Disclaimer : Nous ne tirons profit, en aucune façon, de cette histoire. Les personnages de Marvel appartiennent à leurs propriétaires. Nous ne retirons rien de l'histoire qui suit et tous les droits de création des personnages leur appartiennent. En revanche, l'histoire nous appartient.
Rating : T
Genre : Romance / Drama / Angst / Comfort
Personnages : Tony Stark ; Loki ; la plupart des personnages vus dans les films du MCU
Situation temporelle : Démarre en 2012, après que Loki a récupéré le Tesseract dans Avengers Endgame
Bonjour tout le monde !
Après Loki qui s'est montré... infect, on peut le dire, c'est au tour de Tony de répliquer ! Mais surtout, et vous l'attendiez, nos deux zigotos obligés de mettre leur égo de côté pour collaborer !
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edenvy-D.M, Lyrellys, Guest, merci pour vos reviews !
Guest : Première ébauche de collaboration aujourd'hui !
Bonne lecture !
Ju' et Kae
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CHAPITRE 3
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Ce n'était rien. Que quelques mots, qui lui étaient crachés à la figure. Il avait l'habitude des moqueries et des insultes. Rien qu'il ne puisse gérer, vraiment.
Rien d'autres que du sel, versé sur des plaies qui n'avaient jamais cicatrisé.
Rien qu'il ne puisse gérer.
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Tony était en train de boire son deuxième café du petit déjeuner lorsque la sensation survint encore. La différence notable était que, contrairement aux derniers jours, il savait ce qui la provoquait. Il réussit à ne rien laisser paraître, continuant de vider son mug comme si de rien n'était. Il avait mis du temps, la veille, à réaliser tout ce qui s'était passé. Lorsqu'il avait finalement émergé – et surtout que les trois aspirines et le litre de café qu'il avait avalés avaient fait effet – une rage comme il en avait rarement connu était montée en lui. Jarvis lui avait interdit l'accès aux ordinateurs pour essayer de pister l'autre enflure, sachant pertinemment qu'il n'y arriverait pas et, s'énervant davantage, prendrait une armure pour quadriller chaque foutu kilomètre carré de la Terre s'il le fallait pour le retrouver.
Puis l'ingénieur avait mis en route son cerveau, jusque-là mis en veille par la murge monumentale qu'il s'était pris. Il ne connaissait rien sur Loki, à part les bribes que Thor leur avait racontées. Alors il avait juré à Jarvis qu'il n'allait pas partir à la recherche du dieu asgardien et s'était plongé dans des recherches un peu différentes de celles qu'il effectuait d'habitude. Après quelques heures, il avait assez d'éléments pour savoir qui était Loki-pas-tant-d'Ásgard-que-ça et ce qu'il avait fait de ses premiers siècles d'existence. Un rapide coup de fil à Pepper qui avait à son tour contacté Coul... Fury – putain de connard d'ase de mes deux – qui avait lui-même contacté Thor qui était encore sur Terre lui avait permis d'un tant soit peu démêler le vrai du faux. Il n'avait pas tout, le dieu de la foudre ayant été inhabituellement taiseux à ce sujet, mais quelques informations importantes lui avaient été confirmées.
Il avait ensuite passé un long moment à se questionner sur les raisons qui avaient poussé Loki à venir le visiter. Quelques réponses potentielles lui étaient passées par la tête, toutes aussi stupides les unes que les autres. Par ennui, par curiosité, juste pour emmerder le monde, ce genre de choses. Mais si ces excuses pouvaient potentiellement expliquer sa venue, ce n'était pas assez pour contraindre un être millénaire tel que lui à se montrer. Et c'est là qu'il avait réalisé. Ce n'était pas parce qu'il venait de se montrer qu'il venait d'arriver. Il avait demandé les images des vidéosurveillances de la villa et les avait visionnées en remontant dans le temps de plus en plus loin. Il n'avait trouvé que deux choses. La veille, juste avant que Loki ne se matérialise, la bouteille de whisky avait bougé "toute seule". Et lors de l'un de ses éclats de rage dans le labo, quelques jours plus tôt, deux feuilles de papiers avaient décrit une trajectoire défiant les lois de la physique.
Tony en avait déduit que le dieu savait se rendre invisible et l'avait espionné. Et n'avait accessoirement pas cherché à le tuer, contrairement à ce qu'il s'était passé dans la tour. Savoir que le dieu avait passé tant de temps dans son labo, à tout juste quelques mètres de lui, l'avait fait entrer dans une rage froide. Il avait passé une journée et demie à développer et appliquer à la villa des détecteurs thermiques, se jurant d'en poser dans toutes ses résidences au plus vite. Puis il s'était acharné sur un autre prototype d'armure jusqu'à ce que Mark IX soit prêt. Parce que cette enflure allait revenir, il le savait. Il voulait apprendre quelque chose, probablement une technologie qu'il développait. Peut-être pour la voler, peut-être pour pouvoir la contourner lors d'une future attaque, ou peut-être cela faisait-il simplement parti du plan plus vaste qu'avait n'importe quel psychopathe qui se respecte. Mais il allait revenir.
