derniers jours ils avait eu le temps de crever l'abcès- partageant le bonheur de leur ami.
Harry ressentit un profond soulagement, son parrain allait enfin avoir accès aux soins dont il avait terriblement besoin.
- Je sais que tu vas l'avoir.
La liesse se calma un peu et Molly posa la question qui lui brûlait les lèvres depuis leur retour.
- Où est Albus ?
- Il devait voir quelque chose avec le Wizengamot. Il nous rejoindra pour ce midi, répondit son mari qui avait accompagné Sirius.
Ils se réunirent dans la cuisine où Sirius conta le procès avec moult détails pendant que madame Weasley préparait le repas.
- Je n'arrive pas à croire qu'ils ferment encore les yeux sur le retour de Voldy, cracha Harry excédé à la fin de l'histoire.
- Je parie que Fudge ne sortira la tête de son cul que si Voldy se présente à sa porte
- Sirius langage ! s'écria Molly en agitant sa cuillère en bois.
- Et encore, notre bien aimé ministre pensera à un canular, dit Fred.
- Ou à un rêve, continua George.
Les plus jeunes ricanèrent discrètement. Molly gronda les enfants et demanda au jumeaux de mettre la table. Récemment majeur, Fred et George saisirent leur baguette pour accomplir la tâche avec délectation.
Sur ces entrefaites, Albus Dumbledore fit son entrée sereinement.
- Ah quelle délicieuse odeur ! Je vois que j'arrive au bon moment.
- Albus, installez-vous, je vais servir le rôti, dit Molly.
Albus s'installa en face d'Arthur et à côté d'un des jumeaux.
- Alors, avec le Wizengamot ? demanda prudemment Remus.
- J'ai été destitué de mon titre de président-sorcier, mon rôle dans la confédération des mages est sur la sellette et ils pensent à me retirer mon Ordre de Merlin première classe. Je suis soulagé qu'on me laisse encore ma carte de chocogrenouille, répondit Albus avec son éternel regard bleu pétillant.
Un silence assourdissant accueillit son annonce. Un long moment de flottement où son auditoire se demandait si ce n'était pas une hallucination collective. Puis ils se mirent à parler en même temps dans la confusion la plus totale.
- Ils font une grave erreur, s'exclama Remus en frappant la table de la paume de sa main.
- Albus enfin ! la plaisanterie est de très mauvais goût, dit Molly pâle et d'une voix coupante.
- Mais pourquoi soudainement, demanda Arthur en se levant brusquement, faisant tomber sa chaise.
Ron marmonnait des insultes envers ces sangs-purs ignorants, Ginny fronçait des sourcils avec inquiétude en écoutant ce capharnaüm, les jumeaux jouaient les commentateurs sportifs entre eux sur la réaction la plus extravagante.
Harry devint sombre, une colère sourde bouillonnait en lui. Même s'il gardait une légère rancune pour les diverses cachotteries de son directeur il avait du mal à avaler la nouvelle.
Sirius restait parfaitement serein, sirotant tranquillement son verre. Il tira sa baguette et empêcha le rôti que Molly apportait de glisser de son plat d'un sort informulé.
Le calme revint peu à peu et Albus passa une main sur sa longue barbe, presque songeur avant de répondre.
- Mon insistance sur le retour de Voldemort ne leur plaît pas, j'ai suggéré d'interroger Pettigrow sur les agissements de son maître en rappelant qu'on n'était jamais trop prudents.
Molly secoua la tête en poussant un râle énervé et servit les assiettes de son délicieux repas.
- Ils vont s'en mordre les doigts.
- En même temps il n'y a que des mangemorts en puissance au Wizengamot, grommela Ron.
- S'il n'y avait que des partisans de Voldy obtenir mon acquittement aurait été nettement plus compliqué, d'ailleurs j'ai été surpris que le nouveau lord Nott ait été l'un des premiers à voter pour mon réhabilitation, rétorqua Sirius.
- Un nouveau lord Nott ? demanda Harry.
- A vue d'œil il doit avoir ton âge, le précédent était un mangemort, expliqua Sirius.
Hermione eut un hoquet de surprise.
- Cela doit être Théodore, il est dans notre année à Slytherin.
- Un sale serpent visqueux, comme les autres et un futur mangemort, cracha Ron.
- La condamnation de Pettigrow arrange peut-être Voldy, renchérit Harry.
Puis il fronça des sourcils, pensif, et rajouta.
- Mais on peut être Lord à mon âge ?
- Mon garçon, il est techniquement possible de prendre son titre mais cela s'associe à une très forte pression et responsabilité pour un jeune âge. Je suis désolé que le jeune Nott ait dû devenir un adulte prématurément.
- Devenir adulte ? Il est officiellement majeur ?
Albus allait prendre la parole mais Sirius le coupa.
- Oui, il a dû prouver qu'il pouvait gérer son domaine et son capital. En général c'est le tuteur magique qui a la charge de donner l'éducation pour un futur lord. C'est les cours que nous avons commencés même si techniquement j'ai perdu ce rôle en allant à Azkaban.
- Sirius, il est encore jeune. Laissez-lui le temps de grandir, dit Albus.
- Mais alors qui est mon tuteur magique ? J'imagine mal les Dursley m'enseigner tout ce que je dois savoir pour être le bon petit lord sorcier, fit Harry en même temps de plus en plus perplexe.
Une tension palpable s'installa tandis que le regard de Sirius devenait glacial.
- J'ai demandé aux gobelins, ta tutelle s'est faite par vote au Wizengamot quelques heures après mon emprisonnement. Albus Dumbledore l'a obtenu.
- Je ne pouvais pas le laisser à une famille sombre, dit le directeur.
- Et vous m'avez laissé aux Dursley, sans me rendre une seule visite pour savoir comment j'allais fit Harry d'une voix blanche.
Une puissante douleur comprimait son cœur et un arrière-goût amer envahit sa bouche. Il avait l'impression que son monde entier se mettait à tanguer.
- Madame Figg te-
- Ouais me surveillait, Ron m'en a parlé. Cependant je ne la voyais que si les Dursley avaient besoin d'une baby-sitter et nos discussions tournaient autour de ses chats, coupa Harry.
- Pour ton plus grand bien, tu devais rester auprès de ta tante, la protection de sang te protège.
Un rire nerveux ressemblant presque à un sanglot sortit du jeune Potter et sa magie commença à faire trembler les objets sur la table. Un état de sidération posséda son auditoire.
Il craquait. La mort de Cédric qui lui laissait une affreuse culpabilité, les visions de Voldemort, le manque de sommeil, le lynchage médiatique dont il était victime et enfin les Dursley. Son enfance merdique aurait pu être évitée, et par la personne qu'il admirait, en qui il avait confiance. Cette même personne qui semblait l'éviter depuis son arrivé au 12 Grimmauld Place. Aujourd'hui c'était la première fois qu'il le voyait alors qu'il savait pour les nombreuses visites du directeur.
- Cette foutue protection me protège de Voldy et ses mignons mais qu'en est-il du danger à l'intérieur de la maison ? Vous étiez au courant professeur que je dormais dans le placard sous l'escalier jusqu'à mes 11 ans ? Qu'à peine avoir commencé à marcher, je devais faire les corvées ? Que je devais me considérer comme chanceux si j'avais ne serait-ce qu'un repas par jour ? Et je vous parle même pas des corrections quand j'avais le malheur de faire de la magie infantile ! Vous étiez au courant professeur ? NON CAR VOUS NE VOUS EN ETES PAS SOUCIÉ !
Harry quitta la pièce sous ses derniers mots en claquant la porte. On l'entendit prendre les escaliers avec rage. Molly s'effondra en larmes alors que Sirius se levait de son siège, livide de rage. Moony poussa un grognement bestial, signe qu'il perdait peu à peu le contrôle. Le loup garou commença un exercice de respiration pour garder son calme.
- Monsieur Dumbledore, partez. Vous n'êtes plus le bienvenu dans cette maison.
- Sirius, voyons, je…
Mais Albus ressentit une très forte pression sur son corps, comme s'il était emprisonné par un étaux se resserrant progressivement. Encore une fois la magie de la demeure ancestrale des Black agissait en fonction des désirs de son maître. Puis une force irrésistible le poussa vers la sortie. Il n'eut pas d'autre choix que de quitter le QG de l'Ordre.
Sirius suivit Harry pour le consoler et ce dernier départ provoqua un tumulte entre les résidants.
Depuis ses retrouvailles avec son filleul, il avait eu des doutes, juste un petit quelque chose qui le titillait puis le mercenaire avait fait son rapport. Ce sentiment désagréable s'était confirmé et le parrain avait tenté de tendre des perches à Harry sans succès. Il ne l'imaginait pas à ce point à fleur de peau.
Harry vida son sac grâce à son insistance, lui donnant des anecdotes sinistres. Un exemple parmi tant d'autres, il n'avait jamais vu un médecin. Lorsqu'il devint évident qu'il était myope son institutrice avait insisté auprès de sa tante pour lui faire passer un examen ophtalmologiste. Pétunia, ne voulant pas dépenser une somme astronomique, avait trouvé des lunettes d'occasion sur une brocante. Ses lunettes, un premier temps, lui provoquaient un profond mal de crâne et il ne voyait pas mieux qu'avant. Puis comme par magie ses lunettes s'étaient adaptées à sa vue.
II lui parla aussi de la chasse au Harry, de l'affreuse Tante Marge et son chien mordeur, de l'interdit de pas avoir de meilleures notes que Dudley… La liste devenait longue. Sirius réussit à l'écouter sans exploser de rage, un miracle !
Et Harry se tut, se sentant étrangement vide. Il n'avait jamais pensé raconter ça, par honte ou par peur de ne pas être cru.
- C'est terminé tout ça, je ne permettrai jamais que tu retournes là-bas et un jour ils payeront pour ça, promit solennellement son parrain.
- Ne retourne pas en prison, renifla Harry.
- Je suis libre, riche et j'ai le pouvoir. Ce sont eux qui termineront en prison.
Sirius redescendit peu après pour aller chercher l'assiette d'Harry et le laissait se reposer. Tout le monde se jeta sur lui pour avoir des nouvelles mais il resta silencieux, leur faisant juste part du désir de son filleul de s'isoler au calme.
Le jeune Potter ne sortit de son antre que le soir, au moment du dîner, plus apaisé. Il fut accueilli chaleureusement, personne n'osa poser de questions par peur de mettre les pieds dans le plat.
Puis les adolescents restèrent ensemble pour jouer aux échecs, bavboules ou à la bataille pour égailler leur ami jusqu'à l'extinction des feux par Molly.
Le lendemain matin, ils reçurent le Daily Prophet annonçant la merveilleuse nouvelle et aussi les lettres provenant de Hogwarts. Arthur récupéra le journal et les adolescents leurs courriers, un poids s'enleva des épaules d'Hermione.
- D'habitude on les reçoit plus tôt, dit-elle
Harry ignora la première lettre qui annonçait que la rentrée était le 1er septembre, et sauta directement à la liste de fourniture.
- Il n'y a que deux nouveaux, Le livre des sorts et sortilèges, niveau 5 par Miranda Goshawk et Défense et attaque, apprendre à connaître son adversaire par Ida Weidmann.
- Ils ont dû enfin trouver le professeur de défense, nous avons entendu dire que Dumbledore avait des difficultés pour embaucher, dit Fred
- Et qu'il serait forcé de prendre une employée du ministère, continua George.