Revenant au présent, il ferma les yeux et soupira en frottant son visage avec la main. Il finit sa tasse en une gorgée, la posa dans l'évier et se dirigea vers le salon. Savoir que Loki était là, invisible, le faisait carrément flipper. En un claquement de doigt, il pouvait le tuer. Mais il ne l'avait pas fait jusque-là, et l'ingénieur comptait bien en apprendre la raison dans les minutes suivantes. Il mit à profit les quelques mètres le séparant du canapé où il s'affala pour réunir tout le calme et la maîtrise de lui-même qu'il avait en stock. Ce n'était pas beaucoup mais ça devrait suffire.
« Allez, file-moi un verre et serre-t-en un puisque tu as l'air de considérer ma villa comme un squat pour dieu en cavale, » déclara-t-il avec toute l'ironie dont il était capable.
Tendu comme un arc, il réussit à ne pas sursauter lorsque Loki apparut à quelques centimètres de lui. Le voir raviva la colère et il faillit coller un coup de poing au dieu, mais un bon sens qu'il ne pensait pas posséder lui rappela qu'il avait un autre but. Loki l'avait laissé plus bas que terre et si Tony n'espérait pas vraiment réussir à le mettre dans le même état, il avait quelques munitions en stock et il allait tirer à l'artillerie lourde... oh, attendez, ce n'était pas du bon sens, en fait : c'était de la vengeance. Ce qui lui correspondait tout de suite beaucoup mieux.
Loki le toisa d'un regard méprisant, avant de tendre la main, paume vers le haut. Tony vit du coin de l'œil deux verres disparaître du bar et le niveau de whisky dans la carafe baisser un peu. Puis un verre rempli apparu dans la main du dieu et l'autre sur le guéridon le plus proche de l'ingénieur, qui refusa de se montrer impressionné. Il ne l'était absolument pas, de toute manière.
« Bon, Tête de Bouc, maintenant que t'es là, tu vas m'expliquer pourquoi tu viens m'emmerder, je suppose ? » demanda-t-il avec un sourire qu'il tenta de rendre aimable, mais qui devait être plus grimaçant qu'autre chose.
Le Jötunn prit une gorgée avant de s'avancer et de s'installer sur le canapé face à lui, croisant les jambes comme les nobles du dix-septième siècle en Europe, avec une telle pédanterie qu'il en frisait le maniérisme.
« Je ne vous dois rien, mortel, » répondit-il d'un ton tellement indifférent que Tony lutta pour ne pas envoyer balader sa retenue et lui défoncer la gueule – et ça n'avait rien à voir avec le fait que ce serait lui qui se ferait castagner au final, bien entendu.
« Oh, allez, je suis curieux ! Je veux dire, le monde vient de découvrir que nous ne sommes pas seuls dans l'univers. Qu'il y a d'autres planètes habitées, d'autres peuples, » expliqua-t-il, ne feintant pas l'intérêt qu'il ressentait.
Malgré la terreur que lui inspirait les chitauris, le peu que lui avait raconté Thor sur Ásgard – pour le coup tous les bouquins et les articles qu'il avait pu trouver étaient loin de la réalité – l'avait fait saliver.
« Vous entendez-vous parler ? » demanda le dieu, la lèvre supérieure légèrement relevée. « Le monde, dites-vous ? L'univers ? Vous pensez que Midgard, et à fortiori votre Midgard, est la planète référence ? Mais il y a des milliers de mondes, et autant d'univers, là dehors, et vous n'êtes que des insectes arrogants et éphémères. »
Tony inspira lentement deux fois pour calmer la colère, rangeant les dizaines des questions qui tentaient de franchir ses lèvres concernant les univers parallèles. Ça viendrait plus tard. Tony en était toujours à la partie vengeance.
« C'est juste, » finit-il par déclarer. « Mais comment pouvons-nous comprendre qui nous sommes et notre place dans le cosmos si les rares personnes qui sont au courant ne partagent pas leur savoir ? » demanda-t-il entre ses dents – il ne pouvait pas faire plus aimable, et de toute manière, il ne serait pas convainquant s'il était tout sourire.
Les deux hommes se jaugèrent un moment, sans un mot. De longues minutes passèrent, avant qu'un éclat calculateur brille dans les iris vertes et que le dieu hoche la tête.
« Très bien, mortel. Que voulez-vous savoir ? » demanda Loki avec un sourire poli.
« Parle un peu des neuf mondes, pour commencer, » décide Tony en se saisissant de son verre de whisky.
Il eut une seconde de flottement. Comment avait-il pu oublier qu'il avait à boire ? Peu importe l'heure du jour ou de la nuit, qu'il vienne de se lever ou qu'il aille se coucher, rien ne le distrayait d'un verre rempli d'alcool. Il se dit que la présence potentiellement létale du dieu avait mobilisé toute son attention. Mais il fut coupé dans sa réflexion par Loki qui commença à parler, agréant étonnamment à sa demande. Qu'est-ce que cet enfoiré avait derrière la tête ? Tony dut toutefois reconnaître que le dieu était agréable à écouter ; sa voix grave et tranquille avait quelque chose de prenant et la manière dont il racontait les choses était intéressante. Captivante, aurait-il dit si ça avait été n'importe qui d'autre que ce connard. Mais la tension qui contractait en permanence son estomac lui rappelait qui il avait face à lui. Un être qui était capable de sacrifier des innocents pour atteindre son but. Les paroles du dieu concernant Tony lui revinrent en mémoire et il les chassa rapidement, sentant la culpabilité l'assommer de nouveau.
Quelques minutes plus tard, Tony se redressa soudainement, plus attentif. Loki venait de finir de raconter l'histoire d'Ásgard – il avait commencé par les six mondes les moins connues de Tony, pour finir par Jotunheim et Ásgard. Tony savait que le moment était idéal.
« Attends voir, » le coupa Tony, récoltant un regard glacial. « Tu n'as pas parlé du couronnement raté de Thor, il me semble ? » demanda-t-il alors que le dieu se figeait.
L'ingénieur eut le temps de remarquer la lueur d'angoisse dans le regard vert avant que le masque neutre recouvre de nouveau le visage millénaire. Mais il savait ce qu'il avait vu, et c'est avec un malin plaisir qu'il s'engouffra dans la brèche qui lui était apparue.
« Non, parce qu'il me semble que tu as fait ton lot de conneries ces dernières années, » continua l'humain. « Faire rentrer les ennemis jurés d'Ásgard via un passage détourné entre les mondes, c'est pas mal, surtout un jour aussi important pour ton frère. Et tout le bordel que ça a créé, hein ? »
Il prit le temps de lister tout ce qu'il s'était passé – merci Thor – et regarda avec délectation le visage de Loki se décomposer. Il s'était levé au milieu de son monologue, appuyant ses paroles de gestes et de mimiques qui ne devaient pas aider le dieu à rester calme.
« Oh, suis-je bête ! Je fais une erreur monstrueuse depuis le début, » » s'exclama-t-il en se frappant le front du plat de la main, insistant bien sur le mot. « Tu n'es pas un Ase. Tu es un Jötunn. Un géant des glaces. Comment tu t'es senti quand tu as découvert ça ? Hein ? En plus ça a failli causer une crise cardiaque à papa Odin. Mais t'en soucies-tu seulement ? N'empêche, j'admire maman Frigga. Élever un petit monstre comme toi n'a pas dû être fa... »
Il s'arrêta avant même que Loki ne bouge. En une fraction de seconde, le peu de maîtrise dont le dieu faisait encore preuve avait lâché. Son masque de neutralité avait volé en éclat, laissant apercevoir une rage et une douleur immense. La seconde suivante, Loki le tenait à la gorge, où Tony put constater la peau plus fraîche que la normale du géant des glaces. Il le tira à lui comme si Tony ne pesait rien, comme à la tour lorsqu'il l'avait défenestré. La peur lui contracta l'estomac mais la poigne sur sa gorge l'empêcha de déglutir.
« Vous ne savez rien de moi, mortel, » murmura le dieu, glacial, avant de le relâcher. « Ne t'imagine pas que tu pourrais un jour ne serait-ce que rivaliser avec moi. Tu n'es qu'un insecte que j'écraserai sous ma botte, comme tous les autres avant toi, » finit-il en tapotant son réacteur ark du doigt.
Une violente douleur prit Tony à la poitrine. Il baissa vivement les yeux pour découvrir que le doigt que Loki avait posé sur lui était bleu. Bleu. Et que la surface de son réacteur ark et la peau autour dans un rayon de deux centimètres avait instantanément givré, ce qui avait provoqué la douleur. De frayeur, l'ingénieur bondit en arrière. Il appela Mark V, – soigneusement rafistolée et rangée dans sa mallette, elle-même posée dans le hall d'entrée – espérant se protéger du dieu, mais ce dernier claqua des doigts et un léger souffle d'air lui indiqua qu'il était parti, ne se contentant pas de se rendre invisible.
Malgré tout, il pouvait s'agir d'une autre tour, alors il laissa l'armure le recouvrir, la sueur coulant le long de son dos, la peur lui labourant les entrailles. Il pivota rapidement sur lui-même, essayant de saisir le moindre mouvement inhabituel dans la pièce.
« Jarvis ! Les détecteurs thermiques ! » s'exclama-t-il d'une voix tendue.
« Rien, Monsieur, la signature de Monsieur Loki a disparu en même temps qu'il s'est rendu invisible. Ou s'est téléporté, plus probablement. »
« Ça ne veut rien dire ! » cria-t-il. « Il peut très bien cacher sa chaleur corporelle ! C'est un géant des glaces ! Il m'a cramé la peau ce connard ! Il... » débita-t-il d'une voix de plus en plus aigüe avant d'être coupé par l'IA.
« Monsieur, les capteurs thermiques l'ont nettement détecté lorsqu'il est arrivé, avant d'apparaître à votre vue. De même, j'ai très nettement enregistré une baisse de sa température corporelle lorsqu'il s'en est pris à vous. Si je ne le capte pas, c'est qu'il est parti, géant des glaces ou pas, » expliqua le majordome virtuel.