- Mais heureusement un ressortissant américain s'est présenté. Peut-être un peu trop beau pour être vrai, finit Fred.
Molly qui arrivait avec sa poêle d'œufs s'insurgea.
- Vous nous avez espionnés ?!
Les jumeaux prirent une expression scandalisée.
- Mais non maman, George et moi ne faisions que passer à ce moment-là.
- Et puisque vous n'avez pas lancé de sort d'intimité votre discussion ait parvenue à nos oreilles.
- Ce n'est que pur hasard, termina Fred.
Les enfants n'étaient pas dupes, se doutant bien de l'utilisation intensive des oreilles à rallonge. Cependant la mère de famille accepta cette explication avec plus ou moins de méfiance.
- Vous croyez qu'on devra se méfier du nouveau professeur, demanda Ginny avec un froncement de sourcil.
- Juste de la prudence, rassura Remus.
- Et on peut compter sur Harry pour le faire dégager s'il est trop dangereux, affirma Fred en donnant une tape dans le dos de celui-ci.
- Hey ! Qu'est-ce que ça veut dire ?! s'exclama Harry
George leva la main et commença à compter sur ses doigts d'un air taquin.
- Quirrel qui est tombé en poussière, Lockhart qui a terminé parmi les fous…
Mais la liste se termina prématurément grâce à Molly qui les réprimanda sévèrement. Heureusement car cela commençait à agacer le jeune Potter. Il n'avait rien demandé lui ! Il massacra d'une fourchette rageuse le contenu de son assiette. Il leva le nez en entendant le piaillement d'excitation d'Hermione.
- Je suis nommée préfète !
Elle reçut une ribambelle de félicitations et Harry remarqua qu'il avait complètement oublié que les préfets étaient choisis à partir de la cinquième année. Cela ne l'étonnait pas qu'Hermione soit la préfète, étant la plus méritante parmi toutes les filles de Gryffindors.
- A notre époque c'était Lily la préfète puis préfète en chef, se rappela Sirius.
Harry se tourna vers son parrain.
- Et le préfet ? C'était mon père ?
Sirius secoua la tête.
- James et moi, on avait beaucoup trop de retenues à notre compteur. On était aussi dévastateurs que des niffleurs dans une bijouterie. C'était Remus notre préfet, raconta-t-il avec une pointe de nostalgie.
- Dumbledore espérait peut-être que je parviendrais à exercer un certain contrôle sur mes meilleurs amis. Est-il besoin de préciser que j'ai lamentablement échoué ? dit Lupin.
Sirius ricana.
- A d'autres ! Tu passais toujours pour le sage et gentil élève mais tu étais notre stratège en distractions. Ton insigne nous a bien servi.
Le si discret professeur Lupin fit un sourire plein de malice à leur auditoire.
- Sirius ne leur donne pas de mauvaises idées, gronda Molly.
Soudain, Harry remarqua l'absence de réaction chez son meilleur ami depuis l'ouverture des lettres. Il le regarda, voyant maintenant sa pâleur et son regard absent sur sa lettre.
- Ron ?
Hermione tendit son cou pour lire par-dessus l'épaule de Ron et ses sourcils se levèrent de surprise.
- Préfet ?! Tu as été nommé préfet ?! dit-elle avec incrédulité avant de rougir et de balbutier des excuses.
George bondit et arracha l'enveloppe que tenait Ron dans son autre main puis la retourna. Harry vit un objet rouge et or tomber dans sa paume.
- Pas possible, dit George d'une voix étouffée.
- Il y a une erreur, affirma Fred.
Et il arracha la lettre que Ron tenait encore et la leva contre la lumière comme pour vérifier une possible contrefaçon.
- Aucune personne saine d'esprit n'aurait l'idée de nommer notre petit Ronnie préfet.
Les jumeaux se tournèrent d'un même mouvement de tête vers Harry.
- On pensait que c'était toi à coup sûr !
- Non mais c'est quoi ce comportement ?! C'est une merveilleuse nouvelle ! s'insurgea Molly les poings sur les hanches.
Elle sourit à Ron.
- C'est super mon chéri, toutes mes félicitations ! Tout le monde l'a été dans la famille, dit-elle avec excitation.
- Et Fred et moi, on est qui ? Des voisins de palier ? s'indigna George.
Molly se leva et alla serrer dans ses bras son plus jeune fils en l'embrassant sur la joue. Les jumeaux firent semblant de vomir et Ron rougit de gêne en essayant de se défaire de cette étreinte.
- Maman… s'il te plaît… Calme toi…
Elle le lâcha enfin. Arthur sourit et remonta ses lunettes qui glissaient.
- Alors qu'est-ce que tu souhaites ? demanda-t-il.
- Comment ça ? dit Ron qui n'osait pas en croire ses oreilles.
- Il faut bien te récompenser ! Percy a eu un hibou mais…
Elle eut une vague de tristesse en pensant à ce fils qui leur avait tourné le dos. Le visage d'Arthur se crispa mais il décida de le chasser de son esprit.
- Tu en as déjà un, un autre animal peut-être ? Ou du matériel scolaire ? De nouveaux habits ? demanda Arthur.
- Est-ce que je pourrais avoir un nouveau balai ? demanda Ron plein d'espoir.
Ses parents échangèrent un regard incertain mais Ron leur demanda juste un neuf, pas forcément le plus beau ou le meilleur. Molly lui promit de réfléchir.
- Donnez-moi vos listes, j'achèterai l'ensemble de vos manuels scolaires cet après-midi, dit-elle.
- Je m'occuperai des fournitures d'Harry demain Molly, renseigna Sirius avec un sourire en coin.
- Voyons Sirius je peux le faire aujourd'hui et c'est trop dangereux.