Tony resta paralysé de très longues secondes, prêt à bondir, les jambes à moitié fléchies, les bras tendus et le souffle court, avant de réussir à se calmer. Il était ridicule et il le savait. Loki n'avait qu'à lui briser la nuque sans même redevenir visible et il serait mort. Aussi bêtement que ça. Parce qu'il avait voulu provoquer un être bien plus puissant que lui. Comme dans le trou de ver. Il avait toujours adoré l'espace, il en rêvait. Il s'en voyait le conquérant. Mais...
Comme les autres fois il sentit la crise arriver, et comme les autres fois il ne put l'enrayer. Son souffle s'emballa alors qu'il avait l'impression d'étouffer, ses mains se mirent à trembler. Il enleva l'armure, la laissant se ranger comme une grande dans la mallette, et se précipita dans l'angle de la pièce le plus proche, s'étalant de tout son long alors que ses jambes n'arrivaient plus à le porter. Il finit à quatre pattes, avant de coller son dos contre les murs, entourant ses jambes de ses bras alors qu'un violent vertige le prenait. Il manqua de rendre le contenu de son estomac, avant de cacher sa tête dans ses bras, le front appuyé contre ses genoux. Il ne put lutter contre son esprit qui dérivait, lui montrant encore et encore les milliers de chitauris prêts à exterminer le monde.
Peu importe ce qu'en disait Loki. La Terre était leur monde. Un monde que Tony pensait formidable et fort. Invincible. Il croyait l'espèce humaine à la tête de la chaîne alimentaire universelle. D'autant qu'il se prenait lui-même pour un des humains les plus puissants. L'arrivée de Thor, quelques temps plus tôt, l'avait secoué, mais il avait accepté. Il fallait une exception à toute règle, et Ásgard était un genre de mère bienveillante et éloignée qui laissait ses enfants grandir sans intervenir. Un peu comme un paradis inaccessible. Ça, Tony était d'accord avec. Mais à chaque gentil il y avait un méchant qui essayait d'être plus puissant. Et les méchants capables d'écraser Ásgard... Il avait l'impression que tout l'univers allait s'effondrer. Le sien, en tout cas, et sa petite vie de milliardaire super héroïque en prenait un sacré coup.
La crise se calma – des minutes, des heures plus tard ? Qu'importe – comme toutes les autres, et il se traina jusqu'à son lit. Oui, il venait de se lever, et alors ? Ça se voyait que vous n'aviez jamais été confronté à un géant des glaces sous forme humaine avant le petit déjeuner, merde.
« Stores, » grommela-t-il.
Les rideaux électriques se fermèrent.
« Merci Jar', » soupira-t-il en se glissant dans son lit.
Il laissa échapper un grognement de satisfaction. Un souvenir récent lui revint.
« Oh, et si jamais tu redis un jour Monsieur Loki, je te détruis, Jarvis, » marmonna-t-il avant de fermer les yeux.
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Les jours suivants, Tony crut devenir cinglé. Réellement cinglé s'entend. Il entendait des bruits partout, tout le temps. Jarvis le prévenait régulièrement – et discrètement – que Loki était présent. Mais l'ingénieur avait fini par s'apaiser en voyant qu'il était toujours vivant, et avait commencé à se poser sérieusement la question de pourquoi Loki s'intéressait à lui – ou à son travail, plus probablement.
Vu les questions qu'il avait posées, Tony en avait déduit que le Dieu cherchait des informations sur la technologie de son réacteur ark. La véritable interrogation fut celle de la motivation du dieu. Avec toute la magie qu'il avait à sa disposition, Loki devait pouvoir tout faire. Que pouvait lui apporter un réacteur ark, aussi performant soit-il ?
Une réponse plausible lui apparut au réveil d'un cauchemar, où il avait vu un Loki et Clint, les yeux d'un même bleu électrique, le tuer. Loki était sensible au pouvoir du sceptre, il l'avait réalisé lors de leur première rencontre, alors même qu'il venait de comprendre que le dieu n'était pas une hallucination. Et si l'artefact tombait entre les mains d'un être plus puissant que le Dieu de la Malice, ce dernier risquait de nouveau de se trouver sans défense. Or, qui avait résisté au sceptre si ce n'était Tony, grâce au réacteur très probablement ?
Malheureusement, cette réflexion lui apporta une question de plus. Comment exactement Tony avait-il pu résister au pouvoir du sceptre ? Il hésitait à travailler dessus. Non pas qu'il n'était pas curieux – c'était même le contraire – mais s'il faisait des recherches, le dieu, qui traînait systématiquement dans le laboratoire, aurait également les réponses.
Il finit par trouver un compromis en commençant par hacker le SHIELD. Après tout, Fury avait récupéré le sceptre. Il devait forcément être en train de faire toutes les batteries de tests possibles et imaginables dessus, il aurait forcément commencé à récolter des données. Le dieu ne serait probablement pas à même de comprendre les résultats, ce qui lui laissait un peu de marge de manœuvre si l'organisation avait trouvé quelque chose d'intéressant. De plus, cela lui permettrait d'en apprendre un peu plus sur la technologie alien, lui permettant de rabattre – au moins partiellement – le caquet de Loki. Et aussi frustrant que soit le fait de ne pouvoir expérimenter lui-même à ce sujet, il était assez satisfait de la façon dont avançaient les choses.
En parallèle de ses recherches sur le sceptre, il essayait d'avancer d'autres projets. De nouvelles armures d'un côté et de l'autre une idée qui, il était certain, devrait faire croire à Loki qu'il travaillait sur le réacteur alors que ce n'était pas le cas.
Ce qu'il ne savait pas, c'est que le Dieu savait parfaitement de quoi il s'agissait.
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Loki apparut en début de soirée dans le laboratoire une semaine plus tard, alors que le mortel venait de décider d'aller se coucher. Il se tendit brusquement, se préparant à une attaque – autant qu'il pouvait le faire sans la moindre armure pour lui venir en aide – mais le Dieu secoua la tête, agacé, en levant sa main droite pour montrer la bouteille de whisky qu'il était allé chercher dans un petit pays de l'autre côté de l'océan Atlantique, où l'on parlait le même langage qu'aux États-Unis mais où l'on roulait les « r ».
« Oh. Est-ce que c'est une offre de paix ? Parce que tu peux toujours rêver, connard, » siffla le mortel en guise de salutation.
« C'est une proposition de discussion, » répondit-il en ignorant l'envie persistante de tuer cet insecte impoli.
« C'est ça, » ricana le midgardien. « Dis plutôt que t'as des questions. »
« Également, » admit Loki entre ses dents. « Allons-nous rester ici ou continuer dans un endroit plus adapté ? » demanda-t-il en tentant de garder son calme.
« Qu'est-ce qui te fait dire que je veux discuter de quoi que ce soit avec toi qui ne concerne pas ta mort ? » rétorqua le mortel.
« Le fait que j'aie dans les mains un Whisky tourbé de vingt-cinq ans d'âge indisponible à la vente, » répondit le dieu avant de se téléporter dans le salon – il avait dû partir, sinon il l'aurait occis.
Le scientifique arriva quelques minutes plus tard dans la pièce à vivre, en grognant et marmonnant à qui mieux, mieux. Loki s'empêcha de relever, s'installant dans le canapé dans un mouvement de cape qu'il affectionnait particulièrement – il portait ses habits asgardiens lorsqu'il rendait visite au mortel, ça le rendait plus impressionnant et il savait qu'il en fallait beaucoup pour calmer l'égo démesuré du mortel.
« J'ai une proposition à vous faire, » déclare-t-il en regardant le mortel droit dans les yeux.
L'insolent le fixe sans gêne.
« Tu n'as pas de proposition. Tu veux savoir pourquoi j'ai résisté au pouvoir du sceptre alors que même toi tu as dû t'y plier, et ça t'agace prodigieusement » insista-t-il sur le « toi ».
Quelques flashs de ce qu'il avait dû subir parce qu'il n'avait pas su résister à l'artefact jaillirent de ses souvenirs. Il les enfouit le plus profond possible, refusant de se laisser déstabiliser.
« Eh bien sache que tu peux toujours courir mon pote. Je ne suis pas prêt à te donner une seule info qui pourrait t'aider. »
Ils se jaugèrent du regard de longues secondes, avant que Loki se lève et se rapproche du mortel, le toisant de toute sa hauteur.
« J'avais connaissance de vos autres projets avant même notre première entrevue, mortel. Votre armure déployable membre par membre est en bonne voie. Vous la finirez en quelques mois, peut-être même en quelques semaines si vous continuez sur ce rythme. Mais votre esprit est occupé par votre autre projet… »
Loki s'interrompit un instant, savourant l'ascendant certain qu'il venait de prendre sur le mortel tandis qu'il voyait celui-ci blêmir. Ce n'est que lorsqu'il fut certain d'avoir sa pleine et entière attention qu'il daigna lâcher sa bombe.
« Vous souhaitez créer une sorte de bouclier à l'échelle de votre planète, afin de la protéger d'une attaque venant de l'espace. »
Le midgardien se contenta de cligner des yeux. Lorsqu'il l'eut fait quatre fois, Loki décida qu'il avait patienté et reprit la main.
« Votre but est louable. Mais vu le niveau de l'évolution de la technologie ce monde, l'idée est inapplicable, » ajouta-t-il sèchement. « Et ce n'est pas une question d'intelligence, ne me dites pas que vous êtes le meilleur scientifique ou je ne sais quelle stupidité du même acabit. Si vous maitrisiez la magie, je vous laisserais le bénéfice du doute. Mais en l'état actuel des choses vous n'arriverez à rien. Je crois que vous commencez à en avoir conscience, d'ailleurs. »
De fait, l'avant-veille, le mortel avait passé un long moment à jurer et à frapper du poing son bureau, avant de diriger sa réflexion sur Mark IX qui ne fonctionnait définitivement pas. Quant au bouclier, comme pour le réacteur ark, Loki y voyait un intérêt. S'il était déployé et fonctionnait comme le mortel le souhaitait, même le Titan Fou ne pourrait le franchir, ou du moins pas avant que des alliés – Ásgard, à tout hasard – ne viennent prêter main forte. Seulement, il faudrait apporter au mortel de l'aide.