- Non, tu n'as pas compris quelque chose. Je suis maintenant un homme libre et il est hors de question que je reste enfermé dans cette maison lugubre. De surcroit je meurs d'envie de m'occuper des achats de mon filleul en tant que parrain, dit Sirius d'une voix implacable.
- Et qu'en pense Albus ? dit madame Weasley
Le regard argenté du maître de maison se durcit.
- Fais très attention, tu empruntes un terrain glissant.
Sentant la confrontation s'éterniser Arthur posa sa main sur celle de sa femme pour la calmer et s'excusa auprès du Black pour cette maladresse. Parler d'Albus c'était encore trop tôt. Les parents Weasley pensaient que Dumbledore avait juste fait une erreur en voulant bien faire, qu'il avait une très bonne explication et qu'il était beaucoup trop important dans cette guerre contre Voldemort.
Harry soupira discrètement et repoussa son assiette à moitié pleine, l'appétit coupé depuis l'annonce du nouveau statut de Ron. Il ne pensait pas à ça mais… il se sentait énervé tout de même, les paroles des jumeaux résonnant dans sa tête. Et son énervement provoqua un dégoût de lui-même. Etait-il un ami ignoble ? Il se força à boire son jus de citrouille pour faire passer l'arrière-gout amer de la jalousie.
A la fin du petit déjeuner, refoulant ce sentiment négatif il s'approcha de son meilleur ami et le félicita puis Hermione s'approcha de lui pour lui demander Hedwige. Elle souhaitait prévenir ses parents. Harry alla s'isoler dans sa chambre. Sirius le rejoignit peu après.
- Alors le programme de demain, on commence par une petite visite à la banque puis on utilise un sortilège pour modifier nos apparences et enfin une virée shopping du côté sorcier et moldu !
Une vague d'excitation submergea Harry puis il s'inquiéta.
- Mais on ne va pas remarquer mon absence ?
- Mon très cher filleul, j'ai l'incommensurable honneur de t'annoncer que j'ai trouvé le moyen de créer des golems dans l'immensité de la bibliothèque des Black, répondit-il en faisant moult geste théâtrale.
- Golem ?
- C'est une exacte réplique de soi-même faite avec de l'argile imprégnée de magie accompagné d'une goutte de sang et des runes. J'ai trouvé de l'argile dans un coffre pendant une crise de rangement et j'ai réussi à le soustraire du regard de Molly. Je le fabrique avant de partir et on transplane, expliqua-t-il avec un grand sourire.
Harry hocha la tête, il avait terriblement hâte d'être à demain. Il n'avait jamais pensé vivre ça avec un parent. Cela pouvait être risible mais il avait toujours envié ces enfants qui faisaient des sorties en famille comme son cousin ou Ron. Il s'inquiéta cependant d'un détail.
- Pour le sang, enfin, est-ce que c'est de la magie noire ?
Sirius grimaça.
- Toute magie utilisant du sang est classée dans la magie noire. Mais si on part du même principe que la protection utilisée par Lily pour toi est de la magie noire… cela me fait réfléchir. Avant j'aurais tout rejeté en bloc, plus maintenant. Si ce n'est pas dangereux pour nous et si ce n'est pas utilisé avec de mauvaises intentions je me dis… pourquoi pas !
- D'accord, fit Harry avec hésitation.
Cela chamboulait une partie de ses idées préconçues.
Sirius le laissa alors que les deux meilleurs amis d'Harry arrivaient avec Hedwige qui se posa sur le montant du lit. Ils passèrent la matinée à discuter, Hermione des cours et Ron du balai qu'il souhaitait –le tout nouveau Brossdur-. Un bout d'un moment ils se chamaillèrent sous le regard exaspéré d'Harry, cela arrivait un peu trop souvent à son goût.
Le midi ils furent conviés à une petite fête pour féliciter Hermione et Ron, avec banderole et un repas toujours aussi délicieux. Il y avait Alastor, Mondingus, Tonks et Kingsley aussi, ce n'était pas rare de voir les membres de l'ordre aller et venir. Durant ces festivités, Harry ressentit un profond agacement accompagné d'un sentiment de solitude. Entouré d'un monde joyeux et bruyant il ne se sentait pas à sa place. Il se contentait d'écouter des brides de discussions. Kingsley et Tonks avaient commencé par donner des nouvelles du ministère puis Sirius entraîna le premier dans un échange discret et Tonks se tourna vers Remus. Mondingus s'approcha des jumeaux et Harry entendit vaguement qu'il s'agissait d'une vente d'un ingrédient interdit à la vente. Le jeune Potter capta ensuite une question qui aggrava son mal être concernant le choix du préfet de Gryffindor : « Pourquoi Dumbledore n'avait pas choisi Harry alors qu'il aurait besoin de se sentir soutenu ? ». Cela attisa cette jalousie malvenue qu'il cherchait toujours à refouler.
Puis la goutte qui fit déborder le chaudron, Maugrey qui l'interpella pour lui montrer une vieille photographie montrant les premiers membres de l'Ordre. Voir ses parents, Pettigrow ensemble et entendre avec des détails sinistres ce qui étaient arrivés à chacun d'entre eux le chamboula et révulsa. Il quitta la pièce en s'excusant avec un sourire faux et mielleux, son sang battant contre ses tempes.
Harry s'isola dans sa chambre et relit ses livres de cours pour se changer les idées. Personne ne remarquerait son absence se disait-il avec amertume.
Sirius parcourut la pièce du regard après que sa cousine se soit levé bruyamment –sa maladresse provoquant la chute de son assiette- pour rentrer chez elle se reposer. Il fronça des sourcils en se demandant où était passé son filleul. Il se leva à son tour.
- C'est déjà l'heure ? demanda Remus.
- Hein ? répondit-il bêtement.