« Voici ce que je vous propose. Vous me donnez des informations concernant le réacteur ark. En échange, je vous aide à élaborer ce bouclier, en alliant technologie et magie. »
Loki s'attendait à avoir une explosion de colère et d'indignation mais au lieu de ça l'autre homme sembla réfléchir intensément, prenant en compte ses propos. Possèderait-il une once de bon sens ?
« Qu'est-ce qui te fait dire que je voudrais de ton aide ? » demanda-t-il. « J'ai d'autre moyens de trouver des magiciens, maintenant que Thor passe régulièrement sur Terre. Grâce à toi d'ailleurs, puisqu'il est toujours à ta recherche. Et pourquoi voudrais-tu m'aider à protéger ce monde ? Nous ne sommes que des insectes pour vous, non ? N'est-ce pas ce que tu ne cesses de dire ? » finit Stark, plein d'ironie.
Le dieu lança un regard méprisant au midgardien.
« Je suis le sorcier le plus puissant d'Ásgard, misérable cancrelat, » siffla-t-il. « Thor n'y connait rien en magie, il est à peine capable de la ressentir lorsqu'elle crépite sous son nez ! Arrêtez de croire que le fils d'Odin fera des efforts pour vous. Les seules raisons qui poussent Le Père de Toutes Choses à protéger Midgard sont de vieux traités surannés, rien de plus. »
Le mortel ouvre la bouche mais le dieu lui coupe l'herbe sous le pied.
« Attentions à vos prochains mots, » murmure-t-il simplement, le regard glacial.
Les fragiles mâchoires se referment dans un claquement sec. Loki se retient de sourire. Son but était de parvenir à cet accord, et s'il lui fallait épargner l'orgueil du mortel pour cela, alors soit, il le ferait.
« Est-ce celui qui est à la tête des chitauris qui te fait peur au point de te contraindre à proposer cet accord ? N'y aurait-il pas un autre monde où tu serais plus à l'abri ? » demanda Stark.
Le dieu retient sa réaction première – l'envoyer balader puis se téléporter – et s'obligea à lui offrir une réponse honnête.
« Le Titan est intelligent, mais il ne maîtrise ni la magie, ni la technologie. Je ne pensais pas Midgard apte à se protéger, mais si j'apporte ma pierre à l'édifice, il n'est pas impossible que le bouclier auquel vous avez réfléchi ces derniers jours soit réalisable, » expliqua-t-il patiemment. Si vous n'êtes réellement pas aussi stupide que le reste des insectes de cette planète, ajouta-t-il pour lui-même en retenant un coup d'œil méprisant.
Le mortel le regarda de très longues secondes, mais son regard s'était fait songeur. La colère était toujours présente, bien entendu, et cette tension dans les frêles épaules, le buste légèrement penché en avant, les pieds bien ancrés au sol, montraient que Stark était prêt à attaquer à chaque instant – ou à fuir, puisqu'il devait avoir conscience de n'avoir aucune chance contre un dieu – malgré son air inattentif. Il finit par souffler fortement et secouer la tête.
« Ok, je ne veux pas avoir la moindre chose en commun avec toi, connard. Peu importe ce que tu penses, on n'est pas pareil, toi et moi, » déclare-t-il sombrement. « Mais j'ai vu ce qu'il y avait de l'autre côté du trou de ver. Et j'ai vu que tu en avais peur. Alors si tu penses que tous les deux on peut créer ce bouclier, je veux bien mettre ce que je pense de côté, » finit par déclarer Stark.
Loki ravala tous les sarcasmes qui lui venaient aux lèvres.
« Vous me voyez ravi de découvrir que vous possédez un minimum de bon sens, » lâcha-t-il – certes, la réponse n'était pas totalement dénuée d'ironie mais il ne pouvait faire mieux.
« Merde, pourquoi est-ce que j'ai accepté ? » marmonna soudain le mortel en se cachant le visage dans les mains. « Ça va être l'enfer. »
« Vous voyez, » ricana le dieu, « notre collaboration est fructueuse, nous voilà déjà du même avis. Cet échange sera interminable. »
« Fais pas le malin, connard. Si tu penses que je vais te rendre la vie facile, ou m'aplatir devant toi, tu peux toujours rêver, » grogna le midgardien.
« Sur ce point je veux bien vous faire entièrement confiance, » grinça Loki avant de se détourner et marcher jusqu'au bar.
Il ouvrit la bouteille qu'il avait apporté et versa du liquide ambré dans deux verres, avant d'en prendre un et de téléporter l'autre sur la table basse. Stark s'en saisit sans un mot de remerciement, avant de s'affaler dans le fauteuil le plus proche. Ils levèrent leurs verres sans un mot, défiant l'autre du regard de remettre de l'huile sur le feu. Mais aucun ne céda à la tentation.
« J'aime bien ta manière de sceller un accord, » finit par admettre le mortel. « C'est un des meilleurs whiskys que j'aie bu, je dois le reconnaître. »
« Ne pensez pas que je vais faire une habitude de vous offrir de la boisson, mortel, » répliqua tranquillement Loki.