- Ne me dis pas que tu as oublié…
L'animagus chien se plongea dans ses pensées, perdu, puis la révélation.
- Oh par Merlin !
Il lança un tempus, 14h. Il devait y aller, maintenant.
- Un problème ? demanda Molly.
- Rendez-vous avec psychomage, marmonna Sirius avant de transplanner.
- Quoi ? Mais comment il a fait ? s'écria George, outré.
- On a essayé de transplaner sans succès tout l'été ! termina Fred sur le même ton.
Molly rougit de colère et d'indignation.
- Fred ! George ! Qu'avez-vous encore inventé ?!
Ils avaient encore perdu une occasion de se taire.
Arthur se tourna vers Lupin.
- Il a réussi à trouver un guérisseur de l'esprit aussi vite ?
- Son cas est prioritaire, répondit le loup garou avec un hochement de tête vague.
Peu après la première crise de démence Remus avait fait une liste de psychomages qui possédaient tous un point commun : avoir pratiqué une formation au Japon. De par leur fonction les psychomages avaient une dérogation pour apprendre la magie de l'esprit, interdite au sorcier anglais lambda. Les instructeurs de cette matière particulière se trouvaient plus facilement à l'étranger et les meilleurs au Japon. Ce pays avait élevé cette discipline au rang d'art et à Mahoutokoro –l'école de sorcellerie japonaise- les sorciers l'apprenaient dès leur première année. Sirius avait reçu cette liste peu après sa libération puis après avoir remercié Moony il envoya des lettres à divers cabinets privés, voulant se garantir discrétion. Il avait eu une réponse rapide de l'un d'entre eux à son plus grand soulagement. Il avait ensuite tenu au courant Amelia Bones de ses démarches comme convenu.
La psychomage Ellis Llewellyn, ancienne Hufflepuff, avait monté son cabinet dans son Cardiff natale après sa formation auprès de Nakamura-senseï. Cela faisait maintenant 10 ans qu'elle guérissait les esprits de sorciers, sorcières ou autres. Elle souhaitait accueillir le plus grand nombre sans distinction de genre, sexe ou créature contrairement à certains de ses confrères. Lorsqu'elle eut reçu la demande de rendez-vous du Lord Sirius Black elle n'en crut pas ses yeux et demanda confirmation auprès de la directrice de la justice magique. Rassurée elle s'était plongée dans ses réflexions et souvenirs. Elle était à Hogwarts en même temps que les maraudeurs et elle ne les avait pas appréciés. Hautains, égocentrique, harceleurs…
Rien ne bien réjouissant !
Avec amertume elle se souvenait parfaitement de leurs « blagues » envers les slytherins et surtout de cet acharnement sur Severus Snape. Elle regrettait de ne pas avoir osé s'interposer mais à cette époque elle craignait d'attirer leur attention. Une simple Hufflepuff « lâche », « faible » et « malléable » comme disait les si forts Gryffindors. De plus, les maraudeurs avaient été placés sur un piédestal par les Gryffindors, les filles qui ne voyaient que leur belle gueule et par le professeur McGonagall et Dumbledore qui minimisaient leur comportement dangereux. Par Merlin si un autre élève avait fait ne serait-ce qu'un quart de leurs blagues il aurait été viré avant d'avoir eu le temps de dire « Quidditch ».
En bref, si Ellis possédait une once de rancœur elle n'aurait jamais pris Sirius Black mais voilà elle croyait en l'être humain. Tout le monde pouvait changer et mûrir en mieux. Et surtout tout le monde devait accéder aux soins. Alors elle avait regardé son agenda, remarqué qu'un de ses patients s'était désisté pour demain puis envoyait sa réponse à Lord Black en se promettant de ne pas laisser le passé l'influencer.
Ce jour-là, la psychomage vérifia les barrières qui empêchaient quiconque qui n'était pas sa secrétaire ou ses patients de pénétrer dans son établissement. Elle n'était pas idiote et se doutait bien que l'acquittement de Sirius Black provoquerait des tumultes. L'intimité de ses patients était une priorité et elle craignait la venue de journalistes. Satisfaite, elle commença sa journée.
Vint l'heure.
Ellis clôtura son rendez-vous puis accompagna son patient à la sortie, après un au revoir elle le vit dans sa salle d'attente. Elle remarqua ses joues creuses, ses cernes et son regard absent, de la mélancolie se dégageant de lui. Le maraudeur flamboyant avait disparu.
- Bonjour Lord Black.
Sirius sursauta et se leva détaillant la femme qui allait le soigner. De taille moyenne, elle devait avoir son âge. Une chevelure brune attachée dans un chignon sophistiqué surmontée d'un chapeau bibi bleu marine et noir. Ses yeux bruns le regardaient avec chaleur, le mettant en confiance. Un visage long avec un maquillage discret. Une robe sorcière bleue et noire cintrée.
- Bonjour guérisseuse Llewellyn, vous pouvez m'appeler Sirius, dit-il avec un sourire charmeur.
Elle remarqua que ce comportement séducteur était forcé, comme un ancien rôle qu'il essayait de maintenir.
- Ellis alors. Venez, suivez-moi.
Sirius pénétra dans une pièce chaleureuse dans les tons taupe et sable. Il s'attendait plus à un décor aseptisé et froid comme à St Mungo. Là il y avait un large tapis duveteux sur un parquet ciré, des fauteuils rembourrés qui invitaient à s'y affaler, un bureau en chêne, une pensine en pierre, des estampes japonaises décorant les murs et des étagères recueillant des plantes moldus.
Ils s'installèrent.
- Je vais tout d'abord vous expliquer comment nous allons fonctionner. On va aussi bien utiliser la psychologie dite moldue donc échanger, discuter et tout ce qui sera dit restera entre nous, peu importe la nature de vos propos. Et la magie de l'esprit où je chercherai les lésions provoquées par les attaques des détraqueurs et les soignerai. J'ai aussi une pensine où nous pourrons visionner vos souvenirs d'un œil extérieur pour en discuter et les analyser. Des questions ?
- D'après vous, quand pourrai-je avoir la garde de mon filleul ?
- Tout dépendra de vous, nous irons à votre rythme sans vous brusquer même inconsciemment. Lady Bones me demandera des rapports chaque mois et bien sûr sans rentrer dans les détails je lui dirais si vous êtes prêt ou non.
- Et les séances seront tous les combiens ?
- Deux fois par semaine pour commencer, cela vous convient ?
- Parfait.
Un tremblement secoua le cabinet, bref et léger. Sirius fronça des sourcils et regarda la guérisseuse qui saisit une plaque en verre. Cette plaque permettait à la secrétaire de communiquer avec sa patronne. Des mots bleus fluorescents apparut sur la surface, tirant un rictus à Ellis.
- Rita Skeeter a été repoussée par mes barrières et est inconsciente.
L'ancien maraudeur éclata de son rire caractéristique, jubilant de ce revers, puis la consultation reprit son cours.
Le lendemain, Harry et son parrain accomplirent leur plan sans soucis et arrivèrent dans un bureau de Gringotts. Le plus jeune se pencha en avant, pâle et la main devant la bouche, nauséeux. Encore un moyen de transport sorcier qu'il détestait ! Il respira profondément, faisant passer son état devant le regard moqueur de son parrain.
Normalement il était impossible de transplaner au sein de la banque mais Sirius s'était arrangé avec les gobelins. En tant qu'un des plus gros clients il pouvait avoir quelques passe-droits sous certaines négociations. Le mot d'ordre était la discrétion.
- Lord Black, héritier Potter, les accueillit un gobelin derrière son bureau.
- Maître Ragnok, je vous remercie d'avoir accepté ma demande, dit Sirius.
Ne jamais appeler un gobelin monsieur, ce serait insulter la maîtrise de leur profession. Il avait galéré pour trouver dans sa bibliothèque cette information. En général les sorciers les méprisaient et les puristes extrémistes encore plus, alors répertorier leurs us et coutumes… La seule indication se trouvait dans un carnet ayant appartenu à son oncle Alphard.
Ragnok les invita à s'assoir puis ils commencèrent.
- J'aimerais un contrôle complet des comptes Black et Potter. Mon filleul doit aussi passer un rituel de purification.
Le gobelin passa une main sur un artefact sphérique posé sur son bureau qui se mit à briller.
- L'incantateur Nirsak est prévenu, il prépare la salle de rituel et arrive au plus vite. Et nous avons anticipé votre demande, annonça Ragnok en faisant glisser deux dossiers épais sur le marbre de son bureau.
Les sorciers le remercièrent et attrapèrent leur dossier respectif. Harry l'ouvrit et vit la liste des biens et l'ampleur de la fortune des Potter ainsi que les mouvements d'argents. La colère gronda en lui. C'était une blague ! Son cœur s'emballa, tapant douloureusement dans sa poitrine et il se contint difficilement.
- Maitre Ragnok, je lis que les Dursley avait chaque mois 200 gallions pour s'occuper de moi. Enfin… Cela fait combien en livre sterling ?
- 1 024 livres sterling, Héritier Potter.
Harry haleta sous le choc, quand il pensait à toutes ses conneries comme quoi il coûtait cher… Il avait vécu dans la misère et… et…
- Harry ! Regarde-moi !
Sirius engloba le visage de son filleul entre ses mains et croisa le regard émeraude rempli de rage et désespoir. D'une voix ferme mais douce il le guida à respirer et à reprendre son calme. Si Harry ne lui avait pas parlé de son quotidien chez ses tuteurs moldus il n'aurait jamais compris le problème et aurait dit une énormité plus grosse que lui, une phrase qu'il se serait permis avec James. Mais il avait admis à la longue qu'Harry n'était pas James, leurs caractères même si semblable sur certains points, demeuraient différents.
Harry était un adolescent trop vite grandi, rempli de blessures et portant un statut bien trop lourd pour ses frêles épaules. D'un côté Sirius craignait de ne pas être à la hauteur et il se souvenait qu'au début il avait pris le rôle de parrain à la rigolade, se disant qu'il devait juste lui apprendre à faire des bêtises sans se faire prendre et à draguer les filles. Maintenant il se rendait compte que son rôle était plus complexe que ça.
Guidé par la voix rassurante et par un regard argenté Harry regagna son calme en gardant par miracle le contrôle sur sa magie. Il le remercia d'un sourire gêné puis ils se réinstallèrent normalement sur leurs sièges.
- Maître Ragnok, j'en ai jamais vu la couleur, enfin ils m'habillaient avec les vieux vêtements de mon cousin et je me nourrissais avec les restes, s'il y en avait. Et avant Hogwarts je n'ai jamais reçu de soins, expliqua Harry prudemment.
- Est-il possible d'arrêter ces versements sans que Dumbledore ne soit au courant et qu'il puisse récupérer son dû, demanda Sirius en posant une main protectrice sur l'épaule de son filleul.
- Je comprends, Gringotts s'engage à enquêter sur les Dursley et si nous prouvons le détournement d'argent nous commencerons les démarches juridiques en votre nom. Les versements sont suspendus.
Ragnok sourit narquoisement, ses yeux noirs brillant de jubilation. Le gobelin se délectait à l'avance de dénicher un fraudeur et de lui faire payer. Les sorciers se sentirent un peu mal à l'aise, ce n'était pas la vision la plus agréable au monde.
- Concernant Albus Dumbledore, nous omettrons de lui faire part de nos arrangements, termina le gobelin
- Si possible commencez les démarches juridiques dès l'obtention de la garde d'Harry, Maître Ragnok, demanda Sirius.