Ils se jaugèrent de nouveau durant de longs instants, mais leurs postures étaient plus détendues. De peu, mais le dieu ne sentait plus l'autre homme à deux doigts de lui sauter dessus et lui-même devait admettre qu'il ne se sentait plus en danger. Pas qu'il l'ait réellement été de toute manière puisqu'il n'aurait eu qu'à penser à se volatiliser pour disparaître sur une autre planète. Mais la méfiance latente qu'il ressentait la plupart du temps avait disparue.
Il était satisfait de l'arrangement qu'il venait de conclure avec le mortel. Il était évidemment celui qui allait le plus apporter à la création du bouclier. Le scientifique lui serait donc redevable et le dieu l'obligerait à révéler les secrets de son réacteur ark pour payer sa dette.
« Bon... On s'organise comment ? » demanda le scientifique une fois qu'il eut fini son quatrième verre – Loki finissait son premier.
Le dieu laissa échapper un léger soupir.
Le temps allait s'étirer à l'infini les semaines suivantes.
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Tony était partagé. Il se réjouissait à l'idée d'enfin comprendre comment fonctionnait ce que Loki et Thor appelaient la magie – parce que c'était quand même super cool de pouvoir se téléporter ou téléporter n'importe quoi de n'importe où – et en même temps dégoûté de devoir côtoyer le Dieu de la Malice pour se faire. Bon sang, le mec dans le canapé en face de lui avait buté des gens quelques semaines auparavant – on reparle des armes de Stark Industry ? – avait tenté d'asservir la terre – il ne maîtrisait pas ses actes – et l'avait balancé de sa tour – même une personne saine d'esprit l'aurait fait taire par tous les moyens possibles. Il était insupportable quand il s'y mettait, même lui voulait bien le reconnaitre. Il se demanda pourquoi la petite voix dans sa tête était un mélange de Jarvis et Pep, mais il s'en moquait, en réalité. Il savait que c'était à cause de cette petite voix qu'il avait accepté l'accord – et qu'il avait tût sa présence. Le dieu était sur Terre depuis des semaines, et l'ingénieur avait beau suivre les renseignements de la NSA – il ne s'était jamais totalement retiré de leur système depuis qu'il les avait hacké des années auparavant – il n'avait pu trouver aucune information qui aurait pu lui faire croire que Loki avait de nouveau tué. Idem pour la CIA.
Il savait également que le dieu ne pourrait pas racheter toutes les vies qu'il avait prises en créant ce bouclier, mais s'il pouvait aider à empêcher que de nouvelles personnes soient tuées – voire la planète entière décimée, vu ce qui se profilait – ce serait toujours ça de pris. Il refusa tout parallèle avec un humain qui tentait désespérément de se faire pardonner ses fautes par omission en sauvant le plus de vies possibles. Ce n'était pas le sujet. Du tout.
Quoi qu'il en fût, l'ingénieur était plutôt satisfait de lui. Peu importe ce que pourrait lui apprendre Loki, il savait pertinemment qu'une fois qu'il aurait compris comment la « magie » fonctionnait – oui, parce qu'il mettait de sérieux guillemets là-dessus – il n'aurait plus besoin de lui. Il ne pensait pas y arriver en quelques jours, ni même quelques semaines. Il faudrait probablement des mois et des mois de travail acharné pour arriver à saisir le fonctionnement d'une telle énergie. Mais une fois qu'il y serait parvenu, il n'aurait plus besoin de Loki et il pourrait le remettre aux autorités compétentes – il aimerait que la Terre le juge bien sûr, mais il n'avait pas grand espoir. Odin voudrait sûrement le punir lui-même et la sentence serait moins dure pour Loki que celle qu'il aurait reçu chez les humains, il ne punirait pas son fils aussi durement que les midgardiens.
Tony finit son second... troisième... quatrième ? verre et le posa sur le guéridon – il n'avait ni l'envie ni la force de se pencher en avant pour le mettre sur la table basse – avant de relever le nez ver le dieu.
« Bon... On s'organise comment ? » demanda-t-il, s'ennuyant déjà – il ne pouvait pas rester sans rien faire.
Le soupire de Loki lui donna envie de sourire mais il se retint. L'égo du dieu était assez énorme – c'était même l'euphémisme du siècle – et il ne voulait pas risquer de le contrarier. Après tout, il serait sûrement plus enclin à lui révéler des secrets sur la magie s'il était dans de bonnes dispositions. Ça valait bien quelques petites concessions.
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Avant que le dieu n'ait pu reprendre la parole, le mortel s'arrogea ce droit, répondant de fait à sa propre question. Absolument pathétique.
« Allez Loki, ça fait des semaines que tu ne branles rien à part rester assis dans mon laboratoire à même le sol. T'as pas mal au cul d'ailleurs, à force ? » demanda-t-il en relevant un sourcil.
Le Jötunn le jaugea du regard quelques secondes.
« Comment savez-vous que j'étais présent ? » demanda-t-il d'un ton parfaitement neutre, refusant de lui montrer à quel point ce simple fait l'intriguait.
Le mortel laissa échapper un rire moqueur.
« Détecteur thermique. Jar', montre au néogothique ! » ordonna-t-il.
« Tout de suite, Monsieur » acquiesça l'intelligence artificielle.