Ragnok accéda à la demande puis des coups à la porte se firent entendre. Un gobelin entra, il portait une tenue complètement différente de ses congénères. Harry pensa tout de suite à ses tenues orientales faites de tissus fluides agrémentés de parures en or avec un mélange maya et égyptien. La couleur prédominante était le vert.
- Je vous présente l'incantateur Nirsak.
Sirius se leva et se pencha respectueusement.
- Que la magie soit avec vous, Incantateur.
Harry sentit que c'était important, il imita son parrain plein de question en tête.
- Et que Notre Mère guide vos pas, répondit Nirsak.
Ils purent se redresser et Nirsak fit signe au jeune Potter de le suivre. Harry se tourna vers son parrain et celui-ci le rassura d'un sourire en prononçant silencieusement un « Je t'expliquerai après ».
Harry obéit donc mais n'osa pas poser de question au gobelin habillé de vert et d'or qui l'entraînait dans les couloirs en marbre. Il se rappelait que ces créatures étaient susceptibles et ne voulait pas l'offenser par mégarde. Surtout que la salutation étrange renforçait son impression. Ils s'arrêtèrent devant une double porte richement décorée, garnie d'ornements et dorures. L'incantateur effleura l'entrée, elle s'ouvrit sans un bruit.
Harry s'attendait à une pièce tout aussi luxueuse que l'entrée mais elle était simple. Enfin, en son centre il y avait un autel en marbre où un homme adulte pouvait facilement s'allonger. Sur le sol, dessiné à l'encre un cercle composé de dessins ésotériques et de runes entourait l'autel. Une grande coupe en or reposant près de l'autel contenait des fleurs de différentes couleurs et formes. Aux quatre coins de la pièce des torches sur pied.
Harry avait l'impression d'être entré dans un film d'horreur -que Dudley adorait regarder- où se déroulait des sacrifices. Il rassembla son courage et s'avança dans la pièce.
- Allongez-vous sur l'autel et fermez les yeux, ordonna l'incantateur.
Le jeune Potter fit attention où il mit les pieds, craignant d'endommager les inscriptions puis s'installa. La pierre froide provoqua un frisson mais il se força à se détendre.
Une voix rauque s'éleva, d'abord comme un murmure qui s'approfondissait, sonnant comme un chant. Une langue gutturale imprononçable pour le commun des sorciers. Les mots résonnaient dans son esprit comme un écho.
Puis il lui devint impossible de penser. Ses émotions s'étaient endormies. Il percevait juste ce chant.
Quelque chose entoura son corps, comme s'il était plongé entièrement dans de l'eau ni froide, ni chaude, ni tiède. Mais il pouvait toujours respirer. Cette eau pénétra dans son corps par les pores de sa peau sans la moindre douleur. Elle le parcourut, évoluant dans chacune particule le composant.
Le chant s'intensifia puis… le néant.
Harry se réveilla dans un sursaut et se redressa, perdu. Il regarda autour de lui et se rappela le rituel. Il remarqua la présence de Ragnak, la disparition des inscriptions sur le sol et des fleurs. L'incantateur était aussi absent.
- Que…
- Cela fait 10 minutes que le rituel est terminé, l'Incantateur fait son rapport auprès de Lord Black.
- D'accord, merci. Est-il possible de les rejoindre ?
- Bien entendu.
Ils retournèrent dans le premier bureau. Sirius se tourna vers son filleul à son entrée et ses yeux s'accrochèrent un instant fugace à la cicatrice, une profonde angoisse monta en lui mais il la refoula aussitôt. Un horcruxe… Un fragment d'âme du Lord Noir… Et le rituel n'avait rien pu faire contre ça. Par Merlin, il ne pouvait pas lui en parler… Il devait d'abord trouver le moyen de s'en débarrasser. Autre que « détruire le contenant ».
L'incantateur lui avait tout expliqué sur un ton docte sans le ménager…
Sirius remercia les gobelins puis se concentra sur son filleul et se força à sourire pour ne pas provoquer son inquiétude.
- Tu en avais bien besoin, un sortilège de traçage et des blocs sur ta magie.
- Quoi ?! Des blocs ?! Qu'est-ce que c'est ?! Comment je les ai eus ?!
L'expression du Black s'assombrit.
- Les blocs permettent d'emprisonner une partie de la magie d'un sorcier. Les tiens sont ceux qu'on utilise sur un enfant dont les manifestations des pouvoirs sont dévastateurs. En général ils sont retirés au début de l'apprentissage. J'imagine mal James et Lily les poser.
- Et si on ne me les avait pas enlevés ? pressa Harry.
- A tes 17 ans tu n'aurais pas reçu ton héritage magique.
Harry fronça des sourcils, son parrain lui avait donné un cours dessus. Chez un sorcier un héritage magique sonnait la majorité et une augmentation de ses pouvoirs. Pour ceux qui avaient du sang de créatures dans sa généalogie il était possible de se transformer.
- Et je dois m'attendre à quelque chose ?
- Ta grand-mère Euphemia Potter était une sang-pur française qui, d'après ton père, avait autant de sorciers que de créatures dans sa généalogie. Je me rappelle que James pour son anniversaire est rentré chez lui par mesure de précaution. Rien ne s'est réveillé.
- Je… vois… Dit Harry d'une voix étranglée.
Sirius passa un bras par-dessus son épaule.
- Bon, on y va ? Le shopping nous attend ! J'ai tous réglé ici et j'ai l'autorisation pour modifier nos apparences.
Harry se laissa emporter par l'enthousiasme de Sirius, s'il y avait vraiment quelque chose de grave il lui aurait dit, non ? Son parrain saisit sa baguette et lui lança un sort. Harry sentit ses cheveux s'allonger, il regarda ses mains et vit que sa peau avait pris une teinte bronzée. Sirius l'utilisa sur lui-même, devenant un homme aux courts cheveux blonds à la peau bronzée, des yeux bruns, son bouc disparut et un nez à l'allure cassée apparut. La forme de son visage s'allongea mais il garda sa corpulence.
Ils quittèrent ensuite Gringotts et profitèrent un instant de la brise et de la frénésie de Diagon Alley. Sirius tendit la nuque, cherchant une personne puis sourit et fit un mouvement de tête.
- Qu'est-ce que tu fais ? Demanda Harry.
- Alexander va nous suivre pour ta sécurité, lui répondit-il d'une voix basse.
Et ils s'élancèrent. Sirius profita du trajet vers la première boutique pour raconter le statut particulier des Incantateurs
- …Se sont des experts de la magie des rituels… Cette branche de la magie utilise la magie externe et non interne… Leur lien avec la magie est très étroit… Autrefois ils étaient maîtres de cérémonie pour certaines fêtes sorcières… C'est comme des prêtres… Malheureusement le ministère s'est mis à craindre leurs savoirs et ont interdit cette branche de la magie… Juste une exception pour le rituel de purification…
Ils arrivèrent au magasin de prêt-à-porter Twilfitt and Tatting's. Sirius demanda à la vendeuse tout un jeu de robes pour le quotidien, soirée, diverses saisons pour eux deux. Il évita de donner leurs noms.
- Attends, je n'ai pas pris d'argent, chuchota Harry gêné.
Sirius le regarda outré.
- Non mais quelle histoire, je paye bien sûr.
Harry rougit, ne sachant pas comment prendre cette attention et chercha à le dissuader. Sirius secoua la tête en soupirant et posa sa main sur la chevelure de son filleul.
- Mets-toi ça en tête que ça me fait plaisir et si ça t'embarrasse autant imagine que je t'offre tes cadeaux de noël et anniversaire que j'ai ratés.
Il hocha lentement la tête en se mordillant l'intérieur de la joue, une vague d'émotion agréable et réconfortante le traversa.
Sirius le poussa en avant pour le « donner en pâture » à la tailleuse et Harry vit son reflet dans la glace. Des longs cheveux blonds en pagaille, des yeux bruns, son visage légèrement allongé… On dirait un père et son fils… Harry inspira et cligna des yeux pour chasser l'humidité qui apparut.
La tailleuse le fit essayer diverses robes dans des couleurs sobres à sa demande puis Harry choisit prudemment et se les fit ajuster. Le tour de Sirius arriva et son essayage fut exubérant. N'hésitant pas à prendre des poses ridicules et à faire des mélanges étranges, il provoquait moult éclats de rire chez Harry qui en pleurait.
Ils terminèrent ces achats et passèrent ensuite à Flourish and Blotts.
- J'ai juste deux livres à prendre, informa le plus jeune.
- Regarde si autre chose t'intéresse, je te le prends et interdit de refuser !
Harry leva les yeux au ciel, son parrain en faisait beaucoup trop. Il se lança à la découverte des rayonnages débordant d'ouvrages. Il remarqua du coin de l'œil Alexander Lowell qui s'était mis dans un coin lui permettant d'avoir une vision large de la boutique, pareil que dans le précédant magasin, il se faisait discret. Le plus jeune trouva les deux livres et se balada un moment sans se décider. Il s'approcha l'air de rien vers le mercenaire.
- Vous me conseillerez quelque chose ? demanda Harry à voix basse en regardant la rangée à côté d'Alex.
- Vous cherchez à combler une faiblesse, vous distraire ou approfondir un sujet que vous appréciez ?
- J'aime la défense contre les forces du mal, vous savez ce que vaut le livre de Ida Weidmann ?
- C'est une auror allemande à la retraite, il est complet et décrit bien son expérience. Il est récent donc dépourvu de certains enseignements obsolètes et erronés, expliqua le mercenaire un léger sourire en coin.
- Donc, euh, après je ne suis pas très doué en potions mais c'est Snape… Je le supporte pas, ce type ! cracha Harry.
Alex leva un sourcil.
- Et donc par transfert vous n'aimez pas la matière, vous avez tort. Personnellement je suis toujours les dernières avancées. Les maîtres de potions accomplissent de véritables exploits.
- ça se voit que vous ne le connaissez pas, il cherche toujours la moindre faille pour m'humilier.
- Ben alors améliorez-vous, faites-en sorte de le rendre bouche-bée par vos connaissances, rétorqua l'albinos.
Cet argument fit mouche chez le jeune homme revanchard et Alex l'orienta vers un livre qui décrivait les ingrédients, comment les récolter, leurs diverses préparations et leurs effets. Sirius fit un peu la gueule en voyant le choix de son filleul mais ne le commenta pas.
Ils continuèrent dans une autre boutique pour faire le plein de parchemins, plumes et encres puis ils terminèrent dans le côté moldu où ils firent les magasins de vêtements avec une petite pause pour se gaver de gaufres chantilly, chocolat et de minis chamallow au-dessus.
- Tu vas voir, on va faire un feu de joie avec les vieilles fripes de ton cousin, promit Sirius.
Harry ne s'était jamais autant amusé mais malheureusement il commençait à se faire tard donc ils rentrèrent, transplanant directement dans la chambre de Sirius.
Dans un des petits salons, Golem-Harry ferma un livre en ignorant Hermione et Ron qui se chamaillaient car ce dernier n'avait toujours pas fait ses devoirs. Il rejoignit son créateur.
Face au golem Sirius posa sa main sur le front et y enfonça son pouce. Il barra la rune Vie dissimulée sous cette illusion et le golem ne redevint qu'un tas d'argile à taille humaine.