Un écran immatériel – y en avait-il vraiment dans toutes les pièces ? – s'éleva de la table basse et une image provenant de l'une des caméras du laboratoire s'afficha. Elle montrait la pièce dans des couleurs grises et bleues, avec des taches plus ou moins oranges-rouges. Deux en particulier, grandes, avaient forme humaine. Une penchée par-dessus un bureau, l'autre assis contre le mur – Stark et lui, de toute évidence.
« Vous saviez donc que j'étais présent et vous n'avez rien dit ? » s'étonna-t-il légèrement.
Le midgardien ricana encore et se laissa aller dans le fauteuil.
« Est-ce que ça aurait changé quelque chose ? » répondit-il.
Loki laissa échapper un vague sourire.
« À part commencer un autre combat verbal, je ne pense pas, » admit-il.
Il pinça légèrement les lèvres, prenant une profonde inspiration. Il aurait voulu que ce soir le mortel qui commence à poser des questions sur la magie, mais s'il le poussait un peu trop, Loki craignait que qu'ils recommencent à se disputer, ce qui serait contre-productif. Lorsqu'il eut inspiré au maximum, il relâcha doucement un peu d'air et se lança.
« Voudriez-vous m'expliquer de quelle manière vous parvenez à capter les différences de température dans une pièce ? » questionna-t-il du bout des lèvres.
Il s'appliqua à ignorer la lueur de victoire dans le regard de l'autre homme, ou il l'aurait tué sans le moindre état d'âmes.
« Ok. Voilà comment nous allons procéder. Je vais t'expliquer selon des termes scientifiques assez pointus comment ça fonctionne. Tu me dis ce que tu ne comprends pas et je vulgariserai de plus en plus jusqu'à ce qu'on tombe sur des notions que tu connais, » expliqua le mortel. « Ça te va ? »
« Je suppose que oui, » acquiesça le dieu en hochant légèrement la tête.
« Très bien ! » s'exclama le mortel en frappant dans ses mains. « Tu connais le principe des caméras ? »
Loki se retint de lever les yeux au ciel mais son air exaspéré dut suffire au midgardien qui arbora un sourire en coin.
« Parfait, » reprit-il. « La caractéristique qualitative principale d'une caméra infrarouge thermique peut se résumer par sa courbe MRTD qui correspond à l'évolution de la résolution thermique en fonction de la résolution spatiale, » débita-t-il ensuite.
Le dieu se demanda sincèrement si le mortel tentait de prouver qu'il possédait des connaissances que Loki n'avait pas, mais ce dernier dut admettre qu'il n'avait pas compris grand-chose.
« Je crains qu'il vous faille être plus basique dans vos explications, » lâcha-t-il avec réluctance.
Stark fronça les sourcils avant de soupirer, mais son regard n'était plus moqueur.
« Une caméra infrarouge permet de mesurer le rayonnement infrarouge émis par différentes surfaces ou zones. Le rayonnement varie en fonction de la température qui peut être réfléchie, dégagée par un corps ou même provenir d'un flux thermique, » reprit le mortel, du questionnement dans les yeux.
Le dieu serra les dents, refusant de demander une seconde fois.
« Toute chose possède une température. Les objets inertes sont à la température de leur environnement. Et ce qui ce qui créé de l'énergie – à partir d'une réaction chimique – a une température propre. Le feu, un corps humain ou asgardien ou Jötunn ou peu importe, la compression des gaz... on est ok jusque-là ? »
« Oui, » marmonna Loki pour signaler qu'il avait saisi.
« La caméra thermique capte ces températures, » ajoute-t-il avant de faire une pause.
« Vous n'êtes pas obligé de vous arrêter après chaque phrase, » siffla le dieu, agacé.
« Bien. Selon la température qu'elle capte, elle retranscrit les données sous forme de couleurs. Du bleu foncé au rouge sombre, du plus froid au plus chaud, » ajouta-t-il.
Le dieu opina de nouveau.
« C'est pour ça que ma silhouette est plus rouge que la tienne, parce que ta température corporelle est plus basse que celle des humains, » finit-il en désignant Loki sur l'image.
Celui-ci se tendit imperceptiblement, guettant le moindre signe de sarcasme, dans la voix, le regard, les gestes, mais rien ne l'interpella aussi s'obligea-t-il à rester calme. Le mortel continua ses explications, détaillant les différents types de caméras thermiques – avec capteur infrarouge refroidi, qui offre une meilleure qualité et précision d'image, ou sans, moins précise mais moins onéreuse, entre parmi tant d'autres.
Loki posa d'autres questions, dérivant petit à petit sur l'informatique – et il se rendit rapidement compte que le sujet était vaste et complexe. Ils passèrent les heures suivantes à échanger, le plus civilement possible – c'est-à-dire que Loki ignorait les insultes du mortel et Tony faisait comme s'il n'entendait pas les sous-entendus caustiques du dieu – et Loki dut convenir que l'autre semblait savoir de quoi il parlait.
Il attendait avec impatience le moment où ils allaient aborder le sujet de la magie.
Et c'est parti, nous voilà lancé ! Tony et Loki, technologie et magie pour un même bouclier. On peut dire que l'histoire commence vraiment ! (oui, il nous aura fallut 3 chapitres pour ça !)
